Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

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Message  tietie007 le Jeu 27 Jan 2011, 10:02 am

Concernant les relations des USA avec le Canada, les 17 et 18 août 1940, Roosevelt rencontra, à Ogdensburg (Etat de New-York), Mackenzie King, le premier ministre du Canada. Entré en guerre avec la Grande-Bretagne, le Canada a fourni des hommes et du matériel. Mais les succès allemands de 1940, accroissent les inquiétudes d'Ottawa, et les canadiens veulent renforcer leur alliance avec les USA. C'est pour ça que King va à la rencontre de Roosevelt et ils vont mettre sur pied, au cours de cette réunion un Joint Board of Defense, qui est, pour le Canada, une réassurance d'une collaboration militaire sur le territoire américain, en cas d'attaque extérieure, alors que c'est un signe clair envoyé à tous les belligérants par les USA, qui confirme leur soutien à la Grande-Bretagne.
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Dim 30 Jan 2011, 4:56 pm

La parenthèse People, de ce dimanche ... Très bon docu, sur la 5, sur les liaisons dangereuses d'un certain J.F.Kennedy, réalisé par Harvey Lilley, en 2006, qui souligne que le célèbre président, avait un talon d'Achille ...les femmes ! Passion dévorante de cet érotomane compulsif addict au sexe, et qui sautait sur tout ce qui bougeait ! Or, le documentaire parle de certaines "escort girl" fournies par la mafia, notamment par le boss de Chicago, un certain Sam Giancana dont une certaine Judith Campbell, maîtresse du Président, juste avant sa mort. D'ailleurs, les Kennedy traînaient tellement de casseroles, que même si JFK n'avait pas été tué à Dallas, la presse s'apprêtait à sortir toutes ces "sex affair", plombant, à coup sûr, la réélection du Président.
Mais le document parle aussi d'une liaison de JFK avec une beauté danoise, Inga Arvad, épouse d'un diplomate égyptien puis de Paul Fejos, réalisateur d'origine hongroise, proche des milieux nazis. Il faut dire qu'Inga, avait couvert comme journaliste les JO de Berlin, en 1936, et qu'elle avait rencontré Adolf Hitler. En 1941, alors que les USA vont entrer en guerre, Inga, de passage à Washington, rencontra un certain JFK, et devint sa maîtresse. Edgar J.Hoover, patron du FBI, pensait que cette blonde danoise était un agent nazi, et fit mettre sur écoute les deux tourtereaux. Le père Kennedy, Jo, sentant que cette relation allait causer des problèmes à son fils, fit arrêter la relation !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Inga_Arvad
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Ven 11 Mar 2011, 2:48 pm

Analyse intéressante de Michael Bloch, dans son Ribbentrop (En poche, Perrin 2011, édition française Plon 1996) pages 139 à 151.

1°) Visite anglaise à Berlin.

Toute l'affaire partit d'une note franco-anglaise du 3 février 1935, demandant, après le rattachement de la Sarre au Reich, une négociation générale pour la sécurité collective du continent européen. Hitler saisit l'opportunité de cette note pour n'inviter que les anglais, à venir discuter à Berlin, bon moyen pour irriter les français. La visite, prévue le 24 mars, fut précédée, le 16 mars, par le rétablissement de la conscription et d'une Wehrmacht à 36 divisions, première transgression du Traité de Versailles. Malgré cette entorse évidente au Traité, les anglais allèrent visiter Hitler, ce que le dictateur allemand prit comme une victoire psychologique, puisque tacitement, pour lui, cela signifiait que le Traité de Versailles était bien mort !

2°) Conversation bilatérale, à Londres.

Pour Lord Simon, du Foreign Office, l'invitation faite aux marins allemands de venir discuter à Londres n'avait pas, originellement, un objectif de limiter le tonnage de la flotte allemande. En 1935, les traités sur les limitations sur la flotte de guerre, initiés par la première Conférence de Washington, en 1922, touchaient à leur fin, et, de toute façon, les dernières conférences sur le désarmement avaient échoué à cause de l'intransigeance des japonais, qui ne voulaient nullement limiter leur flotte de guerre. Dans ce nouveau contexte incertain, Londres essayait de consulter toutes les grandes puissances pour définir de nouvelles règles du jeu, et c'est dans ce cadre que Lord Simon invita les allemands à Londres, pour parler des problèmes navals.

3°) L'impossible ratio des 35 %.

Les anglais savaient que les allemands demanderaient que la Kriegsmarine ait un tonnage égal à 35 % de la Royal Navy, pourcentage bien trop élevé, qui serait certainement refusé par les anglais, qui, à Stresa, en avril 1935, avaient admis le principe, avec les italiens et les anglais, de ne plus tolérer aucune transgression au Traité de Versailles. Même von Neurath, chef de la diplomatie allemande, laissa volontiers le missi dominici d'Hitler, Ribbentrop, aller négocier ces 35 %, que les anglais refuseraient, humiliant le cacique nazi détesté par l'Auswärtiges Amt.

4°) Un coup de tonnerre dans un ciel d'azur !

Mais en ces temps incertains, rien d'impossible ! Ribbentrop arriva à Londres le 2 juin 1935 et évita, soigneusement l'ambassadeur allemand Hoesch. La double diplomatie du Führer prit un tour absurde lors de l'anniversaire du roi Georges V, puisque sur l'immense terrasse de l'ambassade d'Allemagne, deux délégations teutonnes se cotoyaient, s'ignorant superbement, les diplomates de carrière autour de l'ambassadeur Hoesch, faisant la révérence au passage du carrosse royal, alors que Ribbentrop, l'homme du NSDAP et ses acolytes firent le salut hitlérien !!
Le mardi 4 juin, les deux délégations, Ribbentrop et le vice-amiral Schuster pour les allemands (+ des adjoints), Lord Simon et le vice-amiral Little pour les anglais.
Or, il n'y eut pas vraiment de round d'attente, puisque Ribbentrop, répondant au discours de remerciements de Lord Simon, attaqua bille en tête, affirmant que le ration de 35% n'était pas négociable et était un préalable à toute discussion ! La violence du propos de l'allemand choqua même le traducteur du Führer, Paul Otto Schmidt, qui pensa, sur l'instant, que les discussions allaient être finies sans avoir commencé, vu les figures empourprées des délégués britanniques.
Mais l'incroyable arriva, le lendemain matin, le 5, puisqu'après une réunion préalable, les anglais acceptèrent les conditions allemandes ! Une acceptation aussi rapide surpris même Schmidt, et l'accord fut signé le 18 juin ! Ribbentrop avait réussi là où les diplomates professionnels avait échoué, et cet accord consacra le cacique nazi qui fut accueilli comme un héros dans son pays, Hitler, lui dédicaçant un portait de lui en lui avouant que c'était le plus beau jour de sa vie !

5°) Les causes du traité naval anglo-allemand.

Pourquoi les anglais acceptèrent, si vite, les demandes allemandes, irritant profondément leur allié traditionnel, la France ?
Les raisons sont multiples d'après Bloch :
- Comme je l'ai déjà dit, l'échec des dernières conférences sur la limitation des flottes de guerre, sous l'action des japonais, laissait un vide difficilement supportable pour les anglais.
- L'opinion publique anglaise était profondément pacifiste, et juste avant la conférence, un scrutin pour la paix avait été organisée par la League Of Nation Union,

http://en.wikipedia.org/wiki/League_of_Nations_Union

mobilisa près de 11 millions d'électeurs qui affirmèrent leur choix pour la paix !!
Personnellement, je pense qu'on minore bien trop ces courants pacifistes franco-anglais, qui peuvent expliquer beaucoup de choses, dans la politique étrangère de l'entre-deux guerres.
- le calendrier politique anglais a aussi joué ...puisque les négociations commencées sous le ministère McDonald se finirent 2 jours avant le départ de celui-ci, remplacé par Stanley Baldwin. Et le principal négociateur britannique, Lord Simon, partit 2 jours après la signature de l'accord ...comme si l'équipe qui allait partir voulait absolument finaliser cet accord avant de laisser sa place.
- enfin, et c'est certainement le facteur décisif pour Bloch, les diplomates et militaires anglais étaient un peu affolés par la politique hitlérienne qui transgressait ouvertement le Traité de Versailles et l'impossibilité d'astreindre Hitler à un quelconque accord. Les britanniques savaient très bien que, de toute façon, Hitler n'en ferait qu'à sa tête et qu'il valait mieux accepter ce ratio de 35% que rien du tout ! Autant essayer de contrôler (ce qui était aussi utopique aussi ) par un accord naval, les futures constructions de la Kriegsmarine.

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Mer 23 Mar 2011, 12:41 pm

Stephane H.Lindner, dans son Au coeur de l'IG.Farben, l'usine chimique de Hoescht sous le 3eme Reich, Les Belles Lettres, Paris, 2010, page 88, déclare :
"La direction de l'usine ne sympathisait pas avec les nazi. Les dirigeants de l'IG Farben dans leur ensemble, et de Hoescht en particulier, étaient en général proches des partis bourgeois-libéraux du centre, le parti démocrate allemand (DDP) et surtout du DVP. Lors de l'élection présidentielle de 1932, Carl Duisberg s'est, au nom de l'ensemble de la direction de l'IG Farben, fortement engagé en faveur de la réélection du Paul von Hindenburg; il a explicitement exprimé sa défiance à l'égard du NSDAP et de Hitler, surtout en raison de la proximité de leur programme économique avec le marxisme. Il y avait bien déjà, parmi les managers de l'IG Farben des nazis, mais Wilhelm Rudolf Mann était le seul membre du NSDAP au sein du directoire. En 1932, ces milieux rejetaient encore massivement le national-socialisme et soutenaient plutôt les gouvernements de von Papen et de Kurt von Schleicher."

Lindner confirme donc ce que l'on savait déjà, que le grand capital allemand a soutenu, avant tout, les partis conservateurs, alors que les nazis leur apparaissaient dangereux, économiquement parlant, avec, notamment, une aile dite "bolchevique", incarnée par les frères Strasser, qui tenait un discours anti-capitaliste.
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Dim 22 Mai 2011, 11:15 am

L'argument principal de ceux qui stigmatisent le grand capital dans la montée du nazisme, argue que les nazis avaient une banque internationale, la BRI.
La Banque des Réglements Internationaux fut créée en 1930, pour aider à la mise en place du remboursement des dettes de guerre, dans le cadre du Plan Young. Par la suite, elle continua à servir d'interface au IIIeme Reich comme banque. Etant en Suisse, avec un statut spécial, la BRI fut en effet à la solde du Reich.

http://www.livresdeguerre.net/forum/contribution.php?index=43446

Mais le statut de cette banque, en pays neutre, ne pouvait permettre aux alliés d'arrêter cette collaboration et, à une certaine époque, la Suisse craignait, aussi, d'être envahi par les teutons.
De toute façon, le fait qu'une banque travaille avec le Reich, ne signifie pas que la grand capital ait soutenu, nécessairement, ce même régime, une banque n'est qu'un intermédiaire entre des capitaux et un client, et le client, en l'occurrence le IIIeme Reich, était plutôt menaçant pour le banquier. L'URSS, en son temps, avait aussi sa Banque, la Banque Commerciale pour l'Europe du Nord, qui lui servait d'interface financière avec le monde capitaliste, pas pour ça que l'on va accuser le grand capital d'avoir financé l'URSS.

En fait, ces histoires de commerce avec le IIIeme Reich, pose le problème, dans une société de type démocratique et capitaliste, de la moralité d'une action commerciale ou financière. Les multinationales ou les banques, qui pour fonctionner doivent faire du profit, doivent-elles s'interdire des clients sous prétexte qu'ils ne seraient pas politiquement corrects ? L'Allemagne nazie fut reconnue par tous les Etats du Monde, dès 1933, alors de quel droit, les acteurs privés économiques s'interdiraient de commercer avec le Reich ? Les multinationales doivent-elles être plus morales que les gouvernements ?

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Dim 19 Juin 2011, 11:51 am

Thierry Wolton dans Rouge Brun, le mal du siècle, JC Lattès, 1999, page 121, rappelle, à juste titre, que le programme du NSDAP de 1920 est assez anticapitaliste:
- l'article 11 exigeait la fin de la dépendance du capital et l'établissement d'un revenu comme seul fruit du travail.
- l'article 13 prévoyait la nationalisation des grands trusts.
- l'article 14 prônait une participation des ouvriers aux profits de l'entreprise.
- l'article 15 envisageait la mise en place d'un système de retraite généreux.

Wolton rappelle que si ce programme n'a pas été intégralement appliqué par la suite, voir notamment le changement au Congrès de Bamberg en 1926, où Hitler battit la tendance national-bolchevique incarnée dans les Frères Strasser, il n'en reste pas moins qu'Hitler ne fut pas vraiment l'homme du grand capital, surtout après sa rupture avec le Dr Schacht, après la polémique qu'il y eut entre ce dernier et Goering, qui se traduisit par la démission du premier. Au même moment, en 1938, le plus fidèle soutien à Hitler, issu du grand capital, Fritz Thyssen, était chassé d'Allemagne et ses biens expropriés.

On remarque qu'Hitler pour accéder au pouvoir a fait le dos rond face au Grand Etat-Major militaire et au grand capital. Mais qu'en 1938, il frappera les 2, en écartant Blomberg et Fritszch et en renvoyant le représentant de la grande industrie, Schacht, tout en chassant Thyssen !
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  Major cowburn le Dim 19 Juin 2011, 4:25 pm

Je me souviens d'un prisonnier allemand en novembre 1945 qui récitait la vulgate du national-socialisme,quand ma mère que j'accompagnais,allait leur apporter la soupe :ce n'est pas Hitler ni l'Allemagne qui voulaient la guerre mais les Judéo ploutocrates.Pour cet horloger bijoutierdans le civil ,ils étaient innocents,ne voulaient que la paix l'ennemi du nazi était le juif,le ploutocrate donc le capitaliste

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  Invité le Dim 19 Juin 2011, 5:52 pm

tietie007 a écrit:r notamment le changement au Congrès de Bamberg en 1926, où Hitler battit la tendance national-bolchevique incarnée dans les Frères Strasser]!

c'est Wolton qui dit ça ?

en tout cas c'est faux.

le national-bolchevisme est une tendance très minoritaire, incarnée notamment par Ernst Niekisch.

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Dim 19 Juin 2011, 7:32 pm

Francois Delpla a écrit:
tietie007 a écrit:r notamment le changement au Congrès de Bamberg en 1926, où Hitler battit la tendance national-bolchevique incarnée dans les Frères Strasser]!

c'est Wolton qui dit ça ?

en tout cas c'est faux.

le national-bolchevisme est une tendance très minoritaire, incarnée notamment par Ernst Niekisch.

Non, ce n'est pas Wolton, c'est moi ! Il y avait bien une tendance anti-capitaliste qui se rapprochait du "national-bolchevisme" au sein du NSDAP, qu'incarnait les frères Strasser, tendance qui a été battu au congrès de Bamberg, en 1926. Le terme anti-libéral serait certainement plus précis que celui de "national-bolchevisme", mais les deux tendances sont assez proches ...puisque les frères Strasser étaient férocement anti-capitalistes et qu'Otto Strasser s'était opposé à Hitler au début des années 30, car il y avait appuyé des grévistes.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Otto_Strasser
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  Invité le Dim 19 Juin 2011, 8:06 pm

et merci, jamais ?

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Dim 19 Juin 2011, 8:11 pm

Francois Delpla a écrit:et merci, jamais ?

Mr Delpla, je ne comprends pas votre propension à rechercher à tout prix une forme de reconnaissance et à demander des remerciements à tout bout de champ ... ce n'est pas la première fois que vous me faites le coup ! Je savais très bien que le mouvement "national-bolchevique", stricto sensu, n'était pas dans le NSDAP, mais l'expression peut recouvrir tous les mouvements Völkisch qui se référaient au "socialisme", c'est disons une image ...Vous qui filez en permanence la métaphore, vous êtes mal placé pour faire des remarques concernant des "expressions génériques" !!
Mais je vais faire une petite synthèse du chapitre XI, du livre de Wolton, qui analyse les différences chapelles de cette mouvance nationale-bolchevique ...
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  Invité le Dim 19 Juin 2011, 8:24 pm

tietie007 a écrit:

Mr Delpla, je ne comprends pas votre propension à rechercher à tout prix une forme de reconnaissance et à demander des remerciements à tout bout de champ ...

ah bon ? exemples ?

à mon compteur nous en sommes à deux.

Deux impropriétés de vocabulaire signalées à la même ingrate personne.

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Dim 19 Juin 2011, 8:29 pm

Francois Delpla a écrit:
tietie007 a écrit:

Mr Delpla, je ne comprends pas votre propension à rechercher à tout prix une forme de reconnaissance et à demander des remerciements à tout bout de champ ...

ah bon ? exemples ?

à mon compteur nous en sommes à deux.

Deux impropriétés de vocabulaire signalées à la même ingrate personne.

Je ne vais pas reparcourir tous les posts pour vous trouver des exemples, mais je sais qu'ils existent et vous le savez très bien ! Si vous voulez jouer à ce petit jeu "d'encul...de diptères", je vais m'y atteler ...surtout que comme vous filez en permanence la métaphore, il sera facile de vous reprendre ! Mais à l'avenir, essayez d'éviter de me demander de vous remercier ...lorsque je reprends un de mes élèves, je ne lui demande jamais des remerciements ... Très curieux comme attitude !
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  Invité le Dim 19 Juin 2011, 9:35 pm

nous ne sommes justement pas dans un rapport prof-élève, mais sur un forum égalitaire où nous nous aidons à voir clair : en cas de service rendu, un petit merci est de mise. Mais basta !

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  eddy marz le Dim 19 Juin 2011, 10:34 pm

Messieurs;
Toutes les fois que l'on vous retrouve sur un sujet, cela a tendance à virer à la foire d'empoigne. Pourriez-vous convenir d'un modus vivendi qui exclurait les petites remarques acides et l'orgueil mal placé afin de ne pas gâcher les sujets pour les autres ? C'est parfaitement inutile, et vous devriez être au dessus de cela. Je vous en remercie d'avance.

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  Invité le Lun 20 Juin 2011, 4:47 am

eddy marz a écrit:modus vivendi qui exclurait les petites remarques acides et l'orgueil mal placé

d'accord

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Lun 20 Juin 2011, 8:53 pm

tietie007 a écrit:
Francois Delpla a écrit:
tietie007 a écrit:r notamment le changement au Congrès de Bamberg en 1926, où Hitler battit la tendance national-bolchevique incarnée dans les Frères Strasser]!

c'est Wolton qui dit ça ?

en tout cas c'est faux.

le national-bolchevisme est une tendance très minoritaire, incarnée notamment par Ernst Niekisch.

Non, ce n'est pas Wolton, c'est moi ! Il y avait bien une tendance anti-capitaliste qui se rapprochait du "national-bolchevisme" au sein du NSDAP, qu'incarnait les frères Strasser, tendance qui a été battu au congrès de Bamberg, en 1926. Le terme anti-libéral serait certainement plus précis que celui de "national-bolchevisme mais les deux tendances sont assez proches ...puisque les frères Strasser étaient férocement anti-capitalistes et qu'Otto Strasser s'était opposé à Hitler au début des années 30, car il y avait appuyé des grévistes.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Otto_Strasser

Thierry Wolton dans son chapitre XI, page pages 255 à 278, divise en trois, les mouvances du national-bolchevisme :

- une incarnée par le Colonel Bauer, ancien adjoint de Ludendorff, il appartiendra au petit comité secret de militaires, partisans d'un réarmement de la Reichswehr et d'une alliance avec la Russie des soviets. En 1925, il écrira, après un voyage en URSS, au Pays des Tsars Rouges, un panégéryque du régime bolchevique. Bauer est fasciné par l'Etat bolchevique, léviathan des temps modernes qui impose l'intérêt général face aux intérêts particuliers. L'attrait vers l'Est se renforcera après le Traité de Locarno, ultime humiliation faite à l'Allemagne, et qui exacerbera Ostoreintierung.
En novembre 1926, Goebbels, qui est alors dans le sillage des frères Strasser, écrira un article laudateur sur Lénine, et il se fera reprendre par l'idéologue du parti, Alfred Rosenberg, qui condamnera tout rapprochement avec la "Judée soviétique".

- une autre mouvance s'incarne dans la ligue Jeune Nationale qui se réfère à Ernst Jünger. Nationalisme et socialisme loin d'être incompatible, se sont réunis dans la Russie des soviets, où la volonté nationale a fini par triompher de l'internationalisme. Junger mettra au centre de son système Le Travailleur (1932), héros des temps modernes qui s'opposera au spéculateur. Malgré des appels du pied des nazis, il méprisera leur antisémitisme et finira dans la Wehrmacht à Paris ...Il faut dire que malgré les pressions, Hitler admirait le soldat qui avait obtenu la croix "Pour le Mérite", lors de la Première guerre mondiale. Admiration qui lui permit de publier les Falaises de marbre, en 1942.
Au printemps 1930, le groupe Jeune National de Berlin, fonde une nouvelle organisation plus à gauche, le Groupe des Nationalistes social-révolutionnaires (GS-NR) qui se réclame de la nation, du peuple, et du socialisme. Le GS-NR se prononce pour la nationalisation des moyennes et grandes entreprises, et il appelle à la lutte des classes des opprimés en souhaitant la création d'une « armée populaire révolutionnaire ». Il est aussi favorable à l'alliance avec Moscou, et en 1931, ultra-nationalistes et communistes se ligueront contre la République de Weimar. D'ailleurs, lors des élections présidentielles, cette mouvance appelera à voter pour le candidat de la révolution, Ernst Thaelmann.

- enfin le national-bolchevisme qui se développe autour de la revue Widerstand d'Ernst Niekisch. A l'origine Niekisch est de formation marxiste, mais il va très vite s'opposer au diktat de Versailles et tendre vers le nationalisme. Pour lui, Léninisme est une version nationale du socialisme marxiste, et comme Bauer, il est fasciné par le planisme et par cet Etat bolchevique surpuissant qui fait régner l'ordre social ! Curieusement, Niekisch critique le nazisme, trop peu prussien à son goût et cheval de Troie de la latinité en Allemagne (salut et aigle romain). Il refusera d'entre au NSDAP sur une proposition de Goebbels.

En conclusion, le national-Bolchevisme est surtout fasciné par le super-Etat soviétique qui impose sa loi sans pitié, réprimant férocement les intérêts particuliers au profit de l'intérêt général. Il se nourrit, aussi, de sa haine du système démocratique et de l'individualisme bourgeois, mais le conjugue avec une exaltation de la communauté nationale.

Il est clair que cette mouvance a influencé les frères Strasser, qui prônaient aussi l'alliance avec l'URSS et la lutte contre les capitalistes, voir l'admiration d'un Goebbels pour un Lénine. Mais que le NSDAP, s'il partage de nombreux points communs avec cette mouvance (revanche contre Versailles, antidémocratisme, anti-individualisme, Etat autoritaire ...) se distingue par son antisémitisme virulent, qui n'est pas une caractéristique du national-bolchevisme.
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Dim 24 Juil 2011, 11:23 am

Il ne faut pas oublier que jusqu'en 1926, il y a un débat important au sein du NSDAP, concernant le programme économique, qui s'est résolu en partie au Congrès de Bamberg. Otto Strasser incarnait avec son frère, la tendance "anti-capitaliste", qui prônait la nationalisation des industries allemandes, la réduction de la propriété privée et une alliance avec l'URSS. Après le congrès de Bamberg, qui se rallia à Hitler, qui était contre les idées de Strasser, la tension entre les deux hommes poussa Otto Strasser au départ du NSDAP et à la fondation du NSKD, une sorte de parti national-communiste, puis fut à l'origine du Front Noir.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Otto_Strasser

Pourquoi Hitler s'était-il démarqué de Strasser ? Car le discours ouvertement anti-capitaliste de celui-ci, pouvait gêner quelques grands donateurs, notamment un Thyssen, rare grand patron à soutenir ouvertement le NSDAP, et qui est intervenu auprès d'Hitler pour faire taire l'aile socialisante du NSDAP, comme lors d'une grève à Berlin, au début des années 30. De plus, Hitler était totalement rétif à la pensée marxiste, puisque pour lui, l'économie était chose mineure et ne déterminait nullement la réalité politique et sociale, d'où sa résistance au discours "marxisant" d'un Strasser !
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Sam 13 Aoû 2011, 6:30 pm

Une petite entorse à la politique de soi-disante neutralité des USA :

Pour André Kaspi, dans son Roosevelt, Fayard 1988, page 398, il y eut, dès mai 1940, une entorse à l’isolationnisme américain :
« Le 16 mai, Roosevelt fait observer à Churchill que la cession de 40 à 50 destroyers réclamerait l’approbation du Congrès et que le moment est mal choisi pour susciter un tel débat. Pour le reste, les USA feront tout ce qui est en leur pouvoir. Le 22, le général Marshall, chef de l’état-major, refuse de laisser partir des appareils, qui , dit-ils, sont destinés aux forces américaines, mais propose la livraison de 500 000 fusils Einfield, de 100 millions de cartouches, de 35 000 mitrailleuses et fusils-mitrailleurs, de 500 mortiers, de 500 canons de 75 et d’un million d ‘obus. Cet armement est expédié en Europe, non par des compagnies privées mais par le gouvernement des USA, ce qui rompt, de facto, avec une politique de stricte neutralité . Sur le plan juridique, il s’agit d’un acte de guerre, dont les allemands auraient pu tirer parti s’ils n’avaient craint de pousser les USA trop loin. De plus, la décision a été prise en secret, sans que le Congrès ait été consulté, tant que l’opinion soit informée. »
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Sam 21 Jan 2012, 9:17 am

tietie007 a écrit:1°) Le NSDAP peu soutenu par le patronat allemand avant 1933.



2°) Ralliement et résistance du patronat par rapport à la mise au pas nazi.

C'est lors de l'arrivée au pouvoir des nazis que le patronat va financer massivement le NSDAP et que la moitié des industriels de la Ruhr vont adhérer au NSDAP, plus par opportunisme que par conviction, selon Pierre Açoberry. Mais très vite, des tensions vont survenir entre le patronat et le parti. C'est d'abord la nomination de Kurt Schmitt, comme ministre de l'Economie, en juin 1934, qui va inquiéter le patronat allemand. Issu de l'aile dirigiste et planiste du NSDAP, Schmitt va mettre au pas le RDI, organe du patronat allemand, et va substituer l'élection des représentants du patronat par la nomination de ceux-ci par le ministre ! (cf La société allemande sous le IIIeme Reich, de P.Ayçoberry, Seuil, 1998, page 128.)
Les résistances à cette "mise au pas" du patronat, vont alors se faire jour, et Schacht va profiter d'une attaque cardiaque qui frappa Schmitt, pour écarter le dirigeant nazi et prendre sa plance en janvier 1935, revenant sur les mesures dirigistes de son prédécesseur.
Schacht, un banquier qui incarnait les milieux d'affaires allemands, va très vite se heurter aux caciques nazis.

3°) La défaite de Schacht et l'annexion de l'Economie par le Parti Nazi.

La doctrine économique nazie était plus que limitée, et Hitler ne s'est jamais vraiment intéressé à l'économie. Pour le Führer, les acteurs économiques, de l'artisan au cartel, devaient simplement se soumettre aux acteurs politiques et sa pensée pourrait se résumer à son incise :
"Le ministère de l'Economie fixe les tâches, l'industrie les accomplit, mais si elle s'en juge incapable l'Etat national-socialiste saura bien jouer ce rôle." (Ayçoberry, page 130)

ou plus menaçant lorsqu'il évoque devant Schacht l'inflation :

"La première cause de stabilité de notre monnaie, c'est le camp de concentration !"

La même remarque fut faite à Rauchschning:
"Je veillerais à ce que les prix restent stables. Pour cela, j'ai les SA. Malheur à l'homme qui augmente les prix."

Mais Schacht, plutôt favorable à une économie marchande mondialisée va très vite se heurter à la politique autarcique du programme économique nazie. Le partisan de cette politique était un conseiller économique d'Hitler, entré dans le parti au début des années 20, un certain William Keppler et, lors du congrès de Nuremberg, en 1935, cette conception autarcique s'opposa à la conception de Schacht, favorable aux échanges commerciaux envers les autres pays. (Alan Bullock, Hitler-Staline, vie parallèles, Albin Michel/Robert Laffont, 1994, pages 470-490.)
Au début de 1936, les accrochages vont se multiplier entre le ministre de l'Economie et les nazis. Très rapidement, Schacht va se heurter au Maréchal Goering, chargé par Hitler de piloter le réarmement allemand et la mise en place d'une politique autarcique, auxquelles s'opposaient le ministre de l'Economie, qui craignait que le réarmement massif fasse exploser les déficits et relance l'inflation et que la politique d'autosuffisance nuise aux échanges commerciaux.
Le 4 septembre 1936, Goering, chargé du nouveau plan quadriennal, informa le ministre de l'Economie de la nouvelle politique économique décidée par Hitler qui s'appuyait sur le réarmement massif et une politique d'autarcie. Dans la foulée, un décret conféra à Goering le droit de promulguer lui-même des décrets et "de donner des instructions à toutes les autorités", fut publié le 18 octobre 1936.
La nomination de Goering au plan quadriennal et la subordination du Ministère de l'Economie à ce nouvel organisme, consacrait la victoire des nazis sur les spécialistes, du national-socialisme sur le monde des affaires qu'incarnait Schacht.

Mais Schacht tenta une dernière action pour faire capoter la nouvelle politique avec l'aide du Ministre de la Guerre, Von Blomberg. Celui-ci envoya un mémorandum en 3 points au Führer, début 1937, qui souligne les résistances des élites économico-militaires à la mise au pas des nazis :
- En tant que ministre de la Défense, von Blomberg revendiquait la charge des préparatifs de guerre et du fonctionnement de l'économie de guerre.
- Schacht et non Goering devait être responsable des préparatifs de guerre en tant de paix.

- la fonction de Goering devait disparaître si la guerre éclatait. En temps de paix, elle devait être réduite à un nombre de matières premières limitées. Si ces conditions n'étaient pas remplies, l'armée n'était pas prête à travailler avec Goering.

Hitler ne répondit pas. Il ne tint aucun compte de la protestation et laissa Goering poursuivre son travail. Pour la première fos dans l'histoire de l'Allemagne moderne, le veto n'avait pas produit d'effet. (Bullock, Page 480).


La montée en puissance de Goering dans l'Economie allemande devient vite intenable pour Schacht. Le gros Maréchal maniait la politique de la carotte et du bâton ! Offrant quelques gros contrats d'armement à Krupp ou à IG Farben, mais menaçant, par exemple, les industriels du fer de la Ruhr, en les obligeant, dans le cadre du programme autarcique, d'exploiter des gisements de minerai à faible teneur en fer, comme à Saltzgitter, dans le Brunswick, sous peine de les envoyer en camp de concentration en cas de refus !!

Cette nouvelle défaite de la Ruhr, fit démissionner Schacht, en novembre 1937 et laissa définitvement la place à l'action de Goering dans la politique économique du Reich.

François Kersaudy évoque assez peu, dans son Goering, Perrin, 2009, le conflit qui opposera Schacht et Goering pour la main mise sur la politique allemande. C'est Hitler qui va donner un coup de pouce au chef de la Luftwaffe, en le mettant à la tête du Plan de 4 ans, en septembre 36, pour piloter la nouvelle politique autarcique du Reich.
Kersaudy évoque l'incompétence crasse de Goering, en Economie, dont ce dernier se vantait, d'ailleurs, et le fantastique gaspillage que cette nouvelle politique va entraîner. L'exemple de l'exploitation du gisement de minerai de fer de Salzgitter, au pied des montages du Harz en sera un exemple révélateur. Gisement dont l'exploitation était considérée comme non rentable par les industriels allemands, à cause de la haute teneur en silicium, que les techniques de l'époque ne permettaient pas de séparer de l'élément ferreux, il attira malgré tout l'attention de Goering, qui édifia pour exploiter cette mine la plus grande usine métallurgique d'Europe, baptisée "Herman Goering Werke". Mais le nouveau procédé d'extraction s'avéra décevant, et il fallut mélanger au minerai local une forte proportion de minerai suédois importé, ce qui fit monter vertigineusement les coûts de production et ressortir plus clairement encore le caractère insensé de l'entreprise. Dès lors, il faudra mettre la main sur toutes les firmes métallurgiques rentables du secteur, afin de camoufler au mieux le monstrueux gouffre financier de Salzgitter. C'est ainsi que les Herman Goering Werke vont prendre au fil des mois et des années une ampleur absolument démesurée:
"Tout cela, dira plus tard Hjalmar Schacht, s'est transformé en une gigantesque pastèque, sur laquelle la stupidité, la corruption et l'escroquerie étaient inscrites en lettres capitales" (cité par Kersaudy page 197).
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Mar 24 Avr 2012, 6:12 pm

Le vote de la loi Prêt-Bail, en mars 1941, par le Congrès américain, qui donne à la Grande-Bretagne un accès illimité aux ressources américains fait dire à Hitler, le 24 mars 1941:
"Si l'on voulait, on pourrait déjà y voir un casus belli [...] De toute façon, une guerre contre les USA est inévitable."

(Source: Hermann Goering, de F.Kersaudy, Perrin, 2009, page 406.)
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Dim 06 Mai 2012, 3:03 pm

La faiblesse principale de ceux qui stigmatisent le rôle des USA, qui auraient été plus pro-fascistes que pro-alliés, je pense à Jacques Pauwels, est que leur thèse ne colle pas avec les faits. Chez les marxistes, le pouvoir politique est aux mains des capitalistes, qui manipulent le gouvernement. Donc, si on suit ce raisonnement, Roosevelt et son gouvernement auraient du être à la solde du grand Capital américain censé être pro-hitlérien. Or, il suffit de reprendre la chronologie pour démontrer que la politique Roosevelt fut avant tout pro-allié:

- 1937, adjonction de la loi Cash and Carry lors du renouvellement du Neutrality Act, qui favorise ouvertement les puissances maritimes, implicitement, la Grande-Bretagne et la France, ce qui fera dire à l'historien Robert Divine, que cette loi rompait ouvertement avec la politique de neutralité rooseveltienne.

http://en.wikipedia.org/wiki/Neutrality_Acts_of_1930s#Neutrality_Acts_of_1937

- Le 5 octobre 1937, c'est le discours de la Quarantaine, prononcé par Roosevelt à Chicago, qui stigmatisait les pays "fauteurs de guerre". Implicitement, le Président désignait le Japon, l'Italie et l'Allemagne.

http://www.vlib.us/amdocs/texts/fdrquarn.html

La paix, la liberté et la sécurité de 90 pour cent de la population du monde sont mis en danger par 10 pour cent restants qui menacent la paix dans le monde.

- Le 28 janvier 1938, Roosevelt demande un renforcement de la Marine de guerre, pour pouvoir se battre sur les deux océans. En mai 1938, le Congrès vota un crédit d'un milliard de $ et deux nouveaux cuirassés furent mis en chantier.

- 15 avril 1939, Roosevelt transmet une message à Mussolini et à Hitler, leur demandant de ne pas régler les contentieux entre pays en usant de la force (l'Allemagne venait d'annexer la Bohême-Moravie en mars 39 et l'Italie avait envahi l'Albanie). Ce message entraînera une fameuse réponse ironique du Führer au Reichstag:

http://www.youtube.com/watch?v=YKql4-8l29c&feature=related

- 26 juillet 1939, les USA annoncent la fin du Traité commercial avec les Japon, dans les 6 mois. Or, en 1938, les USA avaient fourni 44 % des importations nippones. La fin de l'accord commercial ne mettaient pas fin aux relations économiques entre les deux pays, puisqu'en 1940, le exportations américaines vers le Japon représentaient encore 227 millions de $ contre 78 millions à la Chine. (Source: Les USA et le Monde, de 1898 à nos jours, de Pierre-Yves Nouailhat, A.Collin, 2003, page 134-135). Preuve, d'ailleurs, que les USA ne suivent pas mécaniquement, le pays avec qui ils commercent le plus !

- 1er septembre 1939, nomination de George C.Marshall, comme chef de l'armée américaine. Marshall est partisan d'un renforcement de l'armée et pour le rétablissement d'un service militaire obligatoire. Il est aussi un chaud partisan de l'alliance anglaise.

- Septembre 1939, Roosevelt interdit l'exportation de fer et de ferrailles vers le Japon.

- 4 novembre 1939, le Congrès lève l'embargo sur les armes, après un débat de 6 semaines. Mais la condition reste que l'acheteur pait comptant et emporte le matériel avec ses bateaux (Cash and Carry). Fin 1939, une mission française se rend aux USA.

- 10 juin 1940, discours de Charlottesville, stigmatisant le "coup de poignard dans le dos" de l'Italie, qui venait de déclarer la guerre aux alliés, profitant d'une France à l'agonie.

- 17 juin 1940, Cordell Hull fait pression auprès du gouvernement de Vichy pour que la flotte française ne soit pas livrée aux allemands.

- 2 septembre 1940, accord américano-anglais sur la livraison de 50 vieux destroyers américains à la Grande-Bretagne contre l'octroi de bases outre-mer.

- le 19 septembre 1940, après un ultimatum japonais au gouvernement de Vichy, concernant le passage des troupes nippones en Indochine 1940, Roosevelt gèlera les fonds japonais aux USA, et réduire les exportations d'essence à haut niveau d'octane à destination du Japon.

- septembre 1940, vote du Congrès d'une loi sur le service sélectif qui permettra de lever 800 000 hommes en une année.

- 4 novembre 1940, suite au réflexion stratégique de l'armée américaine sur les différentes options militaires (désignées Rainbow), le chef de la marine US, l'amiral Stark, édite un Mémorandum, le Plan Dog, désignant le théâtre Occidental comme primordial, en cas de guerre et désigne l'Allemagne nazie comme l'ennemi prioritaire.

http://en.wikipedia.org/wiki/Plan_Dog_memo

Le secrétaire d'Etat à la guerre, Henry Stimson, et la Marine, Frank Knox, approuvèrent ce Mémorandum.

- 20 décembre 1940, création de l'Office Production Management, dirigé par William S.Knudsen, qui sera chargé de coordonner la production d'armes et la livraison aux alliés. Les allemands parleront d'une agression morale.

- 29 décembre 1940, discours de Roosevelt faisant suite à sa Conférence de Presse du 17 décembre, où il annonce que les USA deviendront l'arsenal des démocraties.

- 6 janvier 1941, message de l'état de l'Union de Roosevelt au Congrès, avec un discours sur les Quatre Libertés.

- Du 29 janvier au 29 Mars 1941, rencontre ABC-1 entre états-majors américains et britanniques, se mettant d'accord sur le Germany First. Des divergences existent pourtant, entre américains qui, suivant le principe de la "concentration stratégique", veulent s'attaquer, tout de suite, au continent européen, alors que les anglais sont pour une stratégie périphérique. En avril 1941, des négociations, dites ABCD, auront lieu avec les néerlandais, pour la protection de l'Indonésie.

- Mars 1941, vote de la loi Prêt-Bail (Lend-Lease) par le Congrès, considérée, par Hitler, comme une quasi-déclaration de guerre des USA.

- 9 avril 1941, signature d'un accord entre les USA et le Danemark, qui comprend la défense du Groenland par les américains en contrepartie du droit de construire, sur le continent glacé, des infrastructures navales, aériennes et radiophoniques.

- 10 avril 1941, Roosevelt décide qu'à l'ouest du 25e méridien, la flotte américaine patrouillera et donc protègera les convois britanniques.

Bon j'arrête là ...

Conclusion : la politique étrangère américaine, depuis 1937, est donc uniquement en faveur des démocraties, ce qui infirme les thèses de Pauwels et consorts !

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  Invité le Sam 30 Juin 2012, 12:54 pm

tietie007 a écrit:La faiblesse principale de ceux qui stigmatisent le rôle des USA, qui auraient été plus pro-fascistes que pro-alliés, je pense à Jacques Pauwels, est que leur thèse ne colle pas avec les faits. Chez les marxistes, le pouvoir politique est aux mains des capitalistes, qui manipulent le gouvernement. Donc, si on suit ce raisonnement, Roosevelt et son gouvernement auraient du être à la solde du grand Capital américain censé être pro-hitlérien. Or, il suffit de reprendre la chronologie pour démontrer que la politique Roosevelt fut avant tout pro-allié:

Tout ceci constitue des faits et des actes réels et indiscutables il n'y aucun doute la dessus, cela témoigne d'une attitude "officielle" claire du gouvernement US. Mais l'histoire ne nous apprend t'elle pas qu'un pays possède une politique "visible" faites de communiqués, de déclarations, discours et de votes et une politique "invisible" faites d'affaires, de contrats et de transferts d'argent ?. Il est relativement troublant de constater que parallèlement à ces décisions officielles des forces privées américaines et pas des moindres (Union Banking corporation, Ford, General Motors*) à travers des noms comme Prescott Bush, Harriman, Herbert George Walker, Henry Ford (qui s'est laissé aller a publier un ouvrage en quatre volumes totalement antisémite : "The International Jew" et qui fut un si célèbre bailleurs de fonds étrangers d’Adolf Hitler qu'il fut récompensé de ce soutien en 1938 par l'octroi de la plus haute décoration nazie pour les étrangers la « Grand-Croix de l’Aigle allemand »). Certes beaucoup de ces acteurs "en phase" avec le Reich étaient unies par un point commun : leurs liens avec une aristocratie protestante que l'on croise à Yale, université dont la devise est en... allemand et qui s'amuse à affubler dans ses clubs les jeunes étudiants de noms de divinités mythiques issus du nord de l'Europe (Thor, Odin) mais au delà que faut il en déduire ?. Le plus troublant reste tout de même que l'état US multipliaient les signes et déclarations en faveur des alliées alors que les éléments parmis les plus puissants et les plus célèbres du coeur financiers du pays collaboraient avec le Reich au quotidien (principalement autours d'accords industrielles et bancaires), le tout à un moment ou ils ne "pouvaient pas ne pas savoir". Un exemple : Les principaux actionnaire US de la banque UBC étaient aussi actionnaires via cette banque de la "Silesian steel" (acier) qui faisait travailler des déportés issus des camps gratuitement, Général Motors comme Ford produisaient chaque jours des milliers de moteurs pour l'armée Allemande. Ce qui frappe immédiatement celui qui étudie cette période est un constat implacable : comment le gouvernement américain pouvait il ignorer que de telles forces financières et industrielles (aussi connues, aussi puissantes) collaboraient avec le Reich depuis les années 1926 (soit lors de sa montée) jusqu'en 1942 soit tout de même pendant plus de 15 ans ? Mais au delà une seule question d'une importance capitale demeure tant pour la compréhension de cette période comme de notre présent. S'agissait t'il simplement de "Business opportuniste" comme certains le clament encore ou bien d'un "cercle idéologique commun" a une certaine aristocratie anglo-US-Saxonne (comprendre un arc au sein d'une part de l'aristocratie protestante dont le logiciel suivait les thèses du livre publié en 1543 par le fondateur de leur église, Luther, appelant à se débarrasser des juifs). Une aristocratie qui se trouvait ainsi en porte à faux avec les décisions de l'état US. Ce petit manège cessera subitement en 1942 même si des versements au Reich ont continué jusqu'en...1944 via l'Union Banking Corporation pourtant saisie par l'état en 1942 (sic). Manifestement il nous reste encore beaucoup de chemins et de recherches à faire pour comprendre certains mécanisme à l'oeuvre durant cette période. Certes il convient d'éviter de sombrer dans les explications faciles autant qu'hasardeuses du style "complot", néanmoins certains courants d'idées survivent très longtemps au sein de grandes familles aristocratiques qui en font un élément structurant de leurs identité (à travers l'éducation initiatiques des jeunes) destiné à protéger leurs biens de mariages hasardeux ou de la dispersion de leur intérêts.

wikipedia voir Prescott_Bush
wikipedia voir union_Banking_Corporation
wikipedia voir Roland_Harriman
wikipedia voir Des_Juifs_et_leurs_Mensonges


*En 1912, General Motors fait l'acquisition de la plus grande usine automobile d'Allemagne, l'usine d'Opel. Sous le régime hitlérien, la production se tourne vers le secteur militaire. Cette nouvelle orientation augmente les bénéfices engendrés par GM. Fin 1939, la valeur d'Opel dépasse les 86 millions de dollars soit près du double de l'investissement initial de GM (45 millions de dollars).

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  tietie007 le Sam 30 Juin 2012, 1:10 pm

charles de G a écrit:
tietie007 a écrit:La faiblesse principale de ceux qui stigmatisent le rôle des USA, qui auraient été plus pro-fascistes que pro-alliés, je pense à Jacques Pauwels, est que leur thèse ne colle pas avec les faits. Chez les marxistes, le pouvoir politique est aux mains des capitalistes, qui manipulent le gouvernement. Donc, si on suit ce raisonnement, Roosevelt et son gouvernement auraient du être à la solde du grand Capital américain censé être pro-hitlérien. Or, il suffit de reprendre la chronologie pour démontrer que la politique Roosevelt fut avant tout pro-allié:

Tout ceci constitue des faits et des actes réels et indiscutables il n'y aucun doute la dessus, cela témoigne d'une attitude "officielle" claire du gouvernement US. Mais l'histoire ne nous apprend t'elle pas qu'un pays possède une politique "visible" faites de communiqués, de déclarations, discours et de votes et une politique "invisible" faites d'affaires, de contrats et de transferts d'argent ?. Il est relativement troublant de constater que parallèlement à ces décisions officielles des forces privées américaines et pas des moindres (Union Banking corporation, Ford, General Motors*) à travers des noms comme Prescott Bush, Harriman, Herbert George Walker, Henry Ford (qui s'est laissé aller a publier un ouvrage en quatre volumes totalement antisémite : "The International Jew" et qui fut un si célèbre bailleurs de fonds étrangers d’Adolf Hitler qu'il fut récompensé de ce soutien en 1938 par l'octroi de la plus haute décoration nazie pour les étrangers la « Grand-Croix de l’Aigle allemand »). Certes beaucoup de ces acteurs "en phase" avec le Reich étaient unies par un point commun : leurs liens avec une aristocratie protestante que l'on croise à Yale, université dont la devise est en... allemand et qui s'amuse à affubler dans ses clubs les jeunes étudiants de noms de divinités mythiques issus du nord de l'Europe (Thor, Odin) mais au delà que faut il en déduire ?. Le plus troublant reste tout de même que l'état US multipliaient les signes et déclarations en faveur des alliées alors que les éléments parmis les plus puissants et les plus célèbres du coeur financiers du pays collaboraient avec le Reich au quotidien (principalement autours d'accords industrielles et bancaires), le tout à un moment ou ils ne "pouvaient pas ne pas savoir". Un exemple : Les principaux actionnaire US de la banque UBC étaient aussi actionnaires via cette banque de la "Silesian steel" (acier) qui faisait travailler des déportés issus des camps gratuitement, Général Motors comme Ford produisaient chaque jours des milliers de moteurs pour l'armée Allemande. Ce qui frappe immédiatement celui qui étudie cette période est un constat implacable : comment le gouvernement américain pouvait il ignorer que de telles forces financières et industrielles (aussi connues, aussi puissantes) collaboraient avec le Reich depuis les années 1926 (soit lors de sa montée) jusqu'en 1942 soit tout de même pendant plus de 15 ans ? Mais au delà une seule question d'une importance capitale demeure tant pour la compréhension de cette période comme de notre présent. S'agissait t'il simplement de "Business opportuniste" comme certains le clament encore ou bien d'un "cercle idéologique commun" a une certaine aristocratie anglo-US-Saxonne (comprendre un arc au sein d'une part de l'aristocratie protestante dont le logiciel suivait les thèses du livre publié en 1543 par le fondateur de leur église, Luther, appelant à se débarrasser des juifs). Une aristocratie qui se trouvait ainsi en porte à faux avec les décisions de l'état US. Ce petit manège cessera subitement en 1942 même si des versements au Reich ont continué jusqu'en...1944 via l'Union Banking Corporation pourtant saisie par l'état en 1942 (sic). Manifestement il nous reste encore beaucoup de chemins et de recherches à faire pour comprendre certains mécanisme à l'oeuvre durant cette période. Certes il convient d'éviter de sombrer dans les explications faciles autant qu'hasardeuses du style "complot", néanmoins certains courants d'idées survivent très longtemps au sein de grandes familles aristocratiques qui en font un élément structurant de leurs identité (à travers l'éducation initiatiques des jeunes) destiné à protéger leurs biens de mariages hasardeux ou de la dispersion de leur intérêts.

wikipedia voir Prescott_Bush
wikipedia voir union_Banking_Corporation
wikipedia voir Roland_Harriman
wikipedia voir Des_Juifs_et_leurs_Mensonges


*En 1912, General Motors fait l'acquisition de la plus grande usine automobile d'Allemagne, l'usine d'Opel. Sous le régime hitlérien, la production se tourne vers le secteur militaire. Cette nouvelle orientation augmente les bénéfices engendrés par GM. Fin 1939, la valeur d'Opel dépasse les 86 millions de dollars soit près du double de l'investissement initial de GM (45 millions de dollars).
,

1°) Dans un système libéral, il ne faut pas réduire la politique d'un gouvernement à l'action de ses entreprises. Henry Ford était pro-fasciste, mais n'a jamais influé sur la politique de l'état américain, il a d'ailleurs échoué par deux fois, malgré son argent, à être élu au congrès.

2°) L'Union Bank Corporation était une banque qui gérait, à l'origine, l'argent de la famille Thyssen aux USA, bien avant l'accès d'Hitler au pouvoir. Et jusqu'à l'entrée en guerre des USA contre le Reich, en décembre 1941, il n'y avait rien d'illégal que cette banque gère de l'argent allemand. C'est devenu illégal lors de cette entrée en guerre, avec le Trade with Ennemy Act :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Trading_with_the_Enemy_Act

Encore une fois, les actions des acteurs économiques privés, dans un système libéral, n'infère pas l'attitude de leur gouvernement.


3°) General Motors avait acheté Opel bien avant l'accession des nazis au pouvoir. GM a gardé ses billes dans cette entreprise, même après 1933, car tous les pays au monde avaient reconnu le régime hitlérien, et tous les pays faisaient du commerce avec le Reich. Lors de l'entrée en guerre des USA, le conseil d'administration de GM a été mis sous tutelle par les nazis.
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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

Message  Invité le Sam 30 Juin 2012, 2:12 pm

Bonjour, merci pour votre réaction toujours précieuse pour alimenter un débat ou une réflexion... voici mes réponses.

tietie007 a écrit:1°) Dans un système libéral, il ne faut pas réduire la politique d'un gouvernement à l'action de ses entreprises. Henry Ford était pro-fasciste, mais n'a jamais influé sur la politique de l'état américain, il a d'ailleurs échoué par deux fois, malgré son argent, à être élu au congrès.

c'est exactement ce que j'avance, un pays à deux politiques celle de son gouvernement et celle distinctes de certains de ses intérêts privées. Jusque là nous sommes en phase. On notera tout de même que les deux peuvent fusionner (sous la contrainte de la loi) en cas de circonstances exceptionnelles. La preuve : dés 1942 l'entrée en guerre des USA (donc de son gouvernement) déclenche une série de mesures pour les intérêts privées (fin de l'aventure ignoble de l'UBC)... comme quoi quand l'état veut... il peut.


tietie007 a écrit: 2°) L'Union Bank Corporation était une banque qui gérait, à l'origine, l'argent de la famille Thyssen aux USA, bien avant l'accès d'Hitler au pouvoir. Et jusqu'à l'entrée en guerre des USA contre le Reich, en décembre 1941, il n'y avait rien d'illégal que cette banque gère de l'argent allemand. C'est devenu illégal lors de cette entrée en guerre, avec le Trade with Ennemy Act :

wikipedia.org/wiki/Insurrections_de_Silésie

Encore une fois, les actions des acteurs économiques privés, dans un système libéral, n'infère pas l'attitude de leur gouvernement.

Même constat auquel je souscris parfaitement. Je constate simplement que l'aspect "morale" n'entre en aucune façon en ligne de compte, ni chez les puissances privées (mais cela on le savait depuis longtemps) mais surtout ni au sein de l'état US qui ne pouvait pas ne pas savoir ce qui se passait depuis tant d'années (Adolph n'a jamais fait mystère de son idéologie et ce depuis Mein Kampf dont le premier volume est publié le 18 juillet 1925 et le second le 11 décembre 1926) et qui n'aura pas agit de manière préventive (pourtant les USA savent déclencher des guerres préventives mais visiblement pas l'inverse..).


tietie007 a écrit:
3°) General Motors avait acheté Opel bien avant l'accession des nazis au pouvoir. GM a gardé ses billes dans cette entreprise, même après 1933, car tous les pays au monde avaient reconnu le régime hitlérien, et tous les pays faisaient du commerce avec le Reich. Lors de l'entrée en guerre des USA, le conseil d'administration de GM a été mis sous tutelle par les nazis.

C'est un fait indiscutable. Les rapprochements financiers les plus importants entre les appareils industriels allemand et US se tissent après le traité de Versailles de 1918 - Ford, GM entre autres. Ils pèseront d'ailleurs beaucoup sur le rôle des USA dans le "non paiement intégrale" de la dette de l'Allemagne envers la France pays d'obédience catholique directement issue de la doctrine Romaine (sud du Rhin) ce qui à première vue ne semble avoir aucun rapport.

Cela dit mon propos ne concerne pas tant l'état US en lui même et sa façade politique ou idéologique forcément construite pour être "tant que faire se peut" positive et consensuelle (démocratie oblige) que les liens entre les grandes familles en question dont les relations débordent de loin le cadre de la politique US ou du simple commerce... ce qui fait le lien avec les familles Bush, Harriman, Thyssen et j'en passe et des meilleurs. Ne pas prendre en compte la dimension religieuse revient à ne pas se doter d'un logiciel capable de cerner, étudier ou comprendre certains faisceaux de faits en relation les uns avec les autres donc à passer potentiellement à coté de champs d'investigations ou de pistes (de la fracture belge à la relation Silésie/Pologne ou encore des liens paraissants étranges vue de France entre des intérêts allemands et américains). Les fantasmes de complots et de sociétés secrètes la plupart du temps fantaisistes, erronés ou exagérés qui pullulent sur le net et évidemment brouillent la perception occupent tout simplement un espace laissé vide parce que le prisme "laïque" et "politique" bloque largement l'étude de l'histoire en prenant en compte cette dimension culturelle de base qu'est la religion (au sens socle de certaines nations, ciment de relations, lobbies et intérêts communs) et son interaction avec le pouvoir via de grandes familles (cf puissantes) aux traditions communes et solides dans le temps.

aegir.cndp.fr/crdporleans/crdp/jean-zay/frise/fiches/08_faillite_versailles.htm
cndp.fr/crdp-reims/memoire/bac/1GM/connaissances/reparations.htm
wikipedia.org/wiki/Insurrections_de_Silésie



Dernière édition par charles de G le Jeu 05 Juil 2012, 1:29 am, édité 4 fois

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Re: Le Grand capital américain responsable de la guerre ?

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