| | | le soldat oublié de guy sajer | |
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| Auteur | Message |
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major421 Major


Nombre de messages: 123 Age: 17 Localisation: france Date d'inscription: 11/07/2008
 | Sujet: le soldat oublié de guy sajer Ven 11 Juil - 21:57 | |
| « Son père est français, du Massif central, sa mère allemande, de la Saxe. A travers les propos de son père, ancien combattant de la Grande Guerre, il imagine les Allemands comme des monstres : ils tranchent les poings des enfants. Le premier soldat allemand qu’il voit - il a quatorze ans ; c’est en juin 1940 [...] - lui apparaît comme un guerrier splendide, un géant. Il est ébloui. Il admire et il tremble : on va lui couper la main. On ne lui coupe pas la main : on lui donne à manger et à boire. » Quel enseignement tirer de cet exemple ? Le jeune Guy, franco-allemand, n’avait a priori aucune raison de choisir l’un ou l’autre des deux belligérants. D’une manière triviale, il était assis entre deux chaises ! Il aurait très bien pu attendre que l’Histoire se déroule sans lui. Mais, en homme libre, il a choisi son camp. Il s’est senti solidaire de la communauté du peuple allemand. Il s’est engagé d’un côté même si des liens très forts le retenaient de l’autre. Cette ambiguïté se retrouve d’ailleurs dans le camp des Alliés. Beaucoup de résistants avaient des relations amicales avec certains Allemands qu’ils estimaient. Ceci ne les a cependant pas empêchés de faire ce qu’ils pensaient être leur devoir. De même, aujourd’hui, nous ne devons pas avoir de scrupules à défendre notre vision du monde, y compris contre nos proches... Tout naturellement, donc, le jeune Guy qui n’a pas encore 17 ans s’engage dans la Wehrmacht en juillet 1942. Il est d’abord affecté à une unité du train sur le Front de l’Est. Puis, il se porte volontaire pour la division d’élite Gross Deutschland. Il connaît évidemment les rigueurs de l’hiver en Russie ( -40°C), les efforts démesurés pour progresser dans la boue du printemps et surtout, l’enfer de la guerre qui le marque à jamais. « Nous croisâmes aussi, derrière un remblai, un hôpital en plein air d’où les gueulements montaient comme d’un échaudoir à cochons. Nous fûmes réellement bouleversés par certaines visions. Je sentis que j’allais m’évanouir. [...] Nous traversâmes l’enclos en levant les yeux au ciel et en pensant très fort à nos mères. Ainsi, nous ne vîmes que comme dans un rêve des jeunes hommes hurlants aux deux avant-bras écrasés. Les blessés du ventre regardant avec effroi et incompréhension le monticule de leurs intestins qui gonflait la toile de tente rougeoyante jetée hâtivement sur leurs abdomens. » A cette époque, Les combats sont souvent d’une extrême violence : " Et comme il levait prudemment la tête au-dessus du remblai, une succession d’explosions déchira l’air près de nous. Son casque et une partie de sa tête volèrent à dix mètres. Dans un cri affreux, il s’abattit sur nous et Halls reçut le front défoncé du fantassin entre ses deux mains. Nous fûmes éclaboussés de sang et de fragments de chair palpitante. » Au milieu du chaos, Guy analyse le comportement des hommes et y trouve souvent une lueur inexistante en temps de paix. « L’amitié compte beaucoup pendant la guerre. Cela est d’ailleurs assez curieux. Dans cette période de haine généralisée, les hommes du même camp sont souvent soudés par une solide amitié, alors qu’en temps de paix les portes se ferment sur la médiocrité de chacun. » un livre que je recommande car guy sajer pour ma part a trés bien relater ces faits on se croirait dans l'histoire c'est dis d'une facon trés réaliste et horrible en meme temps je le recommande http://www.identiteit.org/images/boeken/leSoldat_gd.jpg |
|  | | CM Caporal-chef

Nombre de messages: 33 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: Re: le soldat oublié de guy sajer Jeu 14 Aoû - 23:01 | |
| C'est plus un roman qu'un vrai livre de guerre. Il est aujourd'hui fortement contesté, et il semblerait que l'auteur, au-delà des erreurs habituelles et excusables dans toutes les biographies, ait un tantinet "gonflé" ses états de service... C'est très bien décrit, mais trop loin de l'histoire pour moi... Il paraît qu'il va être adapté en film... CM |
|  | | xavier Caporal-chef

Nombre de messages: 26 Age: 43 Localisation: firminy (42700) Date d'inscription: 17/08/2007
 | Sujet: Re: le soldat oublié de guy sajer Ven 15 Aoû - 22:12 | |
| | CM a écrit: | C'est plus un roman qu'un vrai livre de guerre. Il est aujourd'hui fortement contesté, et il semblerait que l'auteur, au-delà des erreurs habituelles et excusables dans toutes les biographies, ait un tantinet "gonflé" ses états de service...
C'est très bien décrit, mais trop loin de l'histoire pour moi...
Il paraît qu'il va être adapté en film...
CM |
Ce livre a déjà fait l'objet de tout un débat sur ce forum; je ne trouve pas que Sajer se donne le beau rôle dans ce livre (qui est pour moi le meilleur témoignage sur la 2GM), et ces récits font très vraisemblables à la différence de ce que l'on peut lire chez S.Hassel: reporte-toi à la discussion du forum et à l'interview de l'auteur qui est donnée dans ce même forum; si tu possèdes des critiques sur ce livre, j'aimerais que tu m'en fasses part... |
|  | | CM Caporal-chef

Nombre de messages: 33 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: Re: le soldat oublié de guy sajer Jeu 21 Aoû - 22:23 | |
| Tu sais lire l'anglais ? sur ce fil (à partir de la fin de la première page) tu as une analyse chapitre par chapitre des erreurs factuelles (dates, lieux, évènements) faite par un des spécialistes de la GD : http://forum.axishistory.com/viewtopic.php?f=19&t=1030 Si des mémoires ou souvenirs peuvent être flous ou partriellement erronés, mais là, le niveau, le nombre et l'ampleur des erreurs... Chacun est libre de penser ce qu'il veut (et je m'en voudrais de détruire un "mythe"), mais bon, les faits sont là... CM |
|  | | xavier Caporal-chef

Nombre de messages: 26 Age: 43 Localisation: firminy (42700) Date d'inscription: 17/08/2007
 | Sujet: Re: le soldat oublié de guy sajer Ven 22 Aoû - 21:59 | |
| | CM a écrit: | Tu sais lire l'anglais ?
sur ce fil (à partir de la fin de la première page) tu as une analyse chapitre par chapitre des erreurs factuelles (dates, lieux, évènements) faite par un des spécialistes de la GD :
http://forum.axishistory.com/viewtopic.php?f=19&t=1030
Si des mémoires ou souvenirs peuvent être flous ou partriellement erronés, mais là, le niveau, le nombre et l'ampleur des erreurs...
Chacun est libre de penser ce qu'il veut (et je m'en voudrais de détruire un "mythe"), mais bon, les faits sont là...
CM |
Tout d'abord merci de m'avoir répondu, j'ai donc essayé de comprendre cette très intéressante critique d'un historien suédois; celui-ci contrairement à ce que tu nous affirme ne remet absolument pas en doute le témoignage de G.Sajer: il ne fait que souligner les erreurs historiques- toujours compréhensibles pour lui "Sajer is candid and writes that his book isn't a history of the battles on the Eastern Front, but a subjective account of what he remenbers"...Plus loin " A fraudster would do better research, but write with less presence, and would certainly to churn out war novels like Hassel." Enfin"It is my impression that “The Forgotten Soldier” is an autobiographical novel in many places, with room for a fiction-like narrative, while it reads like a memoir in the final chapters, with verifiable observations and greater accuracy. “The Forgotten Soldier” should be read for what it is: a personal account where the details are often wrong, or at least not adding up, but where the passion and experienced hardships are (mostly) real. It isn’t an account of Großdeutschland’s battles, but then Sajer never claimed that it was." La conviction de Hellqvist est que Sajer a bien vécu toutes ces expériences mais qu'il en a logiquement qu'un souvenir confus car jamais soutenu par un journal tenu quotidiennement. Hellqvist rapporte égamlement que "the commander of th 5th company, Lt Berckholtz, recalls a Sajer serving in that company"... Au final je te trouve vraiment sévère avec Sajer, mais je te remercie pour m'avoir communiquer toutes ces précisions... |
|  | | CM Caporal-chef

Nombre de messages: 33 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: an Ven 22 Aoû - 23:35 | |
| Pour avoir échangé directement avec lui (il s'appelle Björn, comme tous les suédois que je connais  ), je peux te dire que c'est la version "soft" de son ressenti que tu retiens. le problème c'est que toucher à "sajer", c'est toucher à un mythe qui a passionné des milliers (voire plus) d'adolescent qui traînent aujourd'hui leur passion (contractée à sa lecture) sur les forums. Donc si tu commences à dire, surtout sur ces forums, que c'est un tissus de "bobards", tu vas au devant de gros problèmes. regarde ce qui s'est passé là : http://www.feldgrau.net/forum/viewtopic.php?f=33&t=6928&st=0&sk=t&sd=a&start=150Je me suis fait jeté, et Björn aussi (qui porte le doux et bucolique pseudo de Überhauptnichtsführer  ) par un modo et un certain Doug machin qui le défendent mordicus. Voilà son sentiment : "Like I said in a Swedish forum: some people are angry at Sajer's critics because they want everything in the book to be true, while Sajer's critics are angry because they expected the book to be true. It is obvious that this is a clash of differing expectations. Those who prefer hard facts and verifiable claims find the book pure trash, while those who want passion and action loves it. This is consistent with some trends we've seen in recent years, with a demand for books with more personal accounts, as opposed to the drier, academical works. Sajer is hopeless when it comes to locations and dates, but how many of us would be able to accurately remember what we did 10-15 years ago? Still, some of his claims beg a lot of suspension of disbelief. I tend to regard it as a memoir at times, but more often an autobiographical novel."(c'est moi qui met en gras)Je reprends ses derniers termes : ce n'est pas un livre d'histoire, par moment des mémoires au sens strict, mais c'est surtout un roman autobiographique (an "autobiographical novel", tu me corriges si tu trouves une autre traduction, moi et l'anglais tu sais...  ). Si tu veux de vrais récits d'ancien combattants allemands de l'Ostfront, voici une liste : "Black Edelweiss" by Johann Voss, "In Deadly Combat" by Gottlob Biedermann, "Blood Red Snow" by Günter Koschorrek, and "A Stranger To Myself" by Willy Peter Reese. S'ils comportent parfois des erreurs ou des approximations, le taux est loin d'atteindre celui du TFS de Sajer. Pourquoi suis-je aussi dur avec un livre qui est encore aujourd'hui un des fondements du recrutement de certains groupuscules ? Et bien la réponse est dans la question... Voici un monsieur pas du tout Alsacien-lorrain, qui trahit son pays pour s'engager dans l'Armée ennemie et servir dans la pire des guerres qui soit (L'Ostfront, c'est très très spécial, surtout coté "terres-libérées-par-l'Axe" si tu vois ce que je veux dire  ). Bon, quand il écrit ses "mémoires" dans les années 50, il sait à peu près tout de cela (et du reste), donc il pourrait regretter, dire à la fin qu'il s'est fait avoir par la propagande de Goebbels (ce n'est aps un drame, il est loin d'être le seul  ), bref donner un sens moral à son récit ("pour l'édification des jeunes générations " comme on disait à l'époque). As-tu lu quelque chose comme cela ? Un regret ? Un début de reconnaissance de son erreur magistrale ?... Bien au contraire, j'ai cru lire dans une interview que si c'était à refaire, il le referait... Et il se rajeunit pour ne pas avoir à se justifier... Partant de ce point de vue, et au regard de l'importance de cet ouvrage à très grand tirage dans le monde entier (très finement écrit) dans un processus d'identification au pauvre Landser qui souffre sur l'Ostfront (excuse-moi mais niveau souffrance, il y avait pire... et pas loin). Je n'ai aucune raison de fermer les yeux sur des erreurs qui n'en paraissent que plus "louches" (et qui ne lui sont peut-être pas imputables, va voir qui l'a édité en premier, etc...). Pour finir, je préfère largement les carnets de guerre de Vassili Grossman (relu et commenté par Beevor), ou les livres de Ernst Junger ou d'autres... Il s'agit d'un avis personnel, et je reconnais bien volontiers que c'est très bien écrit, très prenant et très efficace. de toutes les façons, les goûts et les couleurs... Ai-je répondu à ta question ? CM PS : désolé de ces mots sincères... J'espère qu'ils ne m'attireront pas trop d'ennuis de la part de la modération...  |
|  | | Phil642 Général (Administrateur)


Nombre de messages: 4049 Age: 43 Localisation: La vie est Belge Date d'inscription: 09/05/2006
 | Sujet: Re: le soldat oublié de guy sajer Ven 22 Aoû - 23:42 | |
| Un débat animé mais sans animosité est toujours intéressant. Vous êtes tous deux courtois en défendant vos idées. Rien à redire, au contraire. |
|  | | xavier Caporal-chef

Nombre de messages: 26 Age: 43 Localisation: firminy (42700) Date d'inscription: 17/08/2007
 | Sujet: Re: le soldat oublié de guy sajer Sam 23 Aoû - 22:00 | |
| | CM a écrit: | Pour avoir échangé directement avec lui (il s'appelle Björn, comme tous les suédois que je connais ), je peux te dire que c'est la version "soft" de son ressenti que tu retiens. le problème c'est que toucher à "sajer", c'est toucher à un mythe qui a passionné des milliers (voire plus) d'adolescent qui traînent aujourd'hui leur passion (contractée à sa lecture) sur les forums.
