Catalina Général de Division


Age : 35 Inscrit le : 17 Sep 2006 Messages : 1342 Localisation : Deux-Sèvres
| Sujet: Les canons antichars français Jeu 28 Déc 2006, 3:23 pm | |
| En 1940, la France était certainement le pays le plus avancé du monde en matiére de lutte antichar. Au lendemain de la Premiére Guerre mondiale, la France est, comme tous les autres pays, démunie d'armes antichars. Le 37 mm modèle 1916 TR dont est équipée l'infanterie n'est que de peu d'efficacité même à cette époque, cette arme ayant été à l'origine développée pour être opposée aux mitrailleuses (capacité de perforation: 12 mm à bout portant sous 0° avec l'obus de rupture Mle 1892m24, 25 mm à 100 m sous 30° avec l'obus de rupture modèle 1935). Les premiéres unités antichars formées en 1918 seront donc équipées de piéces de marine de 47 et 65 mm.
Un programme de mise en service d'armes antichars est établi en 1920. Il s'agit de remplacer le 37 TR, inapte à cet emploi, par une piéce d'un calibre proche de 20 mm en mesure de perforer une vingtaine de millimétres de blindage à 600 m sous un angle de 60°. La piéce doit présenter un encombrement et une masse faible, de l'ordre de ceux du 37 mm TR. S'ensuivra un prototype de 17 mm, monté sur l'affut du 37 mm TR, qui ne sera pas mis en production. Il sera également envisagé d'utiliser la mitrailleuse Hotchkiss de 13,2 mm CA modèle 30 comme arme antichar (capacité de perforation: 20 mm à 200 m sous 25° avec la cartouche perforante modèle 1935).
En 1932, Hotchkiss présente son premier prototype de pièce antichar, extrapolé d'une arme développée durant la Premiére Guerre pour être montée dans les chars existants. L'arme sera adoptée sous la désignation de Canon léger de 25 mm antichar SA-L modèle 1934. L'arme sera rapidement mise en construction puisqu'en 1936, 2000 exemplaires sont en service. A la même époque, l'artillerie modifie son canon de campagne de 75 mm en modèle 97/33, sur affût bifléche, et en équipe ses batteries divisionnaires antichars. Les grandes unités affectés aux fronts statiques verront leurs batteries antichars de 75 mm modèle 1897 équipées de plate-formes Arbel, permettant un tir tous azimuts au détriment de la mobilité. Par la suite, l'usage de la plate-forme Arbel sera étendue à tous les groupes de 75 mm de campagne.
Canon léger de 25 mm antichar modèle 1934 Poids en batterie: 480 kg Vitesse initiale: 920 m/s Poids du projectile: 0,320 kg Performances: 35 mm à 100 m, 29 mm à 500 m, 20 mm à 1 000 m sous 30° - le modèle 1937 a des performances sensiblement identiques avec un poids en batterie de 310 kg; - ces performances sont similaires à celles du canon allemand 3,7-cm PaK 35/36 utilisant la munition Pzgr 39.
Le canon antichar de 25 mm est également développé pour être utilisée sur des blindés (automitrailleuse Panhard 178 AMD-35) et dans les fortifications de la Ligne Maginot. Dans ce dernier rôle, il rejoint la mitrailleuse de 13,2 mm et les canons antichars de 37 et 47 mm modèle 1934, spécifiquement conçus pour les fortifications.
Le gros inconvénient du 25 SA 34 Hotchkiss est son poids, jugé trop élevé. APX développe une nouvelle piéce de 25 mm, allégée, qui est adoptée sous la désignation Canon léger de 25 mm antichar SA modèle 1937. Ce canon entre en production en 1938 à une cadence mensuelle d'une soixantaine de piéces. Il intégre la dotation des compagnies d'accompagnement dans les bataillons d'infanterie, alors que le modèle 1934 est plutôt destiné aux compagnies divisionnaires antichars. Même s'il est plus lourd, le modèle 1934 semble avoir souvent été préféré au modèle 1937 en raison de la grande fragilité de ce dernier, diminuant sa stabilité et sa capacité à être tractée.
L'artillerie adopte à la même époque une arme de 47 mm à l'origine développée pour l'infanterie (qui l'a jugée trop lourde). La nouvelle piéce est capable de surclasser le blindage de tous les blindés alors en service. La France adopte ce matériel, designé Canon de 47 mm antichar SA modèle 1937 dès qu'elle a connaissance de l'existence du PzKpfw IV. Le 47 mm est généralement tracté par un semi-chenillé Somua, sa silhouette massive mais basse facilite sa dissimulation et, pour l'heure, il n'existe aucun char susceptible de lui résister. En 1939 quelques modifications trés minimes donneront naissance au modèle 1937/39 pratiquement identique.
