Birkenau : les lieux de gazages

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Birkenau : les lieux de gazages

Message  vilak le Sam 23 Juil 2011, 6:01 pm

Birkenau est le symbole de l'extermination des juifs.
Je vous propose, petit à petit, de (re)découvrir les différents lieux qui ont servi à ce but.


Plan trouvé sur Sonderkommando.info.


Photo trouvé sur Deathcamps.org


Dernière édition par vilak le Mar 02 Aoû 2011, 1:00 pm, édité 1 fois
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  vilak le Sam 23 Juil 2011, 6:51 pm

LE BUNKER 1

Il n'existe aucune image de ce qui fut la première chambre à gaz de l'histoire du camp.
Le Bunker 1, appelé également la « petite maison rouge » à cause de ses murs de la même couleur, est à l'origine une ferme laissée vide suite à l'expropriation des habitants du hameau qui porte le nom de Brezinka (la forêt de bouleaux en français, Birkenau dans sa forme germanisée).




D'une taille de 15 mètres sur 6 soit 90m2, elle est transformée en un bâtiment de tuerie efficace mais primaire : ses fenêtres sont munie de trappes par lesquelles on versera le gaz et les murs (pour autant qu'il y en ai eu) sont modifiés pour faire 2 chambres à gaz, chacune ayant une porte rendue étanche. 800 personnes peuvent y pénétrer à la fois d'après Rudolf Hoess, le commandant du camp.





Dans ses abords immédiat, une grange est laissée debout et sert pour le stockage des biens récupérés sur les victimes comme l'or et les cheveux.
Les premiers test ont lieu le 15 février 1942 et l'extermination de masse commence peu après.
Jusqu'au 30 juin, ce sera le seul bâtiment de gazage du camp, jusqu'à la mise en service d'une autre chaumière, le Bunker 2 (Petite maison blanche).



Parmi les survivants du camps, bien peu ont survécu à cette première période et encore moins sont ceux qui ont pu voir et, à plus forte raison, travailler sur ce lieu d'horreur absolue.
David Olère, dessinateur de talent, est l'un d'entre eux et il a fait de nombreux dessins sur sa période à Birkenau. On y retrouve bien évidemment le Bunker 1.
Deux de ses dessins, reproduit ici, se nomment « Bunker 2 » mais c'est bien le bunker 1 qui y est représenté, il n'y a aucun doute malgré le titre, des recherches pointues l'ont démontré.




A cette époque, ce n'est qu'après le gazage que le sonderkommando juif est amené sur les lieux pour vider les chambres et transporter les corps, au moyen de wagonnets sur rail, dans des fosses qui sont éloignées de 300 mètres et situées dans une clairière au milieu d'une forêt très dense.







Il n'y a donc pas de contact entre les prisonniers et les condamnés car ces derniers sont pris en charge de la rampe jusqu'au bunker 1 uniquement par des SS.
Quand les gazages ont lieu le soir, le Sonderkommando n’est amené sur les lieux que le lendemain matin.
Au Bunker 1, les techniques de diversion mises au point par Christian Wirth à Belzec sont inconnues.
Les SS, sur ordre supérieur, font preuve d'une affabilité, d'une sollicitude et d'une amabilité extrêmes avec les condamnés. Ils les emmènent aux bains en discutant et plaisantant avec eux. Arrivé sur les lieux, une clôture végétale mobile permet à ceux-ci de se déshabiller dans une « relative » intimité. Cette clôture permet également de masquer la chaumière aux arrivants. Les gens se déshabillent donc premièrement dehors et ce n'est qu'en septembre que deux grandes baraques sont construites dans les abords immédiat de la chaumière.
Le Bunker 1 fonctionna jusqu'en avril 43, date à laquelle les Krema 2, 4 et 5 venaient de faire leur preuve après quelques semaines de fonctionnement. Pendant tout juste plus d'un an, cet endroit fut donc le lieu principal de l'extermination des juifs sur le périmètre du système concentrationnaire d'Aushwitz et c'est ici que les victimes de la rafle du Vel' d'hiv' furent amenées.

Détruit, il ne reste plus rien du Bunker 1 dont on a pendant plusieurs dizaines d'années après les faits, plus ou moins ignoré l'existence et mis encore plusieurs saisons à retrouver l'emplacement exact. Sur la photo suivante par exemple, ce n'est pas le Bunker 1 qui est entouré de rouge mais ses fosses de crémation, situées à plusieurs centaine de mètres :


Heureusement, le dessin de David Olère, la "mémoire du Bunker 1", nous permet de corriger cet méprise :


Sous l'ère communiste, son périmètre est un terrain laissé à l'abandon entouré de propriétés et ce n'est que ces dernières années qu'il a été localisé et réhabilité.



Aujourd'hui, il constitue un enclos grillagé qui entoure une pelouse et une plaque informe les passants. Il est très rare qu'il soit compris dans les circuits de visite du camp et bien peu de guide pensent à y emmener les pèlerins.



On ignore le nombre de personnes qui ont péri dans ce lieu mais le chiffre est supérieur à 100,000.


Les photos sont tirée du site Sonderkommando.info et les images de synthèse, un peu foireuse quand à l'agencement réel de la chaumière et surtout de l'eloignement des fosses, sont tirées du dcoumentaire "Auschwitz, les nazis et la solution finale".


Dernière édition par vilak le Mar 02 Aoû 2011, 12:45 pm, édité 1 fois
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  le ronin le Sam 23 Juil 2011, 10:11 pm

Bonsoir, et merci de faire partager cette documentation sur ce lieu d'extermination . J'ai récemment regardé un documentaire , où un rescapé décrivait les "diversions" employées par les nazis;afin d'endormir la méfiance , entres autres, la recherche de main d'oeuvre qualifiée, pour suppléer le manque dû au front Russe . Toutefois, si je puis me permettre, le chiffre de 800 me paraît énorme pour 90 M2 au total , parce que même en tassant bien, je doute qu'une surface de cet ordre puisse en contenir autant.

Amicalement.


le ronin.

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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  vilak le Sam 23 Juil 2011, 10:20 pm

Je suis d'accord avec toi, le chiffre de 800 me semble exagéré car ça fait 8 ou 9 personnes au mètre carré.
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  Phil642 le Dim 24 Juil 2011, 12:11 am

Chiffres ou pas, seules mes larmes expriment mes sentiments.

Ces horribles choses ont existés et de par savoir jamais ne répareront mon coeur!

Cependant je reste vigilant pour que pareile chose n'arrive plus au risque de prendre les armes pour l'éviter, j'en fait le serment.

Treblinka
Majdanek
Sobibor
Belzec
Chelmno
Trostenëts
Einzatgruppen
Aktion Reinhart dans l'ensemble, je jure devant mes frères humains que jamais ceci ne se reproduira sans que je réagisse de façon ferme et déterminée au risque de ma vie.

Ces massacres font partie d'un autre temps et pourtant nous seront témoins d'autres plus siliencieux devant la croissance démographique du monde et le manque de ressources inhérent.

L'Humanité est une plaie de cette Terre bénie, ses évolutions notables sont une misère pour sa propre survie.

Je dis pas qu'on est foutus, je dis qu'il est temps d'apprendre de vivre ensembles en toute bonne intelligence mais nous sommes actuellement très loin du compte.

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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  eddy marz le Dim 24 Juil 2011, 8:59 am

le ronin a écrit:Bonsoir, et merci de faire partager cette documentation sur ce lieu d'extermination . J'ai récemment regardé un documentaire , où un rescapé décrivait les "diversions" employées par les nazis;afin d'endormir la méfiance , entres autres, la recherche de main d'oeuvre qualifiée, pour suppléer le manque dû au front Russe . Toutefois, si je puis me permettre, le chiffre de 800 me paraît énorme pour 90 M2 au total , parce que même en tassant bien, je doute qu'une surface de cet ordre puisse en contenir autant.

Amicalement.


le ronin.

Rapport de Kurt Gerstein, datant des 4 et 6 mai 1945, sur les chambres de Belzec :

« Les chambres se remplissent. « Bien entasser !», c'est ce qu'a ordonné le capitaine Wirth. Les gens se marchent sur les pieds, 700 à 800 personnes sur 25 mètres carrés dans 45 mètres cubes. Je fais une estimation: poids moyen, tout au plus 35 kg, plus de la moitié sont des enfants, poids spécifique 1, donc 25.250 kg d'êtres humains par chambre. Wirth a raison, si la SS pousse un peu, on peut faire entrer 750 personnes dans 45 mètres cubes! - et les SS y poussent, avec leurs cravaches et les contraignent à entrer, autant que cela est possible physiquement. Les portes se ferment. »

Gerstein fait probablement une erreur sur le poids spécifique qui devrait être de l'ordre de 0.6 (ou 0,56)... mais ça colle, même si cela nous parait incroyable : 700 à 800 par chambre.

Une autres note de son rapport donne également une idée du niveau de compression des victimes dans les chambres :

Comme des colonnes de basalte, les morts sont encore debout, étant pas la moindre place de tomber ou de s'incliner



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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  jihell le Dim 24 Juil 2011, 4:54 pm

bonsoir,
Ou logaient les SS à Birkenau? je vois pas de baraquement pour eux sur le plan.
Autre question ,ou ont été prises les photos de Karl Höcker?
Merci

jihell
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  vilak le Dim 24 Juil 2011, 5:04 pm

jihell a écrit:bonsoir,
Ou logaient les SS à Birkenau? je vois pas de baraquement pour eux sur le plan.
Autre question ,ou ont été prises les photos de Karl Höcker?
Merci

Si, les baraques des SS figurent sur le plan qui ouvre ce post, elles sont tout en bas de l'autre coté des barbelés, entre BII et BIII.

Pour l'album de Karl Hocker, je te conseille ce lien :
http://www.sonderkommando.info/actu/hocker.html

Il y a beaucoup à dire sur Birkenau mais essayons de ne pas sortir du sujet de ce thread, c'est à dire les lieux de gazage s'il vous plait.
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  jihell le Dim 24 Juil 2011, 5:26 pm

ok merci desolé du HS

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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  Luhkah le Dim 24 Juil 2011, 5:45 pm

eddy marz a écrit:
le ronin a écrit:Bonsoir, et merci de faire partager cette documentation sur ce lieu d'extermination . J'ai récemment regardé un documentaire , où un rescapé décrivait les "diversions" employées par les nazis;afin d'endormir la méfiance , entres autres, la recherche de main d'oeuvre qualifiée, pour suppléer le manque dû au front Russe . Toutefois, si je puis me permettre, le chiffre de 800 me paraît énorme pour 90 M2 au total , parce que même en tassant bien, je doute qu'une surface de cet ordre puisse en contenir autant.

Amicalement.


le ronin.

Rapport de Kurt Gerstein, datant des 4 et 6 mai 1945, sur les chambres de Belzec :

« Les chambres se remplissent. « Bien entasser !», c'est ce qu'a ordonné le capitaine Wirth. Les gens se marchent sur les pieds, 700 à 800 personnes sur 25 mètres carrés dans 45 mètres cubes. Je fais une estimation: poids moyen, tout au plus 35 kg, plus de la moitié sont des enfants, poids spécifique 1, donc 25.250 kg d'êtres humains par chambre. Wirth a raison, si la SS pousse un peu, on peut faire entrer 750 personnes dans 45 mètres cubes! - et les SS y poussent, avec leurs cravaches et les contraignent à entrer, autant que cela est possible physiquement. Les portes se ferment. »

Gerstein fait probablement une erreur sur le poids spécifique qui devrait être de l'ordre de 0.6 (ou 0,56)... mais ça colle, même si cela nous parait incroyable : 700 à 800 par chambre.

Une autres note de son rapport donne également une idée du niveau de compression des victimes dans les chambres :

Comme des colonnes de basalte, les morts sont encore debout, étant pas la moindre place de tomber ou de s'incliner




Juste quand on croit que les choses ne peuvent pas être plus horribles.... Shocked

Dans "Au nom de tous les miens", je me souviens d'une scène de gazage ou les morts sont tous allongés, mais je ne sais plus si le gazage était censé avoir lieu à Birkenau ou sur dans un autre camp d'extermination.

Ce qui est frappant, c'est aussi la ségrégation faite entre les futures victimes au sein même du batiment, je croyais que ces dernières étaient déjà efectuées par le biais des symboles de couleurs différentes pour chaque catégorie de détenu.

Ne m'en veuillez pas si mon questionnement est naïf, je connais mal le phénomène concentrationnaire et l'extermination.
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  vilak le Dim 24 Juil 2011, 5:54 pm

La scène d'"Au nom de tous les miens" se situe à Treblinka mais les adaptateurs n'avaient visiblement aucun renseignement sérieux sur ce camps et la scène est très loin d'être réaliste. Là aussi les victimes étaient pressées les unes contre les autres.

Dans toute prison les détenus sont classés par catégorie, ce n'est que le systême pénitenciaire poussé à son paroxysme, ici le crime est remplacé par l'origine ethnique.
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  Narduccio le Dim 24 Juil 2011, 6:12 pm

Luhkah a écrit:Ce qui est frappant, c'est aussi la ségrégation faite entre les futures victimes au sein même du bâtiment, je croyais que ces dernières étaient déjà effectuées par le biais des symboles de couleurs différentes pour chaque catégorie de détenu.

Dans les camps de concentration, ou les camps de travail, les internés sont différenciés par des couleurs spécifiques. Là, il s'agit d'un camp de la mort, d'un camp de gazage. Les gens arrivent des camps de transits, ils sont triés. Ceux aptes au travail vont aller vers les camps de concentration, ou les camps de travail. Les autres se déshabillent et entrent dans la salle de gazage. De nombreuses personnes ne sont même pas restées une heure vivantes après leur arrivées au camp. Tout est fait pour "industrialiser" le processus. C'est bien dans ces détails qu'on se rend compte que pour les nazis leurs victimes n'appartenaient pas à la même humanité qu'eux. En fait, les nazis étaient convaincus que pour réaliser leur mission, ils devaient chasser d'eux-mêmes toute trace d'humanité. Sur un autre fil quelqu'un se demande comment on peut tuer 80-100 personnes ? De la même manière qu'on peut entasser 700-800 personnes dans une petite salle avant d'y balancer du gaz. Il faut être convaincu que ce que l'on fait est juste et que les futures victimes ont mérité leur sort par leurs actions passées.

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Bunker 1

Message  CVéronique le Lun 25 Juil 2011, 7:01 am

Bonjour.

Cette partie de mon message s'adresse à Vilak en particulier. Tout d'abord, je vous remercie d'avoir signalé les apports dus au site " www.Sonderkommando.info " et en particulier aux pages sur le Bunker 1 et le dessin de D. Olère pour élaborer votre post.
Ensuite, je vous remercie pour votre phrase concernant le dessin dit " Bunker 2 " de D. Olère affirmant " c'est bien le Bunker 1, des recherches pointues l'ont démontré " car cette information ne figure à ce jour et à ma connaissance que sur mon site.
Je serais très intéressée par ailleurs de savoir sur quelles archives vous vous fondez pour la date des premiers tests de gazage au Bunker 1 à la date du 15 février 42. Je vous en remercie à l'avance.

Je voudrais également répondre à Luhkah qui écrit :
- Dans "Au nom de tous les miens", je me souviens d'une scène de gazage ou les morts sont tous allongés, mais je ne sais plus si le gazage était censé avoir lieu à Birkenau ou sur dans un autre camp d'extermination.
Attention : Au nom de tous les miens est un ROMAN. Son objectif est de faire connaître les différentes modalités de l'Holocauste. Ainsi l'auteur prétend-il successivement avoir été prisonnier du ghetto de Varsovie, prisonnier d'un Sonderkommando à Treblinka (dont il n'y a eu aucun survivant) puis s'être évadé et ... ensuite, je ne me souviens plus, j'ai lu ça il y a trop longtemps. Dans tous les cas, il ne s'agit aucunement d'un livre d'historien ni d'un témoignage. Il faut se souvenir que "roman" est indiqué sur l'ouvrage, même s'il se fonde sur des faits on ne peut plus réels.

- Ce qui est frappant, c'est aussi la ségrégation faite entre les futures victimes au sein même du bâtiment, je croyais que ces dernières étaient déjà effectuées par le biais des symboles de couleurs différentes pour chaque catégorie de détenu.
A Birkenau (Auschwitz 2) la "sélection" (c'est ainsi que les SS appelaient leur tri entre ceux qui allaient directement aux chambres à gaz et les autres déportés) se faisait de diverses façons. Lorsqu'elle avait lieu à la descente du train (= "sur la rampe"), les SS choisissaient en fonction des besoins du camp au moment de l'arrivée du train, en éliminant toujours les enfants et personnes âgées, malades ou invalides. Ces futures victimes ont alors les vêtements avec lesquelles elles ont été déportées, sans signe distinctif particulier.
Les prisonniers de Birkenau qui portaient "des symboles" comme vous le dites, sont ceux que les SS ont fait entrer dans le camp lors de cette première sélection. Les triangles que les prisonniers devaient porter sur leur vêtement indiquaient par leurs différentes couleurs les motifs (du point de vue nazi s'entend) pour lesquels ils étaient détenus, ainsi que leur nationalité (par une lettre). Un triangle jaune inversé transformait le 1er triangle en étoile de David et permettait donc de préciser qui était Juif. Sous ce(s) triangles, se trouvait le rappel du numéro de tatouage. Un seul regard permettait de dire par exemple : "prisonnier politique [triangle rouge], Polonais de nationalité [lettre P], Juif de confession [2nd triangle jaune], arrivé depuis peu [en fonction du matricule]".

J'espère avoir répondu à votre question...

Pour ceux qui sont intéressés, les liens vers
- la page Bunker 1 : http://www.sonderkommando.info/lieux/crematoires/bunker1.html
- le dessin de D. OLère dit " Bunker 2 " : http://www.sonderkommando.info/actu/olere_bunker2.html
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http://www.sonderkommando.info

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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  CVéronique le Lun 25 Juil 2011, 7:10 am

Je voulais aussi compléter ce que dit Narduccio s'il le permet.

Je pense que son message fait référence à Treblinka. Dans ce cas, lorsque vous écrivez :
Les gens arrivent des camps de transits, ils sont triés. Ceux aptes au travail vont aller vers les camps de concentration, ou les camps de travail. Les autres se déshabillent et entrent dans la salle de gazage.
Ce n'est pas exact. Les déportés arrivant (le plus souvent de ghettos) dans les centres d'extermination que furent Belzec, Sobibor et Treblinka, n'étaient pas "triés". Seuls quelques uns étaient éventuellement gardés en vie pour le fonctionnement du camp lui-même si les SS jugeaient qu'il y en avait utilité, mais aucune personne entrée dans l'un de ces camps n'était ensuite redirigée vers un autre camp, de quelque nature soit-il.
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  eddy marz le Lun 25 Juil 2011, 8:58 am

CVéronique a écrit:
A Birkenau (Auschwitz 2) la "sélection" (c'est ainsi que les SS appelaient leur tri entre ceux qui allaient directement aux chambres à gaz et les autres déportés) se faisait de diverses façons. Lorsqu'elle avait lieu à la descente du train (= "sur la rampe"), les SS choisissaient en fonction des besoins du camp au moment de l'arrivée du train, en éliminant toujours les enfants et personnes âgées, malades ou invalides. Ces futures victimes ont alors les vêtements avec lesquelles elles ont été déportées, sans signe distinctif particulier.
Les prisonniers de Birkenau qui portaient "des symboles" comme vous le dites, sont ceux que les SS ont fait entrer dans le camp lors de cette première sélection. Les triangles que les prisonniers devaient porter sur leur vêtement indiquaient par leurs différentes couleurs les motifs (du point de vue nazi s'entend) pour lesquels ils étaient détenus, ainsi que leur nationalité (par une lettre). Un triangle jaune inversé transformait le 1er triangle en étoile de David et permettait donc de préciser qui était Juif. Sous ce(s) triangles, se trouvait le rappel du numéro de tatouage. Un seul regard permettait de dire par exemple : "prisonnier politique [triangle rouge], Polonais de nationalité [lettre P], Juif de confession [2nd triangle jaune], arrivé depuis peu [en fonction du matricule]".

Les triangles ont peut-être variés de camp à camp (je ne sais pas), en tous cas, voici ceux de Buchenwald, tels que répertoriés par Eugen Kogon :

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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  vilak le Lun 25 Juil 2011, 8:59 am

Pour CVéronique.

Franchement, je ne peux pas vous dire la source concernant cette date.
Je compile les informations que j'obtiens sur des fichiers word ou excel et je donne une couleur à chacune selon le nombre de sources qui la confirme.
Lorsque je n'exprime aucun doute dans mon texte, c'est que l'information que je donne est inscrite en noir sur mon fichier, couleur que je donne aux informations ayant au moins 5 sources différentes.
Oui, vous avez compris, je ne note pas les sources dans ces fichiers, ce serai trop volumineux.

Je fais un edit pour vous rappeler qu'il y a suffisamment de choses à dire sur les lieux de gazage à Brikenau pour ne pas se disperser.
Eddy a créer un formidable Thread sur Treblinka, utilisez-le s'il vous plait si vous voulez aborder le fonctionnement de ce camp.
Merci à tous.
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  Narduccio le Lun 25 Juil 2011, 12:06 pm

CVéronique a écrit:Je voulais aussi compléter ce que dit Narduccio s'il le permet.

Je pense que son message fait référence à Treblinka. Dans ce cas, lorsque vous écrivez :
Les gens arrivent des camps de transits, ils sont triés. Ceux aptes au travail vont aller vers les camps de concentration, ou les camps de travail. Les autres se déshabillent et entrent dans la salle de gazage.
Ce n'est pas exact. Les déportés arrivant (le plus souvent de ghettos) dans les centres d'extermination que furent Belzec, Sobibor et Treblinka, n'étaient pas "triés". Seuls quelques uns étaient éventuellement gardés en vie pour le fonctionnement du camp lui-même si les SS jugeaient qu'il y en avait utilité, mais aucune personne entrée dans l'un de ces camps n'était ensuite redirigée vers un autre camp, de quelque nature soit-il.

Je faisais référence au contexte général. Merci de compléter comme vous l'avez fait.

Effectivement, dans la majorité des convois pour les centres de gazages, il n'y avait pas de sélection. Si j'ai bonne mémoire, ce fut le cas pour le convoi "des enfants" de la rafle du Vel' d'Hiv'". Tous gazés dès leur arrivée.

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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  vilak le Mer 27 Juil 2011, 2:06 pm

LE BUNKER 2

Le Bunker 2, appelé également la « petite maison blanche » à cause de ses murs de la même couleur, est à l'origine une ferme laissée vide suite à l'expropriation des habitants du hameau qui porte le nom de Brezinka (la forêt de bouleaux en français, Birkenau dans sa forme germanisée).
D'une taille de 17 mètres sur 8 et une superficie intérieure de 120m2, elle est transformée en un bâtiment de tuerie efficace mais primaire : ses fenêtres sont munie de trappes par lesquelles on versera le gaz et les murs (pour autant qu'il y en ai eu) sont modifiés pour faire 4 chambres à gaz, chacune ayant une porte d’entrée et une porte de sortie rendues étanches. 1200 personnes peuvent y pénétrer à la fois d'après Rudolf Hoess, le commandant du camp.
Le système de fonctionnement est le même que pour le Bunker 1, seulement légèrement amélioré.
Equiper chaque chambre d’une porte d’entrée ET d’une porte de sortie permet d’accélérer l’évacuation des gaz et de réduire l’attente lors de leur ouverture, le port des masques par le Sonderkommando, étant alors inutile, est abandonné.
L’autre innovation est un système de plaque tournante pour les wagonnets, ce qui s’avère judicieux puisqu’il y a 4 portes pour l’extraction des corps (« aiguillage rotatif » sur le plan).






Deux grandes baraques sont construites dans les abords immédiats de la chaumière pour le déshabillage des victimes et l'extermination y commence le 30 juin 1942.

Le Bunker 2 fonctionna jusqu'en avril 43, date à laquelle les Krema II, IV et V venaient de faire leurs preuves après quelques semaines de fonctionnement.

Contrairement au Bunker 1, il ne fut pas démoli, ce qui permit de le remettre en service en mai 1944 pour l’Aktion Hoess.
Rudolf Hoess, qui a été muté fin 43 (une disgrâce habilement transformé en promotion), est rappelé d’urgence pour organiser la destruction de plus 400.000 juifs hongrois entre mai et septembre. Cette immense opération de tuerie, à qui il laissera son nom, nécessite toutes les ressources de destruction et d'incinération du camp et le Bunker 2 se trouve une deuxième « vie ». C’est désormais 3 baraques de déshabillages qui font face à la chaumière, ce qui en dit long sur le débit.
Les photos suivantes, prises le 31 mai et le 23 aout par l'aviation anglaise, sont parmi la poignée qui existent (toutes de même type) du bâtiment (« buidling »).







On ignore si le Bunker 2 a été démoli après la fin de l’Aktion Hoess ou s’il était encore debout Le 17 novembre, jour où l’interdiction de tuer un prisonnier non condamné à mort par un tribunal sur le territoire du camp et l’ordre de détruire toute trace de l’extermination sont arrivés de Berlin.
Aujourd’hui, ses fondations sont toujours visibles et c’est un lieu qui n’a jamais été ignoré, tant du point de vue de sa localisation que de son fonctionnement. Il fait partie des circuits de visite du camp et les guides n’oublient jamais d’y amener les pèlerins. L’impression que ses ruines laissent est étrange, c’est un bâtiment minuscule, ce qui décuple le sentiment de dégout quand vous savez ce qui s’y est passé.





N'ayant jamais fonctionné comme unique moyen d'extermination mais toujours en complément et appoint d'autres bâtiments, il est impossible de connaître le nombre de personnes qui y ont péri.

Il est à noter que si les grands crématoires de Birkenau s'appellent officiellement KII, KIII, KIV et KV, le Sonderkommando, qui ignore l'existence d'un premier crématoire au camp souche, et les SS qui y travaillent les appellent respectivement K1, K2, K3 et K4. Il n'est alors pas difficile de comprendre pourquoi, lorsque la "petite maison blanche" fut remis en service au printemps 44, ils la renommèrent Bunker 5.

Toutes les photos et plans ont été trouvés sur le site www.sonderkommando.info sauf la dernière qui provient de www.deathcamps.org


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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  vilak le Mar 02 Aoû 2011, 12:45 pm

Le nombre de victimes pour les deux bunkers pour la période printemps 42/été 43 est estimée à 175.000.

A cette époque, tout arrivant était compté, même celui qui partait directement aux bunkers et cela est donc possible.
Mais ce chiffre reste un minimum car beaucoup de documents ont été perdus ou détruits (notes SS, départ des trains, ordre de transfert etc...).

Edit :Ajout d'une photo aérienne dans l'introduction, de deux nouvelles images pour le Bunker 1 et d'une pour le Bunker 2.
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  dede le Mer 03 Aoû 2011, 12:35 pm

bunker 2

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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  vilak le Ven 05 Aoû 2011, 9:44 am

LES KREMA II & III


Ces deux bâtiments sont sans aucun doute les plus connus de l'histoire de l'extermination des juifs. Ils en sont les lieux symboliques par excellence. L'exposition dont ils jouissent est principalement due au site qui les accueille mais aussi à leur taille, leur capacité et leur longévité. Ici, fini le bricolage et la transformation, nous avons droit à de véritable monstres affamés qui ont été pensés comme des usines où la matière première est l'être vivant et où le produit fini n'est même plus le cadavre mais sa cendre.



L'idée de construire les Krema II et III trouve sa genèse en 1941, à l'époque où l'extermination des juifs n'est pas encore un plan arrêté dans l'esprit Nazi.
Les nazis lancent donc, comme ils le font pour tous les camps de concentration, un appel d'offre publique en Allemagne pour la construction d'un énorme bâtiment équipé de morgues et d'assez de fours pour pouvoir bruler les cadavres qui y seront entreposés. Le but est de remplacer le petit crématoire du camp souche, le KI, qui est très insatisfaisant.
Ainsi, nous disposons de nombreux plans officiels avec tampons et signatures et une hallucinante correspondance faite de documents commerciaux et techniques entre la SS et les diverses entreprises allemandes qui ont remporté les marchés.
La capacité annoncée par le fournisseurs du matériel de crémation est de 1.440 corps par jour mais dans l'usage la réalité se situait plutôt autour de 1.000.

Puis vint Birkenau.
Birkenau est à l'origine un camp destiné à accueillir 100,000 prisonniers russes soit, pour le Nazi type, des sous-hommes qu'il faudra faire travailler jusqu'à la mort tout en les laissant crever de faim. Dans ce but, les conditions de vie sont prévues pour être les plus dures qui soient et la capacité prévue, déjà ignoble, de 550 prisonniers par baraque est même portée à 744.
Le taux de mortalité attendu est donc énorme et le problème des corps est immédiatement soulevé.
Le site est un terrain marécageux, véritable paradis pour les maladies en tout genre et la présence de charniers risque de rendre cet endroit encore plus insalubre et invivable (pour les SS bien sur, les prisonniers on s'en fout).
On a donc opté pour la crémation et le 27 février, le site du crématoire à construire est délocalisé du camp souche vers Birkenau où près de 90% des 10,000 russes qui font sortir de terre la première tranche du camp (B1) sont déjà morts et enterrés.

Il n'est pas, à ce moment là, envisagé de transformer l'une des deux morgues en chambre à gaz. Ce crematoire n'a qu'un but "hygiènique" : bruler les cadavres.

En tout cas, l'année suivante, lorsque les travaux débutent le 2 juillet pour le Krema II, Himmler a déjà chargé Rudolf Hoess d’accomplir une partie de la solution finale à Auschwitz puisque les deux Bunkers fonctionnent déjà.


Le 17 juillet, Himmler visite Birkenau et assiste à un gazage au Bunker 2. Le lendemain, il ordone de porter la capacité du camp à 200.000 prisonniers. Himmler repart satisfait et élève Hoess au grade de Lieutenant-Colonel.
Himmler n'est en revanche pas convaincu par le système d'enfouissement des corps mais n'en dit rien et envoie Hoess à Chelmno où on a commencé à bruler les cadavres extraits des fosses. Il lui demande ensuite de lui faire des propositions pour la destruction des corps à Auschwitz.
Jusque là, les cadavres sont enterrés à proximité des Bunkers dans d'immenses fosses. Comme Himmler exige leur destruction, Hoess les fait ouvrir et inaugure le bucher en plein air. Le grand secret du Reich, trahis par la chair et des cheveux qui brûlent dont l'odeur empuantit à des kilomètres à la ronde, n'en est désormais plus un, si tant est qu'il l'ai jamais été.
Il l'envoie également visiter les camps de l'Opération Reynardt qu'il juge trop petits et mal organisés. Hoess, qui entretient une rivalité avec Christian Wirth au sujet de leurs méthodes différentes, ne se fait pas prier pour aller dans le sens de son chef et fait un rapport très négatif. A leur décharge, ces camps n'ont pas encore trouvé le perfectionnisme qu'ils atteindront les mois suivants mais, à l'été 42, ils sont bel et bien insatisfaisants.
Comme la capacité du camp doit passer à 200,000 prisonniers, on songe a augmenter le nombre de fours du camp et le 19 Aout, la decision de construire un jumeau du Krema II est enterrinée et le 14 septembre, le chantier du Krema III débute.

(photo extraite du livre "Auschwitz vu par les SS")

A Auschwitz, les capacités de turies sont très insufisantes, le crématoire du camp souche n'est que du bricolage et la venue du froid rend de plus en plus difficile le fonctionnement des deux bunkers de Birkenau.
Il est desormais difficile, pour les Nazis, de tuer des gens alors qu'auparavant seule la destruction des corps leur posait problême.

Hoess et ses comparses ont donc l'idée de transformer l'une des morgues en Chambre à Gaz. En effet, installer le local de tuerie dans un bâtiment où cinq fours tri-moufles ultramodernes destinés uniquement à la crémation des cadavres existent est l'idée à suivre. Le projet de Hoess est accepté par Himmler.

Le plan d'une des deux morgues de chaque ensemble est donc transformé pour en faire une chambre à gaz. De nombreux documents le prouvent comme la demande de devis pour portes étanches aux gaz munies d'un judas et si la plupart des acteurs emploient des termes circonspects dans leur correspondance, certains utilisent carrément les termes de « chambre à gaz » ou de « cave de gazage ».







Pour chaque crématoire, la construction dure autour de dix mois et, si elle est effectuée principalement par des prisonniers, elle se déroule sous la direction d'ingénieurs civils qui n'ignorent rien de la nouvelle destination de ces installations.

Du point de vue architectural, les deux bâtiments sont identiques, construits en miroir de part et d'autre de l'extrême bout de la Hauptstrasse, la large et longue piste qui sépare BI et BII et sur laquelle sera construite à la fin du printemps 44 la nouvelle rampe juive.
Je ne m'étendrais pas sur le sujet, les plans et reconstitutions sont suffisamment nombreux et limpides.
Les installations en sous-sol comprennent la morgue 1, devenue une chambre à gaz où près de 3000 personnes peuvent pénétrer à la fois, et la morgue 2, devenue salle de déshabillage.



Le rez de chaussée comprend les salles de garde, d'exécutions, des fours et un lieu qui dans le Krema II deviendra une salle de dissection et dans le Krema III une fonderie d'or.
Un monte charge permet d'amener les corps au niveau des fours.

(photo extraite de "Sonderkommando" de Shlomo Venezia)

Les combles resteront inoccupés jusqu'à ce qu'ils soient transformés mi-44 en dortoir pour accueillir le Sonderkommando qui jusque là logeait dans la Baraque 11 du camp BIId (Cette baraque était bien évidemment isolée des autres au moyen d'un mur et de barbelés).

La salle de dissection du KII sera occupée par le médecin juif hongrois Nyklos Nysli, dont le livre « Médecin à Auschwitz », adapté au cinéma sous le titre de « The Grey Zone », est un témoignage essentiel sur la vie dans les crématoires. Pour le film, qui n'existe pas en version française, un KII a été construit à l'échelle 9/10e.

Le KII fonctionne pour la première fois dans la nuit du 13 au 14 mars 43 et le KIII le 25 juin.
Il ne faut pas croire que l'intérieur des crématoires fut immédiatement tel que nous les connaissons.
Pas de bancs ni de porte manteaux dans la salle de déshabillage. Pas non plus de pommeaux de douche en trompe l'oeil au plafond des chambres à gaz. Cet équipement de diversion n'arrivera qu'à l'automne.
A l'hiver, la chambre à gaz, immense, sera divisé en deux pour permettre un meilleur traitement des petits groupes à gazer. Quand un groupe amené a un nombre trop faible même pour la plus modeste des deux, il sera abattu d'une balle dans la nuque.




Toutes les installations de tuerie cesseront de fonctionner en novembre 44 car le 17 de ce mois, un ordre de Berlin interdit le meurtre de tout prisonnier qui n'aurait pas été préalablement condamné à mort par un tribunal. Des rescapés témoignent que lorsque cet ordre est arrivé, on venait juste de refermer derrière eux la porte de la « douche ». Ils furent ainsi sauvés de la mort et sont, d'un certain point de vue bien sur, les seuls survivants de la chambre à gaz.

Les crématoires furent démantelés puis dynamités. En ruine, rien ne semble indiquer leur utilisation meurtrière mais le but de destruction de ces ensembles était déjà connu des alliés depuis fort longtemps. De plus, il y a trop, beaucoup trop de survivants et de gens qui savaient, trop de photos aériennes et trop de documents qui prouvent leur réel fonctionnement.

Photos, sauf indication spéciale, provenant des même site web cités plus haut.


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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  Dom le Ven 05 Aoû 2011, 10:05 pm

Bonsoir Vilak ,

elle se déroule sous la direction d'ingénieurs civils qui n'ignorent rien de la nouvelle destination de ces installations.

La construction des krématoires s'effectue sous la direction du Bauleitung ou Direction des constructions SS , les ingénieurs sont
SS .

Amicalement
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  vilak le Ven 05 Aoû 2011, 10:09 pm

Désolé pour la coquille.
Mais des hauts employés des firmes ont quand même du venir sur le chantier il me semble non?
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  Dom le Sam 06 Aoû 2011, 7:32 am

Bonjour ,
La seule firme civile qui intervient sur le chantier c'est la J.A Topf und Söhne d'Erfurt ( Maschinenfabrik und Feuerungstechnisches Baugeschäft/Entreprise de mécanique générale et d’ingénierie du chauffage ) qui a obtenu le contrat de fourniture et d'installation des crématoires.

Amicalement
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La source la plus complète sur le sujet est l'étude de Jean Claude Pressac " Les crématoires d'Auschwitz"

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Re: Birkenau : les lieux de gazages

Message  vilak le Lun 19 Déc 2011, 9:05 pm

Les illustrations des Krema II & III sont en cours.
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Re: Birkenau : les lieux de gazages

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