malte- 20 mars 1942

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

malte- 20 mars 1942

Message  cerberius le Jeu 15 Mai 2008, 6:17 am

Alors que l'île de Malte est assiégée par les forces italo-allemandes, l'Amirauté britannique déclenche l'opération " Save Malta " et envoie un convoi à sa rescousse. Malheureusement, en raison de la violence des attaques aériennes allemandes, le convoi doit faire demi-tour et regagner Gibraltar. Ce n'est que dans les semaines suivantes que les navires de la Royal Navy parviendront à rallier le port de La Valette (cap. de Malte).
Subissant d'incessants bombardements, la population et la garnison ont fait preuve de courage et d'abnégation.
Les Allemands tiennent absolument à s'emparer de cette île stratégique qui joue le rôle de porte-avions naturel et de base navale d'où les forces anglaises ne cessent d'harceler leurs lignes de ravitaillement entre l'Italie et l'Afrique du Nord.
Notons qu'un de nos pilotes, George Beurling, de Verdun (Québec), ne cesse de s'illustrer au cours de ce long siège et se mérite ainsi le titre d' " As de l'île de Malte ". Titulaire de 31 victoires à la fin de la guerre, il sera l'as des as canadiens.
avatar
cerberius
Sergent
Sergent

Nombre de messages : 43
Age : 37
Localisation : verdun, montreal
Date d'inscription : 10/05/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: malte- 20 mars 1942

Message  Thomasp86 le Jeu 15 Mai 2008, 8:52 am

Super, dès ce soir je regarde si je n'ai des infos complémentaire sur ce sujet.

Merci pouce
avatar
Thomasp86
Colonel
Colonel

Nombre de messages : 598
Age : 31
Localisation : Brabant Wallon (Belgique)
Date d'inscription : 31/01/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: malte- 20 mars 1942

Message  cerberius le Jeu 15 Mai 2008, 7:17 pm

en plus je reste a 4 rue de sa maison de l'époque
avatar
cerberius
Sergent
Sergent

Nombre de messages : 43
Age : 37
Localisation : verdun, montreal
Date d'inscription : 10/05