Rommel's peace, de Lawrence Wells.
Le bouquin est surtout raconté du point de vue de Rommel et de son pote américain Max Speigner (qui dans le tome précédent, que je n'ai pas encore lu, lui avais servi de guide aux USA avant d'aller l'embêter en Afrique). Speigner, fait prisonnier en Afrique, est sorti de son camp de prisonniers quand Rommel décide de l'utiliser comme message pour faire une offre de paix à Eisenhower et Churchill.
Le premier tome ayant la fibre uchronique, on espère tout le long qu'ils vont réussir, mais les quelques scènes encourageantes sont finalement noyées à mesure que les personnages s'enfoncent et finissent par ne plus rien contrôler : Speigner parce que personne ne le prend au sérieux en Angleterre ou que les services spéciaux tentent de l'utiliser pour tuer Rommel, et Rommel à cause de l'entêtement d'Hitler, des manoeuvres de Speidel et de sa propre naïveté.
Le principal défaut du bouquin réside dans les personnages : la moitié d'entre eux est franchement antipathique, à commencer par Speidel (Montgomery est pire, mais là je pense pas que c'est la faute de l'auteur). Pour vous donner une idée de l'ampleur de la chose, un scène montre un Rommel vraiment furax contre son chef d'état major. On apprend alors que, derrière la porte, d'autres officiers se demandent s'il ne l'aurait pas frappé (alors que Rommel avait tapé sur une table)... quand j'ai lu ça, la première chose que j'ai pensé était "OUI, frappes leeeeeeee !". Ce qu'évidemment il ne fait pas, car Rommel est
gentil. Si on omet Churchill et la petite amie de Speigner, tous les Alliés ont l'air décidés soit à se contenter de rigoler, soit à tuer Rommel, quitte à utiliser tous les moyens possibles. Du côté des comploteurs, Speidel est manipulateur, presque mesquin en plus de traiter l'invasion par dessus la jambe (il jouait au ping pong en attendant que Rommel revienne) et donne parfois l'impression que Rommel n'est qu'un outil à ses yeux. Quant aux autres, soit ce sont des lavettes qui ne disent rien, soit ils sont totalement obsédés par l'idée de tuer Hitler et ne pensent qu'à ça.
A côté de ça, Speigner et Rommel sont deux paumés qui essaient désespérément d'arriver à des fins qui ne sont pas toujours les leurs, parfois sans comprendre que personne ne les écoutera ou qu'ils n'ont aucune chance de réussir. La fin est particulièrement pathétique (la froideur de Speidel à ce moment là est sans doute la goutte de trop qui donne envie de l'assassiner), d'autant que Lucie Rommel était probablement un des seuls personnages secondaires à être attachant, ce qui donne d'autant plus de poids à la tragédie familiale.