Les Blindés français de 1915 à 1940.

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Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  tietie007 le Jeu 01 Mar 2007, 9:55 am

Source : Les blindés français, article de Philippe Naud, pages 20-29, Vae Victis n°62, mai-juin 2005.
L'auteur s'est appuyé sur de nombreux ouvrages dont celui de G.Saint-Martin, L'arme blindée française, t.1, Economica 1998.

J'ai respecté le découpage des chapitres, lorsque je donne ma pensée, je précède ma phrase d'un *. Je me suis arrêté volontairement à mai 40, pour ne pas allonger démesurément le propos, l'article continuant et traitant la campagne de France, et fera l'objet d'un traitement ultérieur.

1) Les origines : l'artillerie d'assaut, 1915-1918.

En 1918, l'armée française est la plus avancée quant à l'utilisation des chars. L'un des premiers théoriciens de l'arme nouvelle est le colonel d'artillerie d'Estienne qui le 1er décembre 1915 écrit à Joffre :
"Je regarde comme possible la réalisation de véhicule à traction mécanique permettant de transporter, à travers les obstacles et sous le feu, à une vitesse supérieure à 6 km/h, de l'infanterie avec armes et bagages, et du canon."
Toutefois les anglais sont les premiers a engagé des "cuirassés terrestres" (*toujours l'esprit pragmatique british ...les français ont les idées, les anglais les appliquent !!), leur donnant le nom de camouflage de tanks, toujours synonyme de char aujourd'hui (le nom officiel du tank anglais et landship, "navire terrestre".).
Toujours est-il qu'en 1918, suivant les principes du désormais Général de division D'Estienne, l'armée française fait un usage intensif de cette "artillerie d'assaut", le meilleur exemple en étant le 16 juillet, l'attaque du général Mangin depuis la forêt de Villers-Cotterêt, sans préparation d'artillerie, mais précédée de chars Renault FT-17.
Dès 1919, le général Fayolle préconisait de former des avant-gardes motorisées pour intervenir en Allemagne, mêlant automitrailleuses, cyclistes, génie, infanterie, artillerie motorisée, transmission, préfiguration de la collaboration inter-armes allemande, 20 ans plus tard !!

2) Nul n'est prophète ...La sclérose (1920-1936).

En 1920, l'artillerie d'assaut disparaît, rattachée à l'infanterie pour devenir les "chars de combat". La volonté d'Estienne d'en faire une arme autonome est abandonée sous la pression des galonnés. Le corps des officiers est fort conservateur, comme dans toutes les armées d'Europe et chaque arme défend ses intérêts. Estienne, Inspecteur des chars de combat défendra ses idées jusqu'en 1923. Il sera écouté pour une de ses idées, le "char de rupture". Cet engin lourd et puissant (50 voire 100 tonnes !) prend forme dans les années 20 avec les quelques FCM 2C de 69 tonnes, puis les Renault B1 et B1 bis, de 31 tonnes. Mais le corps de 100 000 hommes, équipé de 4 000 chars et 8 000 autres véhicules, capable d'agir par suprise grâce à sa grande mobilité dont il défend la nécessité restera un voeu pieux.
C'est ce modèle que reprendra Charles de Gaulle en le modernisant dans "Vers l'armée de métier", en 1934. Il demandera la mise sur pied d'une "armée mécanique" de 2 500 chars.
D'autres officiers se feront aussi les avocats de cette armée tels les généraux Flavigny et Delestraint, en vain ! Un Hering, apôtre des groupes interarmes, en 1926, un Weygand, cavalier "ayant la passion du matériel", chef d'Etat-major en 1930-1931 va accélerer la motorisation, jusqu'à un Gamelin, qui s'interrogera en 1936 sur la pertinence des crédits pour les fortifications, argent certainement plus utile pour développer les chars et l'artillerie mobile ! Mais sa réflexion restera lettre morte.
Mais les généraux français, s'ils ne sont pas hostiles à la modernisation, s'obstinent à adhérer à une doctrine qui prend ses racines dans la Grande Guerre. Il faut 3 grands types de chars.
- un char lourd ou de rupture, appelé aussi "forteresse".
- un char léger, dont le FT-17 est l'exemple type, servant à accompagner l'infanterie. La France en possède 3 200 en 1919, il participera à toutes les campagnes françaises jusque dans les années 30 et reste quasiment le seul char présent dans les colonies en 1939.
- enfin un char moyen ayant pour mission de combattre les autres blindés.

Comment ses matériels doivent-il être mis en oeuvre ? Les instructions sur l'emploi tactique des unités (IGU) sont révélatrices. L'IGU 21 rédigée au lendemain de la Grande Guerre porte la patte de Pétain et met l'accent sur le feu car "l'attaque est le feu qui avance, la défense est un feu qui arrête." 15 ans plus tard, ces instructions seront repris mot pour mot dans l'IGU 36 qui stipule :
" (...) la décision, demain comme hier ne s'obtiendra que par la manoeuvre dont la vitesse et la mobilité sont les éléments essentiels" et que "le feu est le facteur prépondérant au combat" mais pour ajouter que "l'infanterie est chargée de la mission principale au combat" alors que la 1ere Panzerdivisionen vient d'être crée l'année précédente !!
Si la France s'est déjà dotée de moyens de combats modernes, commes les divisions légères mécaniques, le char demeure toujours un moyen d'appui.

3) A chacun son char.

Les engins blindés français demeurent, jusqu'à la guerre, fortement marqués par leur corps d'origine. Le règlement de 1937 est quasi à l'identique de celui de la guerre 14-18, à part que les R-35 et H-35, en service depuis 1936, remplacent le FT-17, c'est à dire une mission d'accompagnement de l'infanterie.
La cavalerie se révèle le corps le plus novateur. Elle débutera assez tôt sa motorisation avec la transformation de ses "chasseurs cyclistes" en "dragons portés", transportés en semi-chenillés Citroën P 19, à partir de 1931, en raison d'un bataillon par division de cavalerie. Sous l'impulsion du général Flavigny, inspecteur général de l'arme entre 1931 et 1936, la cavalerie est à l'origine de la première division blindée française, la DLM, constituée en 1933, soit deux ans avant la 1ere PzD.
Mais force est de constater, lors des manoeuvres, que cette DLM met l'accent sur des missions de renseignement et de couverture au service de l'infanterie plutôt que l'exploitation autonnome.
Mais la cavalerie a d'une part mauvaise presse auprès du généralissime Gamelin, d'autre part, les officiers de cavalerie sont réfractaires à la motorisation, parant leur monture de toutes les vertus ! La formule "pétrole-picotin" restera la pierre angulaire de l'arme jusqu'en 1940. Même Weygand, pourtant passionné de matériel, trouvera les idées de Flavigny trop avant-gardistes ! (*la réflexion toujours écrasée par les pratiques de la Grande Guerre. La victoire a stérilisé la théorie militaire et l'innocation. La Défaite l'a plutôt favorisé, en Allemagne...). De plus les blindés de la cavalerie suivent leur propre exigence à l'instar de l'infanterie, ils resteront des automitrailleuses, seule l'infanterie pouvant posséder des chars !
La baisse des crédits pour l'équipement, en partie mangée par la construction de la ligne Maginotn'arrangeront rien. (*l'idée que le Front Populaire aurait baissé les crédits est un mythe qui a la peau dure, un peu comme "le coup de poignard dans le dos" responsable de la défaite allemande en 18. Les crédits militaires sont relativement en baisse depuis 1919 !)

4) Un réveil tardif et confus (1936-1940).

Paradoxalement, le Front Populaire semble avoir préféré les "canons au beurre" même si il a incarné, pour certains, "l'esprit de jouissance" (*A voir le très beau film de Julien Duvivier, avec Gabin et Vanel, envoûtés par la belle Viviane Romance, dans La Belle Equipe, qui se déroule l'année 36).
A un Gamelin stupéfait,Daladier, ministre de la Guerre, promet 14 milliards de francs sur 4 ans ! Plus de 23% seront consacrés à la motorisation et seulement 8,5% aux fortifications, infléchissement de la distribution des crédits, un peu trop tardif ! Bref n'en déplaise aux poourfendeurs des 40 heures qu'on oppose à une soi-disante efficacité germanique, mythique, le Front Pop', même si il a entraîné certains désordre dans l'industrie, reste à l'origine du réarmement !
Quel usage pour cette manne tombée du ciel ?
La cavalerie va équiper, en 1937, sa deuxième DLM, puis une autre fin 1939. Elles doivent toutes recevoir le Somua S-35, un engin très moderne en 1940, et préféré aux AMC de Renault et à la piètre Panhard-Schneider P 16, reléguée à la reconnaissance et rebaptisée AMR. Cependant, le coût le coup de la motorisation de l'arme est trop élevé pour commander les 600 Somua prévus ! (*On ne rattrape pas 20 ans d'errements en un an !). Le volume est donc réduit de moitié, et la cavalerie se rabat sur les Hotchkiss H-35, armées du même canon de 37 mm du FT-17 sans réelles capacités antichars !
L'infanterie va utiliser les nouveaux crédits pour renouveler son parc de blindés. 3 modèles sont pressentis, le R-35, le H-35 et le FCM 36. Des trois, le dernier est préféré mais les Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) ne peuvent pas répondre à la demande et seuls deux bataillons seront produits. Les deux autres se taillent donc la part du lion. 5 projets de divisions cuirassés voient le jour entre 1936 et 1938, mais aucune d'elles ne verra l'ébauche d'une réalisation !
Par contre, certains généraux demandent qu'un bataillon de chars soit intégré à chaque division d'infanterie (*le fameux saupoudrage au détriment de la concentration !).
Toutefois, l'infanterie reçoit enfin les chars puissants rêvés, avec les célèbres B1 bis, qui vont supplanter le Renault D2, "char de bataille" succédant au D1, dont elle pensait se doter au cas où les budgets ne permettent pas de s'équiper du B1 bis. Les B1 bis apparaissent en 1935, après la gestation laborieuse du médiocre B1. Mais la capacité de production de ce char est faible. Jusqu'en 1939, l'industrie française ne sortira que 35 exemplaires par an , soit un bataillon !!
Le général Hering fort mécontent de voir la cavalerie et l'infanterie ne pas collaborer est à l'origine du projet le plus intéressant avec deux groupements de combat ressemblant furieusement aux "combat command" américains.
Mais en 1939, Gamelin résumera l'intérêt réel qu'il porte aux blindés en affirmant :
"Il ne faut pas exagérer l'importance des divisions mécaniques !"

Chez les artilleurs, le conservatisme règne aussi en maître ! Alors que la production des automoteurs d'artillerie sur châssis Somua, disponibles dès décembre 1937, elle ne sera en fait lancée qu'en novembre 1939, les artilleurs renâclant à mettre en oeuvre des canons automoteurs !

5) La Drôle de guerre: réussite industrielle, échec doctrinal.

Le nombre de blindés disponible connaît un spectaculaire bond en avant, durant la drôle de guerre. En métropole, en septembre 1939, l'infanterie dispose de 1 288 chars modernes, plus 630 FT-17 et la cavalerie, 999 automitrailleuses modernes.
Les colonies ne drainent qu'une part modeste du parc d'engins blindés avec 180 R-35 et D1 pour l'infanterie et 70 H-35, H-39, AMR 33 et autres AMC médiocres pour la cavalerie. (*un repli sur l'AFN pour continuer la guerre, n'aurait pas permis une posture offensive.)
La produciton se rationalise, la cavalerie ne recevant plus que 2 types d'engins, les S-35 et H-39 pour ses DLM, ses derniers remplaçant les insuffisants Somua. Quant aux AMD, elles se limitent désormais à l'excellent AMD 35 Pahnard.
Dans l'infanterie, le H-39 et R-35, supplantent les autres modèles de chars légers. La production des puissants B1 bis bât elle, tous les records. Si seuls trois bataillons sont disponibles en septembre 39, 8 le sont, fin avril 40, et les prévisions tablent sur 12 pour septembre 40 ! On envisage même d'en doter en partie le Royal Tank Regiment qui ne dispose , en mai, que des Matildas I, armés de mitrailleuses, et de quelques Matildas II, armés d'un canon de 40 mm.
Le char de forteresse est remis au goût du jour, pour attaquer le Westwall. La société FCM proposant un cuirassé terrestre, de 140 t, armé d'un cancon de 90 mm et d'un de 75 mm en tourelles et de deux 25 mm en casemate !

La doctrine d'emploi des chars, n'a pas vraiment évolué durant la drôle de guerre, même si des enseignements ont été tirés de la campagne de Pologne. Mais curieusement, dans le sens des généraux français ! Gamelin et ses adjoints, condescendants envers la petite armée polonaise, constatent que cette campagne a confirmé la justesse de leur doctrine, notamment la faiblesse du char face aux armes antichars ...
D'ailleurs les projets de renforcement en armes antichars marquent le pas. Les chasseurs de chars automoteurs Laffy,sont considérés comme trop visibles, et on préfèrera attendre les livraisons de canons de 47 mm, tractés sur sur affût triflèche.
Quand en janvier 40, De Gaulle envoie son mémoire intitulé "L'avènement de la force mécanique", il prêche encore dans un désert !(*la suffisance, l'auto-satisfaction voire l'auto-célébration de certains généraux français sont parfois sidérantes !)
Toutefois, le générallisime Gamelin conçoit, à la lumière des enseignements polonais, qu'on ne peut plus construire des véhicules de combat faiblement blindés. La cavalerie doit donc recevoir des automitrailleuses plus puissantes, dont la Pahnhard 201, qui donnera naissance après-guerre à l'EBR. De la même façon, la 3e DLM reçoit des H-39 comme AMR pour ses dragons portés, il en va de même pour la 4e DLM, prévue pour juillet 40. Les divisions de cavalerie deviennent des divisions légères de cavalerie (DLC), avec moins de chevaux et mieux motorisées.
Quant à l'infanterie, elle saute le pas et crée ses premières divisions blindées , les fameuses Divisions Cuirassées de Réserve (DCR), qui loin d'être la réplique des PzD ne font que prolonger la doctrine de l'accompagnement !
La DCR de 1940, malgré ses 70 B1 Bis et 90 H-39, dispose de peu d'infanterie et de génie et quasiment pas de moyens de reconnaissance, même si une escadrille aérienne d'observations doit lui être rattachée. 3 voient le jour entre janvier et mars 1940, aucune n'a le temps d'acquérir une véritable cohésion.
Le 1er avril 1940, le général Keller, inspecteur des chars, note suite à un exercice de la 1e DCR que :
"la manoeuvre dans son exécution n'a pas donné l'impressin de force et de vitesse, caractères essentiels de la manoeuvre d'une DCR."

OUf .... cheers
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  tietie007 le Ven 02 Mar 2007, 8:40 am

Force est de constater qu'excepté d'Estienne et De Gaulle, qui furent les promoteurs de l'arme blindée, au niveau doctrinal, d'autres officiers généraux, comme le général Flavigny, le général Hering, et même un Weygand ont poussé à la motorisation de leurs corps. Mais ce furent souvent des actions individuelles, non coordonnées au plus haut niveau et ne procédant pas d'une réflexion doctrinale d'ensemble.
Les résistances à une évolution vers la motorisation (le fameux credo de la cavalerie "pétrole-picotin" !) puis vers le concept de "division blindée", notamment sous l'effet des logiques partisanes, ont été trop fortes.
L'armée française de 1918 était victorieuse , celà a conforté nos élites militaires dans un sentiment de supériorité intrinsèque, éludant la nécessaire réflexion théorique à l'adaptation des stratégies militaires aux nouveaux moyens matériels !
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  Invité le Ven 02 Mar 2007, 9:24 am

Salut,
Interessant

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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  Panzer5 le Ven 02 Mar 2007, 12:47 pm

L'auteur s'est appuyé sur de nombreux ouvrages dont celui de G.Saint-Martin, L'arme blindée française, t.1, Economica 1998.
J'ai lu les deux tomes, c'est effectivement une source trés sérieuse et trés fiable de mon point de vue. Les erreurs de l'inspection générale dés les années 20-30 sont trés bien pointées, mettant ainsi en lumière les futurs disfonctionnements qui méneront au désastre de 1940.
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  tietie007 le Ven 02 Mar 2007, 4:02 pm

Ca m'a l'air très sérieux, car l'article en question est vraiment hyper touffu ! J'ai élagué à mort !
Le drame de la France en 1940 se résume à comment perdre la guerre en un mois avec un meilleur matériel !!
Comme quoi, la guerre reste avant tout une réflexion théorique avant d'être une pratique, comme les Echecs d'ailleurs !
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  Ivy mike le Ven 02 Mar 2007, 10:22 pm

Salut Tietie (je ne me ferais jamais a un tel pseudo....),

Merci pour ce post très interessant
Je te rejoint tout à fait dans ton analyse:
L'armée française de 1918 était victorieuse , celà a conforté nos élites militaires dans un sentiment de supériorité intrinsèque, éludant la nécessaire réflexion théorique à l'adaptation des stratégies militaires aux nouveaux moyens matériels !
Il ne fallait pas se reposer sur nos lauriers...
Quand on voit ces trains de soldats souriants pensant que la guerre serait vite terminé comme en 14 avec des graffitis sur la tole du wagon....

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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  Catalina le Sam 03 Mar 2007, 12:23 pm

Il ne fallait pas se reposer sur nos lauriers...

Pour être plus précis, il fallait mener à son terme la démarche de modernisation de l'armée entreprise à partir de 1915 et brusquement interrompue avec la signature de l'armistice. L'idée qui prévalait en 1918 était: "plus jamais ça!!" mais l'on a refusé de se donner les moyens qu'il n'y ait plus jamais cela... Du coup, exit les programmes de modernisation lancés au cours de la Première guerre ou au début des années 20'... maleureu gri et petite relance à la fin des années 30' après avoir perdu 15 ans tant dans le domaine de la motorisation que dans celui du renouvellement de l'artillerie ou des armes d'infanterie.
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  tietie007 le Sam 03 Mar 2007, 12:38 pm

Par contre l'idée que le Front Populaire a ralenti le réarmement français est un mythe fortement ancré ! C'est le contraire qui est arrivé ! Les crédits d'armement ont nettement augmenté sous le Front Pop', ce qui d'ailleurs, avait étonné Gamelin, qui n'en revenait pas !
Cette légende, évidemment, a été colportée par Pétain et consorts, en 1940, stigmatisant "l'esprit de jouissance" qui s'était mis en place dans le sillage de ce gouvernement de gauche honni !
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  mcouioui le Sam 03 Mar 2007, 1:05 pm

Il y a une "légende" qui dit à ce sujet, que des parlementaires de la droite de l'époque (je précise, pas de jugement de politique contemporaine dans mon discours) auraient "aidés" à la défaite ou qu'en tous cas ça les aurait bien arranger "Les Allemands (Nazis) valant toujours mieux que les cocos" là aussi, la phrase n'est pas de moi, je ne fais que poser une question, pas de jugement ou de procès d'attention de ma part, j'ai mon avis sur le sujet, je vous demande le votre, je vous donnerais le miens, après clin doeil gri ... Pas la tête yeu gri
Sujet déplaçable par nos modos, ma question étant un rebondissement, du message de tietie007 pouce gri
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  tietie007 le Sam 03 Mar 2007, 1:11 pm

mcouioui a écrit:Il y a une "légende" qui dit à ce sujet, que des parlementaires de la droite de l'époque (je précise, pas de jugement de politique contemporaine dans mon discours) auraient "aidés" à la défaite ou qu'en tous cas ça les aurait bien arranger "Les Allemands (Nazis) valant toujours mieux que les cocos" là aussi, la phrase n'est pas de moi, je ne fais que poser une question, pas de jugement ou de procès d'attention de ma part, j'ai mon avis sur le sujet, je vous demande le votre, je vous donnerais le miens, après clin doeil gri ... Pas la tête yeu gri
Sujet déplaçable par nos modos, ma question étant un rebondissement, du message de tietie007 pouce gri

Il est clair que pour une frange, minoritaire, anti-républicaine, cette défaite fut une divine surprise, comme le disait Maurras !
Mais globalement, les Partis de droite ont défendu la nation française sans ambiguïté. Je pense à De La Rocque, dont le PSF était le premier parti républicain de droite, et même au PPF, dont les militants n'ont pas rechigné à aller au Front.
C'est surtout après la défaite qu'on verra certains partis de droite, comme le PPF devenir, au début, maréchaliste, puis en prôneront une ultra-collaboration après l'invasion de l'URSS.

D'ailleurs, au niveau des premiers de Résistance, l'échiquier politique est assez également partagé ! De Gaulle est un homme de droite, Charles Tillon est un coco !
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  Ivy mike le Sam 03 Mar 2007, 3:58 pm

Merci pour dans la suite du débat ne plus utiliser le saubriquet de "cocos"... préférons dire "communistes", je pense à certains qui vous en seraient grès.

D'ailleurs, au niveau des premiers de Résistance, l'échiquier politique est assez également partagé ! De Gaulle est un homme de droite, Charles Tillon est un coco
Oui, ça me rappelle assez une scene du film "Paris brule-t-il ?":
- Bonjour. Christine des jeunes chretiens Résistants
- Jean, des jeunesses communistes

Dans la Résistance il y avait de tout... de droite ou de gauche, mineur ou avocat, jeune ou vieux, homme ou femme... certains points rassemblaient tous ces Hommes.
pouce

Mais je sens que nous sllons sur un autre débat. Recentrons nous sur les blindés Français de la Victoire à la défaite, merci

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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  tietie007 le Sam 03 Mar 2007, 6:52 pm

Ivy mike a écrit:Salut Tietie (je ne me ferais jamais a un tel pseudo....),

Merci pour ce post très interessant
Je te rejoint tout à fait dans ton analyse:
L'armée française de 1918 était victorieuse , celà a conforté nos élites militaires dans un sentiment de supériorité intrinsèque, éludant la nécessaire réflexion théorique à l'adaptation des stratégies militaires aux nouveaux moyens matériels !
Il ne fallait pas se reposer sur nos lauriers...
Quand on voit ces trains de soldats souriants pensant que la guerre serait vite terminé comme en 14 avec des graffitis sur la tole du wagon....

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C'est pourquoi la théorie militaire est très importante ! Il faut des généraux de terrain comme le fut un Rommel (fort tacticien mais piètre stratège, il n'a par exemple jamais pesé auprès d'Hitler pour l'invasion de Malte !), un Patton ou un Leclerc, meneurs d'hommes exceptionnels, mais il faut aussi des théoriciens, des forts en thème, comme un Manstein ou un de Gaulle.
Or force est de constater que la pensée militaire française s'est totalement nécrosée, après la victoire de 1918 !
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  Catalina le Dim 04 Mar 2007, 12:00 pm

Or force est de constater que la pensée militaire française s'est totalement nécrosée, après la victoire de 1918 !

C'est du n'importe quoi!!! étoné gri La pensée militaire française n'a jamais été aussi vivace que dans les années vingt et trente!!! Résultat la création de la 1ére DLM, un an avant l'apparition de la premiére PanzerDivision, ou encore la motorisation de certaines divisions d'infanterie, de l'artillerie, des réflexions poussées dans le domaine de la coopération interarme, etc. La réflexion militaire était là, ce sont les crédits pour l'appliquer qui manquaient maleureu gri
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  Invité le Dim 04 Mar 2007, 1:51 pm

Ivy mike a écrit:Merci pour dans la suite du débat ne plus utiliser le sobriquet de "cocos"... préférons dire "communistes", je pense à certains qui vous en seraient grès
C'est comme cela que les gens de droite les appellaient avant 40, Ivy.
Et les "cocos" du forum le savent tres bien, ne t'inquiete pas.
Apres, ce furent des "bolchos".

Mais certaines remarques plus haut, helas bien eloignees des blindes, me semblent d'interet.

Dans leur ensemble, les membres des ligues factieuses de fevrier 1934 et les autres genre PPF se battirent comme tout le monde en 1939-1940. Et plus d'un comme des lions, dont un certain Joseph Darnand.

Ce n'est qu'apres l'armistice que vinrent les compromisssions et la collaboration. Et l'armistice a un nom : Petain.

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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  tietie007 le Dim 04 Mar 2007, 2:01 pm

Catalina a écrit:
Or force est de constater que la pensée militaire française s'est totalement nécrosée, après la victoire de 1918 !

C'est du n'importe quoi!!! étoné gri La pensée militaire française n'a jamais été aussi vivace que dans les années vingt et trente!!! Résultat la création de la 1ére DLM, un an avant l'apparition de la premiére PanzerDivision, ou encore la motorisation de certaines divisions d'infanterie, de l'artillerie, des réflexions poussées dans le domaine de la coopération interarme, etc. La réflexion militaire était là, ce sont les crédits pour l'appliquer qui manquaient maleureu gri

Totalement faux ! Les dépenses françaises militaires par rapport au PNB étaient équivalentes aux dépenses militaires allemandes !
L'armée française avait autant de chars que les allemands et ils étaient de meilleure qualité !
Si quelques généraux ont, en effet, eut des réflexions fort intéressantes, comme D'Estienne, Flavigny, De Gaulle, bien sûr (il était Colonel) et même Weygand qui créa la première DLM, les résistances furent très importantes, pour concrétiser ses théories bient trop avant-gardiste pour nos galonnés ! Même en 40, lorsque les DCR sont créées, elles resteront étroitement liées à la suprématie de l'infanterie !
Ce n'est donc pas une question de moyens financiers mais d'organisation et de mode d'emploi !
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  Catalina le Dim 04 Mar 2007, 8:15 pm

Totalement faux ! Les dépenses françaises militaires par rapport au PNB étaient équivalentes aux dépenses militaires allemandes !

Dans tes rêves???

Petits rappels sur le budget consacré à la Défense Nationale en France dans les années trente:

1920: 7,107 milliards d'anciens francs,
1933: 10,705 milliards d'anciens francs,
1934: 10,191 milliards d'anciens francs,
1935: 10,369 milliards d'anciens francs,
Malgré la dévaluation du franc, le budget consacré à la défense ne commence à augmenter qu'à partir de 1936. La part du PNB consacré aux dépenses militaires est de 4,5% en 1930, 4,9% en 1935.
1936: 14,407 milliards d'anciens francs,
1937: 20,775 milliards d'anciens francs
En 1938, la part du PNB consacré aux dépenses militaires atteint 6,2%

L'augmentation du budget militaire français à partir de 1936 fut d'abord consacré à rattraper le retard pris, entre 1930 et 1935, dans la fabrication d'armement moderne. Ce n'est qu'à partir de 1938, après la crise de Munich, que les budgets accordés à la Défense seront enfin suffisants pour commencer à mettre l'Armée au niveau de sa doctrine (ce qui était loin d'être achevé en 1939-40). Doctrine parfaitement décrite lors de la réunion du Conseil supérieur de la guerre (CSG) du 25 juin 1930, au cours de laquelle sont demandé deux types de divisions: la division transportée (infanterie motorisée) et la division mécanisée (blindée). Toutes les propositions du CSG sont approuvées le 4 juillet 1930 par le Ministre de la Guerre, André Maginot. Les seules raisons qui ne permirent pas de mener plus rapidement les programmes de modernisation résident dans les contraintes budgétaires (jusqu'en 1936-38 ) et le sous-équipement en résultant.
Le manque d'entraînement des cadres militaires à ces doctrines d'emploi est la principale cause du désastre de 1940, la plupart des actions de l'armée française étant menées en violation flagrante des réglements élaborés.
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  tietie007 le Dim 04 Mar 2007, 8:52 pm

Catalina a écrit:
Totalement faux ! Les dépenses françaises militaires par rapport au PNB étaient équivalentes aux dépenses militaires allemandes !

Dans tes rêves???

Petits rappels sur le budget consacré à la Défense Nationale en France dans les années trente:

1920: 7,107 milliards d'anciens francs,
1933: 10,705 milliards d'anciens francs,
1934: 10,191 milliards d'anciens francs,
1935: 10,369 milliards d'anciens francs,
Malgré la dévaluation du franc, le budget consacré à la défense ne commence à augmenter qu'à partir de 1936. La part du PNB consacré aux dépenses militaires est de 4,5% en 1930, 4,9% en 1935.
1936: 14,407 milliards d'anciens francs,
1937: 20,775 milliards d'anciens francs
En 1938, la part du PNB consacré aux dépenses militaires atteint 6,2%

L'augmentation du budget militaire français à partir de 1936 fut d'abord consacré à rattraper le retard pris, entre 1930 et 1935, dans la fabrication d'armement moderne. Ce n'est qu'à partir de 1938, après la crise de Munich, que les budgets accordés à la Défense seront enfin suffisants pour commencer à mettre l'Armée au niveau de sa doctrine (ce qui était loin d'être achevé en 1939-40). Doctrine parfaitement décrite lors de la réunion du Conseil supérieur de la guerre (CSG) du 25 juin 1930, au cours de laquelle sont demandé deux types de divisions: la division transportée (infanterie motorisée) et la division mécanisée (blindée). Toutes les propositions du CSG sont approuvées le 4 juillet 1930 par le Ministre de la Guerre, André Maginot. Les seules raisons qui ne permirent pas de mener plus rapidement les programmes de modernisation résident dans les contraintes budgétaires (jusqu'en 1936-38 ) et le sous-équipement en résultant.
Le manque d'entraînement des cadres militaires à ces doctrines d'emploi est la principale cause du désastre de 1940, la plupart des actions de l'armée française étant menées en violation flagrante des réglements élaborés.

Non non, pas dans mes rêves ! Les dépenses militaires allemandes, par rapport au PNB étaient à peu près équivalentes aux dépenses françaises !
Mais les crédits sont octroyés différemment. Ils n'ont pas été investi massivement dans le Westwall !
De plus, même si l'allemagne a dépensé plus que la France, c'était un peu normal dans la mesure où il partait de rien ! Leur armée étant fortement limitée par le Traité de Versailles ! Donc si tu cumules les dépenses depuis 1918 ...je pense que la France doit avoir dépenser 10 fois plus que l'allemagne !

Qu'il y ait eu des contraintes budgétaires, c'est évident, comme dans toutes les armées du monde, mais que je sache en 1939-1940, les français ont autant de chars que les allemands et de meilleures qualités ! Certes l'aviation allemande nous est supérieure, mais les anglais ne comptent pas pour du beurre !
Mais il est vrai qu'à force de mettre de l'argent à fond perdu dans le système de fortification, il en manque un peu dans les autres armes ! (cf, la réflexion du généralissime Gamelin sur l'intérêt de mettre tant d'argent dans la Ligne Maginot !). Donc la ventilation des crédits militaires relève bien d'un choix doctrinal !! Si tu lèves la Ligne Maginot, tu aurais pu multiplier les avions et les chars par 2 !
D'ailleurs l'allemagne, malgré ses quelques divisions qui peuvent participer à la Blitzkrieg est une force, comme la France, largement hippomobile ! C'est uniquement les 10 divisions (7 blindées et 3 motorisées) qui ont percé dans les Ardennes et qui ont gagné la bataille de France ! Il ne faut pas me dire que la France était incapable d'équiper des divisions équivalentes !

Les crédits n'ont rien à voir avec les doctrines d'emploi ! La motorisation était certes désirée, mais point trop n'en fallait ! Les résistances furent nombreuses parmi les officiers généraux, et il me semble, que les idées du Colonel De Gaulle, mise sur le papier dans "Vers l'armée de métier", n'ont pas eu un franc succès auprès de ses collègues ! Que je sache ce n'est pas une question de crédits si la première DCR n'apparaît qu'en 1940 ! Tu ne vas pas me dire que les français n'avaient pas les moyens d'équiper plus de 2 DLM !!
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  Catalina le Dim 04 Mar 2007, 11:58 pm

D'ailleurs l'allemagne, malgré ses quelques divisions qui peuvent participer à la Blitzkrieg est une force, comme la France, largement hippomobile ! C'est uniquement les 10 divisions (7 blindées et 3 motorisées) qui ont percé dans les Ardennes et qui ont gagné la bataille de France ! Il ne faut pas me dire que la France était incapable d'équiper des divisions équivalentes !

La France avait des divisions équivalentes, en 1939: 3 DLM et 7 DIM...

les idées du Colonel De Gaulle, mise sur le papier dans "Vers l'armée de métier", n'ont pas eu un franc succès auprès de ses collègues !

Pour rappel, le texte de cet ouvrage avait été commandé par Pétain à de Gaulle au début des années vingt, d'où le "léger" froid entre les deux hommes aprés sa publication.

Que je sache ce n'est pas une question de crédits si la première DCR n'apparaît qu'en 1940 ! Tu ne vas pas me dire que les français n'avaient pas les moyens d'équiper plus de 2 DLM !!

En effet, c'est une question de gloriole de la part de l'infanterie qui ne souhaitait pas perdre sa prééminence sur le champ de bataille au profit de la Cavalerie... D'où les DCR de 1940 qui n'étaient rien de plus que de grosses brigades de chars d'accompagnement mais certainement pas des divisions blindées (ce qu'étaient les DLM).

Pour les questions économiques voir (entre autres):
http://encarta.msn.com/sidebar_461500728/1938_Rearmament.html
un peu simpliste comme article, mais donnant une bonne idée des investissements en réarmement de chaque bélligérant.

Concernant la Ligne Maginot, le coût de sa réalisation n'a que peu influé sur le nombre d'avions ou de chars. L'essentiel de la Ligne était achevée en 1938, date à partir de laquelle l'Armée française avait enfin le budget nécessaire à sa modernisation. La Ligne Maginot était une solution économique de protéger les frontiéres à une période (1928-1936) où les budgets étaient restreints. Solution efficace puisqu'ayant permis de tenir les deux-tiers du front avec un tiers des effectifs de l'armée... Le probléme a résidé dans l'utilisation des deux-tiers restants.
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  tietie007 le Lun 05 Mar 2007, 12:22 am

Non Pétain et De Gaulle se sont fâchés pour un autre livre, au début des années 30, qui devait être un panorama sur l'histoire de la guerre et sur l'évolution du soldat. Dans "Vers l'armée de métier" (1934); De Gaulle reprend les idées du général d'Estienne, et pas de Pétain, qui ne jurait que par la défensive et son credo "Le feu tue !" Bientôt tu vas me sortir que Pétain est le père spirituel du livre de Guderian "Achtung Panzer" !

Tu le dis toi-même, les divisions cuirassées n'ont pas été développées car l'infanterie voulait gardait la préeminence sur le champ de bataille, merci de te l'entendre dire ! Du reste, et tu as tout à fait raison, les DCR sont encore inféodées à l'infanterie et n'ont aucune doctrine d'emploi propre ...tu crois que c'est du au manque d'argent ou au conservatisme de nos officiers généraux ?

La ligne Maginot peu coûteuse ? Juste un extrait de wikipedia :

Les gouvernements de la fin des années 1920, à l'instigation des plus hautes autorités militaires, affectent d'importants efforts budgétaires à la construction des lignes de défense. L'adoption de cette stratégie (symbolisée par la coûteuse, et de surcroit incomplète Ligne Maginot, puisque celle-ci fût arrêtée à la frontière belge) ne fut pas pour rien dans le résultat tragique de la Bataille de France.

L'argent qui a été mis dans cette défense statique n'a pas été utilisé ailleurs !

En résumé :
- la France a fait un mauvais choix dès le début des années 20 en foutant beaucoup d'argent dans un ouvrage défensif statique.
- si l'idée de motorisation et de forces mécanisées a vu le jour en France, par le biais du général d'Estienne, puis de Flavigny et enfin de Gaulle, force est de constater qu'ils n'ont pas été suivis dans les faits. Les raisons, loin d'être uniquement budgétaire, étaient avant tout mues par une pensée doctrinale qui mettait au centre du champ de bataille l'infanterie ! Ce n'est donc pas le matériel qui nous a manqué mais la doctrine d'emploi !
- il nous a manqué surtout un généralissime digne de ce nom. Pétain est un maréchal qui ne jure que par l'infanterie et la défense. Et puis il a gagné à Verdun dont il a toujours raison ! Weygand n'était pas si mauvais que ça, c'est sous son magistère que la première DLM a été initiée, mais il est aussi marquée profondément par la Grande Guerre et si c'est un fana de matériel, il faut savoir raison garder. Gamelin est totalement à l'Ouest, engoncé dans un complexe de supériorité intrinsèque qui obère toute réflexion. Ses conclusions par rapport à la campagne de Pologne sont hilarantes et son ordre de bataille en 1939, en ne prévoyant aucune réserve est stupéfiante ...même Churchill n'en reviendra pas !
Il nous aurait fallu un Joffre, on a eu un Gamelin , général syphillitique, sans fermeté et pusillanime !
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  Invité le Lun 05 Mar 2007, 10:17 am

Bonjour,

Tietie, va lire cet article :
Du 5 au 8 juin 1940

A mon sens, les raisons de la defaite furent plus politiques que militaires.
Face au coup genial de Sedan, a la percee fulgurante des panzers et l'encerclement du BEF et des meilleures unites francaises a Dunkerque, les autorites francaises capitulent mentalement.
Petain ne se comporte pas en militaire, mais en politique.
Weygand de meme.

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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  tietie007 le Lun 05 Mar 2007, 11:46 am

Daniel Laurent a écrit:Bonjour,

Tietie, va lire cet article :
Du 5 au 8 juin 1940

A mon sens, les raisons de la defaite furent plus politiques que militaires.
Face au coup genial de Sedan, a la percee fulgurante des panzers et l'encerclement du BEF et des meilleures unites francaises a Dunkerque, les autorites francaises capitulent mentalement.
Petain ne se comporte pas en militaire, mais en politique.
Weygand de meme.

Oui, je viens de lire l'article. Que les troupes allemands aient recontré une résistance acharnée, c'est évident. La demande d'armistice est demandée par les militaires, pour sauver l'honneur de la "Grande Muette". Le combat pouvait continuer mais aurait pu aboutir à une demande de capitulation sans conditions, de la part des allemands, or Weygand ne voulait surtout pas de celà ! Il est clair que Weygand en voulant préserver l'honneur de l'armée a choisi une approche plus politique que militaire, comme Pétain d'ailleurs.
L'attitude de De Gaulle est étonnant car tout le monde se rallie à l'idée d'armistice. Le Général est bien seul, fin juin 40, et les troupes FFL ne rassembleront que 7 000 volontaires, en juillet 40. 99% des français évacués de Dunkerque vers l'angleterre, choisiront de retourner en France. Mais peut-on en vouloir à ces braves soldats quand les élites militaires et politiques donnent l'exemple de la capitulation devant l'ennemi !
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  Catalina le Mar 06 Mar 2007, 3:52 pm

Pas eu le temps de passer plus tôt, mais me revoici mitraillette2

Je réitére le fait que c'est bien sur "Vers l'Armée de métier" que Pétain et De Gaulle se sont brouillés. Et j'affirme que c'est sous l'influence de Pétain que De Gaulle s'est converti aux vertus de la force mécanique.

En 1925, De Gaulle est un admirateur de la ligne Maginot et un défenseur de la stratégie statique de fortification :

La fortification de son territoire est pour la France une nécessité permanente... L'encouragement de l'esprit de résistance d'un peuple par l'existence de fortifications permanentes, la cristallisation, l'exaltation de ses énergies par la défense des places sont des faits que les politiques comme les militaires ont le devoir de reconnaître dans le passé et de préparer dans l'avenir

(C. de Gaulle. Revue militaire française. 1er décembre 1925)

La paternité de l'arme blindée revient bien sur à d'Estienne qui décrit l'utilisation des chars et la technique de percée motorisée lors de sa Conférence du 15 février 1920 au Conservatoire des Arts et métiers.

Chose moins connue, Pétain était également dès cette époque un partisan de la guerre motorisée, comme il l'écrivait en 1919:
L'artillerie à chenilles doit, à l'avenir, former une part importante de notre artillerie

Le 25 juin 1930, le Conseil Supérieur de la Guerre, présidé par Pétain, précise:

La motorisation qui apporte à l'armée un accroissement de puissance et de mobilité est à pousser le plus possible. Mais ses limites sont déterminées par deux facteurs: le carburant et le véhicule.(...) La division transportée possède un rayon d'acion supérieur à celui d'une grande unité du type normal mais sa capacité de combat n'est pas modifiée. (...) La division mécanisée dispose, en dehors d'une mobilité plus considérable encore, de possibilités nouvelles résultant de l'emploi d'un ensemble de moyens de feux blindés, constituant un corps de bataille cohérent, dont l'utilisation s'imposera sans doute tôt ou tard. (...) Dans l'état actuel des connaissances, la Grande unité mécanisée paraît devoir constituer le moyen le plus puissant et le plus mobile dont le commandement puisse disposer. Quels que soient les inconvénients inhérents à ces formations: lourdeur, vulnérabilité, prix de revient, on ne saurait négliger l'étude des possibilités nouvelles qu'elles permettent d'entrevoir, sans risquer un jour de se trouver dans un état de douloureuse infériorité.(...) Arme de vitesse, la Cavalerie est l'arme qui se la mieux préparée à utiliser les engins mécaniques rapides. Le véhicule armé, motorisé et blindé lui donnera un rayon d'action plus étendu, résultant d'un nouvel appoint de puissance et de mobilité. (...) Le char constitue le prototype, par excellence, de l'engin blindé tous terrains que réclament les nécessités du combat moderne. Conçu initialement comme un élément d'appoint pour les troupes chargées d'une mission de rupture, le char doit maintenant pouvoir mettre sa puissance au service de toute unité intervenant offenssivement dans l'une quelconque des phases du combat, de la prise de contact à la poursuite.

Dans sa note de juillet 1934 expédiée aux généraux commandant les régions militaires, sur l'emploi du Char D, le Maréchal Pétain livre son point de vue:

Il rentre (...) dans mes intentions de reprendre l'étude de l'emploi d'unités mécaniques à grand rayon d'action dès que les crédits permettront de monter à cet effet des manoeuvres d'une envergure suffisante.

Le Réglement de la cavalerie de février 1939, la note sur les modalités d'emploi des DLM dans une opération de rupture frontale d'un ennemi solidement établi n° 0.763-3/EMA-M du 23 février 1939, la note provisoire du 4 juin 1938 sur les grandes unités cuirassées, la notice provisoire du 16 décembre 1938 sur les conditions et les modalités d'emploi des grandes unités cuirassées, la note sur l'attaque des fronts fortifiés du 7 juillet 1939 et le réglement des chars de combat de 1940 définissent la doctrine d'emploi de ce qui n'est pas encore l'ABC. Doctrine fondée sur la maneuvre, la vitesse et la puissance de feu. Sont ainsi définis des structures temporaires telles que le détachement mixte (à l'échelon de la section ou du peloton), le groupement de maneuvre d'ensemble, le groupement mixte infanterie-chars et le détachement mécanique. Tous les réglements en vigueur en 1940 préconisent l'emploi d'associations d'unités "Le bataillon constitue la véritable unité de combat: en principe il ne doit pas être dissocié". "La compagnie est la plus petite unité tactique de chars. Elle ne doit pas être fractionnée". Le dosage préconisé pour les groupements mixtes est:
- d'une quarantaine de chars d'accompagnement (un BCC ou deux escadrons), sur un ou deux échelons, pour un kilométre de front,
- d'une vingtaine de chars par bataillon d'infanterie de premier échelon en action de rupture.

C'est car ces réglements n'ont pas été appliqués, par manque d'entraînement, que la France à connue les déboires de mai-juin 1940. Manque d'entraînement liée à une mauvaise distribution des crédits en temps de paix, donc dont la faute incombe aux politiques. Je rappelle, en passant, que De Gaulle occupait le poste de secrétaire général à la Défense Nationale de novembre 1932 à septembre 1939...

Le choix de Gamelin reléve également d'un choix politique. Un choix peu judicieux au regard de la suite des événements. La maneuvre Dyle-Escaut qu'il a conçu privait en effet le front de la réserve que constituait la VIIe Armée du Général Giraud. Au niveau tactique, le choix fait par Huntziger de faire monter en première ligne une unité de série B (71e DI) en lieu et place de la 1ére DIC, jusque là maintenue en réserve du 18e CA, ou de placer la 3e DIC sur la Ligne Maginot, démontre un manque de clairvoyance et un manque de confiance dans les fortifications tout aussi regrettable. maleureu gri

Mais non Tonton Daniel, je ne polémique pas... clin doeil gri
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  tietie007 le Mar 06 Mar 2007, 4:19 pm

Tous les officiers supérieurs étaient pour la motorisation, à l'époque, on ne pouvait guère être contre ! Mais avoir des divisions mécanisées, c'est une chose, les utiliser selon une doctrine d'emploi adéquate en est une autre !
Or Pétain dans le texte ci-dessus, dit bien qu'elles doivent être au service de ...c'est à dire inféodées à l'infanterie !
Quant à cette histoire de crédit, je maintiens qu'il ne manquait pas. Après c'est une question de choix. On a privilégié les défenses statiques à la manoeuvre, donc on a eu une superbe Ligne Maginot, et des divisions cuirassées qu'à partir de 40 ! D'ailleurs, en septembre 39, ce brave Gamelin est persuadé d'avoir une magnifique armée, à sa disposition ! Personne n'est véritablement inquiet sur cette guerre ! Le saupoudrage au lieu de la concentration sied à tout le monde !
Quant à la commande de Vers l'armée de métier, par Pétain, celà m'étonne beaucoup, le livre est sorti en 34 et les deux hommes étaient déjà brouillés depuis 4 ans ...Il faut que je vérifie sur mes bouquins, mais j'en suis quasiment sûr !
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  tietie007 le Mar 06 Mar 2007, 4:55 pm

Source : La seconde guerre mondiale, les acteurs, sous la direction de Philippe Masson, Références Larousse Histoire, 1992. p.291.

Le temps de potasser quelques livres je livre la bio de Pétain pris dans ce livre fait comme un dictionnaire sur les acteurs de la 2nde guerre mondiale, surtout le passage de l'armée à la politique .
J'ai repris le passage quasi littéralement. Les textes précédés par une * et fermées par des () sont mes réflexions personnelles.

"En raison de sa qualité de général victorieux, Philippe Pétain est investi des plus hautes charges militaires.
Vice-président du Conseil supérieur de la guerre du 23 janvier 1920 au 9 février 1931 (*Pétain est donc au coeur des choix doctrinaux faits dans l'armée française !)
Inspecteur général de l'armée à partir du 18 février 1922, le vainqueur de Verdun est de ce fait, chargé du commandement en chef de l'armée en cas de guerre. A ce titre, il est appelé à rétablir au Maroc, du 27 août au 6 novembre 1925 une situtation compromise par la révolte d'Abd-el-Krim dans le Rif (*Doriot, à l'époque député communiste était soi-disant parti au Maroc pour apporter son aide aux révoltés marocains !)
Inspecteur général de la défense aérienne du territoire le 9 février 1931, membre avec voix délibérative du Haut comité de coordination de la défense nationale, crée par Edouard Herriot.
Ministre de la Guerre du 9 février au 8 novembre 1934.(*Curieux que Ministre de la guerre lorsque le livre de De Gaulle est sorti, le Maréchal, si il en avait été le commanditaire, s'est bien gardé, à l'époque, d'aller dans le sens préconisé par le Colonel !)
Le maréchal Pétain a donc disposé de tous les moyens pour orienter le système militaire français. (*et force est de constater, en 1939, que la France ne dispose pas encore de divisions blindées !! Et je ne pense pas que ce soit une question de crédit !!)

Fidèle à sa conception défensive de la guerre, il accepte la réduction du service militaire à 18 mois en 1923, mais il pene en compenser les effets néfastes par la constitution, à partir de 1930, de la Ligne Maginot ! (*Pétain a évidemment adoubé le projet de la Ligne Maginot puisqu'il avait les plus hautes responsabilités dans l'armée française, à l'époque. Pour un passionné de la motorisation, voilà une attitude curieuse ...)

Méfiant à l'égard des chars d'assaut, dont il a regretté les faiblesses pendant la 1ere guerre mondiale, incertain des possibilités d'emploi des avions, Pétain réserve toujours à l'infanterie la primauté dans l'action, à condition qu'elle soit couverte par la puissance de feu de l'artillerie (*Pétain concevait en fait le char comme de l'artillerie mobile au service de l'infanterie, ce que confirme l'extrait que tu as mis !)
C'est là sans doute une des raisons qui l'opposent à son ancien collaborateur, Charles de Gaulle (1925-1927) (*Il me semblait bien qu'au début des années 30 les deux hommes étaient déjà brouillés, donc je ne pense pas qu'en 1932-33, le maréchal est commandé "Vers l'armée de métier" au colonel de Gaulle, livre qui sortira en 1934.)
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Re: Les Blindés français de 1915 à 1940.

Message  Catalina le Mar 06 Mar 2007, 6:12 pm

1925 la commande... quand De Gaulle est appelé par Pétain auprés de lui comme officier rédacteur...
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