Canon de 47 mm antichar SA modèle 1937 Poids en batterie: 1050 kg Vitesse initiale: 855 m/s Poids du projectile: 1,725 kg Performances: 57 mm à 100, 50 mm à 500 m, 42 mm à 1 000 m, 36 mm à 1 500 m sous 30° - performances identiques pour les modéle 1937/39 et 1939; - ces performances sont sensiblement les mêmes que celles du 5-cm PaK 38 allemand utilisant la munition Pzgr 39
En 1935, l'armée française a passé commande de 6 000 pièces antichars de 25 mm (modèle 1934). En 1937, avec l'apparition du modèle 1937 léger, le total de la demande est porté à 8 000 exemplaires, mais revient vite à son échelon initial de 6 000 en raison de la mise en fabrication du 47 mm, commandé à 2 160 exemplaires. Environ 3 000 canons antichars de 25 mm sont en dotation en 1940, essentiellement dans les compagnies divisionnaires antichar (12 piéces/compagnie), dans les compagnies régimentaires d'engins (6 piéces/compagnie) et dans les compagnies d'accompagnement des bataillons d'infanterie (2 piéces/compagnie). dans de nombreuses unités, le canon de 25 mm cotoie le vieux 37 mm TR qui, contrairement aux 25, peut tirer un obus explosif polyvalent.
Le 47 mm SA modèle 1937 a été commandé a 2 160 exemplaires, destinés à équiper 180 batteries antichars de 12 tubes chacun. En mai 1940, 1 700 pièces environ étaient fabriquées dont 1 200 auraient été livrés. Par manque de piéces, les batteries divisionnaires devront se contenter de 8 tubes. Certaines divisions de série B continueront à utiliser le 75 modèle 97/33 en 1940, à raison d'une ou deux batteries de six piéces par division.
Un successeur au 47 mm SA modèle 1937 était programmé, le Canon antichar de 47 mm SA modèle 1939, consistant essentiellement en un tube de modèle 1937 équipé d'un frein de bouche et monté sur un affût triflêche permettant une mise en batterie simple et un tir tous azimuts. Cette piéce devait entrer en fabrication au dernier trimestre 1940, en même temps qu'une arme encore plus puissante, le Canon antichar de 75 mm TAZ modèle 1939. Ce canon de 75 mm utilisait le tube du canon antiaérien de 75 mm CA modèle 1932 monté, également, sur affût trifléche. Ce 75 devait équiper des unités antichars de réserve générale. Les canons de 25 mm devaient, pour leur part, céder la place à une piéce à ame conique, le Canon antichar de 29/20 mm Larsen acheté à une cinquantaine de piéce au Danemark en 1940. Ce canon devait être fabriqué sous licence par Manhurin.
Canon antichar de 29/20 mm Larsen Poids en batterie: 200 kg Vitesse initiale: 1 400 m/s Poids du projectile: 0,090 kg (noyau en carbure de tungsténe) Performance: 56 mm à 400 m sous 30° (à peu prés identique à celle du 47 mm) - le seul équivalent de ce canon sera 2,8-cm SpzB 41 allemand.
Canon antichar de 75 mm TAZ modèle 1939 Vitesse initiale: 700 m/s (obus de rupture modèle 1910) Poids du projectile: 6,4 kg (O.R. 1910) Performance: 80 mm à 1 000 m (avec l'obus de rupture modéle 1910) - Ce canon devait employer le noueau obus sous calibré de 75/57 mm alors à l'étude. Avec ce projectile, les performances auraient été sensiblement équivalentes à celles du 17-pdr britannique (de l'orde de 180 mm à 1 000 m sous 35°).
Pour être tout à fait complet, il faut mentionner qu'une piéce antichar de 90 mm était en phase finale de mise au point. Elle utilisait le tube du canon de 90 mm CA modèle 1939 Shneider avec une vitesse intiale de 810 m/s.
Sur le plan des munitions antichars, la France travaillait sur des obus sous calibrés à jupe détachable de 25, 37, 75, 155 et 203 mm (ces deux derniers pour la Marine). L'obus 37/25 destiné au vieux 37 mm TR modèle 1916 aurait donné à ce dernier les mêmes performances antichar que les canons de 25 mm avec une vitesse initiale de 1 150 m/s. Le 75/57 mm, destiné au 75 TAZ 39, devait également équiper les 75 de campagne modèle 1897. Tiré de ces derniers, sa vitesse initiale était de 900 m/s et sa capacité de pénétration de 90 mm à 1 000 m sous 35°. Un obus à charge creuse de 75 mm était également prévu, pouvant perforer 70 mm de blindage. _________________ Le secret de la tactique c est dix contre un et par derriére!!! Tout le reste n est que littérature. |
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