Je suis assez d'accord avec Eddy, mais je ne dirai pas qu'Hitler est un pur produit de son époque, je dirai plutôt que ses idées correspondent aux courants de son époque.
A bien y réfléchir, le nationalisme remonte au début du XXe siècle, de part et d'autre du Rhin c'est un héritage de la guerre de 1870. S'il devient une valeur considérée par certains, en France c'est notamment dans le cadre de l'affaire Dreyfus, ou tout le monde s'empoigne. Les idées perdurent avec les gouvernements qui se succédèrent à la 1ere GM, soit à cause de la défaite dans le camp allemand, soit à cause de la victoire mais des territoires non obtenus -en Italie-.
Cependant en Allemagne, il a trouvé un terreau de choix, non seulement à cause du coup de poignard dans le dos, mais également du gel des investissements américains et du rapatriement des sommes colossales investies au sein de l'économie allemande. C'est ce qui fait basculer la République de Weimar, génère une crise financière sans précédent en Allemagne avec une inflation record et de fait entraîne petit à petit les allemands vers un état soit-disant protecteur -c'est ici que se rejoignent Allemagne nazie et Urss-.
Hitler n'a jamais fait qu'avancer sur un plateau que ce que les gens cherchaient : la sécurité d'un emploi, le redessement national dans tous les sens du terme -c'est le "travail, famille patrie" de Vichy avant la lettre-, une économie sécurisée ou volontairement affichée comme telle.
Les juifs ont le double désavantage d'être liés au mythe de l'exploitation et de l'usure, mais également d'être apatrides, voir "cosmopolites" pour reprendre une expression fort usitée au temps du communisme. Et cela arrange tout le monde en fin de compte. Il eut été vraisemblablement difficile de s'attaquer aux causes mêmes de la crise liée à la dépression de 1929, à savoir les sociétés de capitaux et investisseurs américains, puisque le nazisme a eut besoin d'investissements étrangers pour redresser la barre. En s'attaquant aux juifs, on donne donc un leurre à la populace en leur collant sur le dos X ou Y responsabilités et cela ne gène personne, à commencer par les investisseurs eux-mêmes !
C'est le pogrom version réactualisée, ni plus ni moins et cela n'a pas les conséquences d'une politique "anti capitaliste" comme celle que pratiquèrent Lénine et Staline, ni celles liées aux nationalisations des entreprises et groupes américains à Cuba effectuées par Castro en 1962 qui entraînèrent le blocus de l'île.
L'autre faisceau de présomption est relatif à la politique d'eugénisme. Elle n'est pas typiquement nazie en soit, puisqu'elle a été recommandée par le docteur Alexis Carrel (écrit en toutes lettres dans son ouvrage "
l'homme cet inconnu" publié au début des années 1920) et fut appliquée dans d'autres pays d'Europe, la Scandinavie pour ne citer que ces derniers ainsi qu'aux Etats-Unis, notamment dans le sud.
En soit, elle n'est pas et n'a pas été devéloppée par Hitler, qui était un grand lecteur, mais elle correspond bien aux critères sociétaux d'alors, puisque la vie est dure et que pour le bien de la nation tout individu se doit d'être productif, il n'est pas nécessaire de s'encombrer des personnes déficientes.
Au delà, on peut également considérer les gouvernements fascisants ou totalitaires comme à la recherche de ressources économiques, de matières premières supplémentaires. C'est le cas de l'Allemagne, de l'Italie -extension des colonies avec conquête de l'Ethiopie qui provoque son renvoi de la SDN- et du Japon -qui s'attaque à la Chine dès le début des années 1930-.
L'image que cela donne est presque comparable à celle des blocs est-ouest qui succédèrent à la 2GM.