[Philo] La banalité du mal

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[Philo] La banalité du mal

Message  Phil642 le Mar 11 Mar 2008, 9:46 am

On se pose toujours la question de ce qui peut provoquer un comportement criminel chez des personnes.

Evidemment, les grands philosophes Grecs s'étaient déjà penchés sur l'âme de l'humain pour tenter de répondre à cette question et à leurs lectures on comprendra que beaucoup de choses ont déjà été dites et écrites en plus de 2.500 ans ...

cependant, avec l'oeuvre de Hannah Arendt, on aborde une approche intéressante qui explique pas mal de choses, même si à l'époque, son apprche de la question bouleversa pas mal de milieux bien pensant.

Je vous invite donc à découvrir la bio d'Hannah Arendt ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Hannah_Arendt

Ensuite de lire la réflexion de Michel TERESTCHENKO sur la Banalité du mal, banalité du bien

Michel TERESTCHENKO, philosophe, enseigne à l'Université de Reims et à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix - en - Provence. Il est l'auteur de nombreux ouvrages de philosophie politique et de philosophie morale, dont les deux derniers sont : Un si fragile vernis d'humanité, banalité du mal, banalité du bien (La Découverte, 2005) et Les Complaisantes, Jonathan Littell et l'écriture du mal (en collaboration avec Edouard Husson, édité chez François Xavier de Guibert, 2007).

Sa conférence :

On a longtemps pensé que la capacité humaine à faire le mal à grande échelle était réservée à des êtres d'une nature ou d'un caractère maléfique. On sait aujourd'hui que c'est une capacité ordinaire qui se réalise dans certaines circonstances historiques, politiques ou sociales déterminées, quoique certains hommes ou femmes témoignent d'une capacité de résistance héroïque. La conférence exposera les facteurs multiples de cette destructivité ordinaire, tout en montrant qu'il existe une banalité du bien dont on est trop souvent oublieux. Que des individus obéissants puissent se livrer à des actes de cruauté et de torture, cela n'est pas vrai seulement dans les sociétés totalitaires. Les sévices pratiqués à Abou Ghraïb et ailleurs (en Afghanistan et à Guantanamo) montrent que les démocraties ne sont pas épargnées par cette inquiétante capacité dont il s'agit de comprendre les mécanismes et d'empêcher l'apparition. La question est donc d'une brûlante actualité. En témoignent aussi bien le succès des Bienveillantes de Jonathan Littell - un roman qui suscite de légitimes interrogations et critiques - que l'accueil réservé au film admirable de Donnersmarck, La vie des autres.


Lire les note de conférences: http://agorange.net/Conf%20Terestchenko.pdf

Source: http://agorange.net/page13.html (voir aussi « Comprendre » notre barbarie ? de Jacques Sémelin en bas de page)
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Re: [Philo] La banalité du mal

Message  Carsomyr le Mar 15 Avr 2008, 8:45 am

Salut Phil,

Ton sujet est intéressant, et je vais essayer d'y répondre au mieux.
N'est-ce pas Rousseau qui disait que "l'homme est mauvais par nature"? Tout homme possède une part de bien tout comme de mal, et c'est le libre-arbitre qui est très souvent l'acteur de nos actes.

Dans le cas des criminel nazis, le processus de banalisation du mal a commencé par la propagande très forte du régime nazi qui martelait à chaque discours antisémites d'Hilter. Elle mettait en avant les "biens faits" de cette politique dictatorial et donc les populations ont étés trompées et manipulées.

La banalité du mal atteint son pararoxisme dans les camps de la mort (quelque soit la nature du camp), où là il n'est plus question de libre-arbitre. Être un bourreau, un assassin, était devenu un acte naturel chez les nazis ou encore certains kapos. Faire le mal, infliger des souffrances était normal, parce que ces monstres étaient conditionnés de tel qu'ils devaient réduire les populations déportées à des Stück(en) (des morceaux) pour citer Primo Levi, ou encore à des Unter-Menschen (sous-homme). Cette étape commence quand les déportés devaient échanger leur identité pour des numéros.

Je vais rebondir sur un point qui a été abordé pendant le procès Eischmann, concernant la déportation massive. Il a été demandé : pourquoi les juifs ne se sont pas révolés au moment où ils déportaient ? Parce qu'ils étaient trompés, les dirigeants leur mentaient. Pour les populations de l'Est (Hongrie, Slovaquie, notamment) on leur disait qu'elles allaient être relogées ailleurs plus à l'Est, alors que les convois prenaient la direction des camps. Rudolf Vrba déclare dans son livre Je me suis évadé d'Auschwitz, que la Déportation et l'Extermination massive a pu être possible parce qu'elles étaient basées sur le plus gros mensonge que l'Histoire ait pu connaître. Et que chaque déporté qui tentait de s'évader pour dire au monde ce qui se passait dans les camps, mettait en péril ce processus de destruction.
Ensuite si on étudie au cas par cas pour chaque criminel les raisons qui les ont poussé à de tels actes monstrueux, on se rendra compte qu'ils n'éprouvent auccun remords, et qu'ils seraient près à recommancer s'ils devaient le faire. Pour eux la banalité du mal est comme un ordre qui vient d'en haut, ce qui fut la ligne de défence pour beaucoup au moment de leur procès.

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