mai juin 40

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Re: mai juin 40

Message  roger15 le Sam 31 Mai 2008, 11:05 am

Jean-Louis a écrit:Pourquoi Paul Reynaud à il démissioné ? Pétain à joué double-jeu avant l'armistice ?

Bonjour Jean-Louis, Smile

Pourquoi Paul Reynaud a-t-il démissionné au soir du 16 juin 1940 ? Eh bien, tout simplement parce qu'il a craqué nerveusement, la pression des énormes responsabilités qui pesaient sur ses seules épaules, en ce jour dramatique du 16 juin 1940 (peut-être le jour le plus dramatique de toute l'histoire de France) a été si forte qu'il a préféré se décharger du fardeau devenu trop lourd pour lui.

Anthony Drexel-Biddle, ambassadeur des États-Unis à Bordeaux, rencontre Paul Reynaud à 19h30 ce 16 juin. Il est frappé par le changement de l'aspect physique du Président du Conseil français : « Il était devenu littéralement gris de panique, et quelqu'un qui l'aurait vu deux semaines auparavant, ne l'aurait pas reconnu. »

Philippe Pétain a-t-il joué le double jeu avant l'armistice ? Pas du tout, tous les membres du gouvernement français, le Président de la République Albert Lebrun, le Président du Sénat Jules Jeanneney et le Président de la Chambre des Députés Édouard Herriot savaient tous que si le Maréchal Pétain obtenait la présidence du Conseil, son premier geste serait de demander l'armistice.

D'ailleurs, il n'était pas le seul à le souhaiter. Paul Reynaud a déclaré ceci, à propos de sa démission, lors du procès du Maréchal Pétain en 1945 : « Je me suis trouvé en face de cette situation : les deux Vice-Président du Conseil (Philippe Pétain et Camille Chautemps) et un grand nombre de ministres hostiles à la continuation de la guerre… On a discuté depuis, la question de savoir s'il y avait, ou s'il n'y avait pas de majorité en faveur de l'armistice. Le Président de la République était convaincu qu'il y avait majorité. Comme vous le savez, on ne compte pas les voix au Conseil des ministres. De mon point de vue à moi, cela n'avait aucune importance, car un gouvernement homogène, qui a une voix de majorité à la Chambre, peut gouverner ; mais un chef de gouvernement qui, sur une question vitale, a contre lui ses deux Vice-Présidents et un grand nombre de ministres, ne peut pas gouverner. Il doit démissionner et refaire un gouvernement s'il en est chargé. »

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Re: mai juin 40

Message  Invité le Sam 31 Mai 2008, 11:31 am

En ajoutant les éléments que je possède, cela nous donnes un Président du Conseil, Paul Reynaud, homme de caractère faible et sous influence d'une femme : Hélène de Porte, qui n'était pas l'homme de la situation, c'est le moins que l'on puisse dire ! Ce qui me sidère, c'est que Reynaud à continué sa carrière politique après la guerre, et est mort en 1966. Pétain, lui, a vu l'occasion de détruire cette IIIème République qu'il haïssait, et à obtenu, de façon inconstitutionnelle les pleins pouvoirs et la mission d'élaborer une nouvelle Constitution, ce qu'il ne fera jamais. Seuls 80 parlementaires ( voir liste ici ) ont vôtés contre cet acte unique. Ensuite, eu lieu l'affaire du Massilia, ou les parlementaires etant mobilisé comme officier furent arrêté pour désertion, une autre fraction fut mis en accusation devant le procès de Riom. Quand le relicat regagna la France, la IIIème république avait cessé d'exister de Facto , mais quand on y regarde de près, jamais de Jure, sinon l'idée , née en 1944 a l'approche des Alliés de réunir l'Assemblée et de rappeller le Président albert Lebrun n'aurait jamais germé dans la tête des responsables de Vichy. "L'évacuation" de Pétain à Sigmaringen mis fin à la question. En reffusant de proclamer la république, de Gaulle avait raison d'un point de vue Constitutionnel, mais a commis une bourde lourde de conséquences en déclarant Vichy "Nul et non avenu", exonérant par la, les responsabilités de "l'Etat" dans les déportations des Juifs et autres opposants, et la collaboration active avec l'Allemagne nazie.
De plus, il y a paradoxe dans ce refut de reconnaitre les lois de Vichy : La loi qui permet aux femmes d'accoucher "sous X" fut promulgée par le régime de Vichy......Et reste d'application, bien que modifiée, aujourd'hui !

