La Seconde Guerre Mondiale

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 Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

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tietie007
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MessageSujet: Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?   Ven 23 Oct 2009, 1:24 pm

Il est intéressant de connaître la perception qu'à Darlan des américains, en 1941. Dans son Darlan, George E.Melton, Pygmalyon, 2002, nous montre un Amiral inquiet par la dérive belliciste des américains qui, par la bouche de l'amiral Leahy, le 4 juin 1941, lui ont fait savoir que l'Allemagne devait être vaincue. Darlan, circonspect, leur répondra :


"Quand vous aurez 3 000 chars, 6 000 avions et 500 000 hommes prêts à débarquer à Marseille, faites-le moi savoir. Alors nous vous accueillerons à bras ouverts. Mais malheureusement aucun des deux camps n'est en état de gagner la guerre, et l'Europe s'en sortira épuisée. C'est votre intérêt, aussi bien que le nôtre, qu'il y ait une paix rapide."(page 162)


Curieusement Darlan ne perçoit pas l'énorme potentiel industriel et donc militaire américain et pense que ceux-ci ne pourront jamais inquiéter les allemands, militairement parlant, mais qu'ils pourraient être très utile pour ramener la paix en Europe.

C'est ce qu'il dira à H.Freeman Matthews, lors du pot de départ de celui-ci, muté de l'ambassade américaine en France à l'ambassade américaine à Londres, en novembre 1941 :


"Pourquoi tenez-vous à la poursuite de la guerre ? Vous ne pouvez pas battre les Allemands militairement et imaginer qu'ils puissent menacer votre sécurité prête à rire. La guerre peut se poursuivre pendant 10 ans, jusqu'à la destruction et à la famine de l'Europe, mais je pense que vous pouvez me juger utile pour jouer un rôle d'intermédiaire entre les Allemands et vous, et j'estime alors qu'il y aura une chance d'arriver à des négociations de paix dan de brefs délais." (page 163)


Washington ne répondra jamais à cet appel du pied darlanien.


Darlan s'irrite du parti pris des américains, qui s'opposent aux allemands et font constamment pression sur l'amiral et le Maréchal pour que ceux-ci ne cèdent pas aux sirènes teutonnes, notamment en Afrique, comme lors des Protocoles de Paris, en mai 1941, qui avaient failli jeter la France vichyste du côté des allemands, militairement parlant.

Mais surtout, l'amiral voit d'un très mauvais oeil les bons rapports qu'entretiennent les américains avec Weygand, depuis les accords économiques Weygand-Murphy de février 1941. L'amiral perçoit le très germanophobe délégué général du gouvernement de Vichy en Afrique du Nord comme un adversaire qui sabote sa politique de rapprochement avec l'Allemagne et qui le décribilise auprès des allemands. D'ailleurs, les teutons exigeront le rappel de Weygand, en novembre 1941, prélude à toutes politiques de collaboration !


En résumé, les américains ont bien choisi leur objectif de vaincre l'Allemagne et l'ont fait savoir au gouvernement de Vichy dès 1941.

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MessageSujet: Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?   Mar 27 Oct 2009, 1:50 pm

1°) Le NSDAP peu soutenu par le patronat allemand avant 1933.

D'ailleurs, la thèse dimitrovienne du nazisme, expression du capitalisme, ne tient plus, aujourd'hui. Toutes les nombreuses études ont plutôt démontré une autonomie du mouvement nazi par rapport au patronat allemand. Même les historiens marxistes le reconnaissent, comme le précise Kershaw, dans son Qu'est ce que le nazisme, le politique dominant l'économique, sous le IIIeme Reich.
Celui-ci, d'ailleurs, à part quelques généreux mécènes comme Thyssen, ou indirecte du "cercle Keppler" arrosa tous les partis politiques à la droite de la social-démocratie et plutôt les partis conservateurs et le PNV de Hugenberg, magnat des médias allemands, plutôt que le NSDAP. Le RDI, qui était le Medef teuton, était d'ailleurs assez divisé, et voyait d'un mauvais oeil le dirigisme nazi exprimé par le programme économique d'urgence, au début des années 30.

