| | | Suez, Gibraltar : les occasions manquées cet été 1940. | |
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| Auteur | Message |
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ghjattuvolpa* Police militaire (moderateur)


Nombre de messages: 1025 Date d'inscription: 18/06/2008
 | Sujet: Re: Suez, Gibraltar : les occasions manquées cet été 1940. Dim 07 Sep 2008, 6:05 pm | |
| 1. L'armistice était une façon de mettre hors jeu pour tous les belligérants la France, son Empire et sa flotte. Une invasion totale de la France et c'est assurément toute l'AFN, l'AOF, l'AEF et Madagascar rejoignant la lutte contre l'axe. L'axe se retrouverait alors en forte infériorité sur mer et n'aurait pas pu envisager de toucher les points cruciaux de l'empire anglosaxon. L'armistice c'est aussi le moyen de limiter les troupes d'occupation. D'un autre côté, les Britanniques peuvent se réjouir que l'Allemagne n'ait aucun accès àla Méditerranée. 2. Pour que les Italiens aient été plus tranchants, encore eût il fallu que le peuple italien souhaite s'engager dans le conflit ce qui est loin de la réalité et les évènements de 43 le montreront. |
|  | | tietie007 Colonel


Nombre de messages: 572 Age: 43 Localisation: Aix en Provence Date d'inscription: 26/02/2007
 | Sujet: Re: Suez, Gibraltar : les occasions manquées cet été 1940. Dim 07 Sep 2008, 7:09 pm | |
| | Catalina a écrit: | Il faudrait arrêter de dénigrer l'armée italienne!! Elle était certes sous-équipée en 1940 mais les divisions en Libye ne se déplaçaient plus au rythme lent des chevaux!! Ces divisions d'infanterie comportaient chacune 46 tankettes, 398 véhicules à moteurs, 36 tracteurs d'artillerie, 249 motos (et 180 bicyclettes). L'artillerie, les services et les spécialistes étaient entiérement motorisés, l'infanterie se contentant d'être transportée par camions dont une partie provenait du corps d'armée (1.000 camions dans le XXIIIe corps, constituant le premier échelon de l'invasion italienne en septembre 1940).
L'armée italienne a développé en 1938 une doctrine d'emploi unique et trés en avance sur son époque impliquant l'emploi d'armes combinées pour une guerre mécanisée où la vitesse doit primer. Assez curieusement, Graziani ne va pas mettre en oeuvre cette doctrine en 1940 alors qu'il en est l'un des instigateurs. C'est la non mise en oeuvre de cette doctrine, assorti des coups portés au ravitaillement par la Mediterranean Fleet (et de moyens insuffisants de maintenance du par automobile), qui va mener au désastre de décembre 1940.
Vous trouverez un dossier complet sur l'armée italienne là: http://cgsc.cdmhost.com/cgi-bin/showfile.exe?CISOROOT=/p4013coll2&CISOPTR=597&filename=591.pdf
Une utilisation raisonnable des moyens disponibles pour une mise en oeuvre de la doctrine italienne aurait consisté pour Graziani a mettre à la disposition de la 10e armée l'ensemble des camions de la 5e armée. La force d'invasion aurait consisté en deux divisions et une brigade lybienne entiérement motorisés, grace aux prélévements effectués sur la 5e armée, combinés aux forces blindées et à l'artillerie motorisée présentes en Libye. Ce poing motorisé aurait foncer sur Sollum où il aurait assuré la garnison de la ville et protégé les lignes de communication en attendant l'arrivée des forces moins mobiles. A partir de Sollum, la seconde phase aurait consisté en une lente progresion de l'infanterie non motorisée le long de la côte vers Sidi-Barrani puis Marsa-Matruh tandis que la force mobile aurait gardé les flancs et attaqué les lignes de communications britanniques avec, également, Marsa-Matruh comme objectif. La bataille décisive se serait déroulée à proximité de cette ville où s'était rettiré la Western Desert Force devant l'attaque italienne. Les 4th Indian et 7th Armoured auraient pu difficile contenir l'ataque italienne en septembre-octobre 1940, ayant encore besoin d'entraînement. La 7th Armoured, par exemple, n'était pas encore familiarisée avec les nouveaux chars arrivés en Egypte (chars qui ne seraient de toute façon pas arrivés à temps si la marine italienne avait intercepté M.B.3). Une fois la Western Desert Force défaite, l'Egypte serait tombée entre les mains italiennes la 6th australian et la 2nd New-Zealand étant sous équipées et encore en cours d'entraînement.
La responsabilité de la défaite italienne en afrique du nord incombe donc à Graziani qui n'a pas su utiliser au mieux les moyens disponibles préférant attaquer en masse au lieu de mettre en oeuvre la doctrine italienne de guerre mécanisée. Au lieu de concentrer les moyens motorisés sur des forces relativement faibles numériquement, il a préféré les laisser dispersés. |
Certes, peut-être que les italiens avaient les moyens, tout seul, de mener à bien la prise de l'Egypte, mais force est de constater que ce ne fut pas le cas. Pourquoi Graziani n'eut pas la détermination pour appliquer cette doctrine d'emploi ? Je ne suis pas spécialiste de l'armée italienne, donc je ne pourrai trancher ce point. Mais je continue à penser qu'un petit renfort allemand, de l'ordre d'une demi-division blindée aurait été possible, dès octobre-novembre 1940, pour donner plus d'allant à l'offensive contre l'Egypte, et je ne pense pas que les allemands auraient accepté de s'enterrer ... |
|  | | Catalina Général de Division


Nombre de messages: 1593 Age: 37 Localisation: Deux-Sèvres Date d'inscription: 17/09/2006
 | Sujet: Re: Suez, Gibraltar : les occasions manquées cet été 1940. Lun 08 Sep 2008, 9:57 am | |
| Pour donner une petite idée et expliquer le temps nécessaires pour envoyer des troupes allemandes en afrique, voici quelques éléments: | Citation: | | Jusqu'à l'été 1940, les informations disponibles pour le personnel allemand en Afrique du nord sont limitées aux rapports fournis par l'attaché militaire Allemand à Rome et aux rapports des agents du service du contre-espionnage Allemand. A l'automne 1940, un détachement spécial " Dora " (un détachement de la branche de contre-espionnage allemande) se trouve en Libye. Sa mission principale était de tenir en observation les territoires français en Afrique. La plupart des données sur lequel l'attaché allemand militaire à Rome basait ses rapports sont venus de son officier de liaison attaché auprès du gouverneur général, qui était le commandant en chef de toutes les forces Italiennes en Nord Afrique et sur ses impressions personnelles faites en voyageant. Toutes les informations positives de nature militaire sur l'Afrique ont été prises sur les Anglais, les Français et les forces Italiennes. |
| Citation: | Le Haut Commandement Allemand ayant été pris presque complètement au dépourvu devant la nécessité d’expédier des troupes pour une guerre dans le désert, n’a pas eu le temps de faire des préparatifs approfondis pour ce type d'emploi et de combats. Pour cette raison, le seul travail préparatoire possible dans un espace temps disponible a été limité principalement aux mesures suivantes: (1) Examens médicaux de toutes les troupes pour déterminer leurs aptitudes pour servir sous les tropiques, avec l’application de standards très sévères. (2) Equipement de tous les soldats avec des vêtements tropicaux. (3) Adaptation d'un programme de formation pour le combat en terrain découvert (4) Camouflage de tous les véhicules avec une peinture de type désert (5) Organisation d'unités spéciales pour gérer les problèmes d'alimentation en eau. (6) Connaissance des troupes avec les mesures hygiéniques nécessaires sous des climats tropicaux. (7) Orientation des troupes sur les conditions militaires géographiques du nouveau théâtre de guerre et sur les particularités des alliés de l'Allemagne et ennemis. Un manuel d'instruction pour les tropiques a été édité durant l’été 1942. |
| Citation: | Des unités spéciales ont été nouvellement créées pour l'emploi dans le désert : (1) Des compagnies d'alimentation en eau, sous le commandement d'officiers du génie. Elles sont assignées au corps et fonctionnent sous tutelle de la branche alimentation et provision en eau commandée par des officiers d'administrations. Ces compagnies ont des pompes et une brigade de forage de puits profonds, tandis que certaines d'entre elles ont des installations pour la distillation de l'eau. (2) Des colonnes de transport d'alimentation en eau sont organisées de la même manière comme des colonnes de transport de provisions ordinaires. Elles n'avaient aucun camion citerne ou remorque citerne comme les unités Anglaises, mais elles utilisaient des jerrycans de vingt litres marqués de croix blanche. Cette méthode de transport est trouvée extrêmement fatigante, plus l'espace considérable de chargement exigé (3) Des brigades d'observation astronomiques, dirigées par des astronomes professionnels à qui on a attribué le rang d'officier régulier ou assimilé. Ces brigades travaillent sous le contrôle d’un officier d'opération de l'armée et leurs fonctions sont d’établir les points géographiques par des moyens astronomiques. Elles seront rarement employées, les difficultés ont surgi parce que la plupart des combats ont eu lieu dans la région côtière et pas dans le désert. Les changements suivants ont été également nécessaires : une artillerie à longue portée, des canons antichar longue portée, les canons des chars influenceront de façon décisive le cours des batailles du désert et il était donc nécessaire d'employer plus d'armes à longue distance. |
