La Seconde Guerre Mondiale

AccueilAccueil  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­MembresMembres  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Pas con le ricain, trés con le nippon

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4
AuteurMessage
Alexarp
Major
Major


Nombre de messages: 123
Age: 16
Localisation: Brive-la-gaillarde
Date d'inscription: 22/03/2009

MessageSujet: Re: Pas con le ricain, trés con le nippon   Mer 29 Avr 2009, 11:40 pm

En effet! Sans la France, on aurait pas pu décrypter Enigma.
Ce qui va suivre sort des notes d'un jeune cousin passioné plus par la guerre technologique qu'humaine. Sa source principale l'étonne encore, tellement elle sort de ses habitudes: Science&Vie, un hors-série sur l'histoire du cryptage.

Le 24 juillet 1939, près de Varsovie, le boss du "Chiffre" polonais, Gwido Langer, reçoit des responsables des mêmes services francais et britannique.
Mr.Langer transmet à ses invités la crainte de son gouvernement, subir le même sort que l'Autriche et la Yougoslavie. Mais ensuite, il annonce qu'ils sont capables de lire les codes nazis. Devant des invités héberlués, il poursuit en avouant que c'est principalement grâce à la France. En effet, Hans-Tilo Schmidt, espion francais à Berlin, transmet chaque semaine des documents confidentiels sur Enigma. Et depuis 1931, les services secrets francais partagent ces informations avec ceux polonais, même si, comme leurs homologues anglais, ils sont persuadés qu'ils n'arriveront jamais à percer Enigma.
Les polonais ont des avantages, dont de grands esprit mathématiques; à citer Marian Rejewski.
Comment ils ont compris le fonctionnement:
ils ont feuilleté tous les messages interceptés, et remarqué qu'ils commencaient tous par une ligne de 6 caractères. En fait, c'était un message de trois caractères répété une fois avec un cryptage différent. Donc le premier caractère du premier message signifiait le même caractère que le premier du deuxième message. Pareil pour les deuxièmes respectifs, et troisièmes. Un message original d'Enigma venant de Wikipédia:
ADJ JNA <=ici les 6 caractères
LMHNX WEKLM UERDS EVHLC
JSQQK VLDES ANEVT YEDGI
ZQDOD RMDKG SXGSQ SHDQP
VIEAP IENLI CLZCL LAGWC
BJZD

En comparant une quantité de communications interceptées, et à l'aide de la machine mécanique surnommée "bombe", Rejewski et son équipe réussit à percer le fonctionnement global de la machine, et en offrent un exemplaire à chacun des responsables invités.
Mais l'entretien finit par un appel de désespoir. Les allemands ont depuis 6 mois augmenté le nombre de rotors sur la machine, et ils sont finalement incapables maintenant de percer les messages allemands.

Maintenant, l'arrivée d'Alan Turing à Bletchey Park. (Maintenant, c'est totalement tiré de ce "Science&Vie)
Un jour de début septembre, après que la pologne soit envahie, Alan Turing arrive surexcité dans le bureau de Denniston, le responsable anglais dont j'ai parlé plus haut, en disant avoir la solution.
Il dit avoir besoin d'un seul mot par message, pour pouvoir en faire découler la méthode de cryptage de tout le message. Et ce mot, il propose de l'inventer, ou plutôt de le deviner.
En effet, les messages de début de journée sont probablement des messages météo, et les abréviations en usage dans l'armée allemande sont connues.
Par exemple, "vonvonwewa...", qui signifie "depuis la station météo de..."
Et maintenant, à coté d'une partie d'un message made in Enigma:
VMXBJOWNGPZOW
VONVONWEWA

Or intervient la seule faiile d'Enigma: une lettre post-cryptage ne peut jamais représenter la même lettre pré-cryptage. Donc si les allemands truffent leurs communications de lettres-pièges, cette faille permet de les déjouer.
En effet, ca devient
BJOWNGPZOW
VONVONWEWA
Les lettres pièges sont au nombre de trois et placées devant le vrai message et non derrière.
Et là, Turing concoit selon l'exemple de Rejewski ses propres bombes, machines électro mécaniques qui testent les combinaisons beaucoup plus rapidement qu'un humain.
Mais en février 1942, les allemands rajoutent un quatrième rotor aux Enigma des U-boote, ce qui les rends indéchiffrables (pour l'instant).
Tout le gratin rassemblé à Bretchley Park n'y peut rien, et doit attendre le 30 octobre 1942; en méditerranée, l'U-boote 559, après avoir été pris en chasse par un destroyer britannique, est sabordé pour empêcher les Alliés d'avoir une Enigma originale; mais une équipe héroïque de la Marine plonge dans les méandres de l'U-boot et en ressort les codes alors en vigueur, en y laissant deux d'entre eux. En décembre 42, les Alliés reprennent le dessus sur Enigma. Les différentes perfections apportées à la machine ne suffirent plus, jusqu'à la fin de la guerre, à faire perdre cet atout indéniable aux Alliés.

Bon chuis bien partit en hors-sujet là... Je le laisse car je n'ai pas trouvé d'autre topic sur enigma, mais pour revenir ds le vif du sujet, revenons au tout début; la France a permis à d'autres de percer les codes allemands. Mais ca n'est pas grâce à sa technologie comme tu le déplores...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Briselance
Capitaine
Capitaine


Nombre de messages: 260
Age: 23
Localisation: France
Date d'inscription: 05/04/2008

MessageSujet: Re: Pas con le ricain, trés con le nippon   Lun 12 Oct 2009, 11:11 am

Major cowburn a écrit:
Ce sont les avancées de connaissances et de technologies dans ces domaines trés pointus en Grande Bretagne qui ,a contrario ,démontrent le retard de la France dans bien des domaines en 1940,alors que la France avait été une grande nation scientifique et technologique jusqu'en 1914.....Nous écoutions aussi Enigma depuis 1939 mais point d'ordinateur ni de radar.....les essais faits sur Normandie avaient été fort peu encourageants......pour paraphraser de Gaulle des chercheurs qui cherchaient,on en trouvait ,mais on ne trouvait pas de chercheurs qui trouvaient.......


Concernant le niveau technologique de l'Armée Française en 1940, je vous engage à lire la page 74 du hors-série n°7 du magazine "Ligne de front", à propos du sauvetage du seul prototype de radar militaire Français.
L'équipe d'ingénieurs militaires qui a conçu la machine l'a démonté et mis en caisses, puis tout ce petit monde a embarqué et pris la fuite sur un camion, équipés de fusils de 1914-1918 ou de 1870, avec un détachement Allemand lancé à leurs trousses pour s'emparer de ce matériel ultra-moderne.

Départ : Le Bourget. Destination : Montpellier, via le pont de Gien, traversé quelques instants seulement avant son explosion.

Finalement, le radar atteindra l'Afrique du Nord, qu'il ne quittera plus avant la fin de la guerre ... sans que la Luftwaffe n'ait pu mettre la main dessus.

En gros, cette petite histoire peut se résumer comme ceci :

Une poignée d'ingénieurs militaires Français qui nargue un détachement entier de soldats Allemands, qui ont dû être sacrément furibards de se faire doubler comme ça.

_________________
"Celui dont la pensée ne va pas loin verra les ennuis de près"
孔夫子, alias Confucius.

De même que la guerre est trop grave pour être confiée à des militaires, la paix est trop précieuse pour être confiée à des civils.
Briselance. :-P

"Que Dieu ait pitié de mes ennemis, car moi, je n'en aurai aucune"
Général George S. Patton.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Pas con le ricain, trés con le nippon

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 4 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Seconde Guerre Mondiale :: Le Conflit :: Le front du Pacifique-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet