La Seconde Guerre Mondiale
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Le parti national breton et le nazisme

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MessageSujet: Re: Le parti national breton et le nazisme   Dim 20 Aoû 2006, 1:49 pm

Désolé Panzers pour la longueur des réponses.
Les SAS à l’aube du 6 juin


La Première Victoire de la Résistance :
Après le 6 juin 1944, parmi les évènements qui marquèrent l'histoire de la Bretagne, figurent en bonne place les combats des maquis de Saint-Marcel (18 juin) et de Coat-Mallouen-Saint-Conan, dit de Plésidy (24 juillet), en général connus du Grand Public. On parle moins de ceux de Duault (12 juin), et on a tort, non seulement à cause de l'antériorité chronologique du fait, mais aussi en raison de sa haute valeur symbolique du point de vue historique, à l'échelle nationale.

Le Parachutage des SAS à l'aube du 6 juin 1944 :
Nous sommes le 5 juin 1944 entre 22 h et minuit. Sur tous les aérodromes anglais, les parachutistes SAS (Spécial Air Force) s'engouffrent dans les appareils dont le vrombissement fait vibrer l'air ambiant de la campagne anglaise.
A bord de ces avions Stirling, tête de l'armada aérienne, figurait le premier Stick (équipe), commandé par le lieutenant Marienne, qui atterrit à Plumelec, à l'ouest de Malestroit. Le second, dirigé par le lieutenant Botella, quitta la chaleur du bombardier et se lança dans le vide alors qu'on survolait Locarn. Il était environ 1 h 15. Un troisième Stick, (le lieutenant Deschamp et ses 8 hommes) devait quitter l'avion un quart d'heure plus tard.
La mission des SAS est double. D'une part, il s'agit de mener des actions de harcèlement sur les arrières de l'ennemi avec pour but de fixer ou d'entraver le déplacement des 7 divisions allemandes identifiées en Bretagne. D'autre part, le général Koening, chef des FFI depuis mars, leur a verbalement recommandé d'essayer de provoquer une levée massive de la Résistance et de constituer des unités organisées, encadrées et armées.

Premiers Contacts avec la Résistance :
Après s'être regroupés à l'ouest des gorges du Coron, les 18 parachutistes, firent la connaissance d'un premier élément de la Résistance locale, en l'occurrence, Georges Ollirault. Il était suivi comme son ombre par Georges Niemann, parachutiste allemand de la division Kreta, déserteur, dont le père avait été fusillé par la Gestapo.
Puis ce fut la rencontre avec d'autres combattants FTP qui contrôlaient pratiquement cette région Callac / Maël-Pestivien / Peumerit / Quintin, et dont la population était totalement acquise à leur cause. Enfin, ils reçurent la visite de responsables de la Résistance Locale.
L'affaire se présentait donc beaucoup mieux que prévu : Il y avait bien une Résistance en Bretagne ! Aussi, le radio de Botella, le capitaine Devize put-il envoyer un message demandant de l'armement pour plus de 2 000 patriotes.
A partir du 8 juin, deux nouveaux "Sticks" furent parachutés dans la nuit du 9 au 10 : 45 hommes commandés par le capitaine Le Blond. Un dernier renfort arriva dans la nuit du 10 au 11 juin comprenant 50 hommes.

115 Parachutistes :
Ce 11 juin, l'effectif de la base "Samwest" était de 115 parachutistes et trois "Jedburgs" sous le commandement du capitaine Le Blond. Les 10 et 11 juin furent employés à organiser la défense de la base, correspondant maintenant à la forêt de Duault.
Le capitaine Le Blond, même avec le renfort d'une trentaine de FTP du maquis "Tito" qu'il incorpora, ne disposait pas d'une force suffisante pour constituer un point d'appui fermé.
Aussi se résolut-il à faire contrôler les voies d'accès par de petits postes de 8 à 10 hommes, gardant en réserve une force de 25 hommes prêts à intervenir en tous points immédiatement.
Deux parachutages d'armes et de matériels eurent lieu, et les paysans avec leurs charrette aidèrent au transport des lourds containers. Il fut impossible d'imposer les ordres de discrétions et d'empêcher la visite de nombreux curieux, encore moins des gestes de fraternité.

Rencontre Inopinée :
Le 11 juin vers 21 h, des militaires allemands égarés se présentèrent à la ferme de Ker Hamon pour y demander un renseignement. Ils tombèrent nez à nez avec des parachutistes et francs-tireurs venus au ravitaillement.
Ici deux versions des faits s'affrontent.
Selon certains, les Allemands auraient essuyé des coups de feu déclenchés par les Français et auraient eu un blessé, ce qui ne les empêcha pas de s'enfuir en voiture.
D'après un témoin oculaire, tout le monde aurait été surpris par cette rencontre inopinée et personne n'aurait eu le temps matériel de faire usage de son arme.
Le fait est qu'aucune détonation ne fut entendue par les défenseurs de la base, et que la ferme ne fut ni évacuée, ni mise en état de défense, comme cela aurait été le cas s'il y avait eu un accrochage.
Vers 9 h le lendemain 12 juin, les Allemands revinrent en force (trois camions chargés d'une quarantaine de fantassins). Après échange de coups de feu au cours duquel un FTP et un parachutiste furent tués, les assaillants firent prisonniers les fermiers qu'ils rouèrent de coups, mirent le feu à la ferme et jetèrent dans le brasier, le parachutiste Very, qui n'était que blessé.
Manifestement , il s'agissait là d'une opération "classique" de représailles menée par des troupes anti-maquis, qui ignorait l'existence à proximité, d'une base de parachutistes SAS.
Des Francs-tireurs et parachutistes assistèrent de loin à cette scène d'horreur, n'attendant qu'un signal pour intervenir en force et venger leurs camarades.

Le Combat du 12 juin :
Le capitaine Le Blond, après des hésitations autorisa la riposte. Parachutistes et FTP rencontrèrent les Allemands à proximité de la lisière de la forêt et engagèrent le combat en bénéficiant de l'effet de surprise. Une partie des Allemands remonta dans les véhicules en tentant de regagner Saint-Servais avec leurs otages. Ils furent stoppés par les maquisards qui mitraillèrent les camions et libérèrent les prisonniers dont les fermiers .
Les Allemands, forts de leur expérience des combats, ne tardèrent pas à se reprendre et tentèrent une manœuvre d'encerclement par le sud. Quatre fois les soldats allemands montèrent à l'assaut et furent à chaque fois repoussés avec des pertes sensibles.
Le combat se poursuivit vers Saint-Servais. Des renforts arrivèrent du sud et se heurtèrent aux postes placés aux entrées des chemins d'accès qui les tinrent en respect. Mais à partir de midi, la pression de l'ennemi s'accentua et les premières pertes, morts et blessés furent à déplorer.
Le capitaine Le Blond, craignant l'encerclement, décida de disperser la base par petits groupes vers 14 h. L'opération d'évacuation fut déclenchée, avec comme rendez vous un point situé à 16 km au sud de Sérent (Morbihan), d'où on pourrait rejoindre la base "Dingson".
Ils y parvinrent le 18 juin, quelques heures seulement avant l'attaque allemande du maquis de Saint-Marcel. Le combat de Duault se poursuivit jusque vers 18 h.
A ce moment, les Allemands décrochèrent, reconnaissant de fait leur échec. Les FTP restèrent donc maître du terrain, ce qui constituait une indéniable victoire. Ils se virent confier les 3 blessés SAS intransportables et les 13 tonnes d'armes, de munitions et d'explosifs.

L'Armement des Maquis :
Le Commandant Pichouron alerta aussitôt les responsables des maquis de la région : Callac, Saint-Nicolas, Trébrivan, Bourbriac, Guingamp et Squiffiec. Tout le monde accourut chercher à Duault les armes et les munitions tant désirées, souvent en camions, malgré les risques de mauvaises rencontres.
Ce fut d'ailleurs le cas pour un véhicule, sur lequel une patrouille allemande ouvrit le feu et qui explosa, tuant cinq des occupant du maquis "Valmy". Seul le conducteur G. Jouan, grièvement blessé, parvint miraculeusement à s'échapper.
Ce n'est que le 18 juin, soit prés d'une semaine après le combat, que l'armée allemande, échaudée, se décida à revenir sur les lieux.. Des milliers de soldats ratissèrent consciencieusement la forêt, utilisant même les lance-flammes.
Pour la première fois, une unité de la Wehrmacht s'était trouvée aux prises avec une troupe bien armée, bien entraînée et déterminée, formant en quelque sorte un amalgame entre des éléments parachutistes SAS et, en fer de lance, des FTP du maquis Tito extrêmement actifs dans cette zone du département. Résultat : elle avait subi un échec cuisant.
Le combat de Duault fut donc la première victoire, sinon la seule, de la Résistance après le débarquement.
La rage des Allemands fut à la mesure de cette amère constatation. Ils se vengèrent sur la population civile qui, ils le savaient, avait aidé maquisards et parachutistes.
Cela coûta la vie à 15 personnes tuées sur place, ou exécutées après tortures au Bois de Boudan en Plestan, et dont les noms figurent à juste titre, sur une stèle du monument de Duault, à côté de ceux des 4 parachutistes, des 5 FTP et des 4 du maquis "Valmy", morts au champ d'honneur.

De Duault à Coat-Malouen :
Quelques parachutistes restèrent sur place. Ils allaient jouer un rôle majeur, dans la ligne de la mission stratégique qui leur avait été assignée, au sein des différents maquis et centre de Résistance dans cette partie du département. Leurs connaissances en firent de bons instructeurs pour les maquisards en quête de cadres qualifiés.
Quand aux trois résistants gravement blessés : André Botella, Jean Lasserre et Eugène Faucheux, ils furent transportés dans l'ancien repère des "Tito" à Kerchariou, transformé rapidement en infirmerie avec l'aide des habitants de Maël-Pestivien.
Georges Le Cun les confia aux soins des docteurs Renan puis Rivoalen chirurgien de Guingamp, qui opéra Lasserre sur place, à même la terre battue. Leur confrère Le Breton de Bourbriac, assura les soins journaliers aux blessés qui se rétablirent. C'est à Kerchariou que Dathanat de l'armée secrète (AS) demanda à Botella de donner l'ordre à Jean Robert de prendre la commandement d'un maquis à l'Etang-Neuf-Coat-Mallouen en Saint-Conan.
Un maquis connu sous le nom de "Maquis de Plésidy" qui, après avoir résisté à une attaque allemande le 27 juillet, joua un rôle majeur dans la libération de Guingamp, le 7 août
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MessageSujet: Re: Le parti national breton et le nazisme   Dim 20 Aoû 2006, 2:05 pm

LA LIBERATION DU MORBIHAN

Saint-Marcel qui pleure ses morts du 18 juin, quand le fameux maquis renforcé par les paras SAS, a été dispersé par les Allemands en surnombre.
Vannes qui pleure ses morts, place de la mairie, le 5 août au soir, quand les chars US pénètrent enfin dans une ville libérée depuis la veille.
La "Poche de Lorient" qui devra patienter presque un an, jusqu'au 8 mai 1945, pour être enfin libérée. Mais Lorient libre se découvre détruite, rasée, anéantie, lunaire… à reconstruire entièrement.
Le Morbihan aura donc connu des destins bien différents en ces années 1944-1945.



SAINT-MARCEL

Un véritable camp militaire :
C'est fin février 1943, qu'Emile Guimard, responsable de l'organisation de l'Etat Major Départemental FFI, découvre la ferme de " La Nouette ", à la base du plateau boisé qui s'étent de Sérent à Saint-Marcel. La situation des grandes voies de communication, les conditions d'accès contrôlables aisément, la vaste clairière disponible, l'importance et la disposition des bâtiments, l'environnement, la présence de propriétaires et de fermiers patriotes, tout plaide pour y organiser un centre de parachutages. Le terrain est homologué sous le nom de code "Baleine" et testé dés mai 1943.
La préparation du débarquement et les missions données aux FFI, vont en juin 1944, lui donner une destination plus vaste, celle de " Centre Mobilisateur ".