Donc si tu commences à dire, surtout sur ces forums, que c'est un tissus de "bobards", tu vas au devant de gros problèmes.
regarde ce qui s'est passé là :
http://www.feldgrau.net/forum/viewtopic.php?f=33&t=6928&st=0&sk=t&sd=a&start=150
Je me suis fait jeté, et Björn aussi (qui porte le doux et bucolique pseudo de Überhauptnichtsführer ) par un modo et un certain Doug machin qui le défendent mordicus.
Voilà son sentiment :
"Like I said in a Swedish forum: some people are angry at Sajer's critics because they want everything in the book to be true, while Sajer's critics are angry because they expected the book to be true. It is obvious that this is a clash of differing expectations. Those who prefer hard facts and verifiable claims find the book pure trash, while those who want passion and action loves it. This is consistent with some trends we've seen in recent years, with a demand for books with more personal accounts, as opposed to the drier, academical works. Sajer is hopeless when it comes to locations and dates, but how many of us would be able to accurately remember what we did 10-15 years ago? Still, some of his claims beg a lot of suspension of disbelief. I tend to regard it as a memoir at times, but more often an autobiographical novel."(c'est moi qui met en gras)
Je reprends ses derniers termes : ce n'est pas un livre d'histoire, par moment des mémoires au sens strict, mais c'est surtout un roman autobiographique (an "autobiographical novel", tu me corriges si tu trouves une autre traduction, moi et l'anglais tu sais... ).
Si tu veux de vrais récits d'ancien combattants allemands de l'Ostfront, voici une liste : "Black Edelweiss" by Johann Voss, "In Deadly Combat" by Gottlob Biedermann, "Blood Red Snow" by Günter Koschorrek, and "A Stranger To Myself" by Willy Peter Reese. S'ils comportent parfois des erreurs ou des approximations, le taux est loin d'atteindre celui du TFS de Sajer.
Pourquoi suis-je aussi dur avec un livre qui est encore aujourd'hui un des fondements du recrutement de certains groupuscules ? Et bien la réponse est dans la question...
Voici un monsieur pas du tout Alsacien-lorrain, qui trahit son pays pour s'engager dans l'Armée ennemie et servir dans la pire des guerres qui soit (L'Ostfront, c'est très très spécial, surtout coté "terres-libérées-par-l'Axe" si tu vois ce que je veux dire ). Bon, quand il écrit ses "mémoires" dans les années 50, il sait à peu près tout de cela (et du reste), donc il pourrait regretter, dire à la fin qu'il s'est fait avoir par la propagande de Goebbels (ce n'est aps un drame, il est loin d'être le seul ), bref donner un sens moral à son récit ("pour l'édification des jeunes générations " comme on disait à l'époque).
As-tu lu quelque chose comme cela ? Un regret ? Un début de reconnaissance de son erreur magistrale ?...
Bien au contraire, j'ai cru lire dans une interview que si c'était à refaire, il le referait... Et il se rajeunit pour ne pas avoir à se justifier...
Partant de ce point de vue, et au regard de l'importance de cet ouvrage à très grand tirage dans le monde entier (très finement écrit) dans un processus d'identification au pauvre Landser qui souffre sur l'Ostfront (excuse-moi mais niveau souffrance, il y avait pire... et pas loin). Je n'ai aucune raison de fermer les yeux sur des erreurs qui n'en paraissent que plus "louches" (et qui ne lui sont peut-être pas imputables, va voir qui l'a édité en premier, etc...).