2°) Ralliement et résistance du patronat par rapport à la mise au pas nazi.

C'est lors de l'arrivée au pouvoir des nazis que le patronat va financer massivement le NSDAP et que la moitié des industriels de la Ruhr vont adhérer au NSDAP, plus par opportunisme que par conviction, selon Pierre Açoberry. Mais très vite, des tensions vont survenir entre le patronat et le parti. C'est d'abord la nomination de Kurt Schmitt, comme ministre de l'Economie, en juin 1934, qui va inquiéter le patronat allemand. Issu de l'aile dirigiste et planiste du NSDAP, Schmitt va mettre au pas le RDI, organe du patronat allemand, et va substituer l'élection des représentants du patronat par la nomination de ceux-ci par le ministre ! (cf La société allemande sous le IIIeme Reich, de P.Ayçoberry, Seuil, 1998, page 128.)
Les résistances à cette "mise au pas" du patronat, vont alors se faire jour, et Schacht va profiter d'une attaque cardiaque qui frappa Schmitt, pour écarter le dirigeant nazi et prendre sa plance en janvier 1935, revenant sur les mesures dirigistes de son prédécesseur.
Schacht, un banquier qui incarnait les milieux d'affaires allemands, va très vite se heurter aux caciques nazis.

3°) La défaite de Schacht et l'annexion de l'Economie par le Parti Nazi.

La doctrine économique nazie était plus que limitée, et Hitler ne s'est jamais vraiment intéressé à l'économie. Pour le Führer, les acteurs économiques, de l'artisan au cartel, devaient simplement se soumettre aux acteurs politiques et sa pensée pourrait se résumer à son incise :
"Le ministère de l'Economie fixe les tâches, l'industrie les accomplit, mais si elle s'en juge incapable l'Etat national-socialiste saura bien jouer ce rôle." (Ayçoberry, page 130)

ou plus menaçant lorsqu'il évoque devant Schacht l'inflation :

"La première cause de stabilité de notre monnaie, c'est le camp de concentration !"

La même remarque fut faite à Rauchschning:
"Je veillerais à ce que les prix restent stables. Pour cela, j'ai les SA. Malheur à l'homme qui augmente les prix."

Mais Schacht, plutôt favorable à une économie marchande mondialisée va très vite se heurter à la politique autarcique du programme économique nazie. Le partisan de cette politique était un conseiller économique d'Hitler, entré dans le parti au début des années 20, un certain William Keppler et, lors du congrès de Nuremberg, en 1935, cette conception autarcique s'opposa à la conception de Schacht, favorable aux échanges commerciaux envers les autres pays. (Alan Bullock, Hitler-Staline, vie parallèles, Albin Michel/Robert Laffont, 1994, pages 470-490.)
Au début de 1936, les accrochages vont se multiplier entre le ministre de l'Economie et les nazis. Très rapidement, Schacht va se heurter au Maréchal Goering, chargé par Hitler de piloter le réarmement allemand et la mise en place d'une politique autarcique, auxquelles s'opposaient le ministre de l'Economie, qui craignait que le réarmement massif fasse exploser les déficits et relance l'inflation et que la politique d'autosuffisance nuise aux échanges commerciaux.
Le 4 septembre 1936, Goering, chargé du nouveau plan quadriennal, informa le ministre de l'Economie de la nouvelle politique économique décidée par Hitler qui s'appuyait sur le réarmement massif et une politique d'autarcie. Dans la foulée, un décret conféra à Goering le droit de promulguer lui-même des décrets et "de donner des instructions à toutes les autorités", fut publié le 18 octobre 1936.
La nomination de Goering au plan quadriennal et la subordination du Ministère de l'Economie à ce nouvel organisme, consacrait la victoire des nazis sur les spécialistes, du national-socialisme sur le monde des affaires qu'incarnait Schacht.

