La Seconde Guerre Mondiale

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 La vie militaire

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Kalendeer
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MessageSujet: La vie militaire   Dim 10 Mai 2009, 10:42 pm

Allez, histoire de passer pour une bécasse avec un topic tellement généraliste que je ne savais même pas où le caser mort de rir gri

Comme vous le savez (ou pas), je travaille actuellement sur un jeu de rôle. Or, il est prévu qu'il accueille aussi des gens qui ne connaissent pas grand chose à la période ; si je me débrouille pas mal en freelance, avec ce que j'ai glané des biographies et des films que j'ai regardé, certains de mes joueurs vont avoir besoin d'un article clair sur la vie d'un militaire de l'époque. Mais je ne me considère pas comme capable d'écrire un article exhaustif et sans erreurs sur le sujet.

Donc j'aurai voulu avoir des informations générales à propos de :
-La vie militaire française (armée de terre, si possible chasseurs alpins ; armée de l'air)
-La vie militaire allemande (Heer, dans une moindre mesure Luftwaffe, gestapo et SD)

Quand je dis informations générale, il s'agit du déroulement approximatif de la journée des soldats (pas à la minute près, hein), de la conduite envers leurs supérieurs, de leurs devoirs du jour, de l'ambiance...

Inutile de rentrer vraiment dans les détails, c'est surtout une base claire pour rassurer ceux qui ont peur de faire des bourdes énormes.

Ce que je retiens, pour toutes les armées :
-Le respect de ses supérieurs. On doit saluer ses supérieurs, on se tait quand on nous dit de nous taire, on appelle pas son Colonel "biloute" ou "ma couille". Le soldat doit obéir à ses supérieurs, sauf en cas d'ordre clairement débile/suicidaire/hautement suspect, le soldat s'exposant alors à des emmerdes si le reste de la hiérarchie venait à juger que le supérieur avait raison.

-Le respect des règles. Les règles doivent être respectées, et le soldat doit avoir une hygiène de vie quand il est en service. Il doit respecter les ordres donnés du mieux possible, et donner des ordres cohérents. Un officier doit supposément se conduire correctement (en gentleman), faire honneur à son armée, ne pas faire honte au corps des officiers devant ses soldats.

-Le goût de l'effort. On se lève tôt, et tous les soldats sont un minimum capables physiquement. L'armée n'est pas un terrain de glandu, on y fait pas la sieste la moitié de la journée.

-Les valeurs militaires. On valorise toujours l'effort, mais surtout le courage et l'intelligence stratégique. L'honneur est aussi un caractère appréciable (mais pas trop pour certains nazis). Les corps d'officiers sont souvent conservateurs, croyants, se considèrent comme une élite. Ils aiment l'ordre, pas trop la démocratie et ne participent pas à la vie politique (pas le droit de vote).

-Les officiers français étaient plutôt conservateurs au niveau des techniques militaires, les allemands plus novateurs.


Pour devenir officier :
-En montant les grades, depuis le simple soldat (pouvait-on déjà passer un concours ?)

-En France, les écoles d'officier (Saint-Cyr, école navale, école de l'air) sont post prépa (scientifique pour l'école de l'air, mais je ne suis pas sûre pour les deux autres : actuellement, il existe des prépa "Hec/Saint-Cyr", mais je ne saurai pas dire si c'est limité aux Hec, ouvert aux hec et aux scientifiques, ouvert à tous les préparationnaires, et si c'était déjà comme ça au début du siècle).

-En Allemagne, les écoles sont post Abitur ? Rommel avait 19 ans, ce qui concorde avec l'Abitur, mais apparemment ils avaient des écoles pour tout et n'importe quoi et le système différait selon la branche, donc j'ai des doutes à ce sujet.
On y apprenait entre autre, l'escrime, l'équitation et la danse.
Petite question plus pointue : est-ce que le Mensur était interdit, autorisé ou obligatoire, comme c'était le cas dans certaines universités ?


Voilà, si vous avez deux trois choses à balancer... même si c'est aussi général que ce que je viens de dire. Ce n'est pas pour écrire un roman historique, mais juste pour guider les joueurs, histoire qu'ils ne fassent pas d'énormes bourdes ^^

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MessageSujet: Re: La vie militaire   Lun 11 Mai 2009, 1:09 pm

Kalendeer a écrit:
-Le goût de l'effort. On se lève tôt, et tous les soldats sont un minimum capables physiquement. L'armée n'est pas un terrain de glandu, on y fait pas la sieste la moitié de la journée.


Evite de donner ça comme exemple : http://bdtrash.forumdediscussions.com/elvifrance-f1/salut-les-bidasses-n33-chroniques-z-alpines-t533.htm
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Kalendeer
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MessageSujet: Re: La vie militaire   Lun 11 Mai 2009, 5:41 pm

J'ai pas précisé si l'effort était volontaire (je pensais plutôt aux officiers en fait, si on entre dans l'armée sans avoir été forcé par papa, c'est forcément qu'on doit vouloir trimer un peu, non ?)

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MessageSujet: Re: La vie militaire   Dim 24 Mai 2009, 2:26 pm

A l'intention de Kaleender.

Pour devenir officier en Allemagne, s'il s'agit des forces terrestres, durant la Seconde Guerre mondiale, il y a plusieurs façons dont :

- Les académies militaires dont la plus prestigieuse est la "très prussienne" accadémie de Potsdam.
- Pour la Waffen-SS, les officiers sont généralement formés dans les Junkerschule

Chez les Soviétiques, si l'on en croit Jean-Jacques Marie dans Staline (Fayard), l'écrasante majorité des officiers de l'Armée Rouge est formée au sein des accadémies militaires de secondaires, où l'enseignement dispensé est de moindre qualité. Ce qui expliquera le cruel manque de compétences dès le 22 juin 1941.


Sinon, si vous voulez en savoir plus sur la vie militaire durant la Seconde Guerre mondiale je vous recommande comme ouvrage :

P. Fussell, A la guerre. Psychologies et comportements durant la Seconde Guerre mondiale, Points
I. Meinen, Wehrmacht et prostitution sous l'Occupation, Payot et Rivages

Cordialement clin doeil gri
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Kalendeer
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MessageSujet: Re: La vie militaire   Dim 24 Mai 2009, 3:02 pm

Merci pour ton aide !

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MessageSujet: Re: La vie militaire   Dim 24 Mai 2009, 3:11 pm

Pas de quoi pouce
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Vincent
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MessageSujet: Re: La vie militaire   Dim 24 Mai 2009, 3:44 pm

Bonjour !

Kalendeer a écrit:
Pour devenir officier :
-En montant les grades, depuis le simple soldat (pouvait-on déjà passer un concours ?)

-En France, les écoles d'officier (Saint-Cyr, école navale, école de l'air) sont post prépa (scientifique pour l'école de l'air, mais je ne suis pas sûre pour les deux autres : actuellement, il existe des prépa "Hec/Saint-Cyr", mais je ne saurai pas dire si c'est limité aux Hec, ouvert aux hec et aux scientifiques, ouvert à tous les préparationnaires, et si c'était déjà comme ça au début du siècle).


En France, peu probable qu'un gars qui a commencé simple soldat puisse finir général... ou alors il a montré sa valeur par une action d'éclat. Cependant on pouvait trouver des officiers durant l'entre deux guerre par exemple qui avait pris du galon durant la pénurie d'officiers de 14-15, des sergents-chef étant vite devenus adjudant puis sous-lieutenant (et dès lors qu'ils étaient sous-lieutenant à titre définitif, la porte était ouverte) mais en général il y a bien une césure entre le monde du rang et sous-off et le monde des officiers.

Le parcours de l'officier classique qui a fait la SGM était prépa dans les années 1910-1920 (pour le grandes familles, une prépa à Paris genre Janson de Sailly ou Stanislas pour le privé) - attention il ne fallait pas être trop vieux (au delà de 23 ans je crois c'était mort) - puis St-Cyr (je prend l'exemple de l'armée de terre le plus courant, pour les biffins et les cavaliers, polytechnique pour les artilleurs et le génie) dont la durée de promo varie à partir de 1911-1913 je crois, mais en général je crois que c'était 2 ans de St-Cyr, en sachant qu'au préalable à toute entrée à st-cyr il était nécessaire de faire un an de service dans la troupe.

On jugeait un officier (sa valeur théorique) et le jeune cyrard y jouait son affectation au rang de sortie. Dans le premier tiers on avait les meilleurs (Genre la promo Fès (1909-1912) par exemple : Alphonse Juin est major (1er), De Gaulle est 7e je crois bien, dans la promo Metz et Strasbourg, de Hauteclocque sort dans les premiers) ensuite venait le 2e tiers et le 3e tiers. Enfin bref, St-Cyr c'est le temple de l'armée.

Après Cyr, l'officier avait une affectation (ou pour les promos 1913 et 1914 ils n'ont pas vraiment eu le temps, direct à la guerre) mais sinon après Cyr, les officiers allaient en école d'application pour parfaire leur niveau, ce qui augmentait leurs compétences, leur valeur et la reconnaissance de leurs pairs car la aussi un rang de sortie.

Le must du must, après concours d'entrée et après quelques années de bouteille tout de même, était de passer par l'école de guerre et encore une fois d'en sortir dans le 1er voir le 2e tiers. L'officier devenait ainsi "breveté" et intégrait un état-major pour poursuivre sa formation. A ce niveau, l'officier avait déjà env. le grade de capitaine ou commandant mais cela permettait de bouster la carrière car les brevetés étaient des personnes sur lesquels l'état-major pouvait se fier les yeux fermés (bien que le programme de l'école de guerre dans les années 20 et 30 soit totalement démodé) et c'est ces officiers qui étaient choisis en général pour commander à des postes importants : escadron, compagnie, groupes d'escadrons, bataillons, et les bureaux au sein des état-majors. C'est ainsi qu'ils arrivaient à monter en grade, un petit conflit et quelques médailles pouvant booster l'avancement.

Après, tout dépend des cas, les meilleurs pouvaient espérer finir colonel, général de brigade voir général de division avant la retraite, ceux au-dessus pour être 4 ou 5 étoiles avaient du avoir un parcours exemplaire, des faits d'armes et de bons réseaux du conseil supérieur de la guerre et en général auprès des hauts dignitaires de l'armée influents.

Amicalement pouce

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MessageSujet: Re: La vie militaire   Dim 24 Mai 2009, 3:50 pm

Je donnais cette possibilité parce qu'il y avait, je crois, l'exemple de Portal en matière de promotion à partir du bas (même si Portal était anglais, mais c'est histoire de dire que ça restait possible).

Pour les chasseurs alpins, y avait-il une école d'officiers particulière ou c'était St-Cyr puis spécialisation ?

As-tu des exemples d'écoles d'application ?

Je te remercie bien bas pour tous ces détails, ça va beaucoup m'aider ^^

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MessageSujet: Re: La vie militaire   Dim 24 Mai 2009, 4:18 pm

Et bien les diables bleus étaient des fantassins comme les autres et tout officier qui avait fait Cyr commandant des CA aurait pu commander n'importe quelle unité là n'est pas la question. (les CA des Vosges - 44e DI - combattirent sur la Somme comme n'importe quelle unité d'infanterie... encore aujourd'hui on peut envoyer le 27e BCA de Cran Gevrier en mission à N'Djamena)

Pour ce qui est de la formation en montagne, le plus souvent on peut dire qu'elle était faite sur le tas bien que pas tant que ça en vérité car la troupe provenait généralement d'un recrutement régional (Savoyard, Pyréenées, Vosgiens) et un officier né à Chambéry dont le papa avait déjà été officier chez les CA par exemple, qui a grandit dans les montagnes avait déjà la formation du terrain pour ainsi dire, et une fois Cyr passé retournait dans ses montagnes)

Pour les CA la véritable spécialisation et règlementation de l'instruction pour la haute-montagne ne vient qu'à partir de 1932 : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_militaire_de_haute_montagne
Sinon je te conseille de regarder la formation et les brevets nécessaires actuellement : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chasseurs_alpins mais avant la mise en place de l'école en 1932, je ne vois pas d'école spécialisée qui me vienne en tête.

Pour ce qui est des écoles militaires d'application, il y avait (voir il y a toujours mais elles ont quelquefois changé de nom) :
- Ecole d'application de la Cavalerie et du Train (devenue EAABC : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_d%27application_de_l%27arme_blind%C3%A9e_cavalerie)
- Ecole d'application de l'infanterie : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_d%27application_de_l%27infanterie, ça c'est celle d'aujourd'hui qui fusionne tout ce qu'il y avait auparavant, St-Maixent notamment je crois.
- Génie et artillerie (les polytechniciens aiment bien rester entre eux) : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_d%27application_de_l%27infanterie (aujourd'hui le génie à une école séparée, les transmissions rattachées au génie jusque 1940 ont également une école séparée)

Sinon en général, aujourd'hui ça donne ça : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_militaire_d%27application mais le système à pas mal changé depuis la SGM, il y a beaucoup plus d'écoles spécialisées.

Amicalement pouce

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MessageSujet: Re: La vie militaire   Dim 24 Mai 2009, 5:36 pm

Merci bien ^^

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