Pour finir, je préfère largement les carnets de guerre de Vassili Grossman (relu et commenté par Beevor), ou les livres de Ernst Junger ou d'autres... Il s'agit d'un avis personnel, et je reconnais bien volontiers que c'est très bien écrit, très prenant et très efficace. de toutes les façons, les goûts et les couleurs...
Ai-je répondu à ta question ?
CM
PS : désolé de ces mots sincères... J'espère qu'ils ne m'attireront pas trop d'ennuis de la part de la modération...  |
Tout d'abord merci de m'avoir répondu et de m'avoir aiguiller sur d'autres témoignages de cette guerre à l'est; je dois avouer que j'ai une certaine sympathie pour le soldat oublié, malgré ses inexactitudes avérées et l'idéologie de l'auteur parfois douteuse, qui perce à travers les conversations rapportées de son capitaine qu'il admire tant Weisreidau (celles-ci ont de forts relents fascistes)...Mais encore une fois, la guerre décrite au ras du sol par un soldat de base (qui ne se donne pas le beau rôle, Sajer est fréquement confronté à son propre manque de courage, à sa mauvaise conscience quand il fait feu sur des soldats russes qui se rendent ou quand il ne se questionne pas sur le sort fait aux partisans capturés), gagné par l'idéologie nazie (corroborant les thèses de O.Bartov, sur l'armée d'hitler) a des accents trop véridiques pour être rejetée en bloc... Je défends ce témoignage qui ressemble beaucoup à ceux des écrivains pacifistes vétérans de la 1GM, Remarque, Genevoix, Dorgelès, Barbusse; inversement les témoignages de Grossman (journaliste obligé de s'autocensurer par peur stalinienne et auteur d'une Vie et destin qui raconte en une grande fresque historique et là complètement fictive la guerre à l'est, Junger (son journal ne parle pas de la guerre à l'est et son lyrisme belliciste observé à travers Orages d 'acier, roman sur la 1èreGM ne plaide pas en sa faveur) ne m'ont pas vraiment interessé (Vie et destin m'est littéralement tombé des mains, Grossmann a voulu refaire un Guerre et paix mais vraiment sans succès...Pour la guerre à l'est, on peut lire, à la rigueur lieutenant de panzer de Kageneck, tout y est véridique, mais c'est assez décevant(et c'est un témoignage pour blanchir la Wehrmacht). Finalement ce que j'ai lu de mieux sur le sujet- Sajer mis à part- est le récit de Mario Rigoni Stern le sergent dans la neige (edition de poche 10/18) qui narre la retraite du don vécue au sein d'une division italienne alpine ... Enfin cette contreverse me fait beaucoup penser à celle qui a agité les vétérans et historiens de la 1GM: un véréran français de celle-ci Jean norton Cru s'est efforcé de faire le tri des récits de la 1GM, en ne se souciant que de leur authenticité à travers dates, lieux armes, exactement comme l'a fait B. Hellquist pour le Soldat oublié... Bien entendu, JN Cru a éliminé les récits tels que à l'ouest rien de nouveau ou les Croix de bois, allant même jusqu'à douter que leurs auteurs aient connu le front! Heureusement les historiens contemporains ont réhabilité ces auteurs ( cf F.ROUSSEAU La guerre censurée,gallimard histoire, 2001) et je suis bien sûr que Sajer sera réhabilité pour les mêmes raisons. |
|  | | CM Caporal-chef

Nombre de messages: 33 Date d'inscription: 25/01/2008
 | Sujet: Re: le soldat oublié de guy sajer Dim 24 Aoû - 23:45 | |
| Oulah ! Attention, je suis prêt à admettre beaucoup de choses, mais il ne faut pas toucher à Ernst Jünger...  En le citant, je ne visais bien évidemment pas ses romans réécrits selon les canons de l'époque (sans jeu de mot malheureux), mais un livre hallucinant (et lui censuré par Hitler) qui s'appelle : "La Guerre comme expérience intérieure" ("Der Kampf als inneres Erlebnis" en allemand) réédité en français plusieurs fois, et toujours épuisé... (notamment chez Christian Bourgeois, 1997, ISBN 2-267-01430-0). Si tu parviens à mettre la main dessus, tous les autres livres te paraîtront soudain très légers... Sa participation à la Grande Guerre est incontestable (il sera le plus jeune récipiendaire de la "Croix pour le Mérite" en 1918). Sauf que s'il a