Bonjour.
Je poste ici un texte sujet à polèmique. Il reflete mon opinion, basée sur de nombreuses lectures de tout genre.... Je voulais le faire partager, et le soumettre à votre sagacité...
La discution originale est partie des comparaisons entre deux bataillons, pour un wargame...
Je soutiens toujours que les allemands sont supérieurs tactiquement, mais sur un combat les désavantages allemands ne se voient pas directement, alors que l’avantage tactique si. On peut bien sur mêler milice et élite, mais en jouant historique il n’y a pas de milice dans un corps de panzer, que de l’élite et je conçois bien que ce soit un tantinet lassant.
Donc :
Toutes les forces armées peuvent se différencier en 3 catégorie d’infanterie : Les élites, les régulières, les bleus.
Les élites comptent chez l’allemand les panzergrenadiers, les parachutistes, et un certain nombre d’unités d’infanterie régulière (ratio vétérans/bleu élevé)
Les bleus (terme impropre) sont les unités de seconde zone, les « ersatz bataillons, training bataillons, unités de garnisons, etc qui servent à l’arrière et ne sont pas sensé se trouver en première ligne.
Le reste forme les forces régulières, qui s’étalent des élites aux divisions de classe B qui sont à classer parmi les bleus, comme les unités d’infanterie luftwaffe. Ce sont ces proportions qui varient tout au long de la guerre. Lors de Barbarossa, la quasi-totalité de la Whermahrt (et de la panzerwaffe) frôle le sommet. En 1945, et même en 1944, ce n’est plus la même chose.
Chez les russes, les élites sont assez rares, mais on y trouve des bataillons de marins, des unités de choc, des unités sibériennes, et certains bataillons d’infanterie ou de grenadiers blindés (en russe c'est imprononçable).
Je dis assez rare parce que je considère une unité comme élite si elle satisfait à certains critères de dotation matérielle, de moral, d’entraînement et surtout d’expérience. (Les divisions Luftwaffe sont nombreuses, très bien dotées en matériel, mieux que la ligne, pourtant leur entraînement est déficient –pas le même que la ligne, va savoir pourquoi alors qu’ils forment d’excellentes divisions para- et leur expérience très faiblarde d’où leur rétrogradation dans la troisième catégorie).
Comparativement aux allemands, Les Russes manquent d’expérience, surtout leur encadrement, la faute aux immenses pertes subies. Pourtant la loi de Darwin joue, et émerge peu à peu un encadrement efficace. Les victoires de 1943/44 accélèrent ce phénomène, et l’armée russe de fin de guerre peut être bien considérée. Du moins dans les unités de chars, parce que l’infanterie est toujours considérée comme chair à canon et sacrifiée sans compter pour ouvrir la voie aux blindés.
Sauf exceptions, le % de vétérans y reste désespérément bas. Les marins 1941/1942 sont parmi les rares unités survivantes avec l’entraînement d’avant guerre, et que leur encadrement (soumis à celui de la marine) n’a pas été « purgé » (sauf au niveau des généraux supérieurs). Je les classe avec les élites russes, bien que leur absence d’entrainement aux combats d’infanterie entraine de terribles pertes. Les Sibériens sont dans le même cas de figure avec en plus l’expérience des combats contre les japonais.
Quelle est la différence entre les allemands et les russes. Intéressons nous aux forces régulières :
Russes :
Le soldat standard russe vaut largement son homologue allemand, ou français, ou anglais, (un doute sur l’américain, réputé beaucoup plus fragile). Son armement individuel est équivalent, (avantage américain avec son arme automatique, et plus tard allemand avec son AK 47). La, pas de différence, si ce n’est un indéniable courage au feu des russes.
Au niveau Compagnie, la dotation de mortiers légers (50mm) est comparable, et ils disposent de 5 mitrailleuses, (6 aux sibériens) lesquelles sont lourdes, peu maniables, lentes à mettre en batterie (faut brancher le système de refroidissement par eau), à cadence de feu moyenne.
Les bataillons sont comparables en nombre (3 compagnies chaque + une d’appui). La compagnie d’appui se contente d’une section de mitrailleuse lourdes (sur trépieds) et d’une de mortiers de 81mm.
Le régiment aligne en outre une section de PAK 45mm (bien en début de guerre, complètement dépassé à partir de 1943), une section IG de 76, une section de mortier de 120mm, et une compagnie des soldats de choc SMG, parfaite en assaut mais qui ne participe pas à la puissance de feu globale du bataillon. Et un bataillon passe beaucoup plus de temps à tirer de loin sur les mecs d’en face qu’au corps à corps.
NOTE : données standards, il y a beaucoup d'exceptions..
Chez le russe il n’existe pas de corps de sous officiers professionnels (ça n’existe toujours pas à l’époque actuelle !) qui forme la colonne vertébrale des armées occidentales. Les sergents sont des recrues comme les autres, qui ont juste une petite formation « peloton d’élève gradé ». Ce sont juste des relais pour la transmission des ordres. Le rôle de commandement subalterne qu’effectuent les sous officiers occidentaux est dévolu aux officiers. Après les purges féroces de 1936, les officiers sont dressées à obéir aux ordres sans poser de questions et sans prendre d’initiatives. Les taux de pertes épouvantables empêchent l’expérience de devenir un facteur important, avec des ratios Vétérans/bleus trop faibles, y compris dans la clé qu’est l’encadrement.
Il n’y a (au mieux) qu’une radio par compagnie. La manœuvre du bataillon est donc monolithique. Tout le monde fait la même chose que son voisin ou c’est la panique. De plus le matériel russe est peu fiable. (Les radios américaines iront aux unités blindées)
Allemand :
Comme on l’a vu, les soldats se valent. Au niveau compagnie, la dotation est de 9 mitrailleuses MG 34, puis rapidement ces excellentes MG42, maniables, fiables, à cadence de feu élevés. Disons qu’une compagnie allemande va délivrer une puissance de feu triple de celle d’une compagnie russe.
La compagnie lourde dispose (en 41) d’une section de mortiers de 81mm, d’une de 120mm, d’une de IG de 75mm, et de 2 sections de HMG jusqu’en 1943.
Le régiment distribue dans les bataillons Une section IG de 75mm, une de IG de 150mm, une de Pak, (la dotation varie selon les années, mais va plutôt en s’amplifiant)
Les sous officiers allemands sont des professionnels aguerris. Ils sont entraînés avec un esprit d’initiative très élevé, qui stupéfie même les américains. Le ratio Vétéran/bleu est excellent (environ ¾ / ¼) du moins dans les bonnes années, et plus élevé encore jusqu’à fin 1942 et la saignée de Stalingrad. Les officiers sont également des hommes expérimentés, qui ont plusieurs campagnes derrière eux (France, Pologne, Barbarossa). Chaque section d’infanterie dispose de sa radio, ce qui fait du bataillon une entité souple et manoeuvrable, capable de réagir au quart de tour. La doctrine encourage les contre attaques locales, qui déstabilisent l’adversaire. L’expérience permet de voir les occasions, Le haut degré d’initiative d’en profiter et les bonnes transmissions de bien coordonner ses actions.
Nous avons donc un bataillon allemand qui dispose d’une puissance de feu triple, de 4 ou 5 sections d’artillerie contre une ou deux, et qui est de plus appuyé par un bataillon de 105mm (et un de 150 possible) contre 1 de 120mm et 1 de 76 possible.* parfaitement organisé et conduit par un encadrement agressif, réactif, capable de tirer le maximum de ses possibilités.
*Il y a 3 bataillons de 105 mm et un de 150mm par division allemande. Chaque régiment est soutenu par un bataillon de 105, et il y a une chance (le possible) que le 150 s’y mette aussi. Le russe n’a que 2 bataillons pour toute sa division, et les transmissions défectueuses rendent l’appui aléatoire. Pour compenser, ces pièces sont souvent placées en tir direct. D’ailleurs elles ne disposent pas toujours (voir rarement) de l’optique qui permet le tir indirect. Ce qui ne laisse qu’une chance sur 9 qu’un bataillon donné en bénéficie.
Les conditions sont encore pires dans le cas d’un bataillon de panzer grenadier ou de parachutiste. Leur compagnie dispose de 16 (SEIZE !!) mitrailleuses, et d’une dotation régimentaire encore plus fournie (Compagnie Dca, de génie ect), avec un ratio de vétérans qui reste élevé tout au long de la guerre. En matière de doctrine d'emploi, on peu dire que les allemands ont une guerre d'avance...
Le nombre d’hommes par bataillon baisse (d’environ un tiers) en 1944, et plus encore en 1945, mais les russes ne sont pas mieux lotis. Les unités restent équivalents en nombre, sauf que les russes peuvent encore aligner quelques unités à gros effectifs alors que les allemands n’ont vraiment plus les moyens.
Ma conclusion est qu’un bataillon russe n’a aucune chance de l’emporter à la régulière sur un de ses homologues allemands qui lui est très supérieur. même chose pour une division...
Mais alors pourquoi les allemands ont-ils perdu la guerre s’ils sont si fort ????? Voici quelques éléments de réponse :
Si les allemands ont accumulés dans les premières années du conflit un réservoir d’expérience qui perdurera tout au long de la guerre, et développé certaines des armes les plus efficaces (canon de 88, MG 42, avions a réactions, technologie du wolfram etc) l’Allemagne à échoué dans d’autres domaines tout aussi importants. Entre autres :
La diplomatie. Hitler a été incapable d’entraîner de son coté des pays pourtant fortement sympathisants l’Espagne, la Turquie, la Suède. Il n’a pas su gérer la France (qui aurait bien pu basculer avec des événements comme Dunkerque ou Mers El Kebir qui sont pain béni pour la propagande), ni influencer les USA qui avaient une portion pro nazie et une forte tendance à l’isolationnisme. Sa politique raciale a empêché le ralliement de l’Ukraine et des russes anti-bolchéviques qui étaient pourtant légion. Autant d’échecs qui ont retrouvé l’Allemagne à se retrouver seule contre le reste du monde ou presque.
Le renseignement : La soumission des services de renseignements à un dogme politique (élimination de l’Amiral Canaris) a sûrement joué un rôle dans l’incapacité des espions allemands à deviner les opérations alliées. Ils n’ont pas su voir aucune des opérations majeures, ni sur le front ouest, ni sur le front russe. Les alliés par contre, avec la rupture du code énigma (entre autre) et l’utilisation intensive des services spéciaux de Tuning décryptaient les messages opérationnels allemands. (Le problème c’est que un message était décrypté dans un délais aléatoire, il pouvait être lisible dans l’heure, ou trois jours après...) Les russes de leur coté disposaient d’un espion au plus haut niveau qui les informaient de tous les plans stratégiques allemands. (EDIT :encore que avec l'ouverture des archives, on commence a mettre en doute ce postulat) A partir de fin 1942, ils étaient au courant de toutes les forces et faiblesses de l’armée allemande sur le front russe. Ce qui leur a permit de savoir ou se concentrer, ou frapper, et de prendre systématiquement les allemands à contre-pied. Les succès russes sont essentiellement du aux renseignements, alors que la maskirovska russe trompait souvent les services allemands.
Les codes allemands ont été cassés, beaucoup moins que les codes alliés. (et pourtant ils avaient de l'avance.. la première chose que les anglais ont appris en brisant enigma c'est que les allemands lisaient leurs codes commerciaux des navires marchands pour y envoyer les sous marins)
La production : C’est pour moi le plus grave des échecs allemands. L’obsession de Hitler (à tord ????) de maintenir un niveau de vie élevé dans sa population, et de maintenir les femmes à la maison et le caractère artisanal de la production de matériel de guerre dans les premières années du conflit (sortir des séries de 200 ou 400 exemplaire est d’une inefficacité criante, et dépense des ressources abominables pour un résultat minable) à empêché l’Allemagne de se doter de réserves de matériels suffisants pour compenser ses pertes et accroître sa puissance. Il a fallu attendre fin 1943 et l’arrivée de Speer pour que l’Allemagne passe enfin en véritable économie de guerre... Mais c’était beaucoup trop tard, un gouffre d’était creusé qui n’a jamais pu être comblé. Celui qui gagne la guerre est celui qui est met sur le terrain le plus d’hommes, de matériel, (les américains) ou qui est près à le dépenser plus que son adversaire (les russes). En définitive c’est une question d’économie. La différence de qualité peut compenser, mais seulement jusqu’à un certain point. Si le seuil est franchi, c’est la chute. Dès que la production russe s’est mise à dépasser celle de l’Allemagne consacrée au front est, c’était fini.
L’entrée en lice des américains a encore aggravé le déficit. Les russes comblaient leurs pertes et accroissaient leur nombre, pas les allemands. L’issue était inéluctable dès 1943, quand les allemands ont perdu l’initiative (c’est les russes qui l’avait, et ils ont laissé jouer les allemands à kursk, en étant parfaitement renseignés) qui leur permettait de porter des coups dévastateurs et de maintenir l’équilibre matériel (situation de 1942. Le déséquilibre existait, mais les pertes prohibitives des russes compensaient). Notez qu’un char détruit ne l’est pas vraiment tant qu’il peut être récupéré et réparé. Ce qui est possible si on gagne le combat et la maîtrise des champs de bataille. L’abandon de Kursk signifie que les blindés perdus le sont réellement, contrairement aux années précédentes. Les chiffres sont édifiants, on passe de quelques centaines de pertes en chars à plusieurs milliers.... Et ce sont les russes qui du coup récupèrent une bonne part de leurs engins détruits.
L’intégration du matériel français a fait un temps illusion mais c’est L’incapacité des allemands à maintenir le nombre de leurs chars, camions (des 1941, la production de camions ne pouvaient remplacer la simple usure du matériel), canons, dotation en obus etc du soit à une production insuffisante directe, ou indirecte (du matériel en Allemagne, mais intransportable par manque de trains et/ou de locomotives) qui est une cause flagrante de leur échec.
L’approvisionnement en carburant :
Si essentiel dans les armées motorisés. Si la campagne de France s’est bien déroulée, (ligne de ravitaillements courtes, stocks de réserve abondants, réseau routier très bon, campagne brève), ce bon déroulement a masqué les carences du ravitaillement , et dès les premiers jours de Barbarossa l’Allemagne a manqué de carburant... 2 jours après le déclenchements des hostilités, les chars de la 4
e Pzarmée, pourtant partis avec des quantités de bidons de reserve devaient stopper pour attendre leur ravitaillement... Ces incidents se sont répétés tout au long de la campagne, puis tout au long de la guerre. L’Allemagne a manqué et d’essence, et de moyens de l’envoyer au front. Ce facteur à été déterminant parmi les causes de leur échec, l’exemple des Ardennes n’en sont que l’aboutissement ultime.
Non pas uniquement parce que les unités n’avaient pas assez d’essence, mais par la restriction du nombre total d’engins à moteur disponible (plus de chars = moins de camions) et par la réduction de l’entraînement accordé (des moyens en carburant accordés à l’entraînement) aux troupes, particulièrement visible dans l’aviation.
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