Fabrication du « café de guerre »
Evidemment dans la pèriode de restriction le café était très rare on en trouvait un peu au marché noir où ceux qui en avait le gardait précieusement en monnaie d’échange, car le troc à l'époque était souvent de mise et plus la denrée était rare plus elle avait de valeur.
Ma Mère quelquefois lorsque la cliente en avait se faisait payer son travail en café. Il n’était pas grillé mais était vert.
Le café de « Guerre » était ni plus ni moins de l’orge que l’on faisait grillé dans des grilloirs à mains. Le grilloir était un cylindre de tôle muni d' une trappe coulissante pour avoir accès à l’intérieur et pouvoir le remplir. Il était utilisé à l’horizontal les deux extrémités possédaient un axe , qui d’un côté était prolongé par une manivelle. Le tout reposait sur une couronne de tole ayant deux paliers ,cette couronne prenait la place sur le fourneau des rondelles de fonte qui assuraient la fermeture du foyer.
Rempli d’orge on tournait la manivelle et le cylindre assurait ainsi durant sa rotation un grillage homogène des grains d’orge. Le tout dégageait pas mal de fumée et il était nécessaire d’ouvrir la fenêtre pour ne pas enfumer toute la cuisine ,on évitait de faire cette opération par grand froid !!!
Ma mère ajoutait à chaque « fournée » une tasse de grains de café vert pour améliorer l’arôme de son café de « guerre » !!!Une fois refroidi le « café » était stocké dans des pots en verre. Il fallait veiller à ne pas faire brûler les grains car « grillé n’est pas brûlé » disait ma Mère !!!
Voilà comment on exploitait le peu de vrai café qu’on gardait précieusement ,souvent caché, pour éviter les indiscrétions ou le vol !!
En 2004 voulant vendre la maison maternelle , en débarrassant une grange où étaient empilés toiut un tas d’objets hétéroclites dont nous ne connaissions pas la présence, nous avons découvert dans un sac de jute intact ,mais n’ayant plus d’odeur 3 kg de grains de café vert qui dataient des Années 1945 / 1949 et que ma Mère avait caché….et sans doute oublié par la suite ;
C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons pensé à Elle . Ce produit rare avait sans doute été obtenu en troc ,contre un grand nombre d’heures de son travail, car notre pauvre Mère n’avait pas les moyens de se payer un tel produit.