fait partie des Stosstruppen, il était aussi un universitaire, ce qui donne à son expérience une profondeur d'analyse très intéressante (et déstabilisante pour le lecteur). Tu peux aussi lire "Hommes en guerre" d'Andreas Latzko (la WWI coté austro-hongrois), livre qui sera interdit en Allemagne à partir de 1933, et qui fera partie de ceux brûlés dans les immenses autodafés nazis... (version française, chez Titanic, 1994, ISBN 2-910481-02-6). Lorsque je citais Vassili Grossman, il s'agit de ses carnets de guerre, c'est à dire ses carnets secrets (tenus au mépris des ordres et du NKVD) où il mettait ses idées, sentiments et impressions au jour le jour... je cite Beevor " Ses carnets, par leur liberté de ton et leur préférence marquée pour la vérité profonde des hommes plutôt que pour les vérités officielles, différaient sensiblement de ses dépêches publiées dans L'Etoile Rouge et auraient pu valoir de gros ennuis à Grossman s'ils avaient été découverts." Je t'invite à t'y ruer pour voir l'autre coté du no man's land de l'Ostfront (chez Calmann-Levy, ISBN 978-2-7021-3766-6), sans le filtre de la propagande stalinienne... Enfin, évidemment, si tu as lu Mario Rigoni Stern, tu es à moitié pardonné.... CM |
|  | | xavier Caporal-chef

Nombre de messages: 26 Age: 43 Localisation: firminy (42700) Date d'inscription: 17/08/2007
 | Sujet: Re: le soldat oublié de guy sajer Lun 25 Aoû - 16:03 | |
| | CM a écrit: | Oulah !
Attention, je suis prêt à admettre beaucoup de choses, mais il ne faut pas toucher à Ernst Jünger... En le citant, je ne visais bien évidemment pas ses romans réécrits selon les canons de l'époque (sans jeu de mot malheureux), mais un livre hallucinant (et lui censuré par Hitler) qui s'appelle : "La Guerre comme expérience intérieure" ("Der Kampf als inneres Erlebnis" en allemand) réédité en français plusieurs fois, et toujours épuisé... (notamment chez Christian Bourgeois, 1997, ISBN 2-267-01430-0). Si tu parviens à mettre la main dessus, tous les autres livres te paraîtront soudain très légers...
Sa participation à la Grande Guerre est incontestable (il sera le plus jeune récipiendaire de la "Croix pour le Mérite" en 1918). Sauf que s'il a fait partie des Stosstruppen, il était aussi un universitaire, ce qui donne à son expérience une profondeur d'analyse très intéressante (et déstabilisante pour le lecteur).
Tu peux aussi lire "Hommes en guerre" d'Andreas Latzko (la WWI coté austro-hongrois), livre qui sera interdit en Allemagne à partir de 1933, et qui fera partie de ceux brûlés dans les immenses autodafés nazis... (version française, chez Titanic, 1994, ISBN 2-910481-02-6).
Lorsque je citais Vassili Grossman, il s'agit de ses carnets de guerre, c'est à dire ses carnets secrets (tenus au mépris des ordres et du NKVD) où il mettait ses idées, sentiments et impressions au jour le jour... je cite Beevor "Ses carnets, par leur liberté de ton et leur préférence marquée pour la vérité profonde des hommes plutôt que pour les vérités officielles, différaient sensiblement de ses dépêches publiées dans L'Etoile Rouge et auraient pu valoir de gros ennuis à Grossman s'ils avaient été découverts."
Je t'invite à t'y ruer pour voir l'autre coté du no man's land de l'Ostfront (chez Calmann-Levy, ISBN 978-2-7021-3766-6), sans le filtre de la propagande stalinienne...
Enfin, évidemment, si tu as lu Mario Rigoni Stern, tu es à moitié pardonné....
CM | J'ai déja dans ma bibliothèque Carnets de guerre (textes choisis par A.Beevor et Luba Vinogradova), livre paru l'année passée: j'en trouve la lecture pas très captivante, car l'information n'est jamais vraiment sûre, mais plutôt sur le mode, il a été répété que un tel a fait ceci, etc... Grossman ne tient pas vraiment un journal de ce qu'il voit mais souvent de ce qu'il lui est rapporté; bon bref, cela ne m'a pas vraiment plu...En revanche, on est d'accord sur un point c'est que Junger est un écrivain extraordinaire, (j'ai adoré Sur les falaises de marbres)... |
|  | | | | le soldat oublié de guy sajer | |
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