L'exfiltration des criminels nazis
Page 2 sur 3 • Partager •
Page 2 sur 3 •
1, 2, 3 
Re: L'exfiltration des criminels nazis
Staldion a écrit:Ce qui m'étonne le plus, ce n'est pas que les nazis aient fait feu de tout bois pour s'enfuir, c'est qu'il n'y ait pas eu d'effort pour les rattraper. Les personnes ayant délivré des faux papiers aux nazis ne furent jamais inquiétés ?
Comment dire ... A l'époque, on cherchait à reconstruire l'Europe. De plus, certains noms ne sont apparus que fort tard, c'est le cas de Mengele, par exemple. Le nombre de personnes recherchés par les différents pays était très élevé. De plus, il y a des noms très courants qui font que plus d'unes sont passés tranquillement entre les mailles du filet. D'autres surent marchandés leurs "savoir" auprès des services secrets des divers pays (il y en a eu aussi bien à l'Est, qu'à l'Ouest ....).
Des efforts, il y en a eu, mais dès 1947, les cellules juridiques mises en places pour chasser les nazis virent leurs moyens rétrécir de manière drastique. On avait d'autres priorités puisque l'on avait basculé dans la guerre froide.
Narduccio- Général (Administrateur)

- Nombre de messages: 3644
Age: 53
Localisation: Alsace
Date d'inscription: 05/10/2006
Re: L'exfiltration des criminels nazis
sur le sujet je conseille le livre de Michel Bar Zohar : les vengeurs. On en avait déja parlé sur le fil littérature il me semble.

generalwolf- Général de Brigade

- Nombre de messages: 712
Age: 34
Localisation: la ferté bernard (72) breton expatrié
Date d'inscription: 16/06/2007
Re: L'exfiltration des criminels nazis
Narduccio a écrit:On avait d'autres priorités puisque l'on avait basculé dans la guerre froide.
Voila, c'est ca qui a "sauve" de nombreux nazis.
Et le pire est que Hitler l'avait prevu, tablant sur l'eclatement de l'alliance Ouest-URSS pour se sauver, puis pour sauver Himmler et Goering.
Cela n'a pas fonctionne pour ceux-la, mais pour beaucoup d'autres.
Invité- Général de Division

- Nombre de messages: 7351
Date d'inscription: 16/07/2006
Re: L'exfiltration des criminels nazis
il me semble d'ailleurs que des "scientifiques " nazis furent récupérés par les alliès ou les russes à la fin ( von Braun entre autres )

generalwolf- Général de Brigade

- Nombre de messages: 712
Age: 34
Localisation: la ferté bernard (72) breton expatrié
Date d'inscription: 16/06/2007
Re: L'exfiltration des criminels nazis
Comme livre je conseille Uki Goni: the real odessa : http://www.amazon.fr/Real-Odessa-Brought-Criminals-Argentina/dp/1862075522
Il existe en anglais, en allemand, en italien, en espagnol, mais n'a pas été traduit en français.
Il existe en anglais, en allemand, en italien, en espagnol, mais n'a pas été traduit en français.
Narduccio- Général (Administrateur)

- Nombre de messages: 3644
Age: 53
Localisation: Alsace
Date d'inscription: 05/10/2006
Re: L'exfiltration des criminels nazis
En août 2003, le quotidien "Il Secollo XIX" publia une série d'articles sur cette exfiltration. Ils se sont servis du livre d'Uki Goni: la vraie Odessa et ont axé leur enquête sur la ville de Gênes
A la demande de Sophie Laverdure, j'ai travaillé à la traduction de ces articles. Celui qui va suivre est la traduction d'un article paru dans le Secollo le 30 octobre 2003, article de Pietro FIlo della Torre.
J'en ai quelques autres en réserve.
A la demande de Sophie Laverdure, j'ai travaillé à la traduction de ces articles. Celui qui va suivre est la traduction d'un article paru dans le Secollo le 30 octobre 2003, article de Pietro FIlo della Torre.
La route des rats
L'écrivain serbe qui travaillait à l'époque pour la Croix Rouge Internationale raconte
"C'est moi qui ai donné les passeports aux nazis en fuite"
Bokun: ils nous ont trompé avec l'aide de Draganovic
de nos correspondants
Londres. En 1945, l'atmosphère romaine était idéale pour les nazis et leurs complices décidés à effacer leurs traces. La possibilité d'émigrer en Amérique du Sud était grande. La guerre armée avec les allemands était finie. Mais, pratiquement, la guerre "froide" avait éclatée, non seulement à l'encontre de la Russie de Staline et ses "idiots utiles", mais aussi celle contre tout ce qui avait une odeur de communisme. Il est important de se rappeller, qu'à ce moment-là, n'importe qui était meilleur que les Russes, "ceux qui dévoraient les enfants", nous dit le journaliste-écrivain Branko Bokun, auteur d'une vaste production d'excellents livres de politique économique (capitalisme, communisme et troisième voie) à l'humour (sex-humour) primé 3 années au festival de Borgighera, jusqu'à "Un espion au Vatican" repubblié en Italie par les éditions Neri Pozza,
C'est un journal romancé, mais très réaliste, des 5 années passées à Rome par le jeune homme serbe, d'abord étudiant universitaire et puis fonctionnaire de la Croix Rouge Internationale comme représentant du roi de la Yougoslavie et ensuite de Tito, De cette période, Branko Bokun est non seulement le témoin, mais aussi l'un des protagonistes.
"Pouvoir distribuer des passeports m'offrait la grande opportunité de pouvoir peser sur le destin de milliers et milliers de personnes, raconte Bokum. A Rome, les fleuves de l'exode confluaient de toute l'Europe. Beaucoup d'hommes qui avaient combattus avec les troupes allemandes : hongrois, autrichiens, polonais, ukrainiens, roumains de la Grade de Fer, belges fascistes, yougoslaves, mais aussi de nombreuses victimes. Des juifs qui avaient souffert d'abord de la barbarie nazie, puis de la répression de la part des troupes communistes décidés à les éliminer, Moi, j'avais la possibilité de délivrer des passeports qui permettaient à cette troupe hétérogène de réfugiés de s'embarquer vers des terres prospères dans lesquels ils pouvaient vivre en paix. Mais, ou les nazis pouvaient s'eclipser comme ce fut le cas au Vénézuela, en Argentine ou au Paraguay.
Vous connaissiez Draganovic ? Vous vous en rappellez ?
"Je me le rappelle très bien. Il venait dans mon bureau au 55 de la rue Campania à 2 pas de la rue Veneto avec des paquets de documents pour la délivrance des passeports. Il avait des mains énormes, comme celles d'un ex-paysan. Il était très robuste et pas diplomate pour un sou. Je me souviens quand il me dit que j'étais l'unique serbe sympathique de sa connaissance. L'un des rares qu'il n'avait pas envie d'étrangler de ses propres mains."
Saviez-vous que de nombreux passeports parmi ceux que vous délivriez étaient destinés aux nazis et à leurs complices ?
"Je le soupçonnais, mais je n'avais pas la possibilité de les identifier individuellement. Ainsi que je l'ai dit, l'atmosphère de la Rome des années 40 ressemblait à celle de la décadence du bas-empire (romain) Il y avait une certaine dose d'allégresse. Mais, c'était aussi un vrai bordel. Pour Fellini, cela aurait été une meilleure inspiration que celle qu'il a utilisée pour la "Dolce Vita". Les gens se débrouillaient comme ils le pouvaient pour se distraire. Mais surtout, la plupart des réfugiés rêvaient d'aller en Amérique du Sud, en Afrique du Sud ou en Australie. Des manoeuvres évidentes. Devant la poste de Saint Sylvestre, il y avait un mini-marché de document d'identité vendus et achetés. Dans des milliers de cas, je ne pouvais pas savoir exactement à qui je délivrais les passeports. La majorité des noms ne correspondait pas à ceux des réfugiés que j'aidais. Les nazis en fuite arrivaient à abuser de notre bonne foi, mais, ils étaient une minorité. Ils avaient de formidables protections et des complicités. Il ne faut pas oublier que les Américains ne les considéraient plus comme des ennemis, mais comme des gens à utiliser en Amérique du Sud contre les révolutionnaires populistes, en plus, ils bénéficiaient de faveurs auprès d'ecclésiastiques très bien placés. N'oublions pas que Pape Pacelli avait excommunié les communistes, mais pas les allemands. Moi, j'étais occupé à soulager la souffrance de réfugiés bien moins fortunés. Par exemple, ces milliers de juifs qui continuaient leur odyssée. Ils désiraient rejoidre la Palestine. Mais quand leus bateaux arrivaient au large de ses cotes, les Anglais qui administraient ce territoire me les renvoyaient en arrière. Nous les faisions alors émigrer en Afrique du Sud qui était leur seconde destination favorite.
A cette période, vous aviez des amis importants chez les Anglais et les Américains. A quoi était-ce du ?
Je crois que ma connaissance de la langue de Shakespeare me fut très utile. Je parle 6 langues, et je me suis toujours intérréssé à la culture des nations. Le dialogue avec les alliés qui occupaient Rome en était facilité. De plus, mon amitié avec l'ambassadeur yougoslave Zukivic me fut très utile. Ce fut lui qui m'a proposé comme représentant de la Yougoslavie à la Croix Rouge Internationale à Rome."
Quels sont les personnages de cette époque qui vous ont le plus marqués ?
"J'ai rencontré Monseigneur Montini de nombreuses années avant qu'il ne devienne pape et Monseigneur Tardini qui était plus ou moins le ministre de l'Extérieur de Pie XII. J'ai aussi bien connu le chef de la CIA, Donovan et le représentant personnel près du Vatican du Président Roosevelt, Titman, qui avait habité pendant plusieurs années au Palais Sainte Marthe dans les murs du Vatican. Il était très impliqué dans la vie de la bonne société romaine et il fréquentait le palais Saccheti occupé par Sir Darcy Osbone qui deviendra quelques années après duc de Leeds. Le gentilhomme anglais avait une position particulièrement intéressante, il avait pu rester à Rome même après la déclaration de guerre du 10 juin 1940 puisqu'il était accrédité auprès du Vatican. C'étaient des contacts qui m'ont permis de savoir ce qui arrivait réellement et les intentions exactes des puissances alliées après la victoire contre les nazis."
Avez-vous rencontré Monseigneur Popovic qui a fait fuir de Gênes un grand nombre de nazis et qui a fait en sortes que leurs traces se perdent ?
"J'étais allé à de multiples reprises à Naples à aider des réfugiés à partir pour le Chili, Mais, je me suis rendu à Gênes à de rares reprises. Toutefois, je me rappelle y avoir rencontré des personnages qui ne me plaisaient pas particulièrement. Je n'ai pas pu identifier matériellement des criminels nazis. Mais, j'ai le regret que parmi ceux qui fuirent ainsi, parce que son passeport à transité par mes bureaux de la Croix Rouge Internationale, qu'il y ai eu le criminel croate Pavelic, Beaucoup d'entre eux furent un temps cachés dans des couvents. Une des règles qui nous avait été imposée pour délivrer nos passeports était qu'il fallait la signature de 2 témoins de confiances. Quels meilleurs témoins que des prêtre croates, comme ceux du couvent de San Geromino (Saint Jérome) ? J'ai certainement des raisons de récriminer que dans ces lointaines années 40, les choses ne se déroulèrent pas dans le mode juste. Que les criminels nazis ne furent pas jugés et punis. Mais, il faut se souvenir, comme je l'ai expliqué, l'atmosphère était en ces temps troublés "spéciale" et les conditionnements politiques, pour nous qui travaillons pour la Croix Rouge Internationale étaient très difficile à contester,"
Paolo Filo della Torre
J'en ai quelques autres en réserve.
Narduccio- Général (Administrateur)

- Nombre de messages: 3644
Age: 53
Localisation: Alsace
Date d'inscription: 05/10/2006
Re: L'exfiltration des criminels nazis
Un autre article, toujours tiré de la même série d'articles du Secolo XIX, quotidien de Gênes.
Sur la route des Nazis
de notre envoyé spécial ANDREA CASAZZA
Buenos Aires. Cinq cents ? Combien de criminels de guerre allemands, croates, français, belges et d'autres nationalités trouvèrent asile, liberté et protection en Argentine ? Ici, dans un Buenos Aires pluvieuse, écrasée par un ciel plombé hivernal, personne n'a la réponse juste en poche. Selon le dernier rapport de la CEANA, la Comision para el Esclarecimiento de las Actividades Nazis en la Argentina, daté de 1999, leur nombre devrait tourner autour de 180 unités. Uki Goñi, l'historien et journaliste argentin qui a fait récemment publier son scandaleux "L'authentique Odessa" (qui sera prochainement publiée chez Garzanti avec le titre suivant : " "Opération Odessa") soutient que, durant les six années de recherches à la base de son ouvrage, il en a individualisé au moins 300. Mais ce n'est pas suffisant, " Dans le cas de l'éxode des croates en Argnetine entre 1948 et 1950 - souligne Goñi - mes recherches m'ont permis d'identifier 120 noms. Parmi ceux-ci au moins 15 pouvaient être qualifiés de criminels de guerre, donc plus de dix pour cent. Or, du premier dossier rendu public du Centro di Immigrazione di Buenos Aires, il résulte qu'il y eut 7200 croates qui débarquèrent en Argentine. si l'on devait appliquer le même pourcentage relative à mes recherches, rien que chez les oustachis, le nombre des personnes impliqués dans un crime de guerre serait démesuré".
Mais, si les mathématiques et l'histoire ne font pas toujours bon ménage et qu'il faudra attendre la suite des recherches pour établir le nombre exact des criminels oustachis débarqués à Buenos Aires, il est au contraire certain que la majorité d'entre eux s'embarqua à Gênes. Et il est de même certain qu'à Gênes séjourna, comme le firent Eichmann, Mengele et Barbie, un autre bourreau nazi : Gerhard Bohne.
Dans les documents découverts par l'historien et journaliste argentin Uki Goñi les preuves qu'un moine hongrois de Pegli aida Eichmann
"A Gênes le bourreau des handicapés"
Bohne aussi s'est s'enfuit à bord d'un paquebot avec un passeport de la Croix Rouge
Il fut parmi les planificateurs du plan pour l'"euthanasie" voulu par les nazis
Bohne était l'oficier des SS et l'avocat auquel Hitler confia la première partie de son programme fou d'euthanasie: le plan "Aktion T4" qui prévoyait l'élimination de toutes les personnes atteintes d'affections graves, qu'elles soient physiques ou mentales, et qui fit plus de 62 000 victimes.
Les traces de Gerhard Bohne a Gênes furent retrouvés par Uki Goñi au siège de la Croix Rouge en Suisse. Selon les données reportées sur le passeport qui fut donné à Bohne à Rome, l'avocat qui dirigea le "Groupe de travail des sanatorium et asiles du Reich", séjourna en ville avec sa soeur Gisele dans un logement au 27 de la via dei Glicini (des glycines ndt).
Si le passeport qu'il avait dans sa poche était à son nom et que la date ou il lui fut délivré est le 24 aout 1948, la présence à Gênes de Gehrard Bohne date de janvier 1949. A la Direcciòn Nacional de Migraciones di Buenos Aires, Goñi a retrouvé le certificat d'identité signé du consul argentin à Gênes le 7 janvier 1949 avec lequel Bohne reçut le visa sur le passeport de la Croix Rouge et la voie libre pour l'embarquement.
Embarquement qui eut lieu quelques jours après, en première classe, sur le paquebot Anna C, qui arriva dans le port de Buenos Aires le 29 janvier 1949. "Et dans la capitale argentine - souligne Goñi - Bohne et sa soeur trouvèrent hospitalité dans la maison de Carlos Fuldner, fonctionnaire péroniste de la Daie de Gênes". Comme on le voit, la boucle est bouclée. Bohne sera arrêté en 1964, toujours à Buenos Aires ou il était revenu après un bref séjours dans sa patrie en 1955, à la suite du coup d'état militaire en Argentine. La demande d'extradition fut concédée en novembre 1966, mais le bourreau nazi ne resta pas longtemps en cellule: pour lui, qui avait contribué à l'élimination de milliers d'invalides physiques et psychiques, on émis une sentence selon la quelle sa condition physique précaire était incompatible avec sa détention en prison. Bohne à Gênes avait eu le temps d'apprécier les service de la Daie, la Delegacion Argentina de Immigracion en Europa dont les bureaux se trouvaient au 38 de la rue Albaro, bureaux ouverts en 1947 par Carlos Fuldner, capitaine de la SS et homme de confiance du président Juan Peron. Mais le réseau de protection dans la cité s'étendait aussi dans les milieux ecclésiastiques. A coté de don Carlo Petranovic, homme de confiance des criminels de guerre oustachis et de quelques criminels de guerre nazis de haut rang, à Gênes opérait un autre prêtre. Edoardo Dömöter, un franciscain d'origine hongroise, qui à la fin des années 50 était le curé de l'église se Saint Antoine de Pegli.
Ce fut le père Dömöter qui soussigna et apporta au siège génois de la Croix Rouge la requête pour le passeport de Riccardo Klement, ou plutôt Adolf Eichmann. Cette requête, qui porte le numéro 100940, a été découverte, encore une fois, par Goñi dans les archives du Comité International de la Croix Rouge de Genève.
De père Dömöter on sait seulement qu'il a collaboré avec Reinhard Kops, officier des services secrets nazis, homme de confiance d'Alois Hudal, l'évêque du siège pontifical de Santa Maria dell’Anima, à Rome, qui envoyait de longues lettres au président Peron demanda des visas d'entrée pour des milliers de "soldats" allemands et autrichiens. Dans la relation conclusive présentée par le CEANA en 1999, il y a la référence à une missive du 31 aout 1948 dans laquelle l'évêque Hudal explique à Peron que les visas demandés ne sont pas pour des réfugiés, mais "pour des combattants anticommunistes dont le sacrifice a sauvé l'Europe de la domination soviétique". Ce serait Kops qui établissait les contacts romains avec la Daie de Gênes pour donner la voie libre aux passeports de la Croix Rouge et après, il donnait le relais à frère Dömöter pour ce qui était des affaires génoises (ndt, je pense qu'il veut parler des billets et des papiers d'embarquement).
Mais, dans le cas d'Eichmann, le frère franciscain fit tout lui-même pouvant déjà compter sur un faux document d'identité que le bourreau nazi obtint à Termeno en utilisant un faux nom : Riccardo Klement.
Une fois en possession du passeport de la Croix Rouge la voie de la liberté s'ouvrait en grand aussi bien pour Eichmann que pour Bohne. Pour eux et pour des dizaines et des dizaines d'autres criminels de guerre, une liberté qui avait la forme d'un batiment qui levait l'ancre dans le port de Gênes.
Andrea Casazza
Narduccio- Général (Administrateur)

- Nombre de messages: 3644
Age: 53
Localisation: Alsace
Date d'inscription: 05/10/2006
Re: L'exfiltration des criminels nazis
- Les réseaux d’exfiltration nazis (Ratlines en anglais) désignent les filières d’exfiltration utilisées par les Nazis et autres fascistes fuyant l’Europe à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ces filières conduisaient essentiellement vers des abris sûrs situés en Amérique latine, en particulier en Argentine, au Paraguay, au Brésil et au Chili. D’autres destinations peuvent avoir inclus les États-Unis, le Canada et le Moyen-Orient.
ODESSA :
L’existence des filières italiennes et argentines n’a été confirmée que relativement récemment, essentiellement suite à des recherches effectuées dans des archives déclassifiées. Jusqu’aux travaux de Aarons et Loftus, et ceux d’Uki Goñi (2002), il était généralement admis que les ex-Nazis avaient eux-mêmes, organisés en réseaux secrets, avaient exploité seuls les filières d’évasion. La plus connue de ces filières est ODESSA (organisation d’anciens membres de la SS), fondée en 1946 selon Simon Wiesenthal, qui comprenait le SS-Obersturmbannführer Otto Skorzeny et le Sturmbannführer Alfred Naujocks et en Argentine, dit-on, Rodolfo Freude. Alois Brunner, ancien commandant du camp d’internement de Drancy près de Paris, se serait échappé vers Rome et ensuite vers la Syrie grâce à ODESSA (on pense que Brunner et l’ex-Nazi le plus élevé en grade à être encore en vie en 2007). Des personnes prétendant représenter ODESSA revendiquèrent dans une note l’attentat à la voiture piégée commis le 9 juillet 1979 en France contre les chasseurs de Nazis Serge et Beate Klarsfeld. Selon Paul Manning (1980), « en définitive, plus de 10 000 anciens soldats allemands gagnèrent l’Amérique du Sud en utilisant les filières mises en place par ODESSA et le Deutsche Hilfsverein… »
Simon Wiesenthal, qui conseilla Frederick Forsyth pour le roman et le scénario de The Odessa File, qui porta le nom à l’attention du public, donne également les noms d’autres filières d’exfiltration nazies comme Spinne (araignée) et Sechsgestim (Constellation des Six). Wiesenthal décrit ces dernières directement après la guerre comme des cellules nazies basées en Autriche où beaucoup de Nazis s’étaient retirés et avaient gagné la clandestinité. Wiesenthal prétendait que le réseau ODESSA guidait les fuyards jusqu’aux filières catholiques à Rome (bien qu’il ne mentionne que Hudal et pas Draganovic) ou par une autre route passant par la France à destination de l’Espagne franquiste.
Odessa aurait été supportée par le réseau Gehlen Org, qui employait de nombreux anciens membres du parti nazi et était dirigé par Reinhard Gehlen, un ancien officier de renseignement Nazi employé après la guerre par la CIA. Le réseau Gehlen Org devint le noyau de l’agence de renseignements allemande BND, dirigée par Reinhard Gehlen depuis sa création en 1956 jusqu’en 1968. Outre le réseau Gehlen Org, le CIA organisa en parallèle et juxtaposa les réseaux Stay-behind en Allemagne. Des documents de la CIA divulgués en 2006 suite au 1998 Nazi War Crimes Disclosure Act démontrent que la CIA a organisé des réseaux Stay-behind d’agents allemands entre 1949 et 1955.
En 1952, l’ancien officier SS Hans Otto révéla à la police criminelle de Francfort l’existence de l’armée fasciste allemande Stay-behind BDJ-TD. Les extrémistes de droite arrêtés furent déclarés non coupables dans des circonstances mystérieuses.
Un des réseaux Stay-behind avait comme membres le Sergent Heinrich Hoffman et le Lieutenant Colonel Hans Rues et un autre, dont le nom de code était Kibitz-15, était dirigé par le Lieutenant Colonel Walter Kopp, un ancien officier de la Wehrmacht, décrit par ses agents traitants américains comme un "nazi non repenti". En avril 1953, dans un mémo divulgué en 2006, le quartier général de la CIA écrivait : « la colère qui surgit actuellement en Allemagne de l'Ouest en raison de la résurgence de groupes nazis ou néo-nazis est un bon exemple – à échelle réduite – de ce à quoi nous serions confrontés ». Par conséquent, certains de ces réseaux furent démantelés. Ces documents établissaient que les ex-nazis étaient un échec complet en termes de renseignements. Selon Timothy Naftali, un historien de l’Université de Virginie qui a examiné les documents divulgués à cette époque, « les dossiers montrent à longueur de page que ces gens posaient plus de problèmes qu’ils n’en résolvaient. Les Nazis non repentis agissaient pour leur propre compte et utilisaient le manque d’informations dont souffrait l’Ouest sur l’Union soviétique pour l’exploiter à leur propre profit ».[20] Le service des archives américaines du NARA lui-même déclara en 2002 dans un communiqué concernant le recrutement par Reinhard Gehlen d’anciens Nazis que, « en dehors des problèmes moralement gênants que cela impliquait, ces recrutements ouvrirent le gouvernement de l’Allemagne de l'Ouest et, par extension, les États-Unis, à une pénétration par les services de renseignements soviétiques ».
Hans Globke, qui avait travaillé pour Adolf Eichmann au département des Affaires juives et participé à la rédaction des Lois de Nuremberg, devint le conseiller à la sécurité nationale du Chancelier Konrad Adenauer dans les années 1960 et « était le lien principal avec la CIA et l’OTAN » selon le Guardian. Un mémo envoyé en mars 1958 par le BND allemand à la CIA précisait que Adolf Eichmann « semble avoir vécu en Argentine sous le nom de Clemens depuis 1952 ». La CIA ne transmis toutefois pas cette information au MOSSAD israélien, car elle craignait des révélations relative à l’utilisation qu’elle avait faite d’anciens Nazis à des fins de renseignement – Eichmann, qui était en charge du département des affaires juives fut kidnappé par le Mossad deux ans après. Parmi les informations qui auraient pu être révélées par Eichmann se trouvaient celles concernant Hans Globke, agent de liaison de la CIA en Allemagne. A la demande de Bonn, la CIA persuada Life magazine de détruire toute référence à Globke des mémoires d’Eichmann, que le périodique venait d’acheter à sa famille.
ODESSA :
L’existence des filières italiennes et argentines n’a été confirmée que relativement récemment, essentiellement suite à des recherches effectuées dans des archives déclassifiées. Jusqu’aux travaux de Aarons et Loftus, et ceux d’Uki Goñi (2002), il était généralement admis que les ex-Nazis avaient eux-mêmes, organisés en réseaux secrets, avaient exploité seuls les filières d’évasion. La plus connue de ces filières est ODESSA (organisation d’anciens membres de la SS), fondée en 1946 selon Simon Wiesenthal, qui comprenait le SS-Obersturmbannführer Otto Skorzeny et le Sturmbannführer Alfred Naujocks et en Argentine, dit-on, Rodolfo Freude. Alois Brunner, ancien commandant du camp d’internement de Drancy près de Paris, se serait échappé vers Rome et ensuite vers la Syrie grâce à ODESSA (on pense que Brunner et l’ex-Nazi le plus élevé en grade à être encore en vie en 2007). Des personnes prétendant représenter ODESSA revendiquèrent dans une note l’attentat à la voiture piégée commis le 9 juillet 1979 en France contre les chasseurs de Nazis Serge et Beate Klarsfeld. Selon Paul Manning (1980), « en définitive, plus de 10 000 anciens soldats allemands gagnèrent l’Amérique du Sud en utilisant les filières mises en place par ODESSA et le Deutsche Hilfsverein… »
Simon Wiesenthal, qui conseilla Frederick Forsyth pour le roman et le scénario de The Odessa File, qui porta le nom à l’attention du public, donne également les noms d’autres filières d’exfiltration nazies comme Spinne (araignée) et Sechsgestim (Constellation des Six). Wiesenthal décrit ces dernières directement après la guerre comme des cellules nazies basées en Autriche où beaucoup de Nazis s’étaient retirés et avaient gagné la clandestinité. Wiesenthal prétendait que le réseau ODESSA guidait les fuyards jusqu’aux filières catholiques à Rome (bien qu’il ne mentionne que Hudal et pas Draganovic) ou par une autre route passant par la France à destination de l’Espagne franquiste.
Odessa aurait été supportée par le réseau Gehlen Org, qui employait de nombreux anciens membres du parti nazi et était dirigé par Reinhard Gehlen, un ancien officier de renseignement Nazi employé après la guerre par la CIA. Le réseau Gehlen Org devint le noyau de l’agence de renseignements allemande BND, dirigée par Reinhard Gehlen depuis sa création en 1956 jusqu’en 1968. Outre le réseau Gehlen Org, le CIA organisa en parallèle et juxtaposa les réseaux Stay-behind en Allemagne. Des documents de la CIA divulgués en 2006 suite au 1998 Nazi War Crimes Disclosure Act démontrent que la CIA a organisé des réseaux Stay-behind d’agents allemands entre 1949 et 1955.
En 1952, l’ancien officier SS Hans Otto révéla à la police criminelle de Francfort l’existence de l’armée fasciste allemande Stay-behind BDJ-TD. Les extrémistes de droite arrêtés furent déclarés non coupables dans des circonstances mystérieuses.
Un des réseaux Stay-behind avait comme membres le Sergent Heinrich Hoffman et le Lieutenant Colonel Hans Rues et un autre, dont le nom de code était Kibitz-15, était dirigé par le Lieutenant Colonel Walter Kopp, un ancien officier de la Wehrmacht, décrit par ses agents traitants américains comme un "nazi non repenti". En avril 1953, dans un mémo divulgué en 2006, le quartier général de la CIA écrivait : « la colère qui surgit actuellement en Allemagne de l'Ouest en raison de la résurgence de groupes nazis ou néo-nazis est un bon exemple – à échelle réduite – de ce à quoi nous serions confrontés ». Par conséquent, certains de ces réseaux furent démantelés. Ces documents établissaient que les ex-nazis étaient un échec complet en termes de renseignements. Selon Timothy Naftali, un historien de l’Université de Virginie qui a examiné les documents divulgués à cette époque, « les dossiers montrent à longueur de page que ces gens posaient plus de problèmes qu’ils n’en résolvaient. Les Nazis non repentis agissaient pour leur propre compte et utilisaient le manque d’informations dont souffrait l’Ouest sur l’Union soviétique pour l’exploiter à leur propre profit ».[20] Le service des archives américaines du NARA lui-même déclara en 2002 dans un communiqué concernant le recrutement par Reinhard Gehlen d’anciens Nazis que, « en dehors des problèmes moralement gênants que cela impliquait, ces recrutements ouvrirent le gouvernement de l’Allemagne de l'Ouest et, par extension, les États-Unis, à une pénétration par les services de renseignements soviétiques ».
Hans Globke, qui avait travaillé pour Adolf Eichmann au département des Affaires juives et participé à la rédaction des Lois de Nuremberg, devint le conseiller à la sécurité nationale du Chancelier Konrad Adenauer dans les années 1960 et « était le lien principal avec la CIA et l’OTAN » selon le Guardian. Un mémo envoyé en mars 1958 par le BND allemand à la CIA précisait que Adolf Eichmann « semble avoir vécu en Argentine sous le nom de Clemens depuis 1952 ». La CIA ne transmis toutefois pas cette information au MOSSAD israélien, car elle craignait des révélations relative à l’utilisation qu’elle avait faite d’anciens Nazis à des fins de renseignement – Eichmann, qui était en charge du département des affaires juives fut kidnappé par le Mossad deux ans après. Parmi les informations qui auraient pu être révélées par Eichmann se trouvaient celles concernant Hans Globke, agent de liaison de la CIA en Allemagne. A la demande de Bonn, la CIA persuada Life magazine de détruire toute référence à Globke des mémoires d’Eichmann, que le périodique venait d’acheter à sa famille.
Re: L'exfiltration des criminels nazis
- Ma source : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seaux_d%E2%80%99exfiltration_nazis
Re: L'exfiltration des criminels nazis
Mince, je sais pas comment j'ai fait pour rater ce fil !
euh, alors les articles cités plus hauts seront prochainement repris dans le Journal HistoQuiz et je continue à bosser sur la suite, donc, il y aura une suite et une fin ! (mais ne soyez pas trop pressés, c'est du genre long comme enquête).
En attendant, si vous avez des questions, je peux essayer de vous répondre et NARDU qui a co-signé ces articles (et s'est tapé tout le boulot ch....) peut vous raconter plein de trucs sur les curés italiens qui ont facilité l'exfiltration.
Je reviens juste sur une assertion de l'article de wiki : Odessa aurait été appuyée par la Ghelen Organisation.
Bon d'abord, il est fort vraisemblable que ODESSA, en tant qu'organisation structurée n'aie jamais vraiment existé. Quant à Gehlen et ses "oeuvres charitables", c'est une autre filière. Le problème des Stay-Behind est légèrement différent.
Mais il est clair qu'il a existé non pas une mais plusieurs filières d'évasion latinos-américaines.
Il faut faire très attention aux multiples rumeurs (qui font bien dans un roman mais pas top devant un tribunal) qui attestent de la présence ici ou là, hier ou maintenant, de tel ou tel dignitaire nazi.
C'est pour cela aussi qu'il est important de bien différencier les filières, car toutes n'ont pas fonctionné pareil ni pour les mêmes raisons.
euh, alors les articles cités plus hauts seront prochainement repris dans le Journal HistoQuiz et je continue à bosser sur la suite, donc, il y aura une suite et une fin ! (mais ne soyez pas trop pressés, c'est du genre long comme enquête).
En attendant, si vous avez des questions, je peux essayer de vous répondre et NARDU qui a co-signé ces articles (et s'est tapé tout le boulot ch....) peut vous raconter plein de trucs sur les curés italiens qui ont facilité l'exfiltration.
Je reviens juste sur une assertion de l'article de wiki : Odessa aurait été appuyée par la Ghelen Organisation.
Bon d'abord, il est fort vraisemblable que ODESSA, en tant qu'organisation structurée n'aie jamais vraiment existé. Quant à Gehlen et ses "oeuvres charitables", c'est une autre filière. Le problème des Stay-Behind est légèrement différent.
Mais il est clair qu'il a existé non pas une mais plusieurs filières d'évasion latinos-américaines.
Il faut faire très attention aux multiples rumeurs (qui font bien dans un roman mais pas top devant un tribunal) qui attestent de la présence ici ou là, hier ou maintenant, de tel ou tel dignitaire nazi.
C'est pour cela aussi qu'il est important de bien différencier les filières, car toutes n'ont pas fonctionné pareil ni pour les mêmes raisons.
laverdure- Lieutenant

- Nombre de messages: 220
Age: 49
Date d'inscription: 01/03/2007
Page 2 sur 3 •
1, 2, 3 
Sujets similaires» Louis Ferdinand Céline
» portraits de criminels, de "méchants"?
» Liens troubles entre les Etats-Unis et les nazis
» Le Plan Economique Merkel Sarkozy Ressemble Etrangement A Celui Des Nazis Dans Les Années 40
» Les nazis ont financé le sionisme
» portraits de criminels, de "méchants"?
» Liens troubles entre les Etats-Unis et les nazis
» Le Plan Economique Merkel Sarkozy Ressemble Etrangement A Celui Des Nazis Dans Les Années 40
» Les nazis ont financé le sionisme
Page 2 sur 3
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum