D8 ... Non, ce ne sera pas la peine

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D8 ... Non, ce ne sera pas la peine

Message  Narduccio le Mar 05 Mai 2015, 7:00 pm

Vu la qualité du documentaire passé sur D8 "l'Histoire Interdite : l’accession d'Hitler au pouvoir" je pense que ce ne sera pas la peine de créer un nouveau post-it "Sur D8, ce soir"...

Voici la critique qu'en fait Kersaudy : Le Point.fr : Kersaudy : l'accession d'Hitler au pouvoir, l'histoire interdite 


Le Point.FR a écrit:
"Chez nous, disaient naguère les dissidents soviétiques, l'avenir est bien connu ; c'est le passé qui change tout le temps !" Voilà ce qu'ont dû penser beaucoup de téléspectateurs en voyant sur la chaîne D8 le film Hitler, les secrets de l'ascension d'un monstre. Pour ce qui est de l'ascension, les secrets se sont faits plus épais à l'issue du film, car, en dehors de la preuve photographique que le Führer essayait ses postures devant l'objectif avant d'entrer en scène et de la révélation du fait que le peintre Hitler n'était pas vraiment antisémite avant la Grande Guerre (chose aisément explicable par le fait que certains de ses bienfaiteurs et beaucoup de ses clients viennois étaient juifs), ceux qui voulaient connaître les véritables circonstances de l'ascension d'Hitler en ont été pour leurs frais.

Un procès très médiatisé


Le film est pourtant fort bien fait et plein d'intérêt, mais il lui manque une bonne dizaine d'éléments permettant de comprendre les causes proches et lointaines de la prise du pouvoir par les nazis. Pour ne citer que les omissions les plus sérieuses : le contexte insurrectionnel au printemps de 1919, lorsque l'extrême gauche révolutionnaire prend un court instant le pouvoir à Munich ; l'inflation débridée et la misère généralisée dans l'Allemagne d'après la Grande Guerre ; l'occupation française de la Ruhr en 1923, avec toutes ses conséquences sur l'instabilité économique et politique dans le pays ; les tentations monarchistes et séparatistes du gouvernement bavarois qui créent une ambiance favorable aux menées subversives de l'extrême droite. Rien de tout cela n'est mentionné, mais, sans ces quatre facteurs essentiels, Hitler aurait été inaudible même en Bavière, et il n'aurait certainement pas tenté son putsch de novembre 1923. Par chance, le putsch en question est bien évoqué, de même que son échec, mais pas un mot sur le procès de Munich qui a suivi en février 1924. Or c'est ce procès très médiatisé qui a offert à Hitler une tribune nationale et l'a fait connaître dans toute l'Allemagne. Oubliez ce fait et le Führer serait resté un petit agitateur apatride parfaitement inconnu au-delà de la grande banlieue munichoise. Pourtant, le film de D8 réussit l'exploit d'omettre ce "détail" pour survoler à grande vitesse et haute altitude la période 1924-1927...

Warum nur, warum ?


Après la "révélation" de la crise économique de 1929, tous les éléments ayant concouru à la prise de pouvoir manquent à l'appel : ces millions de chômeurs qui fournissent à Hitler 400 000 SA, sans lesquels il n'aurait pu tenir tête aux solides organisations ouvrières communistes (non mentionnées) ni intimider les populations et impressionner électeurs et politiciens ; l'accession de Goering à la présidence du Reichstag, qui introduit le loup dans la bergerie ; la campagne présidentielle d'avril 1932 contre Hindenburg (non évoquée en tant que telle), qui donne tout de même au perdant 13 millions de voix et en fait une figure nationale. Enfin, on ne saura rien non plus des tractations décisives avec le président Hindenburg pour le décider à nommer Hitler chancelier, grâce à l'entremise de Göring et de von Papen, ce futur vice-chancelier dont le nom est également oublié (mais que l'on voit fugacement à droite d'une photo). En l'absence de tout cela, Les secrets de l'ascension d'un monstre resteront surtout secrets pour le téléspectateur, qui voit ensuite passer un récit économique sans le moindre rapport avec l'ascension d'Hitler : c'est, en gros, l'histoire de la société IG Farben pendant la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi cette société-là plutôt qu'une autre ? Pourquoi n'est-il fait mention ni de Goering (le maître du plan quadriennal) ni de Himmler (le chef de l'empire SS qui fournissait la "main-d’œuvre") ? Pourquoi le narrateur du film a-t-il devancé les souhaits de la ministre de l'Éducation nationale en écorchant à ce point les mots allemands ? Pourquoi, finalement, le spectateur a-t-il eu la déconcertante impression d'avoir vu deux ébauches de film réunies en une seule ? Das ist die frage - telle est la question...

Bref, ceux qui n'ont pas regardé n'ont pas perdu leur temps.

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