Une petite ville :
Comme on attend un nombre très important de maquisards, qui viendront sur place s'équiper et s'armer, mais aussi recevoir l'instruction nécessaire au maniement des armes de fabrication anglaise, il a fallu dés le 6 juin, commencer à organiser un véritable camp militaire.
Une cuisine est mise en place avec dix chaudières de plus de 100 litres, quatre fours de boulangerie de campagne pour cuire le pain, un abattoir et une boucherie. Comme les fermes ne sont pas alimentées en eau, il faut journellement acheminer des barriques par charrettes.
Un parc automobiles est constitué avec camions et voitures; il faut un atelier de réparation. Des groupes électrogènes sont installés pour fournir de la lumière. Un infirmerie est mise en place avec médecins et infirmières.
Chaque nuit, quand le temps s'y prête des avions larguent des containers d'une tonne à raison de 25 par avion. Le plus fort largage sera de 700 en une nuit :habillements, chaussures , conserves et surtout armement qu'il faut sortir et dégraisser, mitraillettes, fusils et fusils mi-trailleurs qu'il faut monter, engins anti-chars, mines, grenades…

Très organisée :
Les compagnies se présentent les unes après les autres. Quand l'une arrive, elle est contrôlée, passée en revue. en présence de l'état-major, le capitaine Guimard leur adresse la parole : " A partir de ce moment, vous êtes militaires…".
Des femmes leur distribuent des brassards blancs marqués de lettres noires FFI et portant un cachet d'authentification. On conduit la compagnie à son secteur où elle va cantonner et monter la garde.
Le lendemain, les hommes sont armés. Les responsabilités sont réparties par le Q.G. : Liaison avec l'état major, ravitaillement, transports…
L'ensemble fonctionne comme un régiment : Le service de garde, les travaux d'installation, les services internes, les corvées indispensables, et bien entendu, les réceptions de containers parachutés sur Baleine, sont strictement organisés.
Dans les compagnies Les SAS assurent les instructions nécessaires. Le camp prend d'e plus en plus d'importance. Il s'étend en fait sur une zone comportant neuf fermes, un château et un manoir, dont les occupants prennent part avec enthousiasme à cette mise en place, conscients pourtant de ce qui peut leur arriver.
Le dernier parachutage sur "Baleine" a lieu dans la nuit du 17 juin : Des containers en nombre mais aussi le stick du lieutenant de la Grandière avec quatre jeeps. Malheureusement les mitrailleuses doubles qui doivent les équiper sont brisées, le parachute ne s'étant pas ouvert. Une seule pourra être reconstituée.
Le nombre de rationnaire est impressionnant : A partir du 14, il faut nourrir 3 000 bouches. Toute la journée, des paysans des environs amènent du bétail, du cidre, des légumes. Des FFI vont chercher épicerie et vin chez un négociant de Malestroit. Pour la farine, il faut en arriver aux réquisitions chez les minotiers, contre billets engageant un futur remboursement.

Le Premier mort du jour J :
5 juin 1944, 23 h, le lieutenant Marienne du 2ème RCP-SAS rassemble les 8 paras de son stick et la capitaine anglais chargé de la liaison qui les accompagne.
Ils viennent de toucher terre, largués par le quadrimoteur Stirling qui les avait embarqués sur la base de Fairford en Angleterre, à 21 h 50. Tous se retrouvent très vite, mais il faut du temps pour récupérer le matériel.
Ils sont les premiers éléments à prendre pied sur la terre Française dans l'opération "Overlord", le débarquement allié. Ce n'est qu'une heure plus tard que des paras Américains vont sauter en Normandie.
Gros problème de taille, le point d'atterrissage n'est pas celui qui était prévu. L'erreur est grave, car les hommes se sont réceptionnés à proximité du moulin de la Grée qui sert d'observatoire permanent aux Allemands. Ils ont donc été aussitôt repérés. Autre erreur : Le second stick commandé par le lieutenant Deplante, avec qui un regroupement a été prévu, a été largué un peu plus tard à 12 km de là, à Lilleran, en Guéhenno. La liaison ne peut se faire.

La première victime :
Très vite des coups de feu éclatent : L'ennemi a lancé une compagnie à la chasse aux paras. Il faut fuir? Le caporal Emile Bouétard, un Breton des Côtes du Nord est blessé, fait prisonnier, puis abattu. Il est le premier des soldats alliés du débarquement à mourir pour notre libération. Les trois radios sont capturés avec leurs émetteurs-récepteurs et les codes intacts. On n'est alors que le 6 juin, D-Day : Il est 0 h 30
Après bien des péripéties, les deux sticks de Marienne et Deplante qui ont trouvé des contacts avec les Résistants FFI, rejoignent le camp de Saint Marcel qui devient dés lors le point de ralliement de tous les SAS : Dix huit sticks vont être parachutés en Morbihan et dans les Côtes du Nord dans les jours suivants pour des missions de sabotage (Cooney-Parties).
Le commandant Bourgoin qui dirige le 2ème régiment de chasseurs parachutés SAS, et une partie de ses hommes, seront parachutés dans la nuit du 9 au 10 juin à Saint-Marcel.

Un honneur chèrement payé :
Plumelec n'est pas seulement le lieu de réception des premiers libérateurs, c'est aussi un noyau de la Résistance depuis 1943 : Une compagnie FFI est d'ailleurs constituée qui participe aux actions du bataillon de Ploermel.
Beaucoup de "Méléciens", en dehors d'un engagement combattant, montrent un patriotisme solide, et n'hésite pas à héberger des paras, des maquisards, des aviateurs alliés abattus, des blessés, alors que les occupants organisent sans cesse des perquisitions, des battues, des razzias.
Hélas, nombreuses seront les victimes des représailles, des arrestations, des assassinats, des tortures, des exécutions, des déportations.. Dans cette commune de 3 000 habitants, une trentaine de citoyens sont morts pour des raisons relatives à la Résistance et à la Libération.
Le fait que par ailleurs 16 FFI et paras, non originaires de la commune y soient tombés pour la France, témoigne de la violence des affrontements qui s'y sont déroulés.

Le camp de Saint-Marcel au matin du 18 juin :
Les Allemands n'ont sans doute pas mesuré l'existence d'un centre mobilisateur aussi important. Après le débarquement, ils n'ont pas cherché tout de suite à gêner le mouvement des volontaires qui quittaient leurs domiciles pour se rendre aux lieux de rassemblement des bataillons FFI. Ils se sont surtout préoccupés d'acheminer leurs réserves sur la Normandie.
Compte tenu de l'importance qu'il est en train de prendre, du va et vient des travailleurs, des multiples opérations effectuées sur le terrain "Baleine" a proximité de la Nouette, Saint-Marcel ne peut passer plus longtemps inaperçu.
D'autre part des incendies s'allumèrent parfois à l'arrivée des sacs au sol. Un container a même éclaté en touchant terre. Dans la nuit du 17 au 18 juin, cinq pilotes voyant des lumières et croyant qu'il s'agissait du balisage de la D.Z. déversèrent 120 containers sur la Gare du Roc-Saint-André (à 6 km au nord). Or la gare était éclairée pour l'embarquement d'un régiment de la Wermacht. Naturellement les Allemands saisirent les containers et comprirent qu'une importante concentration de "Terroristes" devait exister dans les parages. Ils décidèrent de patrouiller la région.
Le Commandant Bourgoin et l'état major sont parfaitement conscients que la base va être repérée tôt ou tard. Dans la nuit du 17 au 18 juin, ils sont informés par radio que le commandement inter-allié a décidé d'ajourner le projet de débarquement entre Port-Navalo (à l'entrée du golfe du Morbihan) et l'estuaire de la Vilaine.
Le général Mac Leod envoie le message : " Eviter à tout prix bataille rangée – Stop – Continuer guérilla à outrance et armement FFI " . La dispersion des unités est décidée, mais il est trop tard.
Le 18 juin à 4 h 30 deux voitures de la Feldgendarmerie de Ploermel s'avance sur la route de Saint-Marcel à l'Abbaye. Leurs occupants veulent se rendre compte de ce qui se passe dans cette région.
Le premier poste FFI ouvre le feu, la première voiture franchit le barrage pendant que la seconde est détruite. La première est arrêtée un peu plus loin à hauteur du château des Hardys-Béhélec. Un bref combat s'engage. Le sergent chef Le Canu est tué. Des huit feldgendarmes quatre sont tués, un blessé et deux prisonniers. Un seul s'échappe et va donner l'alarme. On se prépare à soutenir une attaque qui ne peut manquer de se produire dans les prochaines heures.
Le camp est défendu par 2 400 hommes :
a - A l'ouest, au nord et au nord est, le bataillon Caro avec 1200 hommes bien armés.
b – Au sud esr et au sud, le bataillon Le Garrec avec 750 hommes.
c – La compagnie de Rochefort en Terre (173 hommes) des groupes FFI de la région de La
Gacilly (57 hommes) y compris des FTP de Guer.
d – Environ 140 parachutistes SAS sont présents sous les ordres du capitaine Larralde. Le
gros d'entre eux assure la liaison avec le bataillon Caro
e – Enfin les quatre jeeps forment une petite unité à grande puissance de feu.

Expéditions Punitives :
Il est vrai que la fureur des occupants s'acharne sur Plumelec où, Wehrmacht, Gestapo, unités cosaques et Milice Française, s'associent dans des expéditions punitives ou de recherches incessantes. Ce n'est certes pas sans raison, car des paras et des maquisards y ont trouvé des bases pour les opérations de sabotage et de harcèlement, par petits groupes, presque chaque nuit.
Il est vrai aussi que leurs services de renseignements et des confidences souvent obtenues sous la menace et la torture, les ont convaincu que dans le secteur, le commandant Bourgoin et l'état major FFI se cachent, que Marienne et Deplante y sont également.
L'entrée en jeu du groupe de la milice française, spécialisée dans la lutte anti-maquis, commandé par Zeller, en collaboration avec le groupe " Pierre Lyon " de Pontivy, et la gestapo, va entraîner le 12 juillet au matin, la capture et l'assassinat, au hameau de Kérihuel, de Marienne et de quatorze paras et FFI, ainsi que les trois fermiers.
Les fermes sont incendiées, le cheptel volé, et les miliciens posent complaisamment au prés de leurs victimes, pour fixer sur la pellicule leur exploi.

La lutte continue :
C'est le 6 août suivant que les chars Américains du général Wood, venant de Sérent et de Malestroit, traversent Plumelec, constamment survolés par des avions de reconnaissance. La foule les acclame, mais nombre de familles portent le deuil.
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MessageSujet: Re: Le parti national breton et le nazisme   Dim 20 Aoû 2006, 2:21 pm

Bonjour,
Ca, c'est Logico.
On lui dit "Bretagne" et les informations pleuvent facon orage de mousson tropicale.
mort de rir gri

Pour ceux qui le connaissent peu, il faut savoir qu'il ne s'est pas contente d'y etre. Apres la guerre, il a ressenti l'imperieux besoin d'en savoir plus, de savoir ce qui s'etait passe au dela de son maquis FTPF et il a beaucoup lu, dans les livres et les archives.

Merci, Roger, de ce poste.
clin doeil gri

Juste une petite precision : Quand il parle d'unites "cosaques", Logico parle des Osttruppen (Ukrainiens surtout) qui etaient en Bretagne et dont certains deserterent pour rejoindre la Resistance.


Dernière édition par le Dim 20 Aoû 2006, 2:34 pm, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le parti national breton et le nazisme   Dim 20 Aoû 2006, 2:22 pm

Merci de ta réponse Roger, ce que tu viens de m'exposer rejoint l'ouvrage que j'ai terminé hier en bien des points. Ce que j'aurai aimer savoir c'est si TOI tu as eu à opérer avec des SAS de la FL lors du soulèvement du maquis breton lors de l'été 1944.
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MessageSujet: Re: Le parti national breton et le nazisme   Dim 20 Aoû 2006, 4:17 pm

Ci dessous les précisions promises à propos du Bezen:

Zeller et les SAS

Les Allemands peuvent également compter sur divers supplétifs agissant à titre individuel et issus de différents mouvements collaborationnistes. Le cas le plus connu est celui de Maurice Zeller, d'Erquy, dans les Côtes du Nord. Cet ancien officier de marine remercié avant guerre, car un peu trop porté sur les stupéfiants, s'engage à la LVF comme capitaine. De retour du Front Russe il devient délégué départemental du PPF pour les Côtes du nord., mais s'occupe surtout du recrutement pour la LVF.
Les "recrues" ne se bousculant pas, Zeller travaille pour le SD. Un document, daté du 16 mars 1943, rédigé en Allemand et retrouvé au Siège du SD de Saint Brieux signale comme Gaulliste faisant de la propagande, Paul Hutin, ancien secrétaire général de l'Ouest Eclair. A la suite de cette dénonciation, le SD perquisitionne au domicile de Hutin à Saint Pabu en Erquy et trouve des papiers compromettants. Arrêté le 21 mai 1943, Paul Hutin sera emprisonné pendant quinze jours à Rennes. Sur ce document figure la mention " Vermek SR 205 ". C'est ce mêmenuméro qu'on retrouvera sur une liste intitulée "German Agents in Britanny (Gestapo files) " établie par le CIC américain à la Libération. " Zeller Maurice . PPF . Erquy . SR 205 ".

