Massacre de Rumbula - un professionnel à l'oeuvre

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Massacre de Rumbula - un professionnel à l'oeuvre

Message  eddy marz le Dim 30 Juin 2013, 3:55 pm

Octobre 1941… Les Einsatzgruppen et les HSSPF sont sous pression ; des ordres de Berlin sans équivoques viennent de tomber : accélérer le nettoyage ethnique. Afin de créer de l’espace pour parquer les Juifs Européens, et installer le personnel SS et l’administration civile Allemande, il convient de « déblayer » les villes, villages, ghettos, et camps des territoires conquis à l’Est. Himmler, Reichsführer-SS, est mécontent, par exemple, de la lenteur des aktionnen en Lettonie. Le Befehlshaber der SIPO und des SD SS-Brigadeführer Walter Stahlecker, commandant de l’Einsatzguppe A, a jeté l’éponge, préférant participer à la prise de Leningrad plutôt que de continuer à assassiner les Juifs et communistes Lettons dont il en abandonnera au moins 35.000 à leur sort (sur 66.000 env.), mais vivants. Son successeur, le HSSPF Hans Prützmann, se conforme au désir du Reichskommissar Ostland Hinrich Lohse d’enfermer les Juifs de Riga dans des ghettos afin de les utiliser comme force ouvrière spécialisée esclave. Lohse, quant à lui, ne fait que se plier aux ordres d’Alfred Rosenberg, récemment nommé Ministre du Reich pour les territoires occupés à l’Est. En effet, selon Rosenberg, il s’agit « d’augmenter la productivité de l’Ostland et de fournir à l’Armée les matériels adéquats et de pourvoir aux nécessités journalières »… Furieux, Himmler décide de régler la question Lettone une fois pour toutes, et remplace Prützmann par un tueur chevronné : le HSSPF (Sud) SS-Gruppenführer Friedrich Jeckeln.

Hans Prützmann
Entre le 4 et le 5 novembre 1941, le staff de Jeckeln est transféré à Riga. Jeckeln, lui, fait un détour par Berlin où il s’entretient avec Himmler. Ce dernier l’informe du « problème Letton » et lui ordonne de liquider les Juifs de Riga – pas seulement parce qu’ils sont Juifs, mais pour créer de la place : les Juifs du Reich doivent y être transférés le plus rapidement possible pour en débarrasser l’Allemagne une fois pour toutes. Lors de son procès après-guerre, Jeckeln se souviendra des paroles exactes du Reichsführer-SS : « Dites à Lohse que c’est mon ordre, et que c’est également la volonté du Führer ». Jeckeln se met donc en route pour Riga, où il arrive aux environs du 13 novembre. Le Fürerprinzip faisant office de loi, Lohse abandonne prudemment les instructions de Rosenberg tandis que Jeckeln s’installe dans les quartiers de Prützmann, à la Ritterhaus, et se met au travail. Il lui faut maintenant préparer les hommes ; car une fois que les questions d’ordre moral ou psychologique ont été résolues, l’assassinat en masse d’êtres humains n’est, somme toute, qu’une question de logistique. En ce qui concerne l’aspect moral, Jeckeln se satisfait du Führerbefehl… Il n’y a rien à ajouter. Quant à la question psychologique, il a ses propres réponses. Confronté à un nouveau commandant d’Einsatzkommando un peu réticent, il lui déclare sans ambages : « J’ai réfléchi en détail et pris tout ceci en considération ; si je vois quelqu’un émettre la moindre objection [aux assassinats] ou craquer, il sera lui aussi abattu ». Cette dernière question étant réglée, il ne reste donc plus qu’à organiser l’opération…




Friedrich Jeckeln





Le ghetto de Riga est situé à l’est de la ville, mais Jeckeln se met en quête d’un lieu d’exécution situé au sud. En effet, le territoire de Riga étant marécageux, il lui faut trouver un terrain élevé, sans quoi les fosses se rempliraient d’eau. Jeckeln se décide finalement pour une forêt de pins recouvrant une colline entre une voie ferrée et la route principale menant à Daugavpils. Une petite gare jouxte la voie ferrée : Rumbula. Jeckeln charge le SS-Untersturmführer Ernst Hemicker, un expert en construction attaché à son staff, de réaliser les excavations. Une fois sur place, Hemicker et un assistant sont informés que les fosses doivent pouvoir contenir jusqu’à 25.000 victimes. Hemicker avouera plus tard qu’il fut profondément ébranlé et choqué par cette révélation, mais choisit de ne rien dire. Six fosses de 10m de long sur 3m de profondeur sont creusées par des prisonniers soviétiques, et une rampe d’accès aménagé d’un côté. Les travaux durent environ trois jours et, le 23 novembre, tout est prêt. Friedrich Jeckeln doit maintenant  organiser le personnel d’encadrement et les transports. Il lui faudra, d’après ses estimations, environ 1.700 hommes pour assurer le contrôle de l’opération ; pour l’instant seuls douze soudards seront chargés des exécutions. Il tente ensuite d’enrôler douze adjoints, sélectionnés dans le pool de chauffeurs SS de la Ritterhaus, pour assister le commando de tueurs, mais aucun n’accepte. En désespoir de cause, Jeckeln se tourne vers le SS-Sturmbannführer Rudolf Lange, chef du SD et de la SIPO en Lettonie, qui lui fournit finalement 400 tueurs supplémentaires issus du SD, de l’Einsatzkommando 2 de l’Einsatzgruppe A, de l’Ordnungspolizei et, en grande majorité, du Sonderkommando Arajs (Viktors Arajs, avocat, et membre d’une fraternité universitaire Lettonne « aristocratique » s’opposait aux expropriations des paysans, décidées par l’URSS, et entra dans la clandestinité jusqu’à l’arrivée des Allemands. En automne 1941, il lève quelques centaines d’hommes, essentiellement des Lettons ethniques, qui s’enrôlent dans l’Einsatzgruppe A). Environ un millier de Lettons – travaillant pour le SD et la police de Riga – vont également s’associer au massacre…
 
Les transports s’avèrent difficiles à organiser. Au lieu d’acheminer les victimes Juives par train du ghetto jusqu’à Rumbula, Jeckeln opte pour une marche à pied d’environ 10km. Mais il va tout de même avoir besoin de camions et d’autobus pour transporter le personnel, les personnes malades ou âgées, les enfants, et les cadavres de ceux qui seront abattus pendant le trajet… 25 véhicules environ – sans compter le pool de voitures et de motos de la SS, de la Wehrmacht, et de la police Lettonne de Riga. Entretemps, et en recours de dernière minute, le Ministre Rosenberg obtient d’Himmler d’épargner temporairement les hommes Juifs valides exploitables comme force de travail. Afin de faciliter cette sélection, quatre blocs du ghetto ouest de Riga sont entourés de barbelés et, le 28 novembre, placardés d’annonces invitant, d’une part, les hommes valides (y compris 500 couturières féminines destinées à réparer les uniformes des troupes Allemandes) à se regrouper dans les parties du ghetto séparées des quatre blocs et, d’autre part, ordonnant aux autres de rester sur place, de s’équiper de bagages n’excédant pas 20kg, et de se préparer à êtres « relogés »… Les Juifs valides sont transférés dans le « petit ghetto » le 29 novembre. Le même jour, dans le hall de conférence de la Ritterhaus, Friedrich Jeckeln harangue son armée d’assassins… à sa façon : « La participation à ces exécutions est une obligation patriotique ; par conséquent, tout refus de participation sera considéré comme un refus de participer à la guerre, et donc comme une désertion ! ». Or, nombre de membres du personnel HSSPF ne sont pas directement concernés par l’opération. Qu’à cela ne tienne ; pour Jeckeln leur présence aux bords des fosses en qualité « d’observateurs » est obligatoire : « Faites vous un devoir d’êtres présents aux exécutions comme témoins afin que la connaissance et la complicité ne soient épargnées à personne ! ».
 
L’historien Letton A. Ezergailis (voir sources en fin d’article) dénombre 5 facteurs significatifs du plan organisationnel de Jeckeln :
 
1.     Le lieu d’exécution est à environ 10km du ghetto. Il faudra environ 3h pour y arriver moyennant un rythme d’infanterie classique.
2.     Il n’y a que 7h de lumière du jour à cette époque de l’année en Lettonie du nord, et même en comptant le crépuscule, les assassinats ne peuvent durer plus de 8h.
3.     La dernière colonne de victimes partant à 12H00 arrive à Rumbula aux environs de 15h.
4.     Plus de 12.000 personnes par jour doivent êtres transportées et tuées.
5.     Les Juifs doivent être conduits en colonnes de 1.000 personnes avec un cordon militaire de chaque côté.
 
Durant la nuit du 29 novembre, 8 cm de neige tombent sur la région ; la température chute à -27°. Le lendemain matin, 30 novembre, à 4h du matin, un commando de « réveil », constitué d’hommes de l’ORPO, du Sonderkommando Arajs, et de la Police Juive du ghetto, tambourinent aux portes du ghetto ouest. Au dehors, un autobus bleu du Sonderkommando Arajs attend, encadré d’hommes et de chauffeurs du SD. Frida Michelson, une des rares survivantes, se souvient : « Des jeunes femmes avec leurs enfants dans les bras, des vieilles femmes handicapées aidées par leurs voisins, de jeunes garçons et jeunes filles – tous courent, courent. Soudain, un SS se met à tirer directement dans la foule avec une arme automatique. Fauchées, les victimes s’écroulent sur les pavés, foulées au pied par la masse paniquée qui tente désespérément de s’écarter du SS qui tire maintenant comme un forcené. Les policiers Lettons hurlent « plus vite, plus vite ! » en faisant claquer des fouets au dessus de nos têtes… ». Lorsque la première colonne de victimes franchit les grilles du ghetto, à 6h, le sol est déjà couvert de cadavres. L’autobus bleu se remplit d’enfants et de vieillards et se met en route à son tour…






Le Ghetto de Riga

La première colonne de condamnés du ghetto atteint Rumbula vers 9h, pour découvrir que Jeckeln a déjà fait exécuter un convoi de Juifs en provenance de Berlin, arrivé par train à la gare de Rumbula aux environs de 8h. De quoi s’agit-il ? D’une erreur, tout simplement : parti de Berlin le 27 novembre, le train de Juifs Allemands arrive à Riga le 29. Or aucune décision n’a encore été prise à leur sujet. Doivent-ils êtres utilisés comme main-d’œuvre esclave ? Logés et affamés à mort dans le ghetto de Riga ? Ou tout simplement exterminés ? Au dernier moment, Himmler décide qu’ils doivent, temporairement, êtres maintenus en vie, et logés dans le ghetto de Riga où ils occuperont les places vacantes laissées par les Juifs Lettons. Le dimanche 30 novembre, le Reichsführer-SS téléphone à Reinhard Heydrich, Chef du SD, et l’informe – comme son calepin téléphonique en fait foi – que les Juifs berlinois ne doivent en aucun cas êtres liquidés (« Judentransport aus Berlin. Keine Liquidierung »). Seul hic : ce fameux dimanche, Himmler ne téléphone à Heydrich qu’à 13h30… Les Juifs berlinois sont morts depuis plus de 5h déjà. C’est maintenant le tour de la première colonne de Juifs de Riga… Le trajet de 10km a fait des victimes : tentatives d’évasion, épuisement ; la route est jonchée de cadavres. Le système adopté par Jeckeln est le même qu’il a déjà utilisé en Ukraine (à Kamianets-Podilskyi – 23.600 Juifs assassinés) ; le même que Paul Blobel à Babi Yar. Un cordon extérieur d’environ 100 gardes avec chiens dirige les victimes sur 300m jusqu’à l’orée de la forêt ; plus loin, un autre cordon équipé de mitrailleuses veille à toute tentative d’évasion. Une grande caisse en bois est disposée près de l’entrée de la forêt pour recevoir toutes les valeurs que les Juifs sont contraints d’y déposer. Une fois dans la forêt, ils sont séparés en groupes de 50 individus et forcés, sous les cris et les coups, à se déshabiller. Un « entonnoir » d’une centaine d’autres gardes les escorte vers les six fosses. Les victimes descendent le long des rampes d’accès, et pénètrent dans les fosses où des « emballeurs » les forcent à s’allonger, face contre terre, au dessus des cadavres déjà présents. Ils sont alors liquidés d’une balle dans la tête. Chaque fois qu’un tueur vide son chargeur de 50 cartouches, il est remplacé par un autre afin de pouvoir souffler un moment… Jeckeln se tient debout sur le talus, en compagnie de nombre de gradés SS, SD, et ORPO. Viktors Arajs est là lui aussi, ivre mort. Jeckeln a également contraint le Reichskommissar-Ostland Hinrich Lohse et le SS-Brigadeführer Walter Stahlecker, commandant de l’Einsatzguppe A (revenu exprès de Léningrad) à êtres présents, tout en se gardant bien de convier des représentants de la Wehrmacht.
 
13.000 Juifs de Riga sont froidement et méthodiquement abattus ce 30 novembre. À une certaine distance des tueries, un ingénieur de la Wehrmacht, dirigeant l’inspection d’un pont, entend des tirs et des hurlements. Intrigué, il se rend sur place et « voit tout ». Hors de lui, l’ingénieur se plaint officiellement. Sa plainte atteint rapidement les services de l’amiral Canaris qui, à son tour, se plaint à Hitler en personne. Réponse du Führer : « Vous ramollissez, Monsieur ! Je dois le faire sinon, après moi, personne n’en sera capable ! ». Friedrich Jeckeln ne recommence l’Aktion que le 8 décembre… Ayant appris que les Juifs de Berlin avaient été liquidés malgré ses directives, Himmler, furieux, contacte Jeckeln par radio, le tance vertement, et lui annonce qu’il sera sévèrement puni pour avoir « enfreint des ordres du RSHA sous mon autorité ». Jeckeln est convoqué le 4 décembre au QG prussien du Reichsführer-SS – ce qui explique l’arrêt momentané de l’opération Rumbula entre le 30 novembre et le 8 décembre. Ce 8 décembre, le reliquat de 10.000 Juifs de Riga encore en vie est, à son tour, liquidé dans les fosses. Une survivante, Ella Medale, institutrice de 28 ans, témoigne d’une scène terrifiante au cours de laquelle elle réussit miraculeusement à s’en tirer : « Sans réaliser ce qui se passait, j’ai retiré mon manteau machinalement. Alors que je me penchais pour le poser, j’ai reçu un violent coup de crosse dans le dos ; immédiatement, mes sens se sont éveillés avec une incroyable clarté. […] ‘Il ne te reste plus beaucoup de temps ! C’est maintenant ou jamais !’ Je me suis redressée et j’ai couru vers le garde [du commando] Arajs. Apparemment, il était dégoûté. Je l’ai attrapé par les bras et j’ai hurlé ‘Sauve moi ! Je ne suis pas Juive !’. Il a balbutié quelque chose d’incompréhensible et m’a indiqué un groupe de policiers un peu plus loin : ‘va en parler aux huiles’. Je me suis ruée vers eux. Le Chef des tueurs, Arajs lui-même, m’a fixé d’un air mauvais. Il était défiguré, comme un animal ; il titubait, complètement saoul. J’ai hurlé ‘Je ne suis pas Juive !!’. Je tremblais comme prise d’un accès de fièvre. D’un geste, Arajs m’a signifié de m’en aller, ajoutant ‘Il n’y a que des Juifs ici ; aujourd’hui c’est le sang Juif qui doit couler !’ »… Ella Medale survivra, et témoignera au procès de Viktors Arajs.
 
Ayant rassuré le Reichsführer-SS quant à l’erreur, indépendante de sa volonté, concernant les Juifs berlinois exécutés, le HSSPF Friedrich Jeckeln sera pardonné, décoré de la Croix du Mérite (Kriegsverdienst), et nommé General der Waffen-SS und Polizei. Capturé par les soviétiques, Jeckeln sera jugé à Riga de janvier à février 1946, et exécuté par pendaison le 3 février, devant 4.000 spectateurs.






Friedrich Jeckeln (debout à gauche) lors de son procès à Riga




Merci de votre attention.

Sources :


·      Ezergailis, A. The Holocaust in Latvia 1941-1944 – Riga : Historical Institute of Latvia, 1996
·      Angrick, A. & Klein, P. The Final Solution in Riga ; Exploitation and Annihilation, 1941-1944 – ‪Berghahn Books‬, 2009
·      Fleming, G. Hitler and the Final Solution – University of California Press, Los Angeles, 1984
·      Rhodes, R. Masters of Death : The SS Einsatzgruppen and the Invention of the Holocaust – Vintage Books, USA (ré-édition 2003)
·      Reitlinger, G. The SS, Alibi of a Nation 1922-1945 Arms & Armour Press, London, 1981
·      Padfield, P. Himmler ; Reichsführer SS – Papermac, 1995
·      Bundesarchiv
·      Yad Vashem
·      Latvijas Nacionalais Arhivs, LVKFFDA
·      USHMM









 


Dernière édition par eddy marz le Dim 30 Juin 2013, 7:53 pm, édité 2 fois
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Re: Massacre de Rumbula - un professionnel à l'oeuvre

Message  Jules le Dim 30 Juin 2013, 5:47 pm

Terrifiant en effet ; précisons deux choses :
- conséquence ou non à sa participation, Lange sera l'un des 15 types présents à la Conférence de Wannsee,
- je ne sais pas si on l'avait précisé ici, mais Jeckeln est tristement célèbre pour avoir mis au point une méthode pour " mieux entasser les corps" dans les fosses...
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Re: Massacre de Rumbula - un professionnel à l'oeuvre

Message  eddy marz le Dim 30 Juin 2013, 6:14 pm

Jules a écrit:
- je ne sais pas si on l'avait précisé ici, mais Jeckeln est tristement célèbre pour avoir mis au point une méthode pour " mieux entasser les corps" dans les fosses...

 Oui, il appelait ça : Sardinenpackung... Traduction inutile.
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Re: Massacre de Rumbula - un professionnel à l'oeuvre

Message  Narduccio le Dim 30 Juin 2013, 6:30 pm

Dans un documentaire vu récemment sur la chaine Histoire, j'ai cru comprendre que suite à la liquidation du ghetto, la Lettonie fut le premier territoire décrété Judenfrei. Mais, j'ai pas réussi à retrouver confirmation de ce fait.

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Re: Massacre de Rumbula - un professionnel à l'oeuvre

Message  Jules le Dim 30 Juin 2013, 7:02 pm

Narduccio a écrit:Dans un documentaire vu récemment sur la chaine Histoire, j'ai cru comprendre que suite à la liquidation du ghetto, la Lettonie fut le premier territoire décrété Judenfrei. Mais, j'ai pas réussi à retrouver confirmation de ce fait.

Il me semble bien que c'est l'Estonie.

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Re: Massacre de Rumbula - un professionnel à l'oeuvre

Message  Jules le Dim 30 Juin 2013, 7:06 pm

Par ailleurs, c'est le rapport Stahlecker qui mentionne l'Estonie "Judenfrei" ; souvenez-vous de ce "schéma" :



source : Map used to illustrate Stahlecker's report to Heydrich on January 31, 1942
From the U.S. Holocaust Museum: Map from Stahlecker's report entitled "Jewish Executions Carried Out by Einsatzgruppe A" and stamped "Secret Reich Matter." It shows the number of Jews executed in the Baltic States and Belarus in 1941. The legend at the bottom states that "the estimated number of Jews still on hand is 128,000." Estonia is marked as "judenfrei". Held in the Latvian State Historical Archives, Riga.
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Re: Massacre de Rumbula - un professionnel à l'oeuvre

Message  supertomate le Mar 30 Juil 2013, 6:07 pm

eddy marz a écrit:Confronté à un nouveau commandant d’Einsatzkommando un peu réticent, il ]Jeckeln] lui déclare sans ambages : « J’ai réfléchi en détail et pris tout ceci en considération ; si je vois quelqu’un émettre la moindre objection [aux assassinats] ou craquer, il sera lui aussi abattu ».



eddy marz a écrit:
 Il tente ensuite d’enrôler douze adjoints, sélectionnés dans le pool de chauffeurs SS de la Ritterhaus, pour assister le commando de tueurs, mais aucun n’accepte.

Bonjour,

Sait-on si ces chauffeurs ont eu une sanction, quelle réaction de Jeckeln après leur refus?
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Re: Massacre de Rumbula - un professionnel à l'oeuvre

Message  eddy marz le Mar 30 Juil 2013, 7:28 pm

Salut Supertomate;
Non, nous n'avons pas de détails du tout. Mais je ne pense pas qu'il y eut de sanctions prises à l'encontre des chauffeurs SS; ils n'étaient pas formés pour ça. À la limite, ils furent peut-être (sans doute) contraints (comme les autres) à assister au massacre. Tu remarquera que les menaces de mort de Jeckeln s'adressent à un commandant d'Einsatzkommando (donc à des sections spéciales) et, par extension, à ses hommes, dont c'est le travail. Un refus pouvant être interprété comme une désertion...
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Message  Invité le Ven 02 Aoû 2013, 6:20 pm

Difficile à imaginer de pareilles atrocités.

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Re: Massacre de Rumbula - un professionnel à l'oeuvre

Message  eddy marz le Ven 02 Aoû 2013, 7:34 pm

Marting a écrit:Difficile à imaginer de pareilles atrocités.

 Pas tellement finalement; il y en eu un grand nombre : en Ukraine, Biélorussie, Lettonie, Pologne, et j'en passe. Les exactions des Einsatzgruppen se chiffrent en centaines de milliers...
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