Oskar Schindler, allemand d'origine, naquit à Zwittau en Moravie (devenue aujourd'hui Svitavy, Tchécoslovaquie) qui en tant que partie intégrante du Sudetenland fut annexée par le Troisième Reich en Octobre 1938. Vers la fin 1939, il arriva en Cracovie et fit l'acquisition d'une usine d'émaillerie située à Zablocie, juste à la sortie de la ville. Cette fabrique appartenait à des Juifs avant que les Allemands n'aient conquit la Pologne en Septembre 1939.
Sous la direction de Schindler l'usine produisait des marmites et des casseroles destinées à l'armée allemande. Depuis longtemps, elle comptait 900 ouvriers, Juifs pour la plupart. En Avril 1943, lorsque les Nazis évacuèrent le ghetto de Cracovie en transférant 6000 personnes corvéables vers le camp voisin de Plaszow, Schindler persuada les Administrations de l'Armement de le laisser créer une branche annexe du camp dans les locaux même de son usine. Ceci lui permettrait d'optimiser sa productivité en évitant aux ouvriers de faire systématiquement l'aller-retour entre le camp et l'usine tous les jours. Toutefois son objectif réel était de les protéger des conditions de vies excessivement dures du camps de Plaszow.
Tandis que l'Armée Rouge entrait en Pologne, les Allemands commencèrent à délocaliser leurs industries vitales vers des zones plus sûres. En Octobre 1944, Schindler persuada les autorités de rétablir son usine (à présent inactive) dans la ville de Brunnlitz en Moravie et de la transformer en fabrique de munitions pour l'armée allemande. Au cours d'une opération unique en son genre de toute l'histoire de la Shoah, il parvint à conserver virtuellement la totalité de sa main d'oeuvre Juive alors que bon nombre d'entre eux étaient en fait bien trop faibles, malades ou vieux pour être logiquement comptés comme des ouvriers productifs et auraient été tués sans son intervention. Près de 800 hommes furent transférés vers Brunnlitz via le camps de concentration de Gross-Rosen. Dans le même temps, 300 femmes y furent envoyées via Auschwitz.
A Brunnlitz, comme a Zablocie, Schindler traita ses 1100 Juifs avec une immense considération et fit tout ce qu'il pouvait afin d'obtenir un maximum de nourriture et de médicaments pour eux. Cette hiver là, lorsqu'il apprit qu'un train venant du camp de concentration de Golszow avait été abandonné près de Zwittau avec tout son 'chargement' de Juifs laissés pour morts dans le froid glacial, il décida d'y aller avec quelques uns de ses ouvriers, brisa les portes verrouillées des wagons gelés et sauva les 100 hommes et femmes encore en vie, amaigris au delà de l'imaginable. Sous la surveillance de sa femme Emilie, les survivants furent soignés jusqu'à complète récupération de leurs moyens physiques. Ceux qui moururent eurent un enterrement selon les rites Juifs.
Oskar Shindler a toujours été prévenant et profondément humain dans tous ses rapports avec les Juifs et grâce à ses immenses efforts, la plupart des ses ouvriers ont survécu. Plus tard l'un d'entre eux a écrit : "Il était le premier Allemand depuis le début de la guerre dont la présence ne me terrifia pas." Ce qui est le plus remarquable dans cette histoire est que Schindler, de son propre aveu, était tout d'abord allé en Pologne uniquement pour s'enrichir dans l'espoir de pouvoir exploiter une main d'oeuvre Juive peu coûteuse, disponible sous la domination des Nazis. Du point de vue des Juifs de Cracovie en 1939, ils ne paraissant en rien différent des autres Allemands. Toutefois, d'une manière ou d'une autre, son parcours lui fit subir une profonde transformation personnelle et en fin de compte, jamais dissuadé par ses nombreuses arrestations par la Gestapo, il sauva plus de Juifs qu'aucun autre Allemand.
Selon Oskar Shindler, cette métamorphose trouva son étincelle dans l'immensité et l'horreur de La Solution Finale. Selon ses propres mots : " Je haïssais la brutalité, le sadisme et la folie du Nazisme. Je ne pouvais tout simplement pas rester là et regarder les gens se faire massacrer. J'ai fait ce que je pouvais, ce que je devais faire, ce que ma conscience me dictait de faire. C'est tout ce qu'il y a à dire. Vraiment, rien d'autre."
Oskar Schindler est mort en Octobre 1974. Il est enterré dans le Cimetière Latin sur le Mont Zion à Jérusalem. 1200 Juifs doivent la vie à ce Juste parmi les Nations.