Voici ce que j’ai pu lire dans le livre « Commando » dédié aux commandos belges.
Pour rejoindre l’Angleterre il fallait traverser toute la France du Nord vers le sud, puis les Pyrénées, descendre au sud de l’Espagne, trouver un navire et traverser le détroit de Gibraltar pour enfin rejoindre les Britanniques (certains ont traversé à la nage).
Un périple déjà très dur et devenant quasiment infernal en Espagne puisque la plupart des évadés de l’Europe se firent attraper là bas par les fonctionnaires fascistes.
La première halte forcée se faisait généralement les Pyrénées à peines franchies, là les douaniers qui patrouillaient à la recherche des fugitifs emprisonnaient les patriotes sous l’inculpation de franchissement illégal de la frontière et trafic de devises …
Au tribunal, après quelques semaines passées dans des geôles innommables, il était dit que les devises seraient confisquées par le juge (ben tiens !) et la prévention de trafic d’argent effacée.
Soulagement des accusés, qui en se tournant virent qu’on leur remettait des menottes pour les conduire vers le plus infâmes de camps, Miranda de Ebro. Un camp construit sur les conseils avisés d’un ingénieur nazi prêté à l’Espagne, un camp qui n’avait rien à envier aux autres situés en Allemagne et ailleurs.
Ce camp pouvait « héberger » plus de 2.000 prisonniers, les conditions d’hygiène y étaient déplorables, rien n’était nettoyé, la vermine y était omniprésente, la nourriture insuffisante, les coups pleuvaient, six robinets fournissaient de l’eau, les gardes étaient de classe des barbares sadiques.
A l’origine, le camp avait été construit pour les Républicains, avec la Seconde Guerre Mondiale, ce furent les patriotes européens qui en furent les victimes.
Les témoignages sur ce qu’il s’y passait sont affreux.
Un jour, le Colonel x de l’armée Belge, à peine arrivé reçu un coup de crosse sur les dents, toutes cassées par la suite, parce qu’il avait refusé de faire le salut fasciste.
Le sport local consistait à faire de telle sorte que les prisonniers tentent de s’échapper, les gardes tiraient et pouvaient ainsi toucher une prime. Cette forme de chasse était généralement destinée aux prisonniers russes.
Un témoin signale avoir vu un enfant de 16 ans se faire fusiller pour « crimes contre le gouvernement », quel genre de crime pourrait faire un enfant contre un gouvernement ?
La nudité était obligatoire pour se rendre aux toilettes durant la nuit.
Un sergent espagnol boiteux battait n'importe qui avac sa canne menaçant la victime de l'autre mains avec un pistolet pour éviter toute fuite ...
Le commandant du camp, un Espagnol pur jus arborait fièrement un insigne nazi sur son uniforme.
Pour lutter contre tant de barbaries les prisonniers ne manquaient pas de jouer des tours.
Chaque matin, le rassemblement était ponctué par le levé du drapeau durant lequel le salut fasciste devait être exécuté et les prisonniers devaient, en cœur, crier de la faon suivante:
L'officier disait "Espana"
les prisonniers répondaient "Uno"
L'officier à nouveau : "Espana".
Et les prisonniers "Grande"
Enfin, l'officier à nouveau "Espana"
Et les prisonniers dau lieu de répondre "Libre" ciaient "Mierda"
Un jour, deux nazis en civil, envoyés par l’ambassade d’Allemagne virent proposer un marché aux prisonniers. Le but était de récupérer la main d’œuvre utile à l’effort de guerre et de convaincre le plus grand nombre de regagner leurs domiciles avec l’aide du gouvernement.
Après une harangue propagandiste habituelle, devant tous les prisonniers rassemblés, seuls deux hommes sortirent des rangs. C’était peu mais pour un début … lorsque les Allemands demandèrent où étaient les domiciles des deux hommes, ceux-ci répondirent « en Angleterre ».
Le consul de Belgique passait régulièrement pour essayer d’améliorer le sort de ses compatriotes mais c’était tâche difficile.
En général, les prisonniers restaient six mois dans ce trou infect et puis ils étaient relâchés.
Il est évident que le camp de Miranda de Ebro était destiné à casser les hommes et à montrer la collusion entre le régime espagnol et nazi