Le bizutage .

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Le bizutage .

Message  bigbasketeur le Jeu 18 Oct 2007, 9:49 am

On nommait jadis bizutage un certain nombre de rites, qui en sont parfois arrivés aux limites de la brimade, voire du racket (« taxe » des 3/2 par les 5/2 en taupe dans les années 60).

La pratique du bizutage sous cette forme, en raison de ses abus, a fini par être officiellement interdite sous le ministère de Ségolène Royal. Le Code pénal français définit le bizutage comme un ensemble d'actes humiliants ou dégradants en milieu scolaire (Livre II, titre II, Chapitre V, Section 3 bis, Article 225-16-1). Il est puni de six mois de prison et 7 500 euros d'amende.

On continue cependant à désigner sous ce nom un certain nombre de « cérémonies d'accueil » ou « journées d'intégration » des jeunes promotions, se voulant aujourd'hui une tendance plus humoristique et se donnant juste pour but de dissuader lesdits nouveaux d'attraper la « grosse tête » du fait de leur admission, et créer de fait un esprit de cohésion entre membres d'une même promotion. Cela permet également aux « nouveaux » de faire connaissance avec les « anciens ».

Certains établissements, comme par exemple l'École des mines de Nancy, avaient aboli le bizutage-brimade dès 1957, et l'avaient remplacé par une série d'« exploits » que les nouveaux devaient accomplir pour prouver leur esprit débrouillard ou farceur (faire sonner à minuit les cloches de la cathédrale, par exemple).
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Re: Le bizutage .

Message  bigbasketeur le Jeu 18 Oct 2007, 9:50 am

Le bizutage, pratique sociale répandue et ritualisée, a donné lieu à une multitude d’analyses, parfois très divergentes. Ainsi, certains psychologues parlent de traumatismes, de régression infantile et bestiale, de défoulement collectif. D’autres, comme Michael Houseman, ont mis en avant le rôle social du bizutage, qui établit les nouvelles hiérarchies à l’intérieur de l’école et entre l’école et l’extérieur. Certains voient dans le bizutage un moyen pour le groupe de se protéger et/ou de se constituer. D’autres y voient un rite d’initiation, de passage, au terme duquel le nouvel arrivant acquiert le statut de membre de la communauté étudiante. Ainsi, selon l’interlocuteur, le bizutage peut être un rituel, certes un peu bizarre, mais néanmoins indispensable pour éviter l’anomie et l’effritement de la société, alors que pour d’autres c’est un fléau à combattre absolument.

Le bizutage: un rite de passage?

Le bizutage peut être assimilé à un rite de passage dans la mesure où il permet, croient les bizutés et les bizuteurs, d'accéder à un nouveau statut et de faire partie d'un groupe. On le retrouve selon les mêmes règles dans des établissements différents à des époques différentes. La première phase est celle de la séparation, de la coupure des attaches. Dans les cas les plus clairs, le futur initié n'a plus ni nom, ni passé, ni droit. Il est réduit à l'état de chose. Son apparence physique change, il porte une parure imposée, souvent ridicule. Il doit perdre tout signe extérieur distinctif rappelant son ancien statut et sa personnalité. Cette négation est renforcée par la perte de patronyme. Le nouveau est affecté d'un sobriquet dévalorisant, voire d'un numéro. Ensuite, succède à cette phase une période décisive, celle du rite de marge, de la vie marginale. Elle permet la " mise à plat " des personnalités et l'apprentissage de la culture propre à l'école, de ses coutumes et de son langage. Cette prise en main est le plus souvent brutale et sans appel. Les anciens créent un climat de panique, mettent en place une mise en scène impressionnante, multiplient les insultes et les punitions. Calqué sur une symbolique militaire, le dressage va tenter de fondre chaque individu dans le groupe et ne lui laisser comme alternative que la soumission ou l'exclusion. Enfin, survient la sortie de l’initié, son agrégation au groupe. Elle est le plus souvent symbolisée par une fête générale. Anciens et nouveaux sont alors sur un pied d'égalité. L'administration y participe généralement. Ce rituel permet l’intégration des nouveaux au groupe.

Martine Segalen, dans "Rites et rituels contemporains" (1998), complète ce point de vue. Pour elle, dans les bizutages comme dans les rites d’initiation africains, le rituel vise à façonner un homme nouveau. Il constitue un groupe de pairs, une communauté soudée. Le bizutage permet au groupe de sélectionner et de reconnaître les plus aptes, il teste l’endurance physique et psychologique des nouveaux. Ainsi, le bizutage est bénéfique ; pour l’administration, car il met en place une communauté d’élèves avec laquelle elle pourra dialoguer, mais aussi pour la société car elle met en place des solidarités intermédiaires entre les individus et l’Etat et évite une trop grande individuation.

Ces arguments sont souvent repris par les bizuteurs. Ceux-ci, surtout quand le bizutage existe depuis longtemps, défendent le sens de cette manifestation, ainsi que les valeurs et les traditions qu’il perpétue. Pour eux, le bizutage crée une communauté fraternelle et il perpétue l’esprit de l’école. Ceux-ci mettent aussi l’accent sur les relations chaleureuses entre étudiants qu’il crée, ce qui permet de compenser un esprit de compétition trop vif.

Les différences entre bizutage et rite d'initiation :

Les adversaires des explications anthropologique du bizutage font remarquer les nombreuses différences importantes entre les rites d’initiation des sociétés pré-modernes et les bizutages modernes. Tout d’abord, dans le déroulement : ce ne sont pas des adultes qui donnent l’initiation aux jeunes, mais des jeunes qui forcent des plus jeunes à leur obéir. Dans les cérémonies traditionnelles, le but est de transmettre une mythologie, des enseignements, ce qui souvent n’est pas le cas dans le bizutage. De plus, le bizutage ne fait pas passer l’enfant au statut d’adulte. Le nouveau obtient seulement un statut transitoire d’étudiant. La différence est que nous sommes aujourd’hui dans des sociétés de l’écrit, ou le vrai rite de passage est l’examen. Le bizutage ressemblerait donc plus à un simulacre d’initiation, à une cérémonie qui n’aurait pas, loin de là, le sens et l’importance d’un rite de passage. Le bizutage serait donc, au sens de ses détracteurs, rien d’autre que ce qu’il semble être à première vue, c'est-à-dire une humiliation publique.
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Re: Le bizutage .

Message  bigbasketeur le Jeu 18 Oct 2007, 9:51 am

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Bizutage

- Et le lien contre le bizutage , car les bizus doivent quand méme etre informer pouce : http://www.sos-bizutage.com/
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Re: Le bizutage .

Message  Invité le Jeu 18 Oct 2007, 10:12 am

Petit échange culturel:

En Belgique, le bizutage n'est pas interdit et est même extrêmement répandu; en fait, je ne connais pas une seule école supérieure ou faculté qui ne possède son "comité de baptême" (en Belgique, le bizutage et appelé "baptême").
Après plusieurs semaines d'épreuves et une baptême en bonne et due forme qui dure la nuit entière, vous êtes "baptisé" et vous avez le droit de porte une "penne" (sorte de casquette à longue visière) ou une calotte (sorte de calotte..., pour les écoles catholiques).
A noter que certains baptêmes comme celui de la faculté vétérinaire de Cureghem à Liège sont en plein déclin du fait que la grande majorité des étudiants sont français (pas de cotas chez nous) et refusent le baptême, institution folklorique belge, parce qu'il est "dégradent"... A méditer p24

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Re: Le bizutage .

Message  Keffer le Jeu 18 Oct 2007, 10:24 am

bigbasketeur a écrit: (« taxe » des 3/2 par les 5/2 en taupe dans les années 60).

Késako?
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Re: Le bizutage .

Message  Phil642 le Jeu 18 Oct 2007, 10:40 am

Voicie une calotte de l'UCL


A voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Calotte_%28Belgique%29

Voici une penne de l'ULB


Avoir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Penne

A visiter: http://www.bitu.org/?x=60
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Re: Le bizutage .

Message  Savinien le Jeu 18 Oct 2007, 12:09 pm

Heuuu le baptême étudiant n'a finalement qu'un rapport lointain avec le bizutage à la française et est, en règle générale, beaucoup plus bon enfant et mieux encadré !
Il n'est pas obligatoire non plus et le bleu peut abandonner à tout moment.
Cette institution est également très surveillée par les autorités universitaire afin justement d'empêcher tout excès.

Pour la calotte, avant de la poser sur son crâne, il faudra passer une autre épreuve appellée "passage de calotte" !
Il y a aussi deux sortes de baptêmes : à stand (qui dure la nuit entière) et à "clash" qui dure une soirée.

Et en fait, le comité de baptême dépend d'un cercle généralement propre à chaque fac et écoles. Cette division est d'ailleurs toute récente.

Motpulk, le baptême vété est l'un des plus hard, faut pas généraliser non plus ! clin doeil gri
Il est à noter que la plupart des critiques sur le baptême et le folklo belge en général viennent de personnes extérieurs à ce folklo et qui n'ont pas fait leur baptême ... A méditer !!!

Et oui, vous l'avez deviné, je suis baptisé !!! Et ce soir j'ai belusaille !!!
Dans les cérémonies traditionnelles, le but est de transmettre une mythologie, des enseignements, ce qui souvent n’est pas le cas dans le bizutage.
C'est le cas en Belgique !
Le bizutage serait donc, au sens de ses détracteurs, rien d’autre que ce qu’il semble être à première vue, c'est-à-dire une humiliation publique.
Tout dépend du point de vue ... Les uns vont parler d'humiliation, les autres vont y voir une remise en question de sa condition et un apprentissage de l'humilité et de l'auto-dérision. Les surnoms dévalorisant y participent également et lorsqu'un bleu, gueule en terre doit appeller son comitard par son surnom, cela à quelque chose de savoureux car tout deux peuvent êtrer vu comme humilié !
Dans le genre de surnoms qu'il y a dans mon cercle : Chiant, Capote, Nunuche, Gambas, bouriquet, Troll, Gnôme ...

Mon cercle : http://www.cerclesaintlouis.com/
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Re: Le bizutage .

Message  Invité le Jeu 18 Oct 2007, 12:48 pm

Bonjour Savinien,

De ça et d'autres chose aussi, j'en déduis que tu est calotté... p24 Personne n'est parfais. De ça et d'autres choses aussi tu en déduiras que je suis (j'étais parce que c'est loin tout ça) penné.
Je passe sur nos points de désaccord (comme toujours...) , on ne va pas polémiquer ici tout de même mort de rir gri
Juste le: "toute récente"; tout est relatif en effet, j'ai fait mon baptême il y a 11 ans et cette division existait déjà depuis belle lurette.
J'en viens à notre point d'entente: Le baptême n'est pas une humiliation publique au sens premier du terme. En plus, les seuls spectateurs autorisés sont eux-même baptisés. Bizaremement, c'est toujours dans la bouche de personnes non-baptisées que l'on entend ce genre de propos (et donc qui ne l'ont pas vécu et qui n'y ont pas assisté); une sorte de justification inconsciente? Allez étudier va! Bien sûr il y a quelques dérapages, mais très localisés si j'ose dire.
Et si j'ai réussi ma 1ere candi à l'époque c'est bien grâce au baptême qui m'a permis de me faire de nombreux amis qui m'ont filé des cours, etc.
Bien sûr, si j'ai raté ma 2e candi, c'est aussi à cause de la guindaille mort de rir gri
Juste une chose, ex étudiant liégeois, pour moi le baptême à clash ne mérite pas son nom de baptpême, même si le résultat est le même. (Eh oui, les petites rivalités sont encore là, impossible de s'en débarrasser tout à fait mort de rir gri)
Bonne soirée alors, et ne bois pas trop tout de même clin doeil gri

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