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Re: mai juin 40

Message  Narduccio le Sam 31 Mai 2008, 11:50 am

Reynaud a quelques (petites excuses). Il est dans un jeu d'alliance entre partis où l'autre homme "fort" de cette alliance est en complète contradiction d'avec lui. Il s'agit de Daladier, bien entendu.

Avant sa démission du 16 juin 1940, il a déjà démissionné : le 9 mai 1940. Il accepte de ne pas quitter son poste à cause de l'attaque du 10 mai. Si les Allemands avaient attaqué 2 jours plus tard, on aurait eu un autre président du conseil (Daladier était très bien placé pour cela, mais je ne pense pas que l'on aurait gagné au change). Il a comme chef d'État-Major, un homme de Gamelin qu'il n'aime pas et qu'il aimerait bien remplacé. Pendant 6 semaines, il va avoir une série de mauvaises nouvelles et pas n'importe lesquelles, des nouvelles comme très peu de présidents du conseil (ou de premier ministres) ont eu à subir. Toutes les décisions qu'il a réussi à imposer ont donné de mauvais résultats parce qu'il a eu du mal à les imposer et donc elles arrivent trop tard. Sa maitresse fait un sacré travail de sape en faveur de l'armistice (il résistera au moins une semaine ce qui n'est pas rien dans de telles conditions).

Sans compter son accident.

De plus, la troisième république impose un jeu d'alliance entre partis. Les chefs de partis sont donc souvent des habiles diplomates qui savent composer avec leurs "adversaires" pour composer des conseils de ministres a peu près gouvernables. Ce n'est pas franchement la meilleure école pour être un chef de guerre. En fait, il n'y a que quelques hommes qui auraient peut-être mieux tenu les rôle parmi les potentiels premier ministrables. Mandel, mais il avait déjà refusé du fait qu'il était israélite, apparait comme le meilleur choix avec le recul que l'on en a. Mais, nous n'avons plus l'habitude des subtils jeux d'alliances de la IIIème.

Mais, dès le 15 mai, il panse que la situation est très délicate, voire perdue. Ces nerfs ont craqués ? Mais connaissez-vous beaucoup de monde qui aurait résisté si longtemps dans de telles conditions ? Certains s'étaient prononcés dès le 18 ou 19 mai pour un armistice.

Quand au code de l'honneur des militaires, il y a un honneur supérieur au leur : celui de la France. Ils ont galvaudé celui-ci pour garder leur honneur. Désolé, en faisant cela, ils se sont déshonorés et ont déshonoré la France. Il aurait été bien plus honorable de capituler que de déshonorer la France.

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Message  doc roe le Sam 31 Mai 2008, 11:59 am

En fait si je comprend bien notre défaite en 1940 peut être due a un dysfonctionnement politique ayant des répercusions sur les cadres de l'armée et entrainant des mauvaise décisions?
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Re: mai juin 40

Message  Catalina le Sam 31 Mai 2008, 12:09 pm

Jean-Louis a écrit:
De plus, il y a paradoxe dans ce refut de reconnaitre les lois de Vichy : La loi qui permet aux femmes d'accoucher "sous X" fut promulgée par le régime de Vichy......Et reste d'application, bien que modifiée, aujourd'hui !

S'il fallait remettre en cause toutes les lois de Vichy, il faudrait aussi tirer une croix sur la Loi du 23 avril 1941 portant organisation de la police, le décret de juin 1941 amputant la Bretagne de la Loire Atlantique, ou encore la fête des méres... beret

Quand au code de l'honneur des militaires, il y a un honneur supérieur au leur : celui de la France. Ils ont galvaudé celui-ci pour garder leur honneur. Désolé, en faisant cela, ils se sont déshonorés et ont déshonoré la France. Il aurait été bien plus honorable de capituler que de déshonorer la France.

Là encore c'est une vision d'aprés-guerre où l'on ne juge l'honneur qu'à l'aune de De Gaulle. Jamais un officier français n'acceptera de capituler que ce soit à l'époque ou de nos jours!! Cela fait partie de la base même de notre formation et touche à l'honneur même de la France!!

C'est le gouvernement qui décide d'un conflit, pas l'armée!! Si le gouvernement souhaite la fin de ce conflit c'est à lui d'y mettre un terme, pas à l'armée d'en endosser la responsabilité. De ce point de vue la position de Weygand de refuser la capitulation de l'armée est logique et conforme aux traditions militaires. Ce qui ne l'est pas, par contre, c'est sa volonté de voir le gouvernement demander un armistice car un militaire exécute les ordres du gouvernement mais n'a pas à les influer ou les discuter (ce serait de l'insubordination, qui est également punie par le Code de Justice militaire).
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Re: mai juin 40

Message  Catalina le Sam 31 Mai 2008, 12:17 pm

doc roe a écrit:En fait si je comprend bien notre défaite en 1940 peut être due a un dysfonctionnement politique ayant des répercusions sur les cadres de l'armée et entrainant des mauvaise décisions?

Churchill porte également une grande part de responsabilité en acceptant que la France entame des négociations d'armistice séparées alors que cela était formellement interdit par l'accord du 28 mars... En donnant son aval à un armistice séparé le 13 juin, Churchill commet une bourde en "lâchant" Reynaud qui comptait sur une opposition formelle des britanniques. Le 15 juin, Weygand se voit retirer le commandement des troupes britanniques en France qui commencent aussitôt à être évacuées.


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Re: mai juin 40

Message  doc roe le Sam 31 Mai 2008, 12:34 pm

Le gouvernement britannique a accepté la défaite de la France avant qu'elle ne signe l'armistice.
Et pourquoi Churchill a t-il laché la France si facilement ?
Il a pourtant fait preuve d'une certaine opiniatreté lors du Blitz en Angleterre hormis le fait que ça touchait directement la Grande Bretagne
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Re: mai juin 40

Message  Catalina le Sam 31 Mai 2008, 12:49 pm

Bonne question... c'est d'ailleurs, entre autre, pour que Churchill revienne sur ce qu'il a déclaré le 14 juin que De Gaulle est envoyé à Londres par Reynaud.
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Re: mai juin 40

