Tout à fait exact. Je connais bien ce problème, d' autant plus plus mon père a été sous les ordres du colonel De Gaulle au 507° RCC. Il y avait une grande jalousie envers les RCC et en même temps un grand nombre d' intrigues de couloirs et de bureaux. Contre l' avis des vrais spécialistes des chars, il y avait une volonté de les isoler avec comme idée, entre-autres, sur une ligne d' infanterie, d' installer un char tous les 1200 mètres. En fait, neutraliser ces tacticiens et si possible, les ridiculiser. Les vexations ne manquèrent pas. Les officiers de cavalerie traitaient leurs camarades des chars de "Cambouis" Les pilotes de chars qui recevaient une excellente formation technologiques avaient la spécialité de "mécaniciens", pour se foutre d' eux, des officiers de cavalerie les appelaient "ouvriers". Il y avait aussi les appellations condescendantes de "clé à molette", "boite à outil", les "vos boites à sardines"...
Si, la trop grande variété des matériels a été une circonstance aggravante. Des militaires qui étaient en réalité des bureaucrates bornés ne supportaient pas que les chars puissent s' imposer. Ils ont obtenu de casser les RCC (juste avant le choc) et les transformer en GBC. Les Régiments de Chars de Combat, unités hautement opérationnelles devenaient les Groupes de Bataillons de Chars, des organismes de simple gestion. Pour quelqu'un de non averti, cela peut paraître sans importance ; en fait, c' est très grave. C' était à qui aurait le numéro de bataillon le plus proche de un, un peu comme des querelles dans une cour d' école primaire. Untel qui avait d' excellentes relations exigeait d' avoir un bataillon avec son numéro porte-bonheur, etc, etc. Les bataillons étaient brassés dans tous les sens. Il arriva que des compagnies entières se retrouvaient équipées de chars qu' elles n' avaient jamais vus. Rien de standard.
Donc, je suis d' accord avec vous, Alexarp, tout en soulignant que l' utilisation principale des chars l' a été contre l' avis des vrais spécialistes des chars.