Mais Schacht tenta une dernière action pour faire capoter la nouvelle politique avec l'aide du Ministre de la Guerre, Von Blomberg. Celui-ci envoya un mémorandum en 3 points au Führer, début 1937, qui souligne les résistances des élites économico-militaires à la mise au pas des nazis :
- En tant que ministre de la Défense, von Blomberg revendiquait la charge des préparatifs de guerre et du fonctionnement de l'économie de guerre.
- Schacht et non Goering devait être responsable des préparatifs de guerre en tant de paix.

- la fonction de Goering devait disparaître si la guerre éclatait. En temps de paix, elle devait être réduite à un nombre de matières premières limitées. Si ces conditions n'étaient pas remplies, l'armée n'était pas prête à travailler avec Goering.

Hitler ne répondit pas. Il ne tint aucun compte de la protestation et laissa Goering poursuivre son travail. Pour la première fos dans l'histoire de l'Allemagne moderne, le veto n'avait pas produit d'effet. (Bullock, Page 480).


La montée en puissance de Goering dans l'Economie allemande devient vite intenable pour Schacht. Le gros Maréchal maniait la politique de la carotte et du bâton ! Offrant quelques gros contrats d'armement à Krupp ou à IG Farben, mais menaçant, par exemple, les industriels du fer de la Ruhr, en les obligeant, dans le cadre du programme autarcique, d'exploiter des gisements de minerai à faible teneur en fer, comme à Saltzgitter, dans le Brunswick, sous peine de les envoyer en camp de concentration en cas de refus !!

Cette nouvelle défaite de la Ruhr, fit démissionner Schacht, en novembre 1937 et laissa définitvement la place à l'action de Goering dans la politique économique du Reich.
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MessageSujet: Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?   Dim 08 Nov 2009, 12:56 pm

tietie007 a écrit:
Petit passage p.48, du Livre de Pauwels, Le mythe de la bonne guerre sur la comparaison entre les USA et l'URSS, dans les années 30 :

La grande dépression mis en évidence les carences du capitalisme et international. Cette situation contrastait avec celle du nouvel Etat bolchevik où, sous la houlette de Staline, l'industrialisation se poursuivait à un rythme soutenu et où il n'y avait ni crise économique, ni chômage de masse. Tout au contraire, durant les années 30, l'URSS connut une véritable révolution industrielle. Un historien américain, John H.Backer, a même comparé ce développement fulgurant de l'économie soviétique au boom économique en Allemagne occidentale après la seconde guerre mondiale, qui fut célébré comme un miracle économique. Dans un premier temps, d'importants sacrifices furent demandés à la population soviétique. Or selon Robert W.Thurston le niveau de vie du peuple soviétique augmenta "lentement mais sûrement" après 1933, et "des progrès tangibles furent réalisés en direction d'un bien être général", cela au moment même où aux USA la situation d'un grand nombre d'américains devenait de plus en plus désespéré".

On peut parler d' analyse hémiplégique de l'histoire ...quid de la Grande Terreur ? Du goulag érigé en système de gouvernement ? Tu m'étonnes qu'il n'y ait pas de chômeurs en URSS, ils étaient envoyés en Sibérie !
Misère noire aux états-unis, opulence en URSS ...de l'objectivité à l'état pur !!
A noter que si Pauwels fait référence à deux historiens, sans citer les pages de référence, l'un d'eux, Robert W.Thurston, a écrit :
Life and Terror in Stalin's russia 1934-1941, New Haven, CT et Londres, où il défend le fait que Staline voulait démocratiser le fonctionnement URSS (ne riez pas ...) et luttait contre la bureaucratie rouge ...Il est vrai qu'avec les purges qu'il a faite dans le parti, ça peut coller ... beret


Tu m'excuses de revenir à un des premiers posts de ce topic fort intéressant. Il y a plusieurs commentaires à apporter. Le premier est relatif à l'industrialisation qui va croissante en Urss au cours des années 1930.
En fait elle est due à la volonté de Staline -politique qui sera reprise dans tous les pays de l'est au lendemain de la 2GM- et n'aurait pu se faire sans l'aide occidentale qui intervint dès à partir de ces années. Sous plusieurs formes, d'abord avec l'aide des "camarades" de l'ouest, puis l'aide de certaines firmes et sociétés voyant l'Urss comme un marché presque similaire aux autres. Au détail près que l'on peut affirmer sans l'ombre d'un doute que sans l'occident, l'Urss n'eut jamais survécu, car elle avait besoin de technologies et machines-outils qu'elle ne possédait pas.
C'est entre-autre et à postériori ce qui explique que les russes en 1945 s'emparèrent de toutes les machines et technologies au cours de leur pénétration en Allemagne nazie à une échelle bien plus vaste que ce que firent les américains, britanniques ou français.

