La Seconde Guerre Mondiale

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 Combats franco-français en Fôret Noire en avril 1945 ?

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laurentlemiltonien
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MessageSujet: Re: Combats franco-français en Fôret Noire en avril 1945 ?   Sam 13 Déc 2008, 12:52 pm

Ce qui s'est passé à Freudenstadt :
J'ai relevé le texte dans le magasine Militaria hors-série : De Lattre franchit le Rhin de Buffetaut

Freudenstadt a été détruite sans raison et de nombreuses exactions ont été commises contre la population civile. Un français, James de Coquet, relate sa
conversation avec un habitant de la ville :
« Je suis allé avant le dîner jusqu’à Freudenstadt pour y chercher des radis et des laitues.
A mon grand étonnement j’ai trouvé la ville qui continuait de fumer sous une pluie diluvienne. Elle avait cette odeur qui caractérise les villes où l’on s’est battu et que je connais bien car nous l’avons que trop sentie en Alsace. C’est à la fois une odeur de brûlé et de mort (…)
Pendant que je cueillais mes salades et mes radis, comme le propriétaire m’y avait invité, un homme triste et digne en faisait autant dans une planche voisine. Il finit par m’adresser la parole et me déclara que ce qui se passait était terrible. Il était l’archiviste de la ville et, chaque maison étant un peu la sienne, il avait dû ressentir plus que quiconque la destruction.
Je lui déclarai que j’étais tout à fait de son avis et que les défenseurs de Freudenstadt, s’ils s’étaient fait une idée plus juste de la situation, ne se seraient pas obstinés dans une défense sans objet. Ils ne pouvaient plus empêcher que le dispositif allemand ne fût coupé en deux.
- Sans doute, me dit-il tristement, mais ce n’était pas une raison pour que les français incendient la ville (…)
- Non, lui dis-je, ce n’est pas nous qui avons délibérément incendié Freudenstadt. C’est la guerre qui y a mis le feu, la guerre que l’Allemagne a voulu et quelle a porté aux quatre coins du monde. Qu’avez-vous dit pour les incendies de Varsovie, de Rotterdam, de Londres ? »
Implicitement, James de Coquet reconnaît que les français ont bien incendié la ville lorsqu’il dit que c’est la guerre qui l’a fait. En revanche, son argument n’est pas mauvais lorsqu’il compare ce qui s’est passé à Freudenstadt avec les incendies des grandes métropoles d’Europe.
Le problème de la destruction de Freudenstadt est que la France a toujours voulu représenter le droit et la justice et qu’elle n’est donc pas censée faire ce qu’elle reproche aux allemands.
La bataille de Freudenstadt
Le 15 avril, après le repli de la 257. VGD, plus rien ne peut empêcher les français d’entrer à Freudenstadt. Le groupement Chappuis s’en approche. Le lendemain, l’artillerie du groupement Jouannic se met en place à proximité de la ville, avec une batterie de canon Long Tom de 155 mm.
Au même moment arrive à Freudenstadt le général von Alberti. Il visite les positions du Volksturm : « les hommes du Volksturm font ce qui est raisonnable :
ils quittent leurs positions au soir du 16 avril et rentrent à la maison ».
A ce moment, la ville compte 11 500 habitants auxquels il faut ajouter 1 200 blessés, mais elle n’est pas déclarée comme ville hôpital. En outre, conformément aux ordres donnés par le Gauletier Murr et par Himmler, il est formellement interdit d’aborder des drapeaux blancs aux fenêtres.
Le 16 avril, le sous-groupement du commandant de Castries se met en route à 3 heures du matin pour entrer dans Freudenstadt. « A 10 heures, Igelsberg tombe et connaît des scènes de viol et de pillage comme la veille à Besenfeld. »
Vers midi, des tirs allemands accueillent de Castries et ses hommes. Un soldat est tué, trois autres sont blessés. En conséquence, il fait appel aux M7
Priest du groupement Jouannic qui tirent pas moins de 1 200 coups sur les positions allemandes supposées, en l’occurrence trois village. Ceci
est le déroulement normal d’une bataille.
Du côté allemand, le front est tenu par des éléments de la 2. Luftwaffenbrigade, des membres du Volksturm et 60 hommes du corps franc « Zöberlein ».
Après une seconde tentative, les Français s’ouvrent la voie et les Allemands renoncent à défendre Freudenstadt et Besenfeld, le village voisin.
Malheureusement, l’artillerie allemande tire ses dernières munitions ce qui laisse croire aux Français que la ville est défendue. Le général Dewynck, qui commande l’artillerie française, ordonne les tirs de 500 coups de 155 mm sur Freudenstadt, car il faut en finir : les Français ne veulent pas être en retard sur leur planning.
En revanche, il est absurde de vouloir rendre le commandant (et futur général) de Castrie responsable de la destruction de Freudenstadt. Ce n’est pas lui qui a donné l’ordre aux Long Tom de tirer. Les Français ont cru que était défendu et surtout, ils ont voulu agir vite, sans chercher à savoir quelle était la situation exacte à Freudenstadt.
Le tir commence à 14h30. Il est précis et méthodique pendant deux heures. Puis, après une pause, il reprend entre 18 et 19 heures, avec l’appoint des M7 Priest de Jouannic. 450 coups de 105 mm et 300 coups de 155 mm sont tirés, principalement des obus incendiaires, pour le feu à la ville. Le bombardement dure une partie de la nuit et Freudenstadt brûle. La population s’est enfuie dans les bois environnants et les pompiers ne peuvent lutter efficacement contre l’incendie car les camions et les pompes ont été détruits, à l’exception d’une seule lance à incendie. Au matin du 17, la population revient car le tir français a cessé.
A 6 h 30, les Français se remettent en route et un bataillon du 151e RI se présente devant les premières maisons du nord de la ville. Il déclenche
une fusillade nourrie à laquelle personne ne répond. Les Français remarquent alors enfin que la ville n’est pas défendue.
A 9 h 45, les troupes françaises atteignent l’hôtel de ville et de Castrie rencontre le seul officier encore présent, Wilhelm Schartz. Les autres ont disparu.
Bientôt, la ville se remplit de soldats français et marocains. Ils savent bien à présent que Freudenstadt n’a pas été défendue, mais plutôt que de tenter d’éteindre « le merveilleux feu d’artifice », ils ne cherchent qu’une chose : l’accentuer. Ils jettent des jerrycans d’essence dans le brasier, des grenades dans les caves. A l’arrivée des Français, de nombreuses maisons étaient encore intact et que celles qui brûlent ont été incendiées et pas touchées par des obus.
Trois jours après l’entrée des Français à Freudenstadt, un incendie accidentel se déclenche dans l’hôtel de ville où les occupants ont mal entreposés des munitions. Il est entièrement ravagé, de même que les maisons voisines qui étaient intactes. Bien que l’incendie soit dû à une maladresse de la troupe, les autorités françaises veulent faire croire qu’il s’agit d’une action du Wervolf et elles prennent 160 habitants en otage, qui sont emmenés à Lindau. Quatre d’entre eux vont y mourir.
Les Français demandent aussi où habitent les membres du parti nazi et incendient systématiquement leurs maisons. Avant l’assaut, les Français ont distribué aux troupes un quart de schnaps par personne, y compris aux Marocains, peu habitués à boire de l’alcool.
En pénétrant dans l’une des maisons du nord de la ville, la troupe découvre 200 000 litres de vin rouge réquisitionné par la Wehrmacht.
Ceci aggrave encore l’imprégnation alcoolique des occupants de Freudenstadt.
Le pillage atteint des proportions inimaginables. Au nom de la loi du vainqueur, tout est permis. Aux Français et aux Marocains se joignent des prisonniers de guerre polonais libérés dans le secteur de Freudenstadt.
Des femmes sont violées en grand nombre.
Certaines parviennent à y échapper en se déguisant en hommes. Pourtant, aucun document français ne reconnaît la moindre faute. Pour l’armée française, il n’y a eu ni pillage, ni viol. Mais comme il y a eu de très nombreux témoins, une justification a été donnée : le sac de Freudenstadt est une vengeance d’Oradour-sur-Glane.
Pendant ces premiers jours d’occupation, 600 femmes sont violées. Elles sont comptabilisées par l’hôpital de la ville et 10 % d’entre elles vont tomber enceintes. Les officiers français restent totalement indifférents aux exactions commises par leurs troupes. Ils se contentent d’interdire à leurs hommes de pénétrer dans l’église catholique, qui n’a pas été détruite et où le Révérend King vient en aide aux femmes. Mais finalement, les abus sont tels que les officiers français placardent dans toute la ville, qui portent un avertissement simple : « Pillage et viols : peine de mort ! » Ceci remet du calme dans une ville détruite à 40 % où, en plus des femmes violées, 70 personnes ont été assassinées. Et Aujourd’hui encore, nul ne peut savoir pourquoi Freudenstadt a subi un sort aussi abominable, alors qu’elle n’était même pas défendue. Ceci reste comme une tâche indélébile dans la campagne d’Allemagne.

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"La seule sauvegarde des démocraties à l'égard des tyrans c'est la défiance"
Démosthène, IIIe Philippique
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