LA CAMPAGNE DE MANDCHOURIE
A l'issue de la conférence de Yalta, l'URSS s'est engagée à entrer en guerre contre le Japon trois mois après la défaite allemande en Europe. Le commandement des Armées d'Extrême Orient serait alors confié au maréchal
Alexandre. M. Vassilevski que le général
Antonov remplacerait à la tête de l'EMG. L'aide américiane se concrétiserait sur la création de bases aériennes. Selon Vassilevski, même durant les périodes les plus difficiles sur le front soviétique, 30 à 40 divisions étaient restées stationnées sur la frontière extrême-orientale en raison de la présence de l'Armée du Kwangtung. Tokyo n'avait pas observé strictement l'acte de neutralité. C'est ainsi qu'en décembre 1941, des bateaux de guerre avaient canoné des navires marchands russes et coulés deux d'entre eux. De plus, il y eut de nombreux cas de violation de frontière, particulièrement en 1944. Le 5 avril 1945, l'URSS dénonce la pacte de neutralité. De plus, la situation stratégique dans l'océan Pacifique était largement favorable aux Américains.
. Situation, effectifs et intention des deux adversaires Selon les sources soviétiques, les troupes japonaises concentrées en Mandchourie, Corée, dans les îles Sakhaline et Kouriles, représentaient 42 DI, 7 DC, 23 brigades d'infanterie, 2 de cavalerie et 2 blindées et un grand nombre d'unités autonomes, le tout équivalent à un effectif théorique d'environ 1 200 000 hommes avec 1 200 chars, 5 400 canons et environ 1 800 avions. Ces forces étaient réparties entre les Ier, IIIe, Ve et XVIIe fronts, soit 7 armées et 2 armées aériennes. Mais en raison de la guerre d'usure menée contre les armées de Chine, ces armées n'étaient plus que l'ombre d'elles-mêmes. Si l'Armée du Kwangtung disposait à elle seule de 24 DI, 9 BI, 2 BB et 2 armées aériennes, soit 1 000 000 d'hommes environ, son armement lourd se réduisait à 225 chars et 40 bombardiers. Sa mission était de mener des retours offensifs sur l'assaillant, l'obliger à se mettre sur la défensive, puis, avec l'appui de réserves, de passer à la contre-offensive pour le repousser et pénétrer sur le territoire de l'Extrême-Orient soviétique. Le Ier Front était déployé près des frontières du Primorié. Le gros du IIIe Front était concentré dans la région de Vanémiau, Moukden, Tchangtchoun, le restant réparti sur la frontière entre Mongolie et Mandchourie. Le XVIIe Front se trouvait en Corée et une partie du Ve Front dans Sakhaline Sud et les Kouriles.
Le forces soviétiques dont le transfert avait commencé depuis mai, organisées sur le Front de Transbaïkalie, Ire et IInd Fronts d'Extrême-Orient, surclassaient l'adversaire d'une manière écrasante. Elles comprenaient 76 divisions dont 2 de cavalerie et 2 blindées, 4 corps mécanisés et blindés, 5 brigades d'infanterie, 24 blindées et macanisées. Coopéraient avec les troupes de Vassilevski, 4 DC et 1 BB de l'Armée Mongole (MNRA). Cet ensemble donnait un total de 1 500 000 hommes, 26 000 canons et mortiers, 5 500 chars et canons automoteurs. Devait participet aux opérations la flotte du Pacifique, y compris la flotille du Nord et la flotille de l'Amour. La couverture des troupes était assurée par la DCA de Transbaïkalie, de la région de l'Amour et du Primorié, et aussi par les IXe, Xe et XIIe Armées Aériennes, fortes de 3 800 avions. L'intention de Vassilevski était d'exécuter dans le même temps deux offensives principales, à partir de la ligne d'attaque mongole et du Primorié, ainsi qu'une série d'attaques secondaires sur les directions convergentes, vers le centre de Mandchourie, pour morceler et défaire l'armée du Kwangtung. La libération de Sakhaline Sud et des Îles Kouriles serait exécutée en fonction des l'accomplissement de la mission principale. L'offensive s'étendrait sur un front de plus de 4 000 km et sa profondeur atteindrait 600 à 800 km.
Vassilevski disposait du général
Ivan. V. Chikine comme membre du conseil militaire et du général
Sergueï I. Ivanov comme chef d'état-major. La coordination des actions de la flotte et de l'aviation avec les troupes terrestres était assurée par l'Amiral
Nikolaï G. Kouznetsov et le général
Alexeï A. Novikov respectivement anciens commandants de la Flotte de la Baltique et des forces aériennes à Stalingrad.
Le
8 août 1945, Moscou fait connâitre à Tokyo que l'URSS se considère en état de guerre avec Moscou dès le lendemain.
. Répartition des missions des fronts soviétiques 1. Le Front de Transbaïkalie (général
Radion I. Malinovski) exécuterait l'attaque principale avec 4 armées ; les XVIIe, XXXIXe, LIIIe et VIe Armée Blindée de la Garde, en direction de Tchangtchoun et Moukden. La VIe ABG avait pour mission de s'emparer de la crête montagneuse du Grand Kinghan et d'y empêcher le déploiement des forces japonaises. Parallèlement, deux attaques secondaires seraient menées sur l'aile sud d'une part ; sur Kalgan et Dolonnor, avec un groupement hippomécanisé soviéto-mongol ; d'une part à l'aile gauche, à partir de la région de Dairen sur Hailar avec la XXXVIe Armée.
2. Le Premier Front d'Extrême-Orient (général
Kirill A. Meretzkov) porterait son effort principal avec 3 armées ; la Ire du Drapeau Rouge, la Ve et une partie de la XXVe et avec le Xe CB à partir de la zone Grodekovo-Vorochilov en direction de Kirin. Le groupement était protégé sur sa droite par la XXXVe Armée et sur la gauche, le long de la mer du Japon, par la XXVe Armée.
3. Le Second Front d'Extrême-Orient (général
M.A. Pourkaïev) lancerait son attaque principale avec la XVe Armée et la flotille de l'Amour le long de la Sougari sur Haerbin, pendant qu'une action secondaire serait menée par le Ve CA sur Jaokhé. Au cours du développement de l'offensive, la IInde Armée du Drapeau Rouge passerait à l'attaque, de la région de Blagovechtchensk sur Tsitikar. En outre, ce dernier front coopérant avec la Flotte du Pacifique, devrait s'emparer avec la XVIe Armée de Sakhaline Sud et des Îles Kouriles.
4. La Flotte du Pacifique (Amiral
I.S. Ioumachev) avait pour mission de perturber les communications adverses en mer du Japon et de gêner l'implantation des navires ennemis dans les ports de Corée du Nord et d'empêcher tout débarquement sur les rivages soviétiques. Ultérieurement, elle s'emparerait des ports et des bases en Corée du Nord, Sakhaline Sud et aux îles Kouriles.
Enfin, malgré les difficultés que l'on imagine, les services des arrières firent le maximum pour doter les Fronts en approvisionnement nécessaires : 3 à 16 unités de feu, de 1,5 à 7 unités d'essence, plus de 20 rations de vivres et de fourrage. Les hôpitaux de campagne pouvaient recevoir 166 000 hommes. Et pour le ravitaillement en eau, on affecta au Front de Transbaïkalie 2 divisions d'avions de transport.
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