Le char de combat T 26
Le T 26 a d'abord été conçu dans les années 1930 comme un char destiné à l'appui d'infanterie. Dans ce cadre, et compte tenu de sa mobilité, de son armement et de son blindage, sa mission principale est la destruction des mitrailleuses ennemies sur le champ de bataille suivant les méthodes de l'époque.
Au printemps 1930, l'URSS achète différents chars Vickers-Armstrong de 6 tonnes, que les forces américaines et britanniques avaient refusé. Ces chars sont examinés à Leningrad, à l'accadémie d'artillerie Dzjerjinski. Après avoir obtenu la licence du constructeur britannique, plusieurs prototypes sont produits par l'usine Bolchevik pour évaluation. En février 1931, avant même que cette évaluation soit achevée, le modèle T 26, avec un poids de 8 tonnes, est accepté comme char de combat dans les forces armées soviétiques. Ce permier modèle est doté de 2 mitrailleuses DT de 7,62 mm, refroidies par air et installées à l'intérieur de 2 tourelles parallèles. Le chef de char est placé dans la tourelle de gauche. Le conducteur prend place à gauche à côté de la boîte de vitesses. Le moteur de 91 chevaux, dérivé de celui conçu par la firme Brittish-Armstrong-Siddeley, est situé dans le compartiment arrière. Le blindage des premiers modèles offre une protection contre les armes légères et les mitrailleuses seulement. A la fin de l'année 1930, 120 exemplaires de ce premier modèle ont été construits. Mais cet armement étant inopérant pour la mission assignée, les ingénieurs se penchent sur des transformations et notamment sur l'installation d'un canon de 37 mm. Les tourelles existantes n'étant pas adaptées, une nouvelle tourelle est conçue en 1933.
Sauf que celle-ci entraîne un certain déséquilibre. Les sièges du chargeur et du chef de char sont fixés sur le sol et il est donc très difficile de manier le canon et de pointer. Entre-temps, un nouveau canon de 45 mm plus efficace est conçu et les ingénieurs réfléchissent quant à son installation. Les chars de commandement sont aussi dotés d'une antenne très visible faisant le tour du char mais dont la portée ne dépasse pas 2 km. Le canon de 45 mm est finalement adapté au char donnant ainsi naissance à une nouvelle version fabriquée à grande échelle (12 000 exemplaires produits en 1940).
Le T 26 connaît son baptême du feu en Mandchourie en 1934 face aux Japonais. Plus de 300 T 26 sont ensuite envoyés en Espagne pendant la Guerre Civile à Sesena. Le T 26 fait une mauvaise impression mais il se révèle cependant supérieurs aux Panzer I et au L3.
L'utilisation du T 26 en Espagne va entraîner plusieurs modifications : adoption d'une tourelle conique, utilisation de soudures électriques au lieu de rivets et le renforcement de l'armement (mitrailleuses). Les nouveaux postes radio seront plus efficaces et plus discrets. Mais toutes ses améliorations ne suffirornt pas en Pologne, bien qu'il n'y eut pas de combats à proprement parler face à un adversaie bien plus inférieur.
Lorsqu'ils se mesureront aux Finlandais sur la ligne Mannerheim (Guerre d'Hiver), les carences du T 26 apparaîtront au grand jour. Les canons Bofors vont percer son blindage avec efficacité, sa mécanique laissera à désirer et sa vitesse se révélera insuffisante.
Cependant, sa fabrication était simple, son entretien tout aussi simple et peu coûteux. Sa conception servira de modèle de base à des modèles postérieurs beaucoup plus performants. Pendant l'opération
Barbarossa, la majorité des T 26 encore en service sera détruite par les Allemands.
Caractéristiques Equipage : 3 hommes
Poids : 10,3 tonnes
Armement : 1 canon de 45 mm avec 165 obus, 1,2 ou 3 mitrailleuses DT de 7,62 mm avec 3 654 cartouches
Moteur : Essence 4 cylindres, 90 cv, 2 200 tours/min
Réservoir de carburant : 292 litres
Vitesse max. : 30 km/h
Rapport puissance/poids : 8,7 cv/tonne
Autonomie : 225 km
Dimensions : Hauteur : 2,41 m, longueur : 4,62 m, largeur : 2,44 m
Blindages du châssis: Frontal, latéral & postérieur : 15 mm. Supérieur : 10 mm. Sol : 6 mm
Blindages de la tourelle : Frontal, latéral & postérieur : 15 mm. Supérieur : 10 mm
Source : Juan Vazquez Garcia,
Les Panzer attaquent, Historica HS n°52, Heimdal, Bayeux, 2007
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