| Citation: | Pour l'utilisation dans des conditions désertiques, les changements suivants ont été faits pour adapter le modèle standard : les prises d'air ont été placées à l'intérieur des véhicules pour réduire la quantité de poussière " avalée " par le moteur; à la place des pneus standard, des pneus d’avion surdimensionnés ont été employés, ils ont prouvés qu’ils étaient bons sur les terrains rocheux et dans les bancs sablonneux. À cause de leur pression atmosphérique basse, ces pneus réduisaient les chocs sur la terre rocheuse; tandis que sur les bancs sablonneux, la largeur des pneus empêchait les véhicules de s’enfoncer dans le sable et y rester coller. Dans l'ensemble, cependant, les véhicules automobiles Anglais, suite à leur vaste expérience des conditions désertiques, étaient supérieurs à ceux des Allemands, étant mieux adaptés aux conditions, notamment leurs pneus , étant plus hauts permettaient de ne pas heurter des objets sur le sol. Les pneus doubles (double essieu) étaient peu pratiques, en particulier dans des secteurs couverts de pierres, les pierres se bloquaient en grandes quantités dans les espaces entre les pneus.
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| Citation: | Au commencement, les unités allemandes transférées en Afrique avaient leurs effectifs normaux prévus par le règlement. Des changements ont été effectués immédiatement : a. Tous les véhicules ont été immédiatement adaptés avec des nouveaux filtres à poussière spéciaux. b. Des unités spéciales, à savoir, des compagnies d'alimentation en eau, des colonnes de transport d'eau et des brigades géologiques, ont été organisées immédiatement pour s'occuper des problèmes de transport et d'alimentation en eau. Cependant, par suite des difficultés augmentantes de transport, de grandes parties de ces unités sont restées en Italie avant que la campagne ne soit terminée. c. Tous les véhicules ont été camouflés par un camouflage de peinture de type désert. d. Pour les uniformes et autres vêtements, les troupes ont reçues des chemises tropicales; vestes de lin kaki, shorts, bottes à lacets et des chaussures, tous deux en coton; chapeaux de lin avec pare-soleil; casques tropicaux; ventrières et des manteaux de laine. |
Tous ces éléments sont tirés de la traduction d'un rapport sur les expériences allemandes dans le désert paru en 1952, écrit par le général américain Alfred Toppe avec l'aide d'officiers allemands ayant servis en afrique du nord. La traduction intégrale peut être trouvée là: http://pagesperso-orange.fr/did.panzer/Guerre%20en%20AFN.htm _________________ Le secret de la tactique c est dix contre un et par derriére!!! Tout le reste n est que littérature.
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|  | | Catalina Général de Division


Nombre de messages: 1593 Age: 37 Localisation: Deux-Sèvres Date d'inscription: 17/09/2006
 | Sujet: Re: Suez, Gibraltar : les occasions manquées cet été 1940. Lun 08 Sep 2008, 10:10 am | |
| | tietie007 a écrit: | | Certes, peut-être que les italiens avaient les moyens, tout seul, de mener à bien la prise de l'Egypte, mais force est de constater que ce ne fut pas le cas. Pourquoi Graziani n'eut pas la détermination pour appliquer cette doctrine d'emploi ? Je ne suis pas spécialiste de l'armée italienne, donc je ne pourrai trancher ce point. Mais je continue à penser qu'un petit renfort allemand, de l'ordre d'une demi-division blindée aurait été possible, dès octobre-novembre 1940, pour donner plus d'allant à l'offensive contre l'Egypte, et je ne pense pas que les allemands auraient accepté de s'enterrer ... |
Pour la même raison que la France n'a pas mis en oeuvre sa doctrine d'emploi des unités blindées et motorisées en 1939-40 alors qu'elle était pionniére dans ce domaine: méconnaissance de cette doctrine par les officiers subalternes, manque d'exercices, inertie des officiers supérieurs, etc. _________________ Le secret de la tactique c est dix contre un et par derriére!!! Tout le reste n est que littérature.
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|  | | tietie007 Colonel


Nombre de messages: 572 Age: 43 Localisation: Aix en Provence Date d'inscription: 26/02/2007
 | Sujet: Re: Suez, Gibraltar : les occasions manquées cet été 1940. Lun 08 Sep 2008, 12:55 pm | |
| | Catalina a écrit: | Pour donner une petite idée et expliquer le temps nécessaires pour envoyer des troupes allemandes en afrique, voici quelques éléments:
| Citation: | | Jusqu'à l'été 1940, les informations disponibles pour le personnel allemand en Afrique du nord sont limitées aux rapports fournis par l'attaché militaire Allemand à Rome et aux rapports des agents du service du contre-espionnage Allemand. A l'automne 1940, un détachement spécial " Dora " (un détachement de la branche de contre-espionnage allemande) se trouve en Libye. Sa mission principale était de tenir en observation les territoires français en Afrique. La plupart des données sur lequel l'attaché allemand militaire à Rome basait ses rapports sont venus de son officier de liaison attaché auprès du gouverneur général, qui était le commandant en chef de toutes les forces Italiennes en Nord Afrique et sur ses impressions personnelles faites en voyageant. Toutes les informations positives de nature militaire sur l'Afrique ont été prises sur les Anglais, les Français et les forces Italiennes. |
| Citation: | Le Haut Commandement Allemand ayant été pris presque complètement au dépourvu devant la nécessité d’expédier des troupes pour une guerre dans le désert, n’a pas eu le temps de faire des préparatifs approfondis pour ce type d'emploi et de combats. Pour cette raison, le seul travail préparatoire possible dans un espace temps disponible a été limité principalement aux mesures suivantes: (1) Examens médicaux de toutes les troupes pour déterminer leurs aptitudes pour servir sous les tropiques, avec l’application de standards très sévères. (2) Equipement de tous les soldats avec des vêtements tropicaux. (3) Adaptation d'un programme de formation pour le combat en terrain découvert (4) Camouflage de tous les véhicules avec une peinture de type désert (5) Organisation d'unités spéciales pour gérer les problèmes d'alimentation en eau. (6) Connaissance des troupes avec les mesures hygiéniques nécessaires sous des climats tropicaux. (7) Orientation des troupes sur les conditions militaires géographiques du nouveau théâtre de guerre et sur les particularités des alliés de l'Allemagne et ennemis. Un manuel d'instruction pour les tropiques a été édité durant l’été 1942. |
| Citation: | Des unités spéciales ont été nouvellement créées pour l'emploi dans le désert : (1) Des compagnies d'alimentation en eau, sous le commandement d'officiers du génie. Elles sont assignées au corps et fonctionnent sous tutelle de la branche alimentation et provision en eau commandée par des officiers d'administrations. Ces compagnies ont des pompes et une brigade de forage de puits profonds, tandis que certaines d'entre elles ont des installations pour la distillation de l'eau. (2) Des colonnes de transport d'alimentation en eau sont organisées de la même manière comme des colonnes de transport de provisions ordinaires. Elles n'avaient aucun camion citerne ou remorque citerne comme les unités Anglaises, mais elles utilisaient des jerrycans de vingt litres marqués de croix blanche. Cette méthode de transport est trouvée extrêmement fatigante, plus l'espace considérable de chargement exigé (3) Des brigades d'observation astronomiques, dirigées par des astronomes professionnels à qui on a attribué le rang d'officier régulier ou assimilé. Ces brigades travaillent sous le contrôle d’un officier d'opération de l'armée et leurs fonctions sont d’établir les points géographiques par des moyens astronomiques. Elles seront rarement employées, les difficultés ont surgi parce que la plupart des combats ont eu lieu dans la région côtière et pas dans le désert. Les changements suivants ont été également nécessaires : une artillerie à longue portée, des canons antichar longue portée, les canons des chars influenceront de façon décisive le cours des batailles du désert et il était donc nécessaire d'employer plus d'armes à longue distance. |
| Citation: | Pour l'utilisation dans des conditions désertiques, les changements suivants ont été faits pour adapter le modèle standard : les prises d'air ont été placées à l'intérieur des véhicules pour réduire la quantité de poussière " avalée " par le moteur; à la place des pneus standard, des pneus d’avion surdimensionnés ont été employés, ils ont prouvés qu’ils étaient bons sur les terrains rocheux et dans les bancs sablonneux. À cause de leur pression atmosphérique basse, ces pneus réduisaient les chocs sur la terre rocheuse; tandis que sur les bancs sablonneux, la largeur des pneus empêchait les véhicules de s’enfoncer dans le sable et y rester coller. Dans l'ensemble, cependant, les véhicules automobiles Anglais, suite à leur vaste expérience des conditions désertiques, étaient supérieurs à ceux des Allemands, étant mieux adaptés aux conditions, notamment leurs pneus , étant plus hauts permettaient de ne pas heurter des objets sur le sol. Les pneus doubles (double essieu) étaient peu pratiques, en particulier dans des secteurs couverts de pierres, les pierres se bloquaient en grandes quantités dans les espaces entre les pneus.
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| Citation: | Au commencement, les unités allemandes transférées en Afrique avaient leurs effectifs normaux prévus par le règlement. Des changements ont été effectués immédiatement : a. Tous les véhicules ont été immédiatement adaptés avec des nouveaux filtres à poussière spéciaux. b. Des unités spéciales, à savoir, des compagnies d'alimentation en eau, des colonnes de transport d'eau et des brigades géologiques, ont été organisées immédiatement pour s'occuper des problèmes de transport et d'alimentation en eau. Cependant, par suite des difficultés augmentantes de transport, de grandes parties de ces unités sont restées en Italie avant que la campagne ne soit terminée. c. Tous les véhicules ont été camouflés par un camouflage de peinture de type désert. d. Pour les uniformes et autres vêtements, les troupes ont reçues des chemises tropicales; vestes de lin kaki, shorts, bottes à lacets et des chaussures, tous deux en coton; chapeaux de lin avec pare-soleil; casques tropicaux; ventrières et des manteaux de laine. |
Tous ces éléments sont tirés de la traduction d'un rapport sur les expériences allemandes dans le désert paru en 1952, écrit par le général américain Alfred Toppe avec l'aide d'officiers allemands ayant servis en afrique du nord.
La traduction intégrale peut être trouvée là: [url=http://pagesperso-orange.fr/did.panzer/Guerre%20en%20AFN.htm | http://pagesperso-orange.fr/did.panzer/Guerre%20en%20AFN.htm[/quote[/url]] Cela illustre bien le fait qu'Hitler et l'OKH ne s'intéressent guère à l'AFN. Or, et Raeder avait bien senti le coup, dans ses Mémorandums de septembre 1940, le danger arrivera, un jour, du Front Sud, car les anglais et leurs alliés américains frapperont le point faible de l'Axe ou le "ventre mou", l'AFN et l'Italie. |
|  | | Catalina Général de Division


Nombre de messages: 1593 Age: 37 Localisation: Deux-Sèvres Date d'inscription: 17/09/2006
 | Sujet: Re: Suez, Gibraltar : les occasions manquées cet été 1940. Mar 09 Sep 2008, 12:30 am | |
| Je me demande vraiment s'il est nécessaire de faire un quote complet à chaque fois... surtout quand il suffit de remonter un peu plus haut sur la même page pour trouver le message d'origine... à moins de tenir absolument à battre le record du nombre de pages par sujet  _________________ Le secret de la tactique c est dix contre un et par derriére!!! Tout le reste n est que littérature.
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|  | | Narduccio Général (Administrateur)

Nombre de messages: 2560 Age: 50 Localisation: Alsace Date d'inscription: 05/10/2006
 | |  | | tietie007 Colonel


Nombre de messages: 572 Age: 43 Localisation: Aix en Provence Date d'inscription: 26/02/2007
 | Sujet: Re: Suez, Gibraltar : les occasions manquées cet été 1940. Ven 19 Sep 2008, 5:14 pm | |
| Il y a eu, probablement, une fenêtre qui s'est ouverte, en juillet 1940, pouvant déboucher des négociations franco-allemandes. Comme le souligne Marc Ferro, dans son Pétain, il y a toujours eu un sentiment anglophobe dans l'armée française, sentiment incandescent lors de la bataille de Dunkerque, les français reprochant aux anglais de ne pas mettre tous les moyens nécessaires pour combattre sur le sol français. Signes prémonitoires, le 2 juin 1940, Baudouin remplace Macaux par Guérard, comme chef de cabinet, un anglophobe affirmé et Bouthillier refusera, quelques jours plus tard, de valider le transfert de l'or de la Banque de France aux USA. L'armistice va intensifier les malententdus, notamment à propos de la flotte. Dans un premier temps, Baudouin, le Ministre des Affaires Etrangères refusera même de révéler la convention d'armistice à Campbell, amabassadeur britannique replié sur Bordeaux, avec le gouvernement. L'article VIII de ladite Convention, est d'ailleurs mal apprécié par les anglais, puisque les navires de la flotte française de haute mer seraient désarmés,dans les ports d'attache de temps de paix, et que les britanniques craigaient que les français ne puisent prévenir l'irruption de soldats allemands. Les principaux ports concernés, Brest, Lorient, Rochefort, ne se trouvaient-ils pas en zone occupée ? Les assurances qu'envoient Darlan, aux anglais, à propos de la neutralité de la flotte française, et le fait que les allemands aient délégué, le 3 juillet, à la commission italienne tous les problèmes concernant la flotte française en Méditerrannée, cette dernière acceptant le mouillage des bateaux français dans les ports nord-africains, arrivent bien trop tard pour empêcher Mers-el-Kébir. Mers-el-Kébir va plonger la France vichyste au bord de la co-belligérance aux côtés des allemands. En effet, après l'attaque par la flotte britannique, des navires de guerre français à Mers, Darlan, furieux, ordonne aux navires français d'attaquer tous bâtiments britanniques qu'ils rencontreraient et de capturer les bateaux marchands. La commission d'armistice allemande, dirigé par Otto von Stülpnagel, donne son accord pour que l'exécution des clauses maritimes de l'armistice soit suspendue jusqu'à ce que la situation se clarifie. La commission est d'accord pour permettre aux bateaux français de passer par le détroit de Gibraltar, ce qui leur était interdit. Les allemands libèrent également l'état-major de la marine française capturé peu auparavant à Maintenon. Le lendemain, 4 juillet, Darlan convoqué chez le Maréchal avec Laval et Baudouin se déchaîne contre les anglais, déclarant avoir été trompé et trahi par ses frères d'armes. Il annonce qu'il va donner au Strasbourg d'attaquer la flotte britannique, mais Baudouin persuadera le Maréchal d'interdire toutes représailles militaires pour le moment. Les allemands essaient de profiter de la situation, mais une maladresse et une absence de sens politique qui confinent à l'incompétence ! Le 15 juillet, Hitler par le biais de la Commission de Weisbaden, soumet une note à la délégation française qui demande la création de 8 bases aériennes au Maroc français, que les stations météos françaises en AFN soient mise à la disposition de Luftwaffe, que le chemin de fer Tunis-Rabat puissent servir au transport des troupes allemands, et enfin, que la Wehrmacht puisse se servir des ports français d'AFN ainsi que de navires marchands français avec leurs équipages ...Pour Marc Ferro, dans son Pétain, page 165, ces demandes étaient une volonté sous-jacente, de la part d'Hitler, de tester les français pour une éventuelle action en Méditerrannée contre les anglais. Redoutant qu'un rejet catégorique ne provoque une réaction militaire, le cabinet vichyste se met d'accord pour éluder les demandes en invoquant les futures négociations. Il rédige une lettre signée Pétain qui est adressée par le canal de la commission d'armistice à Hitler. Elle affirme l'intention de la France d'appliquer strictement les termes de l'armistice et donc, refuse les demandes allemandes. Mais Ferro voit dans cette missive écrite par l'anglophobe Guérard, adjoint du Ministre des affaires étrangères, Baudouin, une ouverture de la part du cabinet français, en effet, cette réponse subodore qu'en cas de négociations politiques au plus haut niveau, entre français et allemand, la porte n'est pas définitivement fermée à une collaboration plus étroite entre les deux pays. Voici un extrait de la réponse française cité par Ferro : Je suis fondé à croire que les demandes du gouvenement allemand placent le gouvernement français devant une situation entièrement nouvelle et posent des problèmes dont l'ampleur et la gravité dépassent la compétence de la commission de Wiesbaden. J'estime que seule une négociation nouvelle peut apporter une solution à ces problèmes. L'appel du pied semble assez clair, et 2 semaines après Mers-el-Kébir, Pétain et son cabinet, notamment Darlan, serait prêt à discuter d'une éventuelle collaboration franco-allemande en Afrique du Nord. Mais les allemands ne saisirent pas la perche des français, et Hitler réagit à ce refus par des mesures vexatoires envers les français. Après le 20 juillet, il témoigna d'une volonté systématique d'ajourner toutes les questions débattues à Wiesbaden. La fermeture de la ligne de démarcation fut rigoureusement et strictement organisée, la plupart des ministres et membres du cabinet devant quémander un Ausweis, et l'espoir que Pétain avait de se rendre à Versailles pour y installer son gouvernement s'évanouit brusquement. En fait, le contact semblait de plus en plus difficile à rétablir avec les allemands. Par différentes voies, le gouvernement de Vichy, essaie de joindre Hitler, la Wilhelmstrasse ou les autorités occupantes de Paris, en vain. Personnellement, je pense que les allemands, avec plus de finesse et moins d'arrogance, auraient certainement pu arriver à un accord avec les français, juste après Mers-el-Kébir, en tout cas pour disposer de bases en AFN. Même si, dans l'entourage du Maréchal, Baudouin, le Ministre des affaires étrangères et Bouthillier, Ministre des finances, penchent pour la prudence, il n'en reste pas moins qu'un Darlan, un Laval et un Hunziger, furieux contre les anglais, prônent un rapprochement avec l'Allemagne, pour venger Mers-el-Kébir et un mois plus tard, pour récupérer les colonies perdues en Afrique. Mais l'indifférence des allemands va faire pencher la balance du côté des neutralistes et aboutira au Mémorandum Darlan, le 8 novembre 1940, qui consacrera, une politique neutraliste de Vichy, scellant le sort, de Laval ...mais ça, c'est une autre histoire ! |
|  | | ghjattuvolpa* Police militaire (moderateur)


Nombre de messages: 1025 Date d'inscription: 18/06/2008
 | Sujet: Re: Suez, Gibraltar : les occasions manquées cet été 1940. Ven 19 Sep 2008, 5:21 pm | |
| Très bonne source Ferro. Au-dessus de tout soupçon et en plus un disciple de Braudel... Quoi de mieux? Au rayon des occasions manquées on pourrait parler dans un autre sujet de l'opération Giant II annulée mais qui aurait changer la face de la campagne d'Italie. |
|  | | tietie007 Colonel


Nombre de messages: 572 Age: 43 Localisation: Aix en Provence Date d'inscription: 26/02/2007
 | Sujet: Re: Suez, Gibraltar : les occasions manquées cet été 1940. Ven 19 Sep 2008, 5:37 pm | |
| Il y a eu quelques jours en juillet, où les allemands, avec un peu plus de finesse politique et diplomatique (ce qui n'était pas leur fort ...), auraient pu trouver un accord avec les français, juste après Mers-el-Kebir. Mais les demandes qu'ils présentèrent aux français, le 15 juillet, furent sèches et sans proposition de négociations ...toujours cette tendance des teutons à vouloir imposer sans négocier ...Je pense que les conditions ne furent peut-être jamais aussi favorables pour arriver à un accord franco-allemand, scellant une collaboration des deux pays en AFN. 6 mois plus tard, les Protocoles de Paris furent une autre tentative avortée, mais les allemands avaient déjà leurs esprits portés vers l'Est. |
|  | | | | Suez, Gibraltar : les occasions manquées cet été 1940. | |
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