Ensuite, il n'y avait effectivement pas de "chômage" en Urss à cette époque là... Non pas à cause du démarrage de l'industrialisation (démarrage est même trop fort comme mot) mais en raison d'un décret pondu au cours de je ne sais plus quelle séance plénière de je ne sais plus quel congrès du PCUS. Autrement dit, il est arrivé plus d'une fois et jusqu'à la chute de l'empire soviétique qu'un quidam se rende au comité local du parti -qu'il sorte de prison ou du goulag-, qu'il déclare qu'il est sans emploi et qu'il s'entende répondre "il n'y a pas de chômage en Urss". C'est à prendre au sens ou il n'y a pas de chômage comme il n'y pas eu de grande famine en Ukraine, évidemment !
En 1960-70 les chômeurs n'étaient pas comptés et ne figuraient pas dans les statistiques, la langue de bois les définissaient comme étant "asociaux, improductifs". Au cours des années 1920 et 1930, cela signifiait un aller simple sur l'arc polaire dans une mine de sel ou de plomb, généralement jusqu'à ce que mort s'en suive, puisque l'emploi du qualificatif chomeur c'est alors manifester la pire opposition au régime et faire preuve de contre-révolution.

Quant au "niveau de vie qui augmenta lentement mais sensiblement après 1933", l'une des questions que posèrent les soldats russes aux allemands en 1945 fut de leur demander pour quelle raison avaient-ils envahi l'Urss, constatant que leur niveau de vie était largement supérieur à celui des russes -ce qui veut dire que les russes avaient conscience d'avoir un niveau de vie générale nettement inférieur à ce qu'ils voyaient à l'ouest-.
Pris au sens occidental de la chose, cela suppose un certain confort matériel, l'accès à tous types de denrées, etc.
Hoover -aviateur américain qui s'évada dans des circonstances très particulières- assista à une scène qui eut été marrante si les circonstances qui les entouraient n'avaient été aussi dramatiques. Au cours de son évasion sur le tard, il croisa des troupes russes qui égorgèrent un par un les salarié(e)s d'une entreprise allemande et qui, avant de quitter la zone dans laquelle ils étaient, s'arrêtèrent devant un WC à chasse d'eau. Hoover raconte que pendant une bonne demie-heure, les russes actionnèrent la chasse et détaillèrent le WC comme s'il s'agissait d'un matériel top secret auquel il fallait accorder la plus grande importance.

Quant au goulag, -ce n'est peut-être pas le sens de tes propos mais à tout hasard...- il ne constitue pas la ressource de main d'oeuvre à la base de l'Urss, puisque son rôle est d'empêcher à la base toute propagation ou naissance d'opposition dans des proportions complètement déformées. Les ordres de réquisition de Staline se chiffrent par milliers, et concernent des milliers de gens et personnes pour chaque république socialiste. Il s'agit bien de l'emploi de la terreur pour maintenir au pouvoir un régime qui est contesté dès 1917 par toutes les autres branches de la gauche, c'est-à-dire des sociaux démocrates jusqu'aux anarchistes en passant par les marins de Kronstadt et j'en passe.
Les zeks sont mis au travail sur des chantiers pharaoniques parfois sans objet voir même sans emploi, tel le canal de la mer blanche qui va s'avérer inexploitable puisque sa profondeur en empêche l'accès aux navires tels cargos et ce qui s'en suit, ce qui n'empêche pas au demeurant des milliers de déportés de mourir.

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MessageSujet: Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?   Dim 08 Nov 2009, 1:21 pm

Non mais le livre de Pauwels est celui d'un militant philosoviétique, pas d'un historien ! En fait Pauwels mêle des clichés style "les américains ont toujours été militaristes", ce que dément totalement la réalité de l'entre-2-guerre, où les américains ont une armée numériquement ridicule et où la politique de Hoover fut d'essayer de provoquer un désarmement généralisé au travers des nombreuses Conférences sur le désarmement et des partis pris assez grotesques, une vision hémiplégique de l'histoire, puisqu'il évacue, allègrement, par exemple, la guerre d'hiver soviéto-finlandaise de 39-40 !

Par contre, il est évident que les puissances occidentales n'ont pas pris la mesure de la nuisance du nazisme et que les anglais étaient, à la limite, plus anticommuniste qu'antinazi ! L'esprit de Munich, en septembre 1938, fut assez honteux de la part des franco-anglais qui se couchèrent devant Adolf ! Pas étonnant que Staline se soit allié avec Hitler, par la suite, devant le peu d'empressement des occidentaux à s'opposer aux visées hitlériennes ! Il aura fallu le démantèlement complet de la Tchécoslovaquie, en mars 1939, pour que les anglais et Chamberlain ouvre vraiment les yeux sur la nature du nazisme !

A la limite, un Roosevelt tenu par une opinion publique très isolationniste, perçoit assez tôt la nature des fascismes, avec notamment l'embargo sur les armes voté après l 'invasion de l'Ethiopie par Mussolini, en 1935 et surtout avec son fameux discours de la Quarantaine, le 5 octobre 1937, à Chicago, où il stigmatise clairement les puissances fascistes !
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MessageSujet: Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?   Aujourd'hui à 6:07 pm

Le livre Mémoire d'un rouge, roman autobiographique d'Howard Fast, est extrêmement intéressant, car il donne le point de vue d'un communiste américain qui a travaillé dans l'OWI, Office War Information, dont l'objectif était d'inonder le monde avec des informations américaines.

http://en.wikipedia.org/wiki/Howard_Fast
Howard Fast, p.39, raconte une anecdote révélatrice du changement d'attitude des autorités américaines sur la question des communistes. Alors que de 1941 à 1944, Fast, qui ne s'est jamais caché d'avoir des sympathies communistes, travailla pour les émissions radiophoniques de l'OWI pour l'Europe, en Janvier 1944, Louis G.Cowan, nouveau directeur des émissions radios lui apprend qu'il va être muté de la radio à la propagande écrite. Le fait est que la radio américaine émettant d'Afrique du nord, il faut, comme tout américain, un passeport pour sortir du territoire et le Ministère des Affaires étrangères avait mis son veto pour en délivrer un à Howard Fast ! Pourquoi ? Car il était considéré comme un communiste ou comme un sympathisant communiste.
Cowan lui affirma que ces accusations venaient du FBI et d'Edgar J.Hoover. Il lui précisa que d'après le FBI, les correspondants des bureaux hongrois, allemands et espagnols étaient aussi des communistes.
Fast nous dit aussi que Cowan l'a supplié de ne pas démissionner, ce qu'il a fait le 21 janvier 1944.
L'écrivain américain date de cette période le début de la chasse aux sorcières, à la fois à l'OWI, à l'OSS de William Donovan.

Ce témoignage de Fast met en lumière une certaine dichotomie entre le gouvernement et l'administration américaine. D'un côté, on a un pouvoir politique qui s'incarne dans Roosevelt, qui est plutôt philosoviétique, voir la mansuétude du président américain envers Staline à Yalta, ou la stratégie d'Ike de s'arrêter, en Allemagne, pour laisser Berlin aux soviétiques, alors que les troupes américaines auraient pu arriver bien avant l'armée rouge dans la capitale du Reich, et un FBI, aux mains du très puissant et très anticommuniste Hoover et une OSS de Donovan, qui commencent à voir dans l'URSS et les communistes, le prochain ennemi après la chute du Reich.
Ce qui pourrait expliquer le brutal changement de politique, après la mort du Président, et l'arrivée de Truman.
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