L'affaire de Syrie a été une bien triste affaire. Après la déconfiture des Turcs, alliés des Allemands, la SDN (ancêtre de l'ONU) avait donné mandat à la France sur la Syrie et le Liban. Pourquoi ces deux pays parmi tous ceux dont les Turcs ont été chassés par les Arabes et aussi les Britanniques ? Parce que ces deux pays étaient francophones depuis des siècles. Dailleurs au début de la Sorbonne, le Liban a fourni beaucoup de professeurs de français à la France.
Après le désastre de 1940, le régime de Vichy a oublié que le Levant était sous protectorat, et non une colonie française. Dans un premier temps, il y a eu l'accueil de la commission italienne d'Armistice au Levant, puis la commission de contrôle germano-italienne. Par allégeance, les navires italiens disposaient des ports français du Levant. Plus grave, lorsqu'elle était en difficulté, la Luftwaffe franchissait l'espace aérien pour échapper à la RAF. De compromis en compromissions on en est arrivé à ce que les aérodromes du Levant servent d'escales à la Luftwaffe. Quelle ne fut pas la surprise des services secrets lorsqu'ils découvrirent que la population savait avant eux que ces transits avaient lieu toutes les nuits, puis en plein jour. Que faisaient ces aviateurs ; entre autres, ils livraient des fusils-mitrailleurs français modèle 1924-29 en emballages d'usine au rebelle Rachid Ali Gaylani. Se sentant invulnérables les politiques du régime de Vichy et l'état-major du TOMO iront de plus en plus loin. Ils volèrent tous les chars R35 payés et livrés des troupes polonaises au Levant, oubliant que ces soldats avaient été envoyés à la demande du général Weygand qui projetait une opération Franco-Anglo-Polonaise pour saisir les puits de pétrole de Bakou. Ces chars furent versés à l'éphémère 68°BCC du prince Murat. L'argument servi aux polonais fut : "vous avez de la chance, car normalement nous devrions vous emprisonner". Quel retournement de veste. Ces troupes polonaises partiront en Egypte, au sein de la 8° Armée Britannique. De provocation en provocation l'EM/TOMO demandera à la Luftwaffe de transporter au Levant le Régiment d'Infanterie Colonial de Fréjus. Tout était prêt pour un affrontement