Je ne résiste pas à la tentation de vous raconter au sujet de la jeep une petite anectode vécue qui m’a été racontée par mon père.
En Ardenne, après la bataille des Ardennes, beaucoup de matériel avait été abandonné par les Américains (et par les Allemands aussi du reste). S’il est clair qu’une partie de ce matériel était difficilement récupérable (que faire avec des épaves de Sherman ou de Panther), il n’en était pas de même des jeeps.
Beaucoup d’entre elles ont été récupérées par les agriculteurs et utilisées en guise de tracteur agricole. Je me souviens personnellement qu’au début des années 60, le fermier à 100 mètres de chez moi utilisait une jeep sur laquelle était adaptée une faucheuse pour couper le foin. Pour y avoir fait un tour (comme passager) pendant une séance de fauche, je peux vous dire que c’était trépidant.
Revenons-en à mon anecdote. Mon grand-père paternel (je vous ai entretenu dans un autre fil des tribulations de mon grand-père maternel), qui était agriculteur, s’était lui aussi après la guerre procuré une de ces jeeps. Qui remplaçait utilement le cheval dont il s’était servi jusque là.
La première fois qu’il est rentré chez lui avec la jeep, qu’il ne maîtrisait pas encore vraiment bien, au moment de s’arrêter, il a dit comme à son habitude « hoooooo! ».
Malheureusement, la jeep ne réagissait pas aux mêmes stimuli qu’un cheval (à moins qu’elle ne comprenne pas le wallon, ce qui n’est pas exclu, puisqu’elle était de fabrication américaine). Toujours est-il que c’est le mur au fond de la cour qui l’a arrêtée et pas l’injonction de grand-père.
Avec plus de peur que de mal heureusement.
_________________
Toutes les vertus secondaires comme le courage, la discipline, la fidélité, l'endurance n'ont un effet positif qu'aussi longtemps qu'elles servent une cause positive. Si une cause positive devient négative, les vertus secondaires deviennent problématiques