La notion de "crime de guerre" me rend toujours songeur. Dans ce qui est après tout une tuerie organisée (ou désorganisée dans certaines circonstances), pourquoi mettre en exergue certains événements particuliers?
D'autant plus, et l'exemple repris ici le démontre, que l'histoire a tendance à ne retenir que les crimes de guerre des vaincus et non ceux des vainqueurs. "Vae victis", disait déjà Brennus en 390 a.c.
En définitive, je suis persuadé que c'est la guerre elle-même qui est crime et qui devrait être déclarée hors la loi. (Désolé, mais il m'arrive parfois de philosopher un peu, l'âge sans doute).
En ce qui concerne cette information, je ne peux pas la confirmer. Mais je me souviens avoir lu au hasard de mes pérégrinations sur le Net que le Général Maxwell Taylor aurait donné à ses hommes l'ordre de ne pas "s'encombrer" de prisonniers. Je n'ai pas encore pu vérifier si cette affirmation était exacte. Cela étant, si c'est vrai, il était fatal que de telles choses se produisent. En effet, il ne faut pas oublier que les hommes de la 101e Airborne étaient des hommes jeunes (et même très jeunes). Le 6 juin, ils étaient soumis à un stress important: il avaient fait un saut de nuit en zone ennemie, ils avaient souvent été largés à des km de leur objectifs et étaient isolés en pleine de zone de combat souvent sans nouvelles de la progression (ou de l'absence de progression) des troupes débarquées sur les plages.
C'est une explication, en aucun cas une excuse. Du reste, les ordres donnés par Taylor, s'ils sont réellement vrais, ne constituent pas davantage une excuse, comme nombreux tribunaux militaires américains jugeant des soldats allemands allaient le confirmer après la guerre.
Un autre exemple dont j'ai eu vent, côté américain, est celui du "massacre de Chenogne" qui aurait eu lieu au cours de la bataille des Ardennes, le 1er janvier 1945 -
http://en.wikipedia.org/wiki/Chenogne_massacre (désolé, une courte recherche ne m'a pas permis de trouver un site web en français sur ce thème). Il faut toutefois ajouter qu'au moment où ce fait s'est produit, toutes les unités américaines avaient été informées, ne fusse que par la rumeur, du massacre de Malmedy. Au cour de ce fait très connu de la bataille des Ardennes, le Kampfgruppe Peiper avait massacré le 17 décembre 1944 environ 80 prisonniers de guerre américains au carrefour de Baugnez, près de Malmedy. Des survivants ayant pu rejoindre leurs lignes, la nouvelle s'était répendue comme une traînée de pucre dans les unités américaines.
Un autre cas est celui du massacre de prisonniers allemands dans certains camps de concentrations après qu'ils eurent été pris par les troupes américaines. Pour ceux qui l'on vu, ce fait est évoqué de façon un peu elliptique dans le film "The Big Red One" (il n'y a qu'un Allemand de tué).
Et je n'évoque même pas le front de l'Est où des atrocités innommables ont se sont produites des deux côtés.
Apparemment, et je suis désolé d'avoir à le dire, même l'armée française ne fut pas exempte de reproches sur ce point. Ainsi, après la remarquable percée qu'ils ont réalisée dans le secteur du Mont-Cassin, les goumiers marocains se seraient livrés, avec la bénédiction du commandement, à une vague de pillages et de viols dont le souvenir hante encore ce coin d'Italie (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_mont_Cassin ou (en anglais)
http://en.wikipedia.org/wiki/Marocchinate).
Bref, tout cela pour dire que même si nous savons où se trouvaient les méchants, les bons n'étaient pas, quand à eux, exempts de tous reproches, même si on peut comprendre (mais pas nécessairement excuser) ce qui les a poussé à celà.
Désolé d'avoir été aussi long, mais c'est un sujet qui me tiens à coeur.