Phil642 Général (Administrateur)


Age : 42 Inscrit le : 09 Mai 2006 Messages : 3168 Localisation : La vie est Belge
| Sujet: Re: La "Carlingue": 93, Rue Lauriston Jeu 17 Avr 2008, 12:31 pm | |
| Salut Jean-François,
Puis-je te demander d'aller te présenter dans le sujet ad-hoc?
Nous ferons plus ample connaissance de cette manière.
Cordialement,
Phil _________________

http://www.territoires-memoire.be |
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Invité Invité
| Sujet: Re: La "Carlingue": 93, Rue Lauriston Jeu 17 Avr 2008, 2:12 pm | |
| | Citation: | | je recherche toute information concernant un dénommé Roger Griveau, transfuge de la Carlinge, 93 rue Lauriston |
Bonjour, je regarde ce que j'ai dans mes docs, tu as de la chance c'est les seuls que j'ai imprimé.
Pour le moment rien trouvé dans ma liste des condamnations. |
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Invité Invité
| Sujet: Re: La "Carlingue": 93, Rue Lauriston Mer 23 Avr 2008, 12:50 pm | |
| Bon rien de rien, je te conseille de courir vite fait aux archives nationale avant que la loi ne passe. Je devrai y aller sous peu theoriquement. |
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le ronin Sous-lieutenant

Age : 55 Inscrit le : 25 Juin 2008 Messages : 176 Localisation : banlieue nord de Lyon (à 20 km)
| Sujet: Re: La "Carlingue": 93, Rue Lauriston Dim 24 Aoû 2008, 5:28 pm | |
| Bonjour, je donne suite ici aux aventures palpitantes de Lafont-Bony . Quand les troupes allemandes entrèrent dans Paris, le 14 Juin 1940, le haut commandement militaire pour la France occupée détenait la totalité des pouvoirs de la puissance occupante.Lors de l'invasion de la Pologne, des commandos de la Gestapo et du SD, avaient accompagées les troupes.Les militaires avaient été horrifiés par ce qu'ils avaient vu faire et, avant l'attaque à l'Ouest, les généraux de la Werhmacht , avaient obtenus d'Hitler que de tels groupes n'interviennent pas.Redoutant un conflit avec ses généraux à ce moment crucial, Hitler avait accédé à leur demande.Himmler donna l'ordre secret de constituer un commando d'hommes sûrs.Revêtus de l'uniforme de la police militaire de campagne, ils arrivèrent à Paris en même temps que les premières troupes régulières.Les militaires mis devant le fait accompli , protestèrent sans résultat.La Gestapo et le SD étaient à Paris, mais leur effectif était faible et ils n'avaient officiellement aucun pouvoir.Les militaires leur laissèrent seulement deux domaines pour lesquels ils avaient peu de goût : les affaires juives, et les loges maçonniques.Les affaires intérieures françaises n'interessaient pas l'état major, seule importait la scurité à l'arrière des troupes qui continuaient la guerre contre le royaume uni .Pour cela il disposait de la GFP(Geheimfeldpolizei ) sureté aux armées,de la Feldgendarmerie, et de l'Abwehr , service d'espionnage et de contre espionnage qui installa son service central a l'hôtel Lutétia à Paris, et répartit des groupes sur tout le littoral.L'Abwehr France était commandé par le colonel Friedrich Rudolph, officier de la vieille école âgé de 48 ans, il avait combattu durant la première guerre mondiale, et venait de la section de l'Abwehr de Cologne qui était spécialisée dans le travail sur la France.Un de ses adjoints le Lt colonel Arnold Garthe, lui succéda comme chef au printemps de 1944.Dans ses bagages le service trés professionnel et éfficace, amena rapidement de vieux agents qu'il utilisait depuis longtemps ,pour de curieuses besognes.L'un des plus importants était Hermann Brandl, un Bavarois de quarante quatre ans , plus connu sous le nom de Otto, ingénieur diplômé et agent de l'antenne de Cologne.Installé en Belgique depuis 1925 il venait fréquemment en France, et parlait parfaitement le Français.Rapidement l'Abwehr décida de créer des bureaux camouflés qui lui assureraient une certaine autonomie financière à l'égard de l'état major dont le contrôle serait certainement tatillon, en même temps que de couverture à de nouveaux agents que l'on recruterait en partie sur place.Naquirent alors les bureaux d'achats, qui allaient avoir une double et terrible activité.Lors de la signature de la convention d'armistice , le 22 Juin 1940, les signataires français n'avaient pas prêté une attention spéciale à l'article 18 qui mettait à la charge de la France le paiement des frais d'occupation, c'est a dire l'entretien des troupes allemandes stationnées en italiensFrance.Or le 8 Aout 1940, les frais d'occupation "impossibles à évaluer avec précision" s'élevaient à un montant journalier de 400 millions de francs.A la fin de 1940, le gouvernement français avait versé 80 milliards, somme énorme , les recettes budgétaires de l'état avaient été de 54 milliards en 1938.En 1941 , le 29 Mars l'acompte journalier fut ramené à 300 millions de francs, mais le 11 Novembre 1942 , après l'invasion de la zone libre, il fut porté à 500 millions de francs, auxquels il fallut ajouter un milliard mensuel après le départ des italiens le 03 Septembre 1943.C'est avec ce pactole que les bureaux d'achats allaient fonctionner.Constatant que beaucoup de marchandises échappaient à leurs réquisitions, ils recrutèrent des hommes de main pour rechercher les stocks cachés ou découvrir les individus disposés à faire du commerce avec eux moyennant de trés confortables commissions.Pour disposer d'une carte d'acheteur qui mettait à l'abri de toute intrusion de la police Française, il fallait fournir des renseignements sur les opposants potentiels, les juifs, et les résistants qui commençaient à s'organiser. L'un des premiers agents recrutés, fut un certain Henri Chamberlin, neuf fois condamné pour des délits de droit commun entre 1924 et 1934.Interné dans un camp du Loiret pendant la guerre , il y avait fait la connaissance d'agents allemands qui avaient apprécié sa débrouillardise et sa parfaite connaissance du milieu.Accompagné d'un officier de l'Abwehr , il va chercher dans les prisons les voyaous qu'il connaissait, et constitue une équipe prête à toutes les besognes.Rapidement l'Abwehr recrute Chamberlin allias Lafont , et lui donne la direction d'un bureau d'achat.Ces officinezs vont se spécialiser dans le pillage de la France, en acheminant vers les centres allemands dirigés en majeur partie par le bureau Otto, une quantité extraordinaire de marchandises de toute nature.Pour ces bandits de droit commun, c'est un véritable pactole qui va être exploité sans limite et sans scrupule.Des industriels seront sollicités, et certains d'entre eux ne répugneront pas à livrer une importante proportion de leur production, et parfois la totalité, directement à l'occupant qui paie beaucoup plus que le prix de la taxe.Et comme les acheteurs prennent un pourcentage sur toute les transactions, tout le monde est satisfait.On vend ainsi de tout, des bas de soie aux métaux, du foie gras à la tonne aux peaux de lapin chamoisée indispensables à la Luftwaffe pour filtrer l'essence, des couvertures de laine , etc etc... De bien curieux personnages appparaissent: les gangsters cotoient d'honorables commerçants attirés par le gain facile, des femmes du monde dont une princesse russe mariée à un comédien célèbre, et une authentique duchesse que Lafont mettra dans son lit puis repassera à son chauffeur, Pagnon , redoutable gangster.Rue Lauriston, où Lafont a installé sonnofficine, on festoie chaque soir.Car le plaisir de Lafont c'est de briller, d'inviter des gens célèbres, d'entretenir l'illusion d'être important.En même temps que ses hommes de main et lui même arrêtent des résistants qu'ils torturent abominablement dans la cave et parfois au salon, il aime rendre service , faire obtenir un Ausweiss, parfois faire relâcher quelqu'un d'important.Le bonheur suprême est d'arrêter les policiers qui jadis l'on envoyé en prison.De tout cela l'Abwehr fait son miel, mais dés qu'elle le pourra la Gestapo voudra profiter également de cette source d'information, et utilisera ces équipes d'auxiliaires qui lui remettront quantités de malheureux auxquels on extorquera des aveux sous la torture.Des scènes surréalistes se déroulent rue Lauriston ou Avenue Henri-Martin, chez l'agent belge Delfanne, dit Masuy: pendant que l'on inflige le supplice de la baignoire à des résistants, l'un des membres de l'équipe joue avec beaucoup de sensibilité du Bach sur le piano à queue du grand salon, tandis que d'autres discutent de doctrines politique, ou préparent quelques coups fructueux.La bande Lafont-Bony avait terminé sa carrière par un crime crapuleux particulièrement horrible: l'assassinat de deux femmes tuées à coups de batte de base ball, pour les voler, le 5 Aout 1944, à l'approche de la libération.Le 27 Décembre 1944 , les 8 principaux membres de la bande , Lafont et Bony en tête furent fusillés au fort de Montrouge, aprés un procès hâtif , qui a laissé beaucoup de faits dans l'ombre.Une instruction bâclée en trois mois, malgré les protestations d'un juge d'instruction, harcelé ne permettait pas de mettre à jour toute la vérité.Car l'activité de ces bandes avait dépassé à de nombreuses reprises le pillage permanent et la délation.Ces misérables avaient opérés de trés nombreuses arrestations, torturé, pillé, livré leur victime à la Gestapo qui les avaient fusillées, ou déportées, mais ils avaient également porté les armes contre des Français. Lafont avait reçu la nationalité allemande et le grade de capitaine afin de perndre le commandement d'un groupe de volontaires recrutés parmi les Nord- Africains- pour la plupart venant des bas fonds du milieu- constituant une Légion nord- africaine encadrée par la bande, et des hommes de la Légion du rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat, tous promus sous officiers et chefs de groupe.On les envoya en Limousin, et surtout en Corrèze et en Franche comté pour combattre les maquis , sans succés, mais en commettant de terribles exactions sur la population.Devant cet échec les allemands furent contraints de les rappeler , et de supprimer cette troupe inutilisable militairement .Au premier rang de ces auxiliaires, presque toujours on trouve les groupes, et les partis collaborationnistes ...... Amicalement le ronin. |
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le ronin Sous-lieutenant

Age : 55 Inscrit le : 25 Juin 2008 Messages : 176 Localisation : banlieue nord de Lyon (à 20 km)
| Sujet: Re: La "Carlingue": 93, Rue Lauriston Dim 24 Aoû 2008, 5:32 pm | |
| | Source du post précédent: Historia no 567 Mars 1994 . Le ronin. |
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