| | | Heydrich et la « Solution Finale » – Part II | |
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eddy marz Police militaire (moderateur)


Nombre de messages: 1834 Age: 54 Localisation: England/France/Italia Date d'inscription: 24/03/2008
 | Sujet: Heydrich et la « Solution Finale » – Part II Sam 04 Juil 2009, 2:30 pm | |
| Bonjour à tous ; Suite et fin (il fallait boucler avant les vacances). Je sais, c’est long et très dense, mais c’est la seule façon de commencer à comprendre le déroulement compliqué des évènements. J’ai essayé d’abréger et de rendre tout cela intéressant à lire (ce n’est pas gagné)… Pour ceux que cela intéresse et qui auraient raté le début : http://deuxiemeguerremondia.forumactif.com/crimes-de-guerre-et-contre-l-humanit-f18/heydrich-et-la-solution-finale-part-i-t8760.htmLa politique d’émigration Juive pratiquée par le SD appartient désormais au passé. Depuis le début de la guerre, la Gestapo prend petit à petit la relève des intellectuels du SD en la matière… Parallèlement, et indépendamment du « Problème Juif », Adolf Hitler œuvre sur un autre « front » qui, comme nous le verrons, s’avèrera d’une importance capitale dans l’implémentation de la « Solution Finale ». En avril 1939, le dossier SS du Kriminalkommissar Christian Wirth est annoté « z. V. Führer » (« à la disposition du Führer »). En bref Wirth est sélectionné pour accomplir des tâches spéciales pour le Führer… Le mois suivant, Hitler ordonne au Dr. Karl Brandt de planifier l’assassinat des enfants souffrant de maladies héréditaires ou congénitales. Puis, le 1er septembre 1939, signe l’ordre autorisant le Chef de la Chancellerie (KdF), le Reichsleiter Philip Bouhler, et le Dr. Karl Brandt, de mettre en place un « Programme d’Euthanasie » ; le programme « T4 ». Trois mois plus tard, revenant à la situation internationale, en présence de Kamil Krofta, ministre des Affaires Étrangères Tchécoslovaque, Hitler prophétise : « Si la guerre devait éclater, le résultat n’en sera ni la bolchevisation du monde ni le triomphe des Juifs, mais l’extermination de la race juive en Europe »… Début janvier 1940, toujours dans le cadre du programme « T4 », Christian Wirth supervise l’installation d’une chambre à gaz et d’un four crématoire à Brandenburg, dans une prison abandonnée. À la mi-janvier, en présence de Philip Bouhler et Viktor Brack, il inaugure le premier essai de gazage connu, utilisant le CO2. Les trois hommes observent les aliénés « s’endormir », et repartent satisfaits ; l’expérience est un succès. La méthode a fait ses preuves, Christian Wirth s’emploie maintenant à inventer un dispositif de duperie des victimes afin de les faire entrer dans la chambre le plus calmement possible…  Christian Wirth (source: USHMM) Hitler est maintenant à l’aube de mettre son projet fondamental à exécution. Le Führer, qui aux noms du Lebensraum et de la supériorité raciale caresse, depuis les années 20, le rêve d’envahir l’URSS, initie l’OKW au projet d’invasion. Il s’agit de conquérir l’espace vital tant souhaité et, dans ce dessein, exterminer les commissaires politiques, l’intelligentsia, les fonctionnaires, le clergé et, bien entendu, tous les Juifs. Ce qui, pendant l’invasion de la Pologne, pouvait encore passer pour des dispositions politiques impitoyables est en train de se transformer en entreprise de nettoyage ethnique systématique. Pourtant, bien qu’échaudé par les massacres de 1939, l’OKW et l’OKH semblent tout ignorer de cette escalade. Les généraux feignent de croire qu’il s’agit de tâches classiques de couverture arrière des armées… De toute façon, ce n’est « pas leur affaire ». Avril 1941 : Reinhard Heydrich convoque ses cadres supérieurs… Avec beaucoup de précautions, le chef du RSHA, les informe d’une « mission très dure qui doit être confiée au SD »… De quel genre de mission s’agit-il ? « D’opérations de pacification en territoire Russe ». Puis Heydrich précise : « Il me faut des hommes sûrs ; j’espère que mes chefs de services se mettront sans hésiter à ma disposition ». Mis à part le Brigadeführer-SS Arthur Nebe, fils d’instituteur soucieux de s’attirer la considération d’Heydrich, personne ne répond à l’appel ; du moins pas tout de suite. Puis, timidement, sous la pression des circonstances ou par peur de s’exposer à des soupçons de lâcheté, quelques cadres du SD, comme Otto Ohlendorf, finissent par accepter. Mais les problèmes de recrutement d’Heydrich ne s’arrêtent pas là ; en effet, l’échelon subalterne rechigne à la tâche tout autant que les supérieurs. Heydrich doit ratisser l’ensemble de son organe policier pour trouver les individus disposés à réaliser le projet le plus sinistre de l’Histoire. Un groupe hétéroclite est finalement formé. Début mai 1941 : 3.000 hommes ont été sélectionnés ; ils sont issus à 34% de la Waffen-SS, du SD, mais aussi de la Kripo, de l’Ordnungspolizei, de la Sicherheitspolizei, et divers autres organismes policiers auxiliaires. Quant aux 120 officiers, il se trouve parmi eux une majorité d’intellectuels, de juristes, de fonctionnaires ministériels… Ils sont scindés en quatre Einzatsgruppen : A, B, C, et D, dont le champ d’action s’étendra de la Baltique jusqu’à la Mer Noire.  Auxiliaire de la Schutzpolizei (source: A.R.C.) Fin mai, les préparatifs sont achevés. Hommes et officiers sont envoyés à l’école de police de Pretzsch pour un entraînement intensif de trois semaines afin d’y êtres instruits et « formés » quant à leur tâche. Il s’agit pour eux d’instaurer la domination Nationale Socialiste à l’Est, et ainsi matérialiser la « vision » du Führer, quel qu’en soit le prix ; quitte à patauger dans des océans de boue, de sang, et de larmes, même s’il faut compromettre irrémédiablement ses propres principes au nom de « l’intérêt général »… Rien d’autre ne compte. L’idée n’est pas neuve. En un certain sens, et en adhérant à la mise en pratique de cette idéologie, les Einzatsgruppen et les cadres du SD adoptent les réflexions du réactionnaire Catholique français, Joseph de Maistre (1753-1821), qui déclarait : « La Terre, continuellement noyée dans le sang, n’est qu’un immense autel sur lequel toute chose vivante doit être sacrifiée, sans fin et sans restreinte, sans repos, jusqu’à la consumation du monde, jusqu’à l’extinction du Mal ; jusqu’à la mort de la Mort elle-même » (Joseph de Maistre « Les Dialogues de Saint-Pétersbourg »)… Ce même mois de mai 1941 (ou à la mi-juin au plus tard), indépendamment des opérations Einzatsgruppen d’Heydrich, Himmler convoque Rudolf Höss et le charge secrètement de préparer le KZ d’Auschwitz (ouvert depuis le 20 mai 1940) pour l’extermination des Juifs Européens ; des travaux qui vont prendre encore quelques mois… Le 22 juin 1941, Hitler déclenche l’opération Barbarossa… Collés à la Wehrmacht, les escadrons de la mort se lancent à la poursuite des 5 millions de Juifs russes qui, les confondant avec les soldats du Kaiser de 1918, les accueillent en libérateurs… Effectivement, le 12 juillet 1941, un rapport du Sonderführer-SS Schröter déclare : « Les Juifs ignorent notre position à leur égard ». Une ignorance qui ne peut que faciliter la tâche des tueurs. Lors de ses directives secrètes à ses hommes, juste avant le lancement de Barbarossa, Reinhard Heydrich se garde bien de définir leur mission en détail. Il leur suggère simplement d’agir au-delà du Kommissarbefehl (ordre d’éliminer les commissaires politiques), et d’assassiner tous les Juifs qui sont « la source du bolchevisme et doivent donc êtres exterminés ». Mais Heydrich est soucieux des réactions de la Wehrmacht ; aussi ordonne-t-il que les rapports des Einzatsgruppen soient camouflés en « activités anti-partisans ». Ce sera seulement plus tard, lorsque la Wehrmacht s’alignera au concept de « guerre totale » sans plus émettre d’objections que l’extermination des Juifs Russes sera ouvertement admise. Il est impossible de dire quand Hitler a pris la décision de procéder à l’extermination totale des Juifs. Comme nous le savons, aucun document officiel n’en fait état. Reste que, le 31 juillet 1941, à peine plus d’un mois après l’invasion de l’URSS, et un mois et demi après l’entretien entre Himmler et Rudolf Höss, Hermann Göring donne l’ordre à Reinhard Heydrich de lui « soumettre le plus tôt possible un projet de mise en pratique de la Solution Finale » (Endlösung). La plupart des historiens reconnaissent cette borne chronologique ; en revanche, ce que nous ne savons pas c’est si oui ou non – comme le suggèrent certains chercheurs – Reinhard Heydrich devança l’appel et proposa, avant l’ordre de Göring, de s’investir dans le projet, probablement aux fins d’accaparer plus de contrôle exécutif dans la grande « croisade » vers l’Est. Tandis que la Wehrmacht s’enfonce en territoire soviétique, les rumeurs des massacres commis par les Einzatsgruppen circulent rapidement. Les Juifs savent maintenant à quoi s’attendre. De plus, les « bavardages inconsidérés », les lettres écrites par des soldats allemands, ou les révélations faites par des permissionnaires, propagent un climat de terreur et de méfiance, rendant la liquidation des Untermenschen de plus en plus compliquée. Et ce n’est pas tout… Les procédés sont lents, pénibles, manquent de discrétion et, surtout, font l’objet de plaintes croissantes de la Wehrmacht qui tient à tout prix à en être dissociée. Himmler réagit : début août 1941, lui qui n’a jamais vu une exécution se rend en tournée d’inspection à Minsk, et assiste à une opération « modèle » organisée par Arthur Nebe, commandant de l’Einzatsgruppe B. La représentation tourne au désastre. Himmler manque se trouver mal. Nombre d’historiens considèrent que ce fut à cette occasion qu’Himmler décida d’envisager des méthodes plus « adaptées ». Cette hypothèse semble démentie par le simple fait de son entretien avec Rudolf Höss, survenu 2 mois plus tôt… La décision avait déjà été prise. Quoi qu’il en soit, Himmler ordonne au RSHA de trouver une autre méthode… Cet ordre débouche sur la création de 15 camions à gaz fournis aux Einsatzgruppen. Mais les résultats ne sont guère concluants. La méthode fonctionne, mais les SS rechignent de plus en plus à assurer leur répugnant travail.  Femmes sur le point d'être assassinées - Liepaja, Lettonie; décembre 1941 (photo SS) Les territoires de l’Est sombrent chaque jour de plus en plus dans un cauchemar inimaginable. Appuyé par des unités de l’Ordnungspolizei, chaque chef d’Einszatsgruppe se prend à jouer le jeu macabre de tenter de surclasser, par le nombre de ses « prouesses », la fureur homicide des autres formations… Le HSSPF Friedrich Jeckeln les bat à plates coutures, affichant l’assassinat de 44.125 personnes (dont la majorité sont Juives) pour le seul mois d’août 1941.  Friedrich Jeckeln (source USHMM) Adolf Hitler suit les opérations de près. Pour preuve, le 1er août 1941, une directive codée transmise par Heinrich Müller aux commandants des quatre Einsatzgruppen, précise que « le Führer doit être continuellement informé du travail des Einsatzgruppen à l’Est », et que « par conséquent, une documentation visuelle d’intérêt spécifique, comme des photos » est nécessaire (RSHA IV A Ib, B. N° 576B/41g, FT – signé : « Müller, SS Brif » – Fa 213/3). Suite...
Dernière édition par eddy marz le Sam 04 Juil 2009, 7:13 pm, édité 5 fois |
|  | | eddy marz Police militaire (moderateur)


Nombre de messages: 1834 Age: 54 Localisation: England/France/Italia Date d'inscription: 24/03/2008
 | Sujet: Re: Heydrich et la « Solution Finale » – Part II Sam 04 Juil 2009, 2:40 pm | |
| Suite: Le 21 septembre 1941, Heydrich est nommé Reichsprotektor de Bohème-Moravie, et s’installe le 27 au Palais Hradcany à Prague avec sa femme Lina, et ses enfants (voir: http://deuxiemeguerremondia.forumactif.com/l-axe-f3/reichsprotektor-nomination-de-reinhard-heydrich-prague-t8612.htm ). En septembre ou octobre 1941, les SS créent, sur le terrain d’une raffinerie, à Trawniki, près de Lublin (Pologne Orientale), un camp destiné à recevoir les prisonniers militaires Russes et Polonais. Des volontaires soviétiques sont sélectionnés et entraînés pour servir dans la SS en tant que gardes et gardiens de ghettos. Simultanément, le vieux manoir de Chelmno, à 60 km au nord-ouest de Lodz, est transformé en centre d’extermination. Début novembre 1941, l’Obersturmführer-SS Richard Thomalla, architecte de son état, est chargé par Himmler de procéder à la construction du premier camp d’extermination à chambres à gaz fixes : Belzec. Thomalla se met au travail avec l'aide des villageois et des Polonais de Trawniki, puis avec des ouvriers juifs des pays slaves (la construction s'achèvera début mars 1942). Reinhard Heydrich ne prend aucune part à cet aspect de la « Solution Finale ». Sa tâche consiste à coordonner la déportation des Juifs Européens vers l’Est pour les y exterminer ; un rôle qui, à lui seul, lui aurait valu la corde à Nuremberg. La tâche d’Heydrich requiert une préparation méticuleuse. Il lui faut s’assurer la coopération de toutes les administrations impliquées, des services ferroviaires, qui assureraient les transports, jusqu’au Ministère des Affaires Étrangères qui organiserait la livraison des Juifs des pays satellites comme la Hongrie et la Slovaquie. Toujours en novembre 1941, les unités Einzatsgruppen et HSSPF marquent une pause pour « souffler un peu ». En 5 mois, environ 500.000 Juifs ont été liquidés, dont à peu près 300.000 par les meutes de Reinhard Heydrich. Mais, malgré leurs « réussites », les bouchers du SD commencent à crouler sous le poids de leurs crimes. Certains officiers exigent d’êtres mutés, d’autres partent en permission et ne reviennent pas. En novembre 1941, Arthur Nebe quitte son poste ; son chauffeur se suicide. Même Von Dem Bach-Zelewski, un des pires tueurs, est hospitalisé pour dépression, et une « maison de repos » spéciale est créée à Berlin pour les unités de Polizei participant au carnage. Janvier 1942, le bilan à peine croyable des quatre Einsatzgruppen réunis s’élève à environ 461.519 Juifs assassinés ; et ce chiffre ne tient pas compte des résultats obtenus par le « Sonderkommando Dirlewanger », ni ceux de la Brigade RONA de Bronislaw Kaminski… Le même mois (soit 5 mois après la clôture officielle du programme d’euthanasie), une équipe « T4 », dirigée par Christian Wirth, est expédiée au camp d’extermination « expérimental » de Belzec afin de peaufiner la technique de gazage… Arrive le 20 janvier 1942… C’est la Conférence de Wannsee. Comme nous l’avons compris, la conférence ne fut pas arrangée pour « décider » du sort des Juifs Européens, mais pour clarifier tous les points relatifs à leur extermination, déjà en place depuis au moins 3 mois avant que la conférence ne soit organisée, et pour organiser la participation des diverses agences nazies impliquées dans son implémentation. Aucune des personnes présentes ne soulève la moindre objection concernant l’extermination proposée de 11 millions de personnes ; elles ne se préoccupent que des aspects pratiques. Lors de son procès en Israël (avril 1961) Eichmann assurera qu’Heydrich avait l’intention de « partager » sa culpabilité avec les divers Ministères représentés autour de la table de conférence… Prévoyance ultime d’Heydrich ; car la guerre tourne mal pour l’Allemagne et, pour la première fois il est question d’une possible défaite… S’il y avait une addition, il ne serait pas le seul à la régler. À Prague, le 27 mai 1942, Heydrich termine son petit déjeuner juste avant 9h, tandis que son chauffeur, l’Oberscharführer-SS Klein, gare la Mercedes verte décapotable devant l’entrée du palais Hradcany. Normalement ponctuel, le Reichsprotektor, retarde son départ afin de faire quelques pas dans les jardins avec Lina, ses deux fils, et sa petite fille, Silke. Puis, vers 10h, Klein et lui embarquent, sans escorte… Reinhard Heydrich rencontrera son destin 32 minutes plus tard, au croisement de Holesovice.  Heydrich, quelques jours avant son assassinat (photo: CPK Prague) Merci de votre attention Eddy Sources: - Günther Deschner: Heydrich ; the Pursuit of Total Power London 1981 - Shlomo Aronson: Reinhard Heydrich und die Frügeschichte von Gestapo und SD, DVA, Stuttgart, 1971. - Browning, Christopher R.: The Path to Genocide: Essays on Launching the Final Solution. Cambridge University Press ; Cambridge, 1992 - Browning, Christopher R.: The Origins of the Final Solution – The Evolution of Nazi Jewish Policy, September 1939 – March 1942 – William Heinemann ; London, 2004 - Fleming, Gerald : Hitler and the Final Solution – University of California Press, Los Angeles, 1984 - Reitlinger, Gerald : The SS, Alibi of a Nation 1922-1945 Arms & Armour Press, London, 1981 - Rhodes, Richard. Masters of Death : The SS Einsatzgruppen and the Invention of the Holocaust – Vintage Books, USA (ré-édition août 2003) - Friedländer, Henry : The Origins of Nazi Genocide: From “euthanasia” to the Final Solution – University of North Carolina Press ; Chapel Hill, 1995. - Callum MacDonald : The Killing of SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich MacMillan 1989
Dernière édition par eddy marz le Mer 08 Juil 2009, 6:23 pm, édité 3 fois |
|  | | Kalendeer Colonel


Nombre de messages: 562 Age: 19 Localisation: Isère Date d'inscription: 06/08/2008
 | Sujet: Re: Heydrich et la « Solution Finale » – Part II Sam 04 Juil 2009, 11:41 pm | |
| Fallait du Eddy Marz pour que j'aille me coucher de bonne humeur deux jours avant un concours Ah, Klein. Ca me fait bizarre de voir son nom parce que je l'ai d'abord connu comme un personnage de fiction dans une uchronie... dans laquelle il passe plus de temps à faire la leçon à Heydrich qu'autre chose. Je pense pas que dans la vraie vie il faisait ça... au fait, est-ce qu'il a eu des problèmes lors de cet attentat ? des blessures, ou des reproches de sa hiérarchie pour n'avoir pas protégé Heydrich ? |
|  | | Baugnez44 Général (Administrateur)


Nombre de messages: 2581 Age: 52 Localisation: Suisse Date d'inscription: 04/01/2007
 | Sujet: , car sauf Dim 05 Juil 2009, 12:34 am | |
| Excellent comme d'habitude. Une petite question néanmoins Eddy. Lors que tu écris: | Citation: | Trois mois plus tard, revenant à la situation internationale, en présence de Kamil Krofta, ministre des Affaires Étrangères Tchécoslovaque, Hitler prophétise : « Si la guerre devait éclater, le résultat n’en sera ni la bolchevisation du monde ni le triomphe des Juifs, mais l’extermination de la race juive en Europe »…
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il me semble qu'il ne s'agit là que de l'écho du discours que Hitler avait prononcé devant le Reichtag le 30 janvier 1939. A moins que ma mémoire me trahisse... Par ailleurs, tu écris que Heydrich ne prend aucune part à l'organisation des camps d'extermination, ce qui suscites d'autres questions de ma part. Il est certain que Himmler y est engagé, comme le montre le témoignage de Höss qui explique clairement que l'ordre d'expansion d'Auschwitz et de la création de Birkenau vient de Himmler lui-même. Par ailleurs, les responsables des autres camps d'extermination sont les anciens de l'Aktion T4 qui, sauf erreur de ma part, relèvent de la chancellerie du Reich. En tant qu'organisateur de la déportation (bref l'aspect "rafle et transport"), où il est secondé par Eichmann, Heydrich est sans aucun doute au courant de ce qui se passe lorsque les transports arrivent à destination. Au demeurant, le témoignage donné par Eichmann sur la conférence de Wahnsee le confirme. Mais, connaissant par ailleurs le confinement des administrations nazies - et même la concurrence qu'elles se livrent à l'occasion - on se dit qu'il faut un chef d'orchestre pour l'ensemble. Autrement dit, qui coordonne l'ensemble? Himmler? Hitler? Pour ce dernier, j'ai du mal à le croire, car sauf en matière strictement militaire, il délègue à peu près tout. _________________ Toutes les vertus secondaires comme le courage, la discipline, la fidélité, l'endurance n'ont un effet positif qu'aussi longtemps qu'elles servent une cause positive. Si une cause positive devient négative, les vertus secondaires deviennent problématiques
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|  | | Jules Major

Nombre de messages: 136 Age: 29 Localisation: Paris Date d'inscription: 04/01/2009
 | Sujet: Re: Heydrich et la « Solution Finale » – Part II Dim 05 Juil 2009, 9:23 am | |
| | Baugnez44 a écrit: |
| Citation: | Trois mois plus tard, revenant à la situation internationale, en présence de Kamil Krofta, ministre des Affaires Étrangères Tchécoslovaque, Hitler prophétise : « Si la guerre devait éclater, le résultat n’en sera ni la bolchevisation du monde ni le triomphe des Juifs, mais l’extermination de la race juive en Europe »…
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il me semble qu'il ne s'agit là que de l'écho du discours que Hitler avait prononcé devant le Reichtag le 30 janvier 1939. A moins que ma mémoire me trahisse... |
Oui, absolument. C'est bien le discours d'Hitler du 30 janvier 1939, à Berlin, devant le Reichstag. |
|  | | eddy marz Police militaire (moderateur)


Nombre de messages: 1834 Age: 54 Localisation: England/France/Italia Date d'inscription: 24/03/2008
 | Sujet: Re: Heydrich et la « Solution Finale » – Part II Dim 05 Juil 2009, 12:08 pm | |
| Bonjour Kal, Baugnez, et Jules ; Réponses à vos questions : Kal :| Citation: | | des blessures, ou des reproches de sa hiérarchie pour n'avoir pas protégé Heydrich ? |
Klein sortit de l’attentat miraculeusement indemne (légère commotion cérébrale, blessures par éclats de verre et échardes de métal, mais rien de grave). Il ne fit pas l’objet de reproches car la décision de se passer d’escorte était imposée par Heydrich, malgré même les directives d’Himmler.
Baugnez :
| Citation: | | Autrement dit, qui coordonne l'ensemble? Himmler? Hitler? Pour ce dernier, j'ai du mal à le croire, car sauf en matière strictement militaire, il délègue à peu près tout |
On pourrait dire que c’est Himmler qui coordonne tout ce qui regarde la Solution Finale, mais c’est plus compliqué que cela. Les opérations sont séparées. Auschwitz est, bien entendu, la chasse gardée d’Himmler côté extermination, mais également côté industrie (IG Farben, Bayer etc.), et côté médical (expériences etc.). Ces derniers aspects d’Auschwitz, et plus spécifiquement les biens volés aux Juifs (y compris la location ou vente de main d’œuvre esclave) sont intimement liés à la section économique de la SS (WVHA), sous la férule d’Oswald Pohl. L’Institut d’Hygiène de la Waffen-SS gère le stockage et les livraisons de Zyklon B, les conditions d’hygiène (eau potable, lutte contre le typhus etc.), et les expériences médicales qui, elles, dépendent, au niveau décisionnaire, d’Ernst Grawitz, Reichsarzt-SS directement subordonné à Himmler, et de l’Ahnenerbe.
En ce qui concerne les premiers camps d’extermination de l’Aktion Reinhard – une opération « strictement » KdF, oui, bien sûr, Himmler est à la « tête » de tout puisque c’est directement d’Hitler qu’il a reçu ses ordres. Mais l’Aktion Reinhard est dirigée – officiellement – par Odilo Globocnik, qui a été chargé de réaliser l’opération sans subventions du KdF ni de la SS, et va donc se débrouiller par le pillage systématique du Palatinat de Lublin. Mais ce n’est pas tout : Christian Wirth, créateur du système de gazage, 1er commandant de Belzec, puis « Inspektor » des camps AR, a une entrée directe auprès d’Hitler. Les historiens les plus pointus sur ce sujet ne connaissent pas l’étendue ou l’intimité des relations Wirth-Hitler (donc moi non-plus), mais il est certain qu’il agissait à sa guise et pouvait court-circuiter Himmler et Globocnik ; ce dernier n’étant finalement que la vitrine officielle de Wirth. L’Aktion Reinhard fut également gérée – entre autre – par Hermann Höfle et Ernst Lerch (des personnages peu connus que j’éclairerais dans de futurs posts)… Pour simplifier, Aktion Reinhard est plutôt une opération KdF-Polizei-SS et WVHA par extension ; différente d’Auschwitz qui est une opération SS-Industrie-WVHA, différente encore des Einzatsgruppen qui sont une entreprise NSDAP-SD-Polizei-Waffen-SS.
Voici un ornanigramme d’Aktion Reinhard, qui te permettra de jauger la complexité :

Jules :
| Citation: | | Oui, absolument. C'est bien le discours d'Hitler du 30 janvier 1939, à Berlin, devant le Reichstag. |
Tu as parfaitement raison. Lors de ce discours très connu, Hitler ne fit qu’annoncer au peuple entier ce qu’il avait déclaré 9 jours avant – le 21 janvier 1939 – devant le Ministre des Affaires Étrangères Tchécoslovaque.
À+
Eddy

Dernière édition par eddy marz le Dim 05 Juil 2009, 6:58 pm, édité 1 fois |
|  | | Baugnez44 Général (Administrateur)


Nombre de messages: 2581 Age: 52 Localisation: Suisse Date d'inscription: 04/01/2007
 | Sujet: Re: Heydrich et la « Solution Finale » – Part II Dim 05 Juil 2009, 12:41 pm | |
| Ben heureusement que Bernie Ecclestone nous confirme que Hitler était efficace, parce qu'en voyant l'organigramme, j'ai des doutes.  _________________ Toutes les vertus secondaires comme le courage, la discipline, la fidélité, l'endurance n'ont un effet positif qu'aussi longtemps qu'elles servent une cause positive. Si une cause positive devient négative, les vertus secondaires deviennent problématiques
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|  | | Jules Major

Nombre de messages: 136 Age: 29 Localisation: Paris Date d'inscription: 04/01/2009
 | |  | | Jules Major

Nombre de messages: 136 Age: 29 Localisation: Paris Date d'inscription: 04/01/2009
 | Sujet: Re: Heydrich et la « Solution Finale » – Part II Dim 05 Juil 2009, 8:20 pm | |
| Sur le superbe site PHDN.org, une chronologie de documents et déclarations publiques relatifs à la Solution Finale (à partir de 1939) a été rédigée. PART 1/3
| Robert Ley | 10 mai 1939 | | Walter Gross | septembre 1939 | | Hans Franck | novembre 1939 | | Eduard Könekamp | décembre 1939 | | Robert Ley | décembre 1939 | | Odilo Globocnik | 16 février 1940 | | Alexander Palfinger | 7 novembre 1940 | | Soldat E. | 17 novembre 1940 | | caporal W. H. | 21 mai 1941 | | Reinhard Heydrich | 17 juin 1941 | | Un policier | 7 juillet 1941 | | Wilhelm Ritter von Leeb | 8 juillet 1941 | | Einsatzgruppe A | 13 juillet 1941 | | Rolf Heinz Höppner | 16 juillet 1941 | | Caporal-chef G. B | 18 juillet 1941 | | Un officier de la 221e | 28 juillet 1941 | | Heinrich Himmler | 1er août 1941 | | Joseph Goebbels | 7 août 1941 | | Un policier | 7 août 1941 | | Major von Payr | 11 août 1941 | | Joseph Goebbels | 19 août 1941 | | Colonel Riedl | 21 août 1941 | | Lieutenant Vicky Hillard | 21 août 1941 | | Hans Gewecke | 3 septembre 1941 | | Einsatzgruppe C | 10 septembre 1941 | | Franz Rademacher | 13 septembre 1941 | | Harald Turner | 17 octobre 1941 | | Martin Luther | 2 octobre 1941 | | Général Thomas | 4 octobre 1941 | | Walter Mattner | 5 octobre 1941 | | Walther Stahleker | octobre 1941 | | Maréchal Walter von Reichenau | 10 octobre 1941 | | Roumanie | 17 octobre 1941 | | Hans Frank | 16 octobre 1941 | | Paul Wurm | 23 octobre 1941 | | Dr. Erhard Wetzel | 25 octobre 1941 | | Joseph Goebbels | 2 novembre 1941 | | Hans Rademacher | 7 novembre 1941 |
Dernière édition par Jules le Dim 05 Juil 2009, 8:30 pm, édité 4 fois |
|  | | Jules Major

Nombre de messages: 136 Age: 29 Localisation: Paris Date d'inscription: 04/01/2009
 | Sujet: Re: Heydrich et la « Solution Finale » – Part II Dim 05 Juil 2009, 8:21 pm | |
| PART 2/3
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