Belzec : histoire, plans et croquis

Page 2 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  eddy marz le Jeu 28 Avr 2011, 4:00 pm

Salut Dede, en effet, on en voit assez clairement la trace...


je n'arrive toujours pas à me faire une idée du fonctionnement du camp. Je ne sais pas si je suis le seul, mais tout ceci me semble d'autant plus abstrait qu'on distingue énormément de structures sur le plan de Belzec.

Jules, donne moi quelques jours et je poste une explication plus claire en me basant sur le plan.
clin doeil gri


Dernière édition par eddy marz le Jeu 28 Avr 2011, 4:25 pm, édité 1 fois
avatar
eddy marz
Membre légendaire
Membre légendaire

Nombre de messages : 3953
Age : 62
Localisation : England/France/Italia
Date d'inscription : 24/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  Jules le Jeu 28 Avr 2011, 6:29 pm

eddy marz a écrit:

Jules, donne moi quelques jours et je poste une explication plus claire en me basant sur le plan.
clin doeil gri

Salut Eddy,

navré, je suis un peu "long à la détente" donc j'aimerais bien m'éclaircir l'esprit : là pour l'instant j'essaye d'imaginer ce que pourrait "devenir" un convoi de déportés arrivant à Belzec, étape par étape. Je suppose que ces usines de morts devaient obéir à un protocole stricte.
Merci pour cet effort. J'espère que ça profitera à beaucoup de personnes.
avatar
Jules
Général de Division
Général de Division

Nombre de messages : 2062
Age : 37
Localisation : ici
Date d'inscription : 04/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  eddy marz le Ven 29 Avr 2011, 12:05 pm

Salut Jules;
Voici les explications sur le fonctionnement de Belzec. Tu peux suivre selon les explications correspondant aux numéros:



1. Le train de déportés arrive au village de Belzec, et le dépasse jusqu’au hangar à locomotives où se trouve la plaque tournante (à la hauteur de la ligne ferroviaire LUBLIN – à gauche et hors du plan). À la plaque tournante, la locomotive est placée en queue de train de façon à pousser les wagons en marche arrière. C’est là que le personnel de l’Ostbahn quitte le train pour être remplacés par les Auxiliaires Ukrainiens qui montent alors sur les wagons et la locomotive pour les escorter jusqu’au camp.
2. Arrivée au camp : les wagons pénètrent par l’entrée (n°3). Ensuite, les 20 premiers des 40 ou 60 wagons stationnent à la rampe « A ». Le train a été fractionné, et la seconde partie du convoi est garée contre la rampe « B » et doit attendre que les déportés de la rampe « A » aient étés « traités ».
3. Les déportés de la rampe « A » se déversent sur le quai où on leur annonce qu’ils sont arrivés dans un camp de transit. Ils devront y travailler (sauf les femmes) avant d’êtres relogés, mais seront nourris et hébergés. En raison des épidémies, ils doivent passer aux douches et à la désinfection avant de pénétrer dans leurs logements. La rampe « A » et la place d’accueil ne sont pas inquiétantes : il y a des baraquements normaux (garage-24, générateur-25, entrepôt-6, latrines-5, baraquement des « ouvriers spécialisés »-28 etc. …), des arbres, des fleurs, et un air de normalité. De plus, les déportés, déjà sur place, qui aident aux déchargements sont vêtus de vêtements civils, et les SS se comportent de façon plutôt calme (même Wirth participe activement à la duperie puisque des témoignages assurent que les Juifs l'applaudissaient). D’où ils se trouvent, les nouveaux arrivants ne peuvent apercevoir le reste du camp en raison de la clôture entrelacée de feuillage.
4. Sur la rampe et la place d’accueil, les déportés sont séparés par sexe (ce qui renforce l’idée qu’ils vont effectivement prendre une douche). Les « ouvriers spécialisés » sont sélectionnés et séparés des autres, puis les femmes (et enfants en bas âge) sont immédiatement menées au baraquement de déshabillage et de « coiffeurs » (n°8). Les hommes (et ados masculins) doivent se déshabiller à même la rampe « A » et la place d’accueil. Ils doivent faire des piles de leurs vêtements, attacher leurs chaussures en paires, et abandonner leurs bagages à même la rampe (ils les « récupéreront plus tard »). Les déportés trop malades, trop âgés, ou « difficiles », sont ensuite enfermés temporairement dans un local en bout de quai (« C »).
5. Une fois déshabillés, les hommes sont immédiatement menés au sas situé entre les bâtiments n°8 et n°6, ou en contournant le bâtiment n°8 (nous ne disposons pas de témoignages précis sur ce mouvement). Les hommes sont invariablement tués avant les femmes pour d’évidentes raisons de sécurité. Une fois dans le sas, il est impossible de rebrousser chemin. Les hommes s’engagent alors dans le boyau (n°9) ; des Auxiliaires Ukrainiens armés ouvrent et ferment la marche.
6. Une fois arrivés devant la « Fondation Hackenholt » au centre de la clairière clôturée et recouverte d’un filet de camouflage (n°10), les hommes sont introduits dans les chambres à gaz munies de poires de douche. Ils sont ensuite gazés par les échappements du moteur logé dans l’appentis n°11 (connecté par tubes à la « Fondation »).
7. Pendant le gazage des hommes, des déportés travaillant et logeant (n°15) dans le Totenlager effacent les traces de pas dans le boyau à l’aide de balais et de branchages. Sur la place d’accueil et la rampe « A », un autre commando de travailleurs déblaie les vêtements et les bagages, et les transporte aux entrepôts de triage (n°17); une fois triés, les vêtements et objets seront ensuite transférés sur l'aérodrome désaffecté de Lublin (géré par Wirth pour le WVHA). Les déportés maintenus dans l’enclos « C » sont ensuite emmenés au Lazarett (n°30), une fausse infirmerie, et assassinés d’une balle de 22 dans la nuque.
8. Une fois le gazage terminé, les chambres à gaz sont vidées de chaque côté du bâtiment, et le commando chargé d’arracher les dents en or, et de fouiller les parties intimes à la recherche de valeurs, opère à même le sol. D’autres tirent, traînent, ou transportent les cadavres traités jusqu’aux rails de crémation (voir légende du plan : « Cremation Grid » et les repérer sur le plan). Les os non brûlés sont concassés dans une machine spéciale posée sur une base (n°13). Les restes des cadavres seront ensuite enterrés dans les diverses fosses (en orange sur le plan). Pendant ce temps, les chambres à gaz sont passées au tuyau d’arrosage et au désinfectant pour éliminer tous les déjections, et reprendre un aspect « accueillant ».
9. Une fois déshabillée et tondues, les femmes sortent du baraquement de déshabillage (n°8) par une autre porte que celle par où elles sont entrées, et se retrouvent à leur tour dans le sas menant au boyau…
10. Une fois les déportés de la Rampe « A » traités, les wagons de la rampe « B » sont manœuvrés vers la rampe « A », et la routine recommence. Il n’y a plus aucun (ou peu, sauf dans les cafouillages dus à de trop nombreux arrivages) bagages ou vêtements sur le quai, et rien de particulièrement inquiétant non plus. Le bruit distant du moteur de la chambre à gaz n’est, somme toute, qu’un bruit de moteur.
11. Il fallait compter environ entre 4 et 7 heures pour traiter un convoi en entier.


Dernière édition par eddy marz le Lun 21 Oct 2013, 2:26 pm, édité 1 fois
avatar
eddy marz
Membre légendaire
Membre légendaire

Nombre de messages : 3953
Age : 62
Localisation : England/France/Italia
Date d'inscription : 24/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  jihell le Ven 29 Avr 2011, 12:22 pm

punaise , c'est incroyable....j'ai même du mal a imaginer les souffrances qu'on du subir tous ces gens

jihell
Soldat 1ère classe
Soldat 1ère classe

Nombre de messages : 9
Age : 53
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 18/11/2010

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  Jules le Ven 29 Avr 2011, 6:06 pm

Merci infiniment Eddy.
C'est en lisant le "protocole" tout en observant le plan que j'ai pu me faire une idée plus claire du fonctionnement du camp.
Lorsque l'on regarde ce "boyau" -même aussi schématiquement représenté- on ne peut qu'avoir des frissons. Le pire c'est cette volonté machiavélique des nazis de cacher jusqu'à la fin le sort des déportés.
avatar
Jules
Général de Division
Général de Division

Nombre de messages : 2062
Age : 37
Localisation : ici
Date d'inscription : 04/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  eddy marz le Ven 29 Avr 2011, 6:34 pm

Jules a écrit:Le pire c'est cette volonté machiavélique des nazis de cacher jusqu'à la fin le sort des déportés.

Mais il aurait été impossible d'y procéder si ce n'avait pas été le cas.
avatar
eddy marz
Membre légendaire
Membre légendaire

Nombre de messages : 3953
Age : 62
Localisation : England/France/Italia
Date d'inscription : 24/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  Fluffy Kiwi le Ven 29 Avr 2011, 7:34 pm

eddy marz a écrit:Salut Jules;
Voici les explications sur le fonctionnement de Belzec. Tu peux suivre selon les explications correspondant aux numéros:



1. Le train de déportés arrive au village de Belzec, et le dépasse jusqu’au hangar à locomotives où se trouve la plaque tournante (à la hauteur de la ligne ferroviaire LUBLIN – à gauche et hors du plan). À la plaque tournante, la locomotive est placée en queue de train de façon à pousser les wagons en marche arrière. C’est là que le personnel de l’Ostbahn quitte le train pour être remplacés par les Auxiliaires Ukrainiens qui montent alors sur les wagons et la locomotive pour les escorter jusqu’au camp.

2. Arrivée au camp : les wagons pénètrent par l’entrée (n°3). Ensuite, les 20 premiers des 40 ou 60 wagons stationnent à la rampe « A ». Le train a été fractionné, et la seconde partie du convoi est garée contre la rampe « B » et doit attendre que les déportés de la rampe « A » aient étés « traités ».

3. Les déportés de la rampe « A » se déversent sur le quai où on leur annonce qu’ils sont arrivés dans un camp de transit. Ils devront y travailler (sauf les femmes) avant d’êtres relogés, mais seront nourris et hébergés. En raison des épidémies, ils doivent passer aux douches et à la désinfection avant de pénétrer dans leurs logements. La rampe « A » et la place d’accueil ne sont pas inquiétantes : il y a des baraquements normaux (garage-24, générateur-25, entrepôt-6, latrines-5, baraquement des « ouvriers spécialisés »-28 etc. …), des arbres, des fleurs, et un air de normalité. De plus, les déportés, déjà sur place, qui aident aux déchargements sont vêtus de vêtements civils, et les SS se comportent de façon plutôt calme (même Wirth participe activement à la duperie puisque des témoignages assurent que les Juifs l'applaudissaient). D’où ils se trouvent, les nouveaux arrivants ne peuvent apercevoir le reste du camp en raison de la clôture entrelacée de feuillage.

4. Sur la rampe et la place d’accueil, les déportés sont séparés par sexe (ce qui renforce l’idée qu’ils vont effectivement prendre une douche). Les « ouvriers spécialisés » sont sélectionnés et séparés des autres, puis les femmes (et enfants en bas âge) sont immédiatement menées au baraquement de déshabillage et de « coiffeurs » (n°8). Les hommes (et ados masculins) doivent se déshabiller à même la rampe « A » et la place d’accueil. Ils doivent faire des piles de leurs vêtements, attacher leurs chaussures en paires, et abandonner leurs bagages à même la rampe (ils les « récupéreront plus tard »). Les déportés trop malades, trop âgés, ou « difficiles », sont ensuite enfermés temporairement dans un local en bout de quai (« C »).

5. Une fois déshabillés, les hommes sont immédiatement menés au sas situé entre les bâtiments n°8 et n°6, ou en contournant le bâtiment n°8 (nous ne disposons pas de témoignages précis sur ce mouvement). Les hommes sont invariablement tués avant les femmes pour d’évidentes raisons de sécurité. Une fois dans le sas, il est impossible de rebrousser chemin. Les hommes s’engagent alors dans le boyau (n°9) ; des Auxiliaires Ukrainiens armés ouvrent et ferment la marche.

6. Une fois arrivés devant la « Fondation Hackenholt » au centre de la clairière clôturée et recouverte d’un filet de camouflage (n°10), les hommes sont introduits dans les chambres à gaz munies de poires de douche. Ils sont ensuite gazés par les échappements du moteur logé dans l’appentis n°11 (connecté par tubes à la « Fondation »).

7. Pendant le gazage des hommes, des déportés travaillant et logeant (n°15) dans le Totenlager effacent les traces de pas dans le boyau à l’aide de balais et de branchages. Sur la place d’accueil et la rampe « A », un autre commando de travailleurs déblaie les vêtements et les bagages, et les transporte aux entrepôts de triage (n°17); une fois triés, les vêtements et objets seront ensuite transférés sur l'aérodrome désaffecté de Lublin (géré par Wirth pour le WVHA). Les déportés maintenus dans l’enclos « C » sont ensuite emmenés au Lazarett (n°30), une fausse infirmerie, et assassinés d’une balle de 22 dans la nuque.

8. Une fois le gazage terminé, les chambres à gaz sont vidées de chaque côté du bâtiment, et le commando chargé d’arracher les dents en or, et de fouiller les parties intimes à la recherche de valeurs, opère à même le sol. D’autres tirent, traînent, ou transportent les cadavres traités jusqu’aux rails de crémation (voir légende du plan : « Cremation Grid » et les repérer sur le plan). Les os non brûlés sont concassés dans une machine spéciale posée sur une base (n°13). Les restes des cadavres seront ensuite enterrés dans les diverses fosses (en orange sur le plan). Pendant ce temps, les chambres à gaz sont passées au tuyau d’arrosage et au désinfectant pour éliminer tous les déjections, et reprendre un aspect « accueillant ».

9. Une fois déshabillée et tondues, les femmes sortent du baraquement de déshabillage (n°8) par une autre porte que celle par où elles sont entrées, et se retrouvent à leur tour dans le sas menant au boyau…

10. Une fois les déportés de la Rampe « A » traités, les wagons de la rampe « B » sont manœuvrés vers la rampe « A », et la routine recommence. Il n’y a plus aucun (ou peu, sauf dans les cafouillages dus à de trop nombreux arrivages) bagages ou vêtements sur le quai, et rien de particulièrement inquiétant non plus. Le bruit distant du moteur de la chambre à gaz n’est, somme toute, qu’un bruit de moteur.

11. Il fallait compter environ entre 4 et 7 heures pour traiter un convoi en entier.


Merci Eddy pour ces explications on ne peut plus claires et limpides, elles sont, me semble-t-il, indispensable au devoir de mémoire collectif qui nous incombe toutes et tous.
Je ne poste que (trop!) rarement, mais vous lis en revanche de façon très régulière, et je tiens à vous féliciter pour le remarquable "travail" de documentation, et/ou de vulgarisation de sujets particulièrement complexes que vous faites sur ce forum.

En effet, tenter d'expliquer l'inexplicable, de sonder l'insondable et d'approcher l'inapprochable est, je crois, un véritable devoir, au nom de tous, auquel vous contribuez de manière brillante.

Loin de moi de faire des éloges pour le plaisir, mais quand un "travail" est fait avec autant de passion et de façon aussi remarquable, il me paraît simple, et normal de le souligner...

...

Fluffy K.
avatar
Fluffy Kiwi
Soldat 1ère classe
Soldat 1ère classe

Nombre de messages : 6
Age : 39
Localisation : Poitiers - France
Date d'inscription : 08/05/2010

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  eddy marz le Ven 29 Avr 2011, 8:11 pm

Dear Fluffy Kiwi;
Je vais finir par ne plus savoir où me mettre. Merci infiniment pour ces éloges qui me vont droit au coeur. Il convient toutefois de souligner que je ne fais que synthétiser les travaux de chercheurs beaucoup plus sérieux que moi. Ces travaux étant malheureusement peu ou pas disponibles au grand public, il me semblait indispensable de les partager afin, d'une part, d'éclairer ce que l'Histoire officielle a forcément simplifié et, d'autre part, de combler chaque brèche creusée par le négationnisme; autant que faire se peut.

Amicalement
Eddy
avatar
eddy marz
Membre légendaire
Membre légendaire

Nombre de messages : 3953
Age : 62
Localisation : England/France/Italia
Date d'inscription : 24/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  Jules le Ven 29 Avr 2011, 8:26 pm

Fluffy Kiwi a raison. Et pour ma part, j'apprécie les travaux accessibles et bien rédigés : avec Eddy, c'est no soucy.
avatar
Jules
Général de Division
Général de Division

Nombre de messages : 2062
Age : 37
Localisation : ici
Date d'inscription : 04/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  eddy marz le Ven 29 Avr 2011, 8:38 pm

Thanks, Jules clin doeil gri
avatar
eddy marz
Membre légendaire
Membre légendaire

Nombre de messages : 3953
Age : 62
Localisation : England/France/Italia
Date d'inscription : 24/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  vilak le Lun 02 Mai 2011, 9:08 pm

On remarquera que Belzec, le "laboratoire" de Wirth, est celui des trois camps de l'AR qui a le plus evolué entre sa mise en service et sa démolition.
avatar
vilak
Capitaine
Capitaine

Nombre de messages : 241
Age : 43
Localisation : Nîmes, France
Date d'inscription : 26/07/2010

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  eddy marz le Sam 07 Mai 2011, 10:18 am

vilak a écrit:On remarquera que Belzec, le "laboratoire" de Wirth, est celui des trois camps de l'AR qui a le plus evolué entre sa mise en service et sa démolition.

Ce qui me paraît logique... Les installations et conditions de Sobibor et Treblinka furent toujours calquées sur les essais et conclusions établies en premier lieu à Belzec - c'était une sorte de "Think Tank" pour peaufiner la technique; c'est là que les 1er essais de gazage furent effectués par Wirth, le Dr. Kallmeyer (T4), et Lorenz Hackenhold; c'est également là que le "traitement" d'un convoi de A à Z fut expérimenté afin d'arriver à une routine précise et efficace qui serait ensuite copiée dans les deux autres camps.
avatar
eddy marz
Membre légendaire
Membre légendaire

Nombre de messages : 3953
Age : 62
Localisation : England/France/Italia
Date d'inscription : 24/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  eddy marz le Mar 10 Mai 2011, 3:02 pm

Extrait du Rapport Gerstein, écrit de sa main dans un français hésitant, entre le 21 avril et le 26 mai 1945, en semi captivité à Rottweil... Les 8 premières lignes décrivent la chambre à gaz de Belzec, découverte dès son arrivée au camp (17 août 1942), avant les gazages qui n'auront lieu que le lendemain :

"Avant nous une maison comme institut de bains, à droite et à gauche grand pot de béton avec géranium ou bégonia (fleurs). Après avoir monté un petit escalier, à droite et à gauche, trois et trois chambres comme des garages, 4 X 5 mètres, 1,90 mètres d'altitude. Au retour, pas visibles, sorties de bois. Au toit, l'étoile David en cuivre. Avant le bâtiment, inscription: "Fondation Heckenholdt" - de plus l'après midi je n'ai pas vu..."

avatar
eddy marz
Membre légendaire
Membre légendaire

Nombre de messages : 3953
Age : 62
Localisation : England/France/Italia
Date d'inscription : 24/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  vilak le Mar 12 Juil 2011, 9:40 am

Eddy, je viens de trouver cette phrase de vous dans un autre topic :

"Il n’y eu qu’une poignée de survivants à Belzec (don’t un fut assassiné par des milices nationalistes en 1945 – le soir même de sa deposition)."

Je trouve cela ignoble.

Pouvez-vous nous en dire plus s'il vous plait?

Cela me fait immédiatement penser à la BD "MAUS" de Art Spiegelman où l'auteur raconte l'histoire de son père.
Dans une scène, on voit un survivant d'Auschwitz qui rentre dans son village être pendu par les nouveau occupants de sa boulangerie. "Il a survécu pour ça..." dit l'auteur.
avatar
vilak
Capitaine
Capitaine

Nombre de messages : 241
Age : 43
Localisation : Nîmes, France
Date d'inscription : 26/07/2010

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  eddy marz le Mar 12 Juil 2011, 1:08 pm

vilak a écrit:Eddy, je viens de trouver cette phrase de vous dans un autre topic :

"Il n’y eu qu’une poignée de survivants à Belzec (don’t un fut assassiné par des milices nationalistes en 1945 – le soir même de sa deposition)."

Pouvez-vous nous en dire plus s'il vous plait?
Cela me fait immédiatement penser à la BD "MAUS" de Art Spiegelman où l'auteur raconte l'histoire de son père.
Dans une scène, on voit un survivant d'Auschwitz qui rentre dans son village être pendu par les nouveau occupants de sa boulangerie. "Il a survécu pour ça..." dit l'auteur.

Bonjour Vilak;
Il n'y eu que deux survivants 'répertoriés' de Belzec (les autres furent des individus s'étant échappés des trains avant l'arrivée au camp). Le 1er est Rudolf Reder, un fabricant de savon de Lwow, dont le témoignage sur Belzec est très connu des historiens. Rudolf Reder, devenu aveugle, émigra au Canada.

Le second était Chaïm Hirszmann, maître plombier de Janow Lubelski. Hirszmann témoigna sur l'arrivée des trains à Belzec, et décrivit comment il échappa miraculeusement au gazage parce que les SS le considérèrent 'apte au travail'. Il fut sélectionné pour diriger les femmes vers le boyau menant au Totenlager. Il fut assassiné le soir même de sa déposition (19 mars 1946) par des membres des "Groupes de Combat Nationalistes" constitués d'antisémites Ukrainiens.
avatar
eddy marz
Membre légendaire
Membre légendaire

Nombre de messages : 3953
Age : 62
Localisation : England/France/Italia
Date d'inscription : 24/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  Jules le Mar 12 Juil 2011, 7:54 pm

eddy marz a écrit:Il fut assassiné le soir même de sa déposition (19 mars 1946) par des membres des "Groupes de Combat Nationalistes" constitués d'antisémites Ukrainiens.

Vraiment fou ça. Le pauvre homme avait évité la mort une première fois.
Pas étonnant que les nazis aient trouvé de véritables "compagnons de route" parmi les Ukrainiens et les Polonais. Ces populations voyaient les Juifs prospérer autour d'eux ; fatalement et tragiquement cela a suffi à rendre certains d'entre eux haineux.
avatar
Jules
Général de Division
Général de Division

Nombre de messages : 2062
Age : 37
Localisation : ici
Date d'inscription : 04/01/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  vilak le Lun 25 Juil 2011, 9:09 am

Eddy, pouvez-vous me dire quelles sont, parmi toutes les techniques employées par Wirth à Belzec, celles qu'il n'a fait que reprendre de T4, sans y porter de réelles corrections?
Merci.
avatar
vilak
Capitaine
Capitaine

Nombre de messages : 241
Age : 43
Localisation : Nîmes, France
Date d'inscription : 26/07/2010

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  eddy marz le Lun 25 Juil 2011, 1:37 pm

vilak a écrit:Eddy, pouvez-vous me dire quelles sont, parmi toutes les techniques employées par Wirth à Belzec, celles qu'il n'a fait que reprendre de T4, sans y porter de réelles corrections?
Merci.

Bonjour Vilak:
En fait, l'expérience acquise par Wirth durant T4 a permis d'installer une "routine" bien rodée en fonctionnement théorique, mais dont toutes les phases durent êtres adaptées dans les camps d'AR compte tenu du fait qu'il s'agissait de lieux en extérieur, et dans des conditions moins sécurisées qu'au sein de cliniques ou de bâtiments fermés en Allemagne.

1.
La technique d'apaisement de petit nombres de victimes (les aliénés) à faire pénétrer dans des locaux de gazage restreints dut être adaptée à un nombre immense de victimes quotidiennes se déversant sur les rampes d'arrivée dans la désordre le plus total. Il a fallu donc adapter la routine avec :

- un speech d'arrivée "accueillant", expliquant aux déportés tout ce qu'ils devaient savoir pour rester calme (et donc fonctionnels) : Il fallait qu'ils "sachent" qu'ils étaient arrivés dans un camp de transit où ils resteraient avant d'êtres relogés, que les femmes n'étaient pas obligées de travailler, qu'elles pouvaient s'occuper de leurs enfants.

- Mais il fallait aussi qu'ils se soumettent à une séparation par sexe et qu'ils se déshabillent de façon ordonnée malgré le traumatisme initial (séparations familiales, atteinte à la modestie des femmes etc.). Ils fallait qu'ils abandonnent leurs possessions à même la rampe, qu'ils attachent leurs chaussures en paires, et qu'ils marquent leurs bagages si ce n'était déjà fait (sinon le subterfuge "vous les retrouverez après" ne pouvait fonctionner).

- Puis, il fallait parcourir les 70m ou 150m du "Boyau" le plus calmement possibles vers le lieu de gazage...

Bref, une réelle correction/adaptation de la technique, qui dut être réfléchie dans les moindres détails.


2.
La technique de gazage initiée par Wirth dans les centres T4 était bien au C02, mais le gaz était contenu dans de longues bonbonnes industrielles métalliques. Wirth semble avoir procédé à divers essais à partir de bonbonnes (comme le prouvent celles retrouvées enterrées derrière la colline de Belzec), en compagnie du Dr. Kallmeyer (de T4) et de Lorenz Hackenhold. À noter que ces bonbonnes étaient les mêmes que celles retrouvées à Maïdanek. Mais la technique créait deux problèmes :

- Le coût de gaz C02 industriel
- L'aspect trop visible de fournitures énormes et permanentes de gaz en bonbonnes industrielles

Il fallait donc trouver un système moins coûteux et plus discret. C'est à ce moment que Wirth opte pour les moteurs à essence (ou diésel); l'essence étant peu coûteuse et ne provoquant aucun soupçons. Selon les divers témoignages de témoins (SS ou autres), les moteurs furent des moteurs de sous-marins, de tracteurs, voire de tanks, ou d'autre gros véhicules. Afin de mettre un terme à la polémique (mineure) relative à quel type de moteur, et diésel ou essence, mon avis personnel est qu'en raison des conditions climatiques et des aléas d'une installation somme toute un peu rudimentaire, plusieurs sortes de moteurs et de carburants furent utilisés pendant l'existence des camps AR.

Bref, ici aussi, un remaniement conséquent suite à de nombreux essais pendant le début de la 1ère phase du camp.


3.
Les chambres à gaz de Belzec, au départ en bois avec des doubles cloisons colmatées avec du sable et de la terre, furent transformées et agrandies tant pour leur fonctionnalité que pour un rendement plus grand. Leur reconstruction en un bâtiment de brique recouvert d'un parement en ciment semble également avoir été repensée en tenant compte de l'élément "duperie" des déportés. En effet, dans son rapport, Kurt Gerstein parle d'un bâtiment "comme un Institut de bains" - les chambres furent donc 'relookées' pour proposer cette apparence anodine (et sans doute coutumière de l'époque).

L'activité de Belzec et les transports y menant furent interrompus pendant deux mois environ (juin-juillet 1942) afin de réaliser ces changements et de procéder à des essais préliminaires avant de relancer les déportations.


avatar
eddy marz
Membre légendaire
Membre légendaire

Nombre de messages : 3953
Age : 62
Localisation : England/France/Italia
Date d'inscription : 24/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  Annnie le Lun 21 Nov 2011, 6:21 pm

Bonjour,

Ma question est peut-être simple mais j'aimerais savoir s'il existe des archives compilant les dates d'arrivée des trains, ainsi que leur provenance et, hélas, le nombre d'arrivants.

En effet, Gerstein affirme avoir assisté à l'arrivée d'un train à Belzec le 19 aout 1942. Or d'après des négationnistes aucun train n'est arrivée à Belzec ce jour là, ni le 18 ou le 20 de ce mois. Est-ce vrai ?

Annnie
Caporal
Caporal

Nombre de messages : 23
Age : 55
Localisation : France
Date d'inscription : 21/11/2011

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  eddy marz le Lun 21 Nov 2011, 7:15 pm

Annnie a écrit:Bonjour,

Ma question est peut-être simple mais j'aimerais savoir s'il existe des archives compilant les dates d'arrivée des trains, ainsi que leur provenance et, hélas, le nombre d'arrivants.

En effet, Gerstein affirme avoir assisté à l'arrivée d'un train à Belzec le 19 aout 1942. Or d'après des négationnistes aucun train n'est arrivée à Belzec ce jour là, ni le 18 ou le 20 de ce mois. Est-ce vrai ?

Bonjour Annnie;
Eh bien, une fois de plus, il faut se méfier des négationnistes - non seulement de leurs déclarations, mais également de leurs sources (souvent négationnistes elles-aussi). Cela fait des décennies qu'ils tentent, sans y parvenir, de déboulonner le Rapport Gerstein. Mais, heureusement pour nous, les négationnistes sont aussi des cancres, et sont très mal documentés car ils ne s'appuient, le plus souvent, que sur les 'ouvrages' (désormais obsolètes en vue des découvertes récentes) de leurs maîtres à penser, comme Rassinier et Faurisson (plus précisément Henri Roques en ce qui concerne Gerstein), au lieu de faire eux-mêmes des recherches (qui pourraient, il est vrai, contredire leurs glapissements).

Quoi qu'il en soit (et pour faire court), nous avons, bien sûr, des chiffres et des dates :

- Pendant cinq jours - du 16 au 20 août 1942 inclus - 16.000 personnes furent déportées et gazées à Belzec. Ces 16.000 personnes provenaient du district de Jaslo; et des villes de Jaslo, Biecz, Bobowa, et Gorlice
 Source:
 Bulletin of the Jewish Historical Institute - Warsaw, N° 3/1952, N° 21/1957, N° 3/1959, N° 59/1966 et également Pinkas Hakehillot (Encyclopédie des Communautés Juives), Volume II - Galicie Est et Volume III Galicie    Ouest - Publié par Yad Vashem, Jérusalem - 1980

- L'Obersturmbannführer-SS Dr. Wilhelm Pfannenstiel, qui accompagnait Gerstein lors des visites à Lublin, Belzec, et Treblinka a confirmé les dates et la plupart des faits.

Eddy


Dernière édition par eddy marz le Jeu 18 Juil 2013, 9:47 pm, édité 1 fois
avatar
eddy marz
Membre légendaire
Membre légendaire

Nombre de messages : 3953
Age : 62
Localisation : England/France/Italia
Date d'inscription : 24/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  Annnie le Lun 21 Nov 2011, 7:35 pm

Bonjou et Merci Eddy,

Et bien je m'en doutais mais faute de références je ne pouvais leur répondre. Eux me sortant un Atlas de la shoah Martin Gilbert, inconnu au bataillon (pour moi du mons) qui aurait stipulé "aucun convoi ces jours là sur Belzec".

C'est incroyable l'aplomb de ces gens. Le problème c'est qu'il faut être ultra documenté pour pouvoir les contredire sérieusement (au moins de notre côté) alors que leur but finalement très mesquin.

Encore merci, je vais me pencher plus avant sur le rapport Gerstein.

Annnie

Annnie
Caporal
Caporal

Nombre de messages : 23
Age : 55
Localisation : France
Date d'inscription : 21/11/2011

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  eddy marz le Lun 21 Nov 2011, 7:40 pm

Martin Gilbert est un honorable historien, mais demeure assez généraliste. Pour le type de renseignement ci-dessus, il faut réellement s'immerger dans des archives extrêmement spécialisées, et pas toujours faciles d'accès.


Dernière édition par eddy marz le Jeu 18 Juil 2013, 9:48 pm, édité 1 fois
avatar
eddy marz
Membre légendaire
Membre légendaire

Nombre de messages : 3953
Age : 62
Localisation : England/France/Italia
Date d'inscription : 24/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  Annnie le Mar 22 Nov 2011, 10:02 am

Si Martin Gilbert est plutôt généraliste, cela paraît étrange qu'il donne des détails aussi pointus que la date d'arrivée des trains à Belzec précisément. Surtout que le livre qu'on me donne comme référence c'est "Atlas de la shoah"... Plutôt une cartographie des camps donc...



Annnie
Caporal
Caporal

Nombre de messages : 23
Age : 55
Localisation : France
Date d'inscription : 21/11/2011

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  eddy marz le Mar 22 Nov 2011, 10:40 am

"Atlas de la Shoah", dont le titre original est "Atlas of the Holocaust" est d'abord paru en 1982, puis fut réédité en 1988. Bien entendu, le travail fut achevé avant la 1ère publication, et entamé 7 ans auparavant, c'est à dire aux environs de 1975. De toute façon, c'est plus un recueil de cartes (316) et une chronologie en ordre des évènements de l'Holocauste qu'une étude universitaire. Ce n'est certainement pas une chronique des transports jours par jours, mois par mois, endroit par endroit, comme le sont le Bulletin of the Jewish Historical Institute ou l' Encyclopédie des Communautés Juives/Pinkas Hakehillot, publié par Yad Vashem, en 1980 - des ouvrages 100% versés dans cette problématique spécifique - que Gilbert n'a manifestement pas pris en compte (mais là n'était pas le but de son ouvrage). Entretemps, tandis qu'il écrivait, les recherches se poursuivaient indépendamment, en Pologne, en Ukraine, en Biélorussie etc. La plupart des études sur l'Holocauste sont incomplètes ou faussées (même les plus pointues) - pour la simple raison qu'il est matériellement impossible d'inclure la 'totalité' de tous les aspects de ce drame en un seul ouvrage, et qu'il faut toujours se reporter à des sources de plus en plus pointues, particulièrement si l'on veut un détail précis sur un jour précis au coeur d'une opération secrète. Les négationnistes (à part les plus pointus au niveau de l'étude documentaire - comme Irving ou Mattogno) ne s'appuient que sur des ouvrages grand public, ou facilement trouvables. Pour étudier les sources profondes et originales, il faut des lettres d'introduction, se déplacer en Allemagne ou en Pologne... Bref.
De plus, Martin Gilbert est revenu de ses déclarations précédentes, puisque dans son livre The Holocaust: The Jewish Tragedy, paru en 1986 - donc 4 ans après "Atlas de la Shoah", il affirme la véracité de l'épisode Gerstein (même s'il se trompe sur son grade).
Eddy


Dernière édition par eddy marz le Lun 21 Oct 2013, 2:28 pm, édité 1 fois
avatar
eddy marz
Membre légendaire
Membre légendaire

Nombre de messages : 3953
Age : 62
Localisation : England/France/Italia
Date d'inscription : 24/03/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  Annnie le Mar 22 Nov 2011, 11:05 am

Et bien merci Eddy pour ces précision supplémentaires.

J'ai l'impression que quand on cherche quelque part d'autres portes s'ouvrent et d'autres recherches se présentent.

Encore merci.

Annnie
Caporal
Caporal

Nombre de messages : 23
Age : 55
Localisation : France
Date d'inscription : 21/11/2011

Revenir en haut Aller en bas

Re: Belzec : histoire, plans et croquis

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 2 sur 4 Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum