MARRAINE DE GUERRE .

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MARRAINE DE GUERRE .

Message  bigbasketeur le Ven 16 Nov 2007, 2:42 pm

Correspondance d'un Matelot Corse à une Jeune Canadienne
pendant la Deuxième Guerre Mondiale.
ISBN 0-9685368-0-8 .

AVANT-PROPOS

Je savais depuis mon enfance que maman avait un correspondant pendant la guerre 39-45, j'ai toujours été curieuse de savoir les secrets que ces lettres contenaient. Maman gardait précieusement toutes les lettres de cet ami lointain et elle nous refusait toujours la permission de les lire. Elle les gardait cachées et sous clé, pour une raison qu'elle ne nous a jamais dévoilée. Nous pensions qu'elle considérait probablement ces lettres comme des lettres d'amour. . . . Quelques mois avant sa mort en 1983, elle a donné à ma nièce Julie un petit coffret de cèdre contenant ses précieuses lettres avec l'instruction de les conserver en bon état.

En 1993, à l'occasion d'une visite à Québec chez ma soeur Jocelyne, je me suis rappelé d'un fait que je voulais vérifier dans le précieux courrier de ce cher matelot corse. J'avais mentionné à une amie que ce monsieur était l'ami intime d'Antoine de St-Exupéry(1). Je me suis toujours demandé si c'était bien vrai. J'avais un bon souvenir que maman m'ait parlé de son correspondant de guerre et qu'elle m'avait encouragée alors à lire un de ses livres, 'Le Petit Prince'.

À la lecture de ces documents vieux de cinquante ans, qui nous était interdite, j'ai découvert pourquoi j'avais le souvenir d'avoir associé St-Exupéry à Carmen. Dans la lettre du 10 février 1949, il lui avait envoyé une photo de Vincent, son bébé, lui écrivant qu'il l'avait surnommé Le Petit Prince. J'avais huit ans à l'époque et c'est à la suite de la lecture de cette lettre que maman m'avait encouragée à lire l'histoire du Petit Prince d'Antoine de St-Exupéry. C'est donc de là que l'idée d'amitié entre Carmen et Antoine s'établit dans mon esprit.

À huit ans, élevée à la campagne, loin du brouhaha de la grande ville, ce correspondant qui écrivait de si loin était pour moi quelque chose d'unique parce que les enfants de mon entourage n'avaient pas, à ma connaissance, un parent qui recevait des lettres d'outre-mer. Maman m'avait expliqué que l'Europe était très très loin, et que la mer nous en séparait. Je connaissais la mer et son immensité pour avoir vécu plusieurs étés en Gaspésie chez mes grands-parents maternels qui demeuraient à New-Richmond sur la Baie des Chaleurs. A cet âge, j'étais bien impressionnée par l'immensité d'eau de la Baie des Chaleurs et maman me disait que la mer était bien plus grande. Donc mes rêves de pays lointains et surtout que maman avait des liens avec une personne de là, était pour moi très précieux.

M. Pischella faisait partie de la marine française attachée à la base navale de Toulon(2). En 1939, quelques mois avant que la guerre commence en Europe, maman était à lire une annonce dans un journal hebdomadaire de sa région, Demandes de correspondantes par des matelots, des soldats français et aussi canadiens, qui je suppose, voulaient des correspondantes du Canada avec qui ils pourraient parler de leurs intérêts, de leur travail, tout en respectant la censure bien entendu, de leurs joies et de leurs peines, de leurs espoirs que tous les événements qui se déroulaient dans ces mois-là soient résolus sans trop de détresse pour leurs familles et pour eux-mêmes. Les mois qui précédèrent les conflits semblent avoir été très chargés de crainte, considérant que le fou allemand du nom d'Hitler(3), pour paraphraser M. Pischella, voulait le monopole, la régie de toute l'Europe.

À cette époque-là, maman était une adolescente de 18 ans, toute juste sortie du pensionnat des Ursulines de Gaspé. La curiosité d'une jeune femme de savoir ce qu'un jeune européen pourrait bien lui raconter, l'idée d'une aventure littéraire lui sourit. Elle envoya donc une lettre à ce monsieur Perrot qui, au moment de recevoir sa lettre, avait déjà trouvé une correspondante. Il donna alors la lettre à M. Pischella qui avait aussi le désir de correspondre avec des jeunes femmes d'outre-mer. Après quelques échanges timides, les lettres devinrent une forme de réconfort pour Monsieur Pischella et maman continua assiduement la correspondance. On peut comprendre qu'à mesure que le conflit européen prenait de l'ampleur, les soldats et les matelots devenaient plutôt dépendants de nouvelles qui n'avaient aucun rapport avec les bouleversements causés par la guerre.

- La suite est la : http://www.geocities.com/klodet.geo/carmen01.htm , A+ . pouce
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