Cet agent des Allemands récidive le 22 mars 1943 et demande pour la deuxième fois l'arrestation du commandant Chabet d'Erquy. Zeller est également signalé à Pontivy parmi les FAT, chargés de lutter contre la Résistance. Il arrête à Douarnenez l'abbé Cariou, qui s'occupait de départs vers l'Angleterre, puis le directeur du lycée du Likès de Quimper. Zeller passe ensuite dans le Morbihan où on le retrouve le 12 juillet 1944, à cinq heures du matin, à la tête d'un convoi de trois voitures et d'une douzaine de miliciens accompagnés de soldats allemands qui surprennent dans leur sommeil, des résistants qui avaient établi leur campement mal gardé au village de Karhuel en Plumelec.
Ces Résistants parmi lesquels figurent plusieurs parachutistes SAS "des militaires français en uniformes" sont arrêtés, désarmés, couchés à terre faces contre le sol, puis fusillés sur le champ sans autre forme de procès. Leurs corps seront jetés sur un tas de fumier, préalablement arrosés d'essence puis incendiés. Parmi les 18 victimes, figure le capitaine Marienne, parachuté le 6 juin 1944 et qui avait installé là son PC après la chute du maquis de Saint Marcel le 19 juin..
Le groupe avait été localisé à la suite d'une imprudence d'un résistant, mis en confiance par un acolyte de Zeller, un certain Munoz, habillé en parachutiste. Les conséquences de cette opération vont être dramatiques, car des papiers compromettants sont découverts dans les vêtements de Marienne. Les Allemands possèdent désormais plusieurs listes de patriotes et notamment les noms de paysans et de hameaux leur servant de refuge ainsi que des plans avec indications des dépôts d'armes. Zeller et sa bande ne résisteront pas à la tentation de se faire photographier devant leurs victimes.

La présence d'agents français du SRA (Service de Renseignement Allemand) d'Angers est également attestée dans la région de Pontivy, Callac et Bourbriac en juillet 1944
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MessageSujet: Re: Le parti national breton et le nazisme   Dim 20 Aoû 2006, 6:24 pm

Bravo Logico tu as tapé dans le mil, c'est exactement cette épisode que j'avais en tête en te questionnant. Sait-on ce que sont devenus Zeller et Munoz (qui avait effectivement piqué un uniforme SAS pour les berner) à la libération, au vu des exactions qu'ils ont commises et la façon dont elles sont décrites par Bonnecarrère ("Qui ose vaincra") ils ne méritaient que le peloton!
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MessageSujet: Re: Le parti national breton et le nazisme   Dim 20 Aoû 2006, 7:05 pm

Que sont devenus ces hommes ?
Dés le 2 août 1944, ils sont remontés sur Paris, puis vers l'Est par des chemins différents et enfin en Allemagne. Un certain nombre se sont fait arrêter ou tuer pendant leurs fuites, d'autres en Allemagne. Certains s'y sont réfugiés et d'autres ont réussi à fuir vers l'Irlande ou l'amérique Latine où ils ont pu mourir de leurs belles morts. C'est souvent le cas pour les plus responsables.
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MessageSujet: Re: Le parti national breton et le nazisme   Dim 20 Aoû 2006, 7:27 pm

d'après mes sources, Zeller a été arrété fin 44, condamné à mort et fusillé à Rennes le 17 juillet 1946
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MessageSujet: Re: Le parti national breton et le nazisme   Dim 20 Aoû 2006, 9:51 pm

1. Zeller, Louis-Maurice, dit " Marc Evrard" (Officier de marine, LVF, agent du SD du Morbihan. Responsable de la capture, de la torture et de la mort de nombreux maquisards) : arrêté, il est condamné à mort et fusillé en mai 1946.
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MessageSujet: Re: Le parti national breton et le nazisme   Ven 23 Fév 2007, 4:32 pm

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Le parti national breton et le nazisme

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