Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

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Message  tietie007 le Jeu 04 Aoû 2011, 9:24 am

page.68

Il y avait aussi d'autres raisons, purement économiques qui expliquaient le déclin du soutien à l'Allemagne nazie dans les rangs de l'élite du pouvoir aux USA. Comme l'ont souligné les historiens Peter N.Carroll et David W.Noble dans une esquisse consacrée à Roosevelt et ses conseillers, les élites industrielles et politiques américaines étaient unanimement convaincues que le commerce extérieur était essentiel pour la prospérité de l'Amérique et elles revendiquaient donc des "portes ouvertes"pour leurs exportations. Or, il devenait de plus en plus évident que dans leurs préparatifs guerriers, les nazis cherchaient à atteindre l'autarcie, à réduire les importations, et à transformer l'allemagne en une de ces économies fermées si décriées par les hommes d'affaires américains. Leurs exportations vers l'allemagne diminuèrent durant les années 30, d'abord lentement, puis plus rapidement, au fur et à mesure que l'organisation autarcique de l'allemagne se concrétisait. Entre 1933 et 1938, le volume des exportations américaines vers l'allemagne plongea de 8,4 % à 3,4%. En 1938, leur valeur était estimée à seulement 406 millions de $ contre 2 milliards de $, 10 ans auparavant.,

1°) Il n'y a jamais eu de soutien de l'Allemagne nazie de l'élite au pouvoir aux USA ...Ford, qui était pro-fasciste n'a jamais fait partie de l'élite au pouvoir puisqu'il fut battu par deux fois, aux élections sénatoriales, et qu'il détestait l'établishment washingtonnien !

2°) La baisse du commerce americano-allemand, dans les années 30, illustre bien, d'ailleurs, cette absence de soutien ...

3°) Chez Pauwels, l'historien, parfois, refait surface à la place de l'idéologue ...Ici, encore une fois, les faits contredisent la thèse de l'auteur ...un peu maso ce Pauwels !

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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  tietie007 le Mer 10 Aoû 2011, 6:25 am

Pauwels continue donc dans sa description de la fermeture du marché germanique aux entreprises américaines :

page 69:

" Du point de vue américain, le problème soulevé par la fermeture de l'économie allemande devint d'une acuité croissante au cours des années 38,39,40. Cela découla d'abord de la politique d'apaisement, ensuite des victoires de la Wehrmacht, facteurs qui permirent aux nazis d'asseoir leur hégémonie économique sur la plus grande partie de l'Europe de l'Est ainsi que sur la France, les Pays-Bas et la Belgique. De ce fait, ce n'était plus seulement l'allemagne mais l'ensemble de ce "grand espace économique" allemand sur le continent européen qui fermait ses portes aux exportations européennes".

Constatation de qui n'empêche pas Pauwels de conclure, page .72 :

" Que dans le même temps, les nazis soient les maîtres du continent européen et soient libres d'y imposer leur Ordre nouveau ne gênait pas particulièrement Washington".

Cette conclusion du belgo-canadien est assez paradoxale, puisqu'en général, lorsqu'on ferme des marchés à des capitalistes, ces derniers ne sont guère satisfaits ... In fine, cette fermeture des marchés d'Europe continentale aux entreprises américaines et autres, ne pouvaient que mécontenter celles-ci ! Ici, Pauwels fait certainement référence à l'isolationnisme américain, qui traverse la société américaine et dont les lobbies sont très puissants, notamment chez les républicains. Il n'en reste pas moins que Roosevelt, avec doigté, depuis 1937, arrive à faire passer des mesures en faveur de la mobilisation de l'armée américaine et aide, ouvertement, les alliés contre les forces de l'Axe. Politique qui contredit ouvertement l'affirmation d'indifférence américaine envers le conflit et la domination allemande sur le continent !
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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  tietie007 le Lun 29 Aoû 2011, 4:50 am

Page.73:

"si Hitler avait attaqué l'URSS, dix ans, 5 ans ou même une année plus tôt, il aurait sans doute été félicité à haute voix par les médias américains. Or en 1941, ce ne fut pas le cas parce que de plus en plus d'américains soutenaient la Grande Bretagne. Cela s'appliquait aussi à l'élite du pouvoir, initialement favorable au fascisme, mais désormais très consciente du fait que les livraisons à la Grande Bretagne, ennemie de Hitler, dans le cadre du "prêt-bail" étaient non seulement profitables pour leurs affaires mais également à l'origine du renouveau économique de leur pays."

1°) Les médias américains auraient félicité Hitler s'il avait envahi l'URSS 10 ans avant ? Déjà, en 1931, il n'était pas au pouvoir, et il aurait été bien difficile à une Wehrmacht en pleine reconstruction de s'attaquer à l'URSS, avant 1939.
Segundo, les médias américains n'étaient pas spécialement soviétophobes, puisque Staline fut élu, par deux fois, homme de l'année par le magazine Time, dont une fois en 1939 !

http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,763293,00.html

2°) L'élite au pouvoir n'était pas non plus spécialement anti-soviétique, puisque Roosevelt reconnu l'URSS en 1933 et eut toujours une opinion assez angélique sur Staline. Même un Henry Ford qui était plutôt pro-fasciste fit du business avec Uncle Joe en aidant l'entreprise GAZ a construire une usine de voiture en 1932 :

http://fr.wikipedia.org/wiki/GAZ_%28entreprise%29


A noter que les assertions de Pauwels ne sont nullement sourcées ...
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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  tietie007 le Jeu 08 Sep 2011, 6:33 am

Page.75:

Les USA pariant sur la défaite soviétique, écrasée qu'elle serait par la Wehrmacht, qu'elle n'aida presque pas l'URSS en 1941 (L'historien Bernd Martin parle d'aide fictive), et les russes devaient payer comptant les livraisons américaines.
Washington projetait la création d'un régime non-communiste dans les territoires soviétiques qui échapperaient éventuellement à l'occupation allemande, comme par exemple la Sibérie. Un message fut donc envoyé à l'immigré Kerenski (...) pour qu'il se prépare à cette fin.


Critique:

1°) On ne peut guère faire plus vite pour aider l'URSS, puisque dès l'été 41, des réunions eurent lieu à Moscou pour les modalités de l'aide. D'après l'historien John Keegan, dans son Histoire de la seconde guerre mondiale, (Perrin, 1990 et Tempus, 2009), page 153, l'aide alliée aux armées de Staline, commença même un peu avant Barbarossa, et entre mars 1941 et octobre 1945, les alliés et plus particulièrement les américains livèrent :

- 2000 locomotives.
- 11 000 wagons.
- 3 millions de tonnes d'essence.
- 540 000 tonnes de rails.
- 51 000 Jeeps.
- 375 000 camions.
- 15 000 000 paires de bottes.
- 15 000 avions.
- 7 000 chars.
- 350 000 tonnes d'explosifs.

Ce fut donc en bottes et en camions américains que l'armée rouge se dirigea sur Berlin.

Les anglais, eux, livrèrent, par ailleurs :

- 5 000 chars.
- 7 000 avions.
- 114 000 tonnes de caoutchouc.

2°) Par contre, l'histoire de créer un régime non-communiste en URSS, outre que ces affirmations ne sont pas sourcées, cela relève du grand n'importe quoi ! Ce qui est marrant avec Pauwels, c'est que dessous le vernis historisant, il y a parfois des saisies loufoques qui jaillissent, très naturellement ...
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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  tietie007 le Mer 26 Oct 2011, 1:27 pm

p.76

"En novembre 1941, Washington accepta d'octroyer des crédits à Moscou et conclut un accord de prêt bail avec l'URSS. (Un peu contradictoire avec l'affirmation de la page précédente ...). De ce fait, les USA devenait le partenaire d'un Etat qui avait été toujours abhorré par Washington et par l'élite américaine. Un exemple symptomatique de cette nouvelle situation fut l'accueil réservé à Maxime Litvinov, le nouvel ambassadeur soviétique, lorsqu'il est arrivé à Washington, (...) puisqu'il fut littéralement fêté".

1°) Pauwels qui analyse curieusement les faits ...l'accord prêt-bail entre les USA et l'URSS de novembre 41 signifierait que américains détesteraient les soviétiques ? Très curieux ... Surtout que que Washington ne détestait pas l'URSS, puisque c'est Roosevelt qui reconnut l'URSS, en 1933 et que le président était plutôt soviétophile.
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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  tietie007 le Sam 19 Nov 2011, 12:14 pm

page 78: L'aide américaine n'a jamais représenté plus de 4 à 5 % de la production de la guerre totale de l'URSS, bien qu'il faille reconnaître qu'un tel apport marginal puisse théoriquement s'avérer crucial dans une situation critique. (...)


Du bout des lèvres, après avoir minimisé l'aide américaine aux soviétiques, Pauwels reconnaît que cette aide aurait pu s'avérer cruciale.

page.79: D'autre part, l'aide américaine était largement compensée par l'assistance officieuse, discrète, mais très importante, offerte par les grandes entreprises américaines aux ennemis allemands de l'URSS. (...) D'énormes quantités de pétrole furent ainsi livrées à l'Allemagne via des pays neutres tels que l'Espagne, fait dont la Maison Blanche était d'ailleurs informé. La part américaine des importations allemandes d'huile pour moteurs, un produit pétrolier d'importance vitale, augmenta rapidement, de 44% en juillet 41 à 94% en septembre 41. (...) Selon Tobias Jersak, un historien allemand expert dans les questions de livraisons américaines de pétrole à l'Allemagne nazie, ni l'attaque allemande contre l'URSS, ni les autres grandes opérations militaires de l'Allemagne en 1040 et 1941 n'auraient été possibles sans les produits pétroliers provenant des USA.

1°) Mais Pauwels rebondit tout de suite en stigmatisant le commerce de certaines entreprises américaines avec le Reich. Il oublie seulement de spécifier, que dans un régime de type parlementaire, comme aux USA, les acteurs économiques privés, ne prennent pas leurs ordres chez le Président et ont le droit de vendre à qui bon leur semble, surtout lorsque le pays de ces entreprises n'est pas en guerre. De même, les entreprises qui vendent à un client, ne sont pas responsables des actes dudit client, qui peut, en effet, revendre la marchandise à un pays tiers. On peut s'indigner à juste titre de l'immoralité de certaines entreprises privées, qui font de l'argent sur le dos des guerres, mais les stratégies des acteurs privés sont autonomes par rapport aux Etats.

Pauwels oublie surtout de parler des livraisons soviétiques au Reich, notamment en produits pétroliers, qui fera dire à l'ambassadeur allemand à Moscou, le comte von Schulenburg, que sans cette aide soviétique, la Wehrmacht aurait eu du mal à mouvoir ses divisions blindées.

2°) Après l'attaque japonaise et l'entrée en guerre des USA, le gouvernement américain appliquera le Trading with enemy act, interdisant le commerce entre une entreprise américaine et un pays ennemi. Et les participations d'un Prescott Bush dans l'Union Bank, par exemple, furent confisquées par l'Etat américain au nom de cette acte.
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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  Invité le Dim 20 Nov 2011, 8:44 am

tietie007 a écrit: Pauwels rebondit tout de suite en stigmatisant le commerce de certaines entreprises américaines avec le Reich. Il oublie seulement de spécifier, que dans un régime de type parlementaire, comme aux USA, les acteurs économiques privés, ne prennent pas leurs ordres chez le Président et ont le droit de vendre à qui bon leur semble, surtout lorsque le pays de ces entreprises n'est pas en guerre. De même, les entreprises qui vendent à un client, ne sont pas responsables des actes dudit client, qui peut, en effet, revendre la marchandise à un pays tiers. On peut s'indigner à juste titre de l'immoralité de certaines entreprises privées, qui font de l'argent sur le dos des guerres, mais les stratégies des acteurs privés sont autonomes par rapport aux Etats.

Cela semble largement contredit par la politique de sanctions économiques pratiquée dès 1939 par Roosevelt à l'égard du Japon.

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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  tietie007 le Dim 20 Nov 2011, 11:06 am

Francois Delpla a écrit:
tietie007 a écrit: Pauwels rebondit tout de suite en stigmatisant le commerce de certaines entreprises américaines avec le Reich. Il oublie seulement de spécifier, que dans un régime de type parlementaire, comme aux USA, les acteurs économiques privés, ne prennent pas leurs ordres chez le Président et ont le droit de vendre à qui bon leur semble, surtout lorsque le pays de ces entreprises n'est pas en guerre. De même, les entreprises qui vendent à un client, ne sont pas responsables des actes dudit client, qui peut, en effet, revendre la marchandise à un pays tiers. On peut s'indigner à juste titre de l'immoralité de certaines entreprises privées, qui font de l'argent sur le dos des guerres, mais les stratégies des acteurs privés sont autonomes par rapport aux Etats.

Cela semble largement contredit par la politique de sanctions économiques pratiquée dès 1939 par Roosevelt à l'égard du Japon.

Oui, encore que les mesures de rétorsion contre les japonais, furent assez molles au début, de la part des américains, d'après André Kaspi. L'ambassadeur américain au Japon, Joseph Grew était pour des sanctions mesurées, pour ne pas que celles-ci alimentent un nationalisme militariste de plus en plus présent. Roosevelt se contentera d'une condamnation morale, lors de la transformation, en 1932, de la Mandchourie en Mandchoukouo. Et en 1934, lorsque les nippons affirmeront leur doctrine "Monroe" asiatique et dénonceront l'accord naval de 1922, les américains laisseront faire, Roosevelt ayant peur d'effrayer son électorat isolationniste.
De même, au début du conflit sino-japonais, en 1937, qui vit les nippons détruire la canonnière américaine Panay, le gouvernement américain se contenta des plates excuses de Tokyo et ne prit aucune mesure de rétorsion. Même si Roosevelt évite de reconnaître l'état de guerre entre les deux pays, pour permettre aux américains de livrer des armes à la Chine.

C'est à partir de 1938 que l'attitude de Roosevelt va changer, mais très doucement. D'ailleurs, en 1940, les USA exportent encore pour 227 millions $ de marchandises au Japon contre 78 millions $ pour la Chine (page 140, Les Etats-Unis et le Monde, de 1898 à nous jours, de P.Y.Nouailhat, Armand Colin, 1997).
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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  Invité le Dim 20 Nov 2011, 2:20 pm

Francois Delpla a écrit: la politique de sanctions économiques pratiquée dès 1939 par Roosevelt à l'égard du Japon.

Mon post tendait à prouver que les règles libérales ont bon dos et à rappeler que leur application par Roosevelt était à géométrie variable.

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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  tietie007 le Dim 20 Nov 2011, 2:58 pm

Francois Delpla a écrit:
Francois Delpla a écrit: la politique de sanctions économiques pratiquée dès 1939 par Roosevelt à l'égard du Japon.

Mon post tendait à prouver que les règles libérales ont bon dos et à rappeler que leur application par Roosevelt était à géométrie variable.

Roosevelt est un politicien qui est tenu par une opinion et un Sénat isolationniste ...Comme il veut régulièrement se représenter à la présidence, il est obligé de faire attention. Mais il sera toujours d'un soutien, même en sous-main, pour les alliés, depuis 1937.
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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  tietie007 le Mar 20 Déc 2011, 8:18 am

pages 81 et 82:

Dès l'été 1941, les USA, en collaboration avec leurs alliés britanniques et néerlandais en Extrême-Orient, imposèrent de sévères sanctions économiques au Japon, imposant même un embargo sur des produits vitaux tels que le pétrole. Tokyo réagit en se préparant pour une guerre qui assurerait au Japon le contrôle de la colonie néerlandaise d'Indonésie, riche en pétrole, aussi bien que sur le reste de l'Asie du sud-est. Finalement, le gouvernement Japonais en eut assez, lorsque, le 26 novembre 1941, il reçut à Washington "une note en dix points" considérée comme totalement inacceptable. Elle exigeait en effet le retrait de la Chine. Le gouvernement américain et l'état-major des forces armées américaines étaient bien conscients du risque de guerre , mais d'une manière ou d'une autre, ils se firent surprendre , le 7 décembre, à Pearl Harbor. Le peuple américain fut d'autant plus choqué par cet acte, qu'il ignorait qu'il avait été provoqué , du moins d'une certaine façon, par son propre gouvernement.

Curieux passage, où l'auteur laisse entendre que les américains auraient poussé les nippons à les attaquer, faisant fi de l'impérialisme japonais en Asie depuis le début des années 30, avec, en 1931, l'annexion de la Mandchourie devenant sous le nom de Mandchoukouo, un Etat fantôche à la solde des japonais. Or, si on regarde simplement la chronologie des sanctions américains concernant le Japon, on s'aperçoit qu'elles font suite à une agression caractérisée des japonais dans leur sphère asiatique.
Les américains et Roosevelt avaient plutôt montré une grande mansuétude envers les dérives nippones, et lors de la déclaration de guerre du Japon à la Chine, l'été 1937, les américains n'émirent qu'une protestation de principe, leur ambassadeur au Japon, Joseph Grew, prédisant que des sanctions économiques ne feraient que renforcer le parti belliqueux. D'ailleurs, lors de la réunion des signataires du Traité des 9 Puissances, à l'absence du Japon, les USA ne firent pas pression pour sanctionner ce dernier. Et lorsqu'une canonnière et trois pétroliers américains furent coulés par des avions japonais, sur le fleuve Yang-Tsé, en décembre 1937, les américains n'émirent encore qu'une protestation de principe !
Summum de cette mansuétude, l'embargo moral prononcé, en 1938, contre la vente d'avions de guerre au Japon ...

Malgré tout, le discours de la Quarantaine d'octobre 1937, stigmatisant les puissances militaristes fauteuses de guerre, montrait que Roosevelt avait choisi son camp. Et le 26 juillet 1939, les USA annonçaient que le traité commercial américano-japonais cesserait d'avoir effet dans 6 mois. Pourtant, les américains en 1938, avaient fourni près de 44 % des importations japonaises et le marché nippon était trois fois plus importants que le marché chinois.
Puis, l'histoire va s'accélérer, puisqu'après la défaite de l'été 39 face aux russes, à Nomonhan, à Mongolie extérieure, les nippons choisissent clairement l'option d'expansion en asie du sud-est. Ce sera l'occupation du Tonkin, en septembre 40, après un ultimatum au gouvernement de Vichy puis un traité avec le Siam. A chaque agression, les américains monteront dans l'échelle des sanctions, du gel des fonds japonais aux USA à la réduction des exportations d'essence à haut niveau d'octane.

En conclusion, c'est la politique d'agression japonaise en Asie du sud-est qui a emmené les sanctions américaines, et non le contraire ...Les japonais ont attaqué la Chine en 1937 et l'URSS, en 1939, et pour annexer les pétroles d'Indonésie, ils ne pouvaient que se heurter à la Grande-Bretagne et aux USA.
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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  tietie007 le Ven 30 Déc 2011, 7:15 am

Pages 86-87:

" La guerre fait augmenter les profits des multinationales américaines, les profits nets (après impôts) augmentèrent de 70% durant les années de guerre, mais (page.90) Pauwels souligne également, qu'avec la pénurie de main d'oeuvre, l'employé américain vit son salaire augmenter et des meilleures conditions de travail . Les rangs des syndicats gonflèrent de plus ou moins 9 millions de membres en 1939, à 15 millions en 1945".


Il est clair que la mobilisation économique nécessaire pour lutter contre le Japon et l'Allemagne ont profité à certaines multinationales, mais à l'insu de leur plein gré, puisque c'est malgré tout le Japon et l'Allemagne qui ont déclaré la guerre aux USA et pas le contraire.


page 91: Malgré des promesses des grands syndicats comme l'AFL de ne pas faire de grève, et malgré le vote de la loi Smith-Connally, voté en 1943, qui interdisait certaines formes d'actions syndicales (...) rien ne peut endiguer la vague des grèves qui déferla sur les USA durant la guerre. (...) En conséquence, le salaire moyen augmenta de manière spectaculaire durant la guerre d'environ 23$ en 1939, à plus de 44% en 1945. Ce qui correspondait à une hausse d'un peu plus de 90 % alors que l'inflation atteignait seulement 25 % pendant la même période ;

Pauwels est obligé de reconnaître, malgré son parti pris, que l'ouvrier américain a vu son salaire et ses conditions de travail nettement augmenté, durant le conflit mondial, même si ce fut par le biais de l'action collective.
A propos de ces grèves, Pauwels parle d'une guerre civile, entre le capital et le travail. Et il ajoute que (page 92) :

"Nul ne s'étonnera qu'Hollywood ne consacra jamais aucun film à ce conflit dramatique et fort douloureux , et, de plus, jamais résolu, et qu'aux USA aucun monument ne commémore les acteurs de ce conflit social".

Les temps de guerre ne sont pas faits pour attiser une guerre civile ...il est donc normal qu'Hollywood se soit mis au service de la machine de guerre US au lieu de rallumer les tensions internes. Surtout que ces dernières se sont résolues pacifiquement avec une amélioration du pouvoir d'achat et des conditions de travail des ouvriers américains.
D'ailleurs, les films américains ne sont pas dénués de problématique sociale comme semble l'oublier Pauwels. Les raisins de la colère, par exemple, réalisé par John Ford, admirable adaptation cinématographique du roman de Steinbeck, eut deux oscars en 1941,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Raisins_de_la_col%C3%A8re_%28film%29

et dans la même thématique nous avons L'homme du sud, de Jean Renoir, en 1945.

http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_du_sud



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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  tietie007 le Ven 28 Déc 2012, 5:44 am

'page 100: "Aux USA et en Grande-Bretagne, les dirigeants politiques et militaires étaient divisés sur les possibilités et les mérites d'un deuxième front. D'un point de vue militaire, il aurait été possible, dès le courant de l'été 42, de débarquer un nombre considérable de troupes en France ou ailleurs en Europe de l'Ouest.".

C'est toujours le thème des alliés qui retardèrent leur débarquement pour affaiblir les soviétiques. Or, les américains avaient bien prévu un débarquement en Europe, pour 1942, avec l'opération Sledgehammer, prévoyant un débarquement américain dans le Cotentin, à l'automne 1942 m

http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Sledgehammer

Opération qui me semble un peu trop ambitieuse au niveau du timing. Bref, il s'avère que ce sont les anglais qui optèrent pour une stratégie périphérique, pensant, certainement, qu'en cette année 1942, la Wehrmacht était beaucoup trop puissante en France pour l'attaquer de front et c'est donc l'opération Torch qui eut lieu, en Afrique du Nord, en novembre 42. Notons d'ailleurs qu'avec la capitulation des armées de l'Axe, en mai 43, en Tunisie, ce sont 250 000 soldats italo-allemands qui ont été capturés dont la division d'élite Hermann Goering. De plus, le débarquement en Sicile, deux mois plus tard, fera tomber le régime de Mussolini. Donc l'accusation de Pauwels qui stigmatise les alliés de n'avoir rien fait pour soulager les soviétiques ne tient pas.
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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  tietie007 le Dim 28 Avr 2013, 7:54 am

Page 126 : "Les alliés refusèrent de traiter, en Italie, avec le front anti-fasciste, trop à gauche, à leur goût, ils négocièrent alors avec Badoglio, ancien collaborateur de Mussolini, premier chef du gouvernement post-fasciste. Dans la partie libérée de l'Italie, le nouveau régime ressemblait beaucoup au précédent et était, par conséquent, généralement identifié comme un fascisme sans Mussolini.".

C'est une critique souvent faite aux alliés occidentaux, d'avoir traité avec l'ancien commandant en chef de l'armée italienne, en 1940, qui fut un des piliers du régime mussolinien. Badoglio fut, en effet, un cacique du régime fasciste, mais il était déjà chef d'état-major de l'armée de terre en novembre 1919, avant l'arrivée au pouvoir de Mussolini. Il fut nommé maréchal en 1926, gouverneur de Libye entre 1928 et 1934, et vice-roi d'Ethiopie. Le maréchal était opposé à l'entrée en guerre de l'Italie, en 1940, pensant que cette dernière n'avait pas les moyens d'une telle ambition avant 1943. Rendu responsable des échecs italiens, il fut donc limogé de son poste de commandant en chef de l'armée italienne en décembre 1940 et entra bientôt dans une opposition au régime fasciste. Dès 1942, il avait pris des contacts avec le Vatican, l'entourage du roi d'Italie et avec des représentants de l'opposition antifasciste comme avec les anglais.
Les alliés débarquent en Sicile, le 9 juillet 1943, (île complètement conquise, le 17 août) ce qui provoque, le 25 juillet 1943, le limogeage de Mussolini par le Grand Conseil Fasciste et son remplacement, décidé par le roi, par Pietro Badoglio. Pour les alliés, la priorité des priorités reste la sortie de l'Italie de son alliance avec le Reich qui laisserait l'Allemagne nazie bien esseulée face aux alliés. Aussi, il est logique que les alliés négocient avec le nouveau chef du gouvernement italien désigné par le roi, et qui a l'avantage d'être une personnalité respectée dans les forces armées italiennes. Un armistice militaire est signé par Badoglio, le 3 septembre 1943, à Cassibile,

http://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_Cassibile
et le maréchal italien se mit sous la protection des alliés, à la tête d'un gouvernement provisoire qui déclara la guerre à l'Allemagne, le 13 octobre 1943, ce qui était l'objectif recherché par les alliés.
Le 22 avril 1944, Badoglio prit la tête d'un second gouvernement qui fut même reconnu par les soviétiques, avec l'entrée dans ce gouvernement, de Palmiro Togliatti. Curieux qu'un communiste adoubé par Staline rentre dans un gouvernement fascisant ...
Il faut noter que les alliés, laissèrent le processus démocratique se dérouler, en Italie, puisque la Comité de Libération Nationale Italien, crée le 9 septembre 1943, qui réunissait les opposants au régime fasciste, avec la présence des représentants des communistes du PCI, des catholiques de la Démocratie Chrétienne, des socialistes, des libéraux et des actionnistes.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Comit%C3%A9_de_lib%C3%A9ration_nationale
Ce Comité avait défini sa priorité: bouter l'ennemi germano-fasciste hors du pays et remettre les questions de politiques purement intérieures après la victoire. Ce qui fut fait après la prise de Rome, puisque son président, Ivan Bonomi, succéda à Badoglio, comme président du conseil.
En résumé, les alliés négocièrent avec Badoglio par pragmatisme, pour sortir l'Italie de la guerre et la faire se retourner contre le Reich, ce qui fut fait en septembre-octobre 1943 et dès que Rome fut libérée, en juin 1944, c'est le président du Comité de Libération Nationale, Bonomi, qui rassemblait toutes les composantes de la Résistance, qui prit la tête du gouvernement. Donc difficile de suivre Pauwels lorsqu'il affirme que les alliés mirent en place, en Italie, un régime fasciste sans Mussolini.
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Re: Le mythe de la bonne guerre de Jacques Pauwels.

Message  tietie007 le Mer 19 Fév 2014, 11:10 am

Après tout un passage sur le fait que de Gaulle et les gaullistes n'avait aucune légitimité en France et que le général fut imposé par les alliés (alors que Roosevelt ne pouvait blairer le général français et avait tenté de l'écarter de la gestion de la France au profit de l'Amgot), après avoir écrit que les soviétiques ne pouvaient pas venir au secours des insurgés dans Varsovie au risque d'une contre-attaque allemande dangereuse pour eux, page 153, Pauwels évoque la possible alliance entre les nazis et les alliés qui est passé très près de se réaliser.

Critique:

Ce renversement d'alliance était espéré par certains nazis, dont Goebbels, mais n'a jamais été pensé par les alliés occidentaux. Seul Patton avait fait une réflexion dans ce sens et il avait été viré de manière express par son commandement. Donc il n'y a jamais eu l'once d'un début de négociation entre alliés et nazis pour une alliance contre les soviétiques. Lacroix-Riz a fait courir le bruit que des négociations avaient bien eu lieu pour une alliance, lors de l'opération Sunrise, mais ces discussions eurent lieu entre les alliés et les chefs de l'armée allemande en Italie du Nord, en mars 1945, pour une capitulation de cette dernière, pas pour une alliance contre les soviétiques. Les soviétiques avaient d'ailleurs étaient prévenus de ces négociations.
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