Message  Invité le Sam 31 Mai 2008, 1:43 pm

Winston Churchill était par nature un homme inconstant, il pouvait s'enthousiasmer pour un projet irréalisable et s'opposer à une simple question de bon sens. Ca c'est l'homme. Le 10 mai 1940, lorsqu'il à succéda à Chamberlain au 10 Downing Street, il devait compter avec les autres composantes de l'échiquier politique britannique, dont les plus embarrassant pour lui étaient les hommes de son propre parti, favorable a "l'appeasement" : Chamberlain était devenu vice-president du Cabinet de guerre, Lord Halifax, ancien ministres de Affaires étrangères y appartenait également. Il ne faut pas perdre de vue que Churchill aurait très bien pu être renversé à cette époque, alors qu'il n'avait pas encore placer d'hommes à lui dans le Cabinet de Guerre. Il a été l'auteur d'une proposition étonnante : une fusion franco-britannique, ou les deux Etats n'en auraient plus formés qu'un seul, du moins sur un modèle fédéral : Armée, politique étrangère commune. Cette proposition avait pour avantage d'assurer les anglais que la Flotte Française ne serait pas saisies par les allemands et pouvait permettre d'éviter un armistice ou une capitulation unilatérale française. Reynaud à été sur le point de signer cette proposition anglaise, mais il a démissioné avant.
De fait, le personnel politique de la IIIéme République ne comptait plus d'hommes de valeurs, et ce dès les années 30. Il n'y avait aucunes fortes personnalités pour imposer les décisions au haut commandement français. Souvenons nous qu'en 1914, le même problème était déja apparu, et la mise à l'écart de Joffre a pris du temps à être décidée.
Pendant les mois de mai et juin 40, Churchill à rencontré beaucoups d'hommes politiques français et , laissons lui ce don, a compris que ces hommes n'étaient pas à la hauteur face aux évènements. Je doute qu'il ai cru que Reynaud serait mieux que les autres, considérant le jeu politique français de l'époque, que décrivait Narduccio, et qu'il voyait venir la fin des haricots pour la France. Il ne lui restait qu'a sauver les meubles, à savoir la grande-Bretagne, mais ce vieux routier de la politique anglaise était d'une trempe insoupçonnée ! Il est quasiment certain qu'avec un Premier Ministre comme Chamberlain ou Halifax, l'Angleterre aurait négocié avec Hitler.

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Re: mai juin 40

Message  doc roe le Sam 31 Mai 2008, 2:16 pm

Pour revenir sur le fait que les soldats français ont combattus et qu'ils ne se sont pas laissés "cueillir" comme des fleurs par les allemands, voila le site d'une association qui reprend le travail de mémoire pour ceux qui se sont battus en 1940 dans les Ardennes :

http://www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org/
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Re: mai juin 40

Message  Catalina le Sam 31 Mai 2008, 3:15 pm

Jean-Louis a écrit:Il a été l'auteur d'une proposition étonnante : une fusion franco-britannique, ou les deux Etats n'en auraient plus formés qu'un seul, du moins sur un modèle fédéral : Armée, politique étrangère commune. Cette proposition avait pour avantage d'assurer les anglais que la Flotte Française ne serait pas saisies par les allemands et pouvait permettre d'éviter un armistice ou une capitulation unilatérale française. Reynaud à été sur le point de signer cette proposition anglaise, mais il a démissioné avant.

Ce n'est pas Churchill qui est à l'origine de cette proposition mais Georges Monnet, ministre du blocus dans le gouvernement Reynaud, qui se trouvait à Londres avec De Gaulle. Cette proposition n'avait aucune chance d'être accepté en l'état par le conseil des ministres.
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Re: mai juin 40

Message  Invité le Sam 31 Mai 2008, 5:03 pm

"Ce dernier manquait de force de caractére"

Bonjour,

Une réaction sur le manque caractère de Paul Reynaud...

Je ne suis pas un parent de Paul Reynaud ni meme un defenseur mais il faut reconnaitre qu'il a mené la guerre de facon admirable et fut a deux doigt de réussir si les militaires (Weygnand & Pétain) n'avaient pas été contre lui...

Si Paul Reynaud manquait de caractère d'accord, mais que dire d'un Philippe Pétain ??? Lui, a baissé le pantalon, reynaud non.

Il ne manque pas de caractère lui ? Il propose de capituler puis quelques mois plus tard serre la main du vainqueur ? Comment avoir put penser que le malheur de la France serait atténué. Nous connaissons la fin de l'histoire, mais dans les faits : Churchill soutient la France !!! Elle n'est pas seule (cf. De Gaulle bien sur) Certe, la France a perdu la bataille mais elle reste forte : la marine est intacte quantitativement parlant... "Le déménagement" aurait pu se faire dans de bonnes conditions...

Vraiment, il ne manquait pas grand chose... maleureu gri

Amitiés

Pier

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Re: mai juin 40

Message  Invité le Sam 31 Mai 2008, 6:48 pm

En ce qui concerne Pétain, j'approuve entièrement ! Cet "ennemi" de la compromission des militaires avec les politiciens, d'après ses écrit d'avant guerre (et ce qui l'a fâché avec De Gaulle d'ailleurs )......une fois installé au "pouvoir", a tout fait pour rester à ce poste de faire-valoir, et j'imagine difficilement qu'il n'était pas conscient de n'être qu'un jouet dans les mains de l'occupant.
En instaurant ce régime sans même un nom autre qu"Etat Français", au motif qu'il "faisait don de sa personne à la France" est une vaste blague ! Je suis belge, l'armée belge à capitulé et le roi Léopold III, prenant à la lettre son rôle constitutionnel de Chef des armées se rend aux allemands ! Décision funeste qui provoqueras presqu'une guerre civile en Belgique après la guerre. Mais le gouvernement s'est exilé à Londres, mon pays étaient donc soumis, dans son entièreté au régime de l'occupation militaire, que Pétain prétendait vouloir éviter, tout au moins, à la zone dite libre. Les faits ont démontrés que le traitement d'un Etat sous régime d'occupation militaire ou un régime collaborateur, ne changeaient que peu de choses pour les habitants de ces deux pays. La zone libre étant soumise à un rackett économique tout aussi dur que la Belgique occuppée ! Disons aussi que Pétain était un homme du siècle précédent, né en 1856, sous Napoléon III, ayant fait carrière dans une armée, celle d'avant et de 14-18, encore très noyautée de royalistes, et avait des conceptions datant de son époque, franchement dépassée.
Quand à Paul Raynaud, auquel les belges ne pardonnent pas sa condamnation de notre armée, disant qu'elle capitulait en rase campagne et était une des cause des malheurs de la France, alors que nos dernières troupes se faisait tailler en pièces pour conserver La Panne et protéger comme elle l'a pu, le déroulement de l'opération Dynamo, c'est indigne d'un homme d'etat et ressemble plus à l'attitude du politicien dépassé par la situation qui cherche un bouc émissaire pour se dédouanner. Mais pour rester à peu près objectif, il n'y avait personne d'autres qui aurait pu empêcher la fin des combats, ni Raynaud, ni qui que ce soit d'opposé à l'armistice. Dans ces cas la, les militaires peuvent faire leurs devoirs jusqu'au bout, et même au dela, ce qui fût démontré mainte fois par l'Armée française au cours de la campagne, si les politiques n'ont plus la volonté de résister, il ne restait que la dissidence, Charles de Gaulle l'a incarnée. Depuis, j'espère qu'on enseigne dans les Ecoles Mllitaires la différence entre autorités légales et autorités légitimes

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Re: mai juin 40

Message  roger15 le Sam 31 Mai 2008, 8:16 pm

Bonjour à toutes, et bonjour à tous, Smile

Voici un document intéressant sur les minutes qui ont précédé le funeste Conseil des Ministres du dimanche 16 mai 1940 à 22 heures à l'issue duquel Paul Reynaud a remis la démission de son gouvernement, remplacé par Philippe Pétain.

Les deux chambres parlementaires françaises étaient certes en sommeil, mais leurs deux Présidents, Jules Jeanneney pour le Sénat, et Edouard Herriot pour la Chambre des Députés, étaient omniprésents à la préfecture de Bordeaux en ces jours décisifs de la mi-juin 1940 autour d'Albert Lebrun, le Président de la République, et de Paul Reynaud, le Président du Conseil.

Jules Jeanneney, le Président du Sénat, a évoqué dans son "Journal Politique - septembre 1939 -juillet 1942" retrouvé et publié par son petit-fils, Jean-Noël Jeanneney, en 1972 à la librairie Armand Colin, cette journée dramatique du dimanche 16 juin 1940 qui occupe pas moins de cinq pages de ce "journal" !…

En voici un extrait :

« 19H30 : Herriot dîne avec nous et mon fils Noël. Nous avons été convoqués pour 21 heures par Lebrun, rue Vital-Carle. Nous nous y rendons ensemble.

Paul Reynaud s'y trouve. Il expose qu'à la dernière réunion du Conseil des Ministres, l'idée d'interroger l'Allemagne sur ses conditions d'armistice, sinon de paix, a pris corps. Une fraction importante du Cabinet, les militaires en tête, en sont partisans chaleureux. Parmi les civils, Pomaret, Ybarnégaray, Chautemps sont les plus empressés à suivre. Bien que la décision n'ait pas été prise, elle risque de prévaloir. Elle n'a pas été mise aux voix. Au Conseil, en effet, une préoccupation dominante est de ne jamais faire apparaître les désaccords. On parle sans fin, puis on omet sans relâche de conclure. Lebrun s'en dit consterné, mais omet de réagir (sait-il que ce serait son devoir ?). Reynaud rappelle que, cédant au courant, il avait engagé conversation avec Churchill sur les moyens d'envisager honorablement une paix séparée, au cas où on y serait acculé. La formule qu'il avait présentée d'abord n'avait pu être accueillie. Churchill vient d'en soumettre une nouvelle (mise en commun intégrale des ressources). Reynaud va la soumettre au Conseil. Si elle n'est pas acceptée et si le Conseil estime que l'on doit, au moins à titre de renseignement, consulter les Allemands sur leurs intentions, il ne consentira pas à se charger de cette mission, car elle contredit tout ce qu'il a fait et dit jusqu'ici. Il se retirera. Il ne met pas en doute que, lorsque l'Allemagne aurait fait connaître ses conditions, il s'ensuivrait contre elle une telle réprobation dans le pays que la volonté de résistance s'en trouverait rétablie chez les hésitants. Il lui paraît "tactique" de subir cette interrogation, si le Conseil en est d'avis. Mais il répète avec force qu'il s'interdit cela quant à lui. C'est un "abcès à crever" peut-être. Mais l'opération, ce n'est pas lui qui la fera. Non et non !

Herriot et moi, nous nous trouvons, cette fois encore d'accord. Nous formulons l'espoir que le Conseil renoncera à interroger l'Allemagne et s'emploiera uniquement à renforcer la collaboration anglaise. Nous admettons de même et sans hésitation, que si le Conseil est d'un autre sentiment, Paul Reynaud ne pourra assurément que démissionner.

J'insiste auprès de Reynaud. Il doit faire l'effort maximum pour arrêter le Conseil sur la pente mauvaise. Qu'il se garde de croire que ce puisse être une bonne tactique que de pressentir l'Allemagne. Ce serait détendre inévitablement le ressort de la résistance et - j'insiste sur ce mot - "couper le jarret au pays". Gare. Je l'en conjure…

Un Conseil des Ministres doit être tenu à 22 heures dans la salle même où notre entretien s'est poursuivi. Cette heure approche. Il faut conclure. Lebrun demande : « Si le Conseil impose la consultation et que, comme il se conçoit, Reynaud la refuse… qui ? » Herriot et moi répondons ensemble : « Reynaud ». Lebrun dit : « Reynaud, oui… Mais si ce n'est pas possible… Pétain ? (et d'un geste désolé et las) Pétain ! ». Lebrun ajoute : « Pétain a dit ouvertement : J'ai mon cabinet là, dans ma poche, tout prêt. » Les apparences sont en effet pour cela. On s'est beaucoup agité autour du Maréchal ces jours derniers…

Quant à nous, Herriot et moi, nous nous en tenons à : « Reynaud » - et sortons.

La salle qui précède celle du Conseil est pleine de ministres en attente. Je la franchis, à dessein, sans faire plus que serrer quelques mains et monte en voiture, sans attendre Herriot, pour rentrer rue Castejas.
»

Voilà le témoignage de première main du dernier Président du Sénat de la Troisième République.

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Re: mai juin 40

Message  roger15 le Dim 01 Juin 2008, 11:32 am

Doublon, désolé. Voir le message suivant.

Un modérateur peut-il effacer ce message-ci ? Merci d'avance.

Roger le Cantalien.


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Re: mai juin 40

Message  roger15 le Dim 01 Juin 2008, 11:37 am

Bonjour à toutes, et bonjour à tous, Smile

Pour verser une pièce supplémentaire aux réactions, à l'époque, suite à la démission de Paul Reynaud le 16 juin 1940, voici ce qu'en a dit le Général de Gaulle dans ses "Mémoires de guerre" :

« Pour ressaisir les rênes, il eut fallu s'arracher au tourbillon, passer en Afrique, tout reprendre à partir de là. M. Paul Reynaud le voyait. Mais cela impliquait des mesures extrêmes : changer le Haut-commandement, renvoyer le maréchal et la moitié de ses ministres, briser avec certaines influences, se résigner à l'occupation totale de la métropole, bref, dans une situation sans précédent, sortir à tous risques du cadre et du processus ordinaire.

M. Paul Reynaud ne crut pas devoir prendre sur lui des décisions aussi exorbitantes de la normale et du calcul. Il essaya d'atteindre le but en manœuvrant. De là, en particulier, il envisagea un examen éventuel des conditions de l'ennemi, pourvu que l'Angleterre donnât son consentement. Sans doute, jugeait-il que ceux-là même qui poussaient à l'armistice reculeraient quand ils en connaîtraient les conditions et qu'alors s'opérerait le regroupement de toutes les valeurs de la guerre et du salut. Mais le drame était trop rude pour que l'on pût composer. Faire la guerre sans ménager rien ou se rendre tout de suite, il n'y avait d'alternative qu'entre ces deux extrémités. Faute, pour M. Paul Reynaud, de s'être tout à fait identifié à la première, il cédait la place à Pétain, qui adoptait complètement la seconde.

Par sa démission, Paul Reynaud a facilité la nomination régulière du maréchal Pétain, et la signature de l'armistice n'avait plus d'obstacle institutionnel.
»

Voir : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2007/11/04/vichy-2-p%C3%A9tain-pr%C3%A9sident-du-conseil-16-juin-1940.html

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Re: mai juin 40

Message  riderdigeste le Dim 01 Juin 2008, 12:14 pm

aah, le grand Charles, c'était quelq"un...
clin doeil gri
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Re: mai juin 40

Message  Invité le Dim 01 Juin 2008, 12:49 pm

riderdigeste a écrit:aah, le grand Charles, c'était quelq"un...
clin doeil gri

C'est probablement le dernier véritable homme d'Etat que la Françe aie connue depuis 1945, les Présidents lui succédant ne représentant qu'eux même et n'ont jamais eu l'envergure ni le courage politique de Charles de Gaulle.

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Re: mai juin 40

Message  riderdigeste le Dim 01 Juin 2008, 12:52 pm

de lui, je retiens les conférences de presse, encore que ce soit retrictif
pour un homme politique de son envergure, mais c'était d'mon âge oui gri
en tout cas c'est pas lui qu'on "emballerait" comme ils le font de nos
jours, côté interview...
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Re: mai juin 40

Message  doc roe le Dim 01 Juin 2008, 1:50 pm

Tout à fait d'accord avec vous. C'était un chef d'Etat dévoué pour son pays et non seulement pour sa personne (peut-être du a son histoire militaire).
C'était un homme avec un grand charisme qui imposait les volontés de la France.
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Re: mai juin 40

Message  Major cowburn le Dim 01 Juin 2008, 5:34 pm

De Gaulle croyait en la continuité du Destin de la France,force est de constater qu'il n'était pas si bon visionnaire que cela et cependant,l'épisode de 1940 aurait du lui ouvrir les yeux......d'autant plus que celà aurait très bien pu se produire en 1914, où il s'en était fallu d'un cheveu, encore heureux que nous n'ayons pas du affronter la marine impériale germanique .........c'eut été une défaite bien pire que Trafalgar :aprés avoir dépensé à peu près la même somme que l'Empire Germanique, notre flotte était un fiasco total grace entre autres à la politique menée par un certain amiral Aube......

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Re: mai juin 40

Message  Invité le Dim 01 Juin 2008, 6:02 pm

Du point de vue "visionnaire", je pense que tout le monde s'est trompés, de Gaulle comme les autres. Il n'est pas responsable des deux guerres coloniales que furent l'Indochine et l'Algérie, dans le second, cas, il a eu la lucidité de cpmprendre que le "colonialisme de papa" était bel et bien mort. L'Afrique noire à accédé à l'indépendance politique sans violence, ce qui est un plus a mettre à l'actif de de Gaulle. De plus, il avait compris que la paix en Europe occidentale passait par une vraie réconciliation avec l'Allemagne, et aussi vu venir le "cheval de Troie" des USA qu'est la grande-Bretagne, en s'opposant a son entrée dans la Communauté Européenne. Visionnaire, non, pragmatique et suffisement courageux pour assumer des décisions politiques impopulaires, oui. Rarement un Président de la République eut autant d'ennemis que lui, et ce , jusque (et surtout !) dans son propre parti !

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Re: mai juin 40

Message  Catalina le Dim 01 Juin 2008, 8:37 pm

De Gaulle était un général (à titre provisoire) arriviste à la légende fabriquée de toute piéce aprés-guerre dans un dessein politique, dont l'arrivé au pouvoir en 1958 s'apparente à un coup d'état, qui n'hésitera pas à bafouer la constitution qu'il avait mis en place à cette occasion dès 1962, dont l'action au cours de la Seconde Guerre mondiale est avant tout orientée vers la conquête du pouvoir, et dont diverses déclarations montrent bien le fond Maurassien (voir son discours de Rome le 27 juin 1959, ou relire Le Fil de l'épée ou ses Mémoires)...

Histoire de nuancer ce qui a été dit précédemment et de remettre une couche sur ce que j'ai déjà pu écrire dans d'autres messages!! -_-
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Re: mai juin 40

Message  Invité le Lun 02 Juin 2008, 8:50 am

Catalina a écrit:De Gaulle était un général (à titre provisoire) arriviste à la légende fabriquée de toute piéce aprés-guerre dans un dessein politique, dont l'arrivé au pouvoir en 1958 s'apparente à un coup d'état, qui n'hésitera pas à bafouer la constitution qu'il avait mis en place à cette occasion dès 1962, dont l'action au cours de la Seconde Guerre mondiale est avant tout orientée vers la conquête du pouvoir, et dont diverses déclarations montrent bien le fond Maurassien (voir son discours de Rome le 27 juin 1959, ou relire Le Fil de l'épée ou ses Mémoires)...

Histoire de nuancer ce qui a été dit précédemment et de remettre une couche sur ce que j'ai déjà pu écrire dans d'autres messages!! -_-


Ahahaha ! On dirait Mitterrand et son "coup d'Etat permanent" ! mort de rir gri

Pour ce qui est de l'électon du Président au suffrage Universel, On en discute encore, mais je te ferai remarquer que le référendum lui à donné une forte majorité ! Qui étaient lesplus gêné de ce changement ? La classe poilitique bien sur ! Elle perdait tout contrôle sur le Chef de l'Etat, qui dans les régimes précédent n'était bon que pour faire la marionnette et inaugure les monuments aux morts. de Gaulle, c'est le Napoléon moderne, mais en mieux question bilan, qu'on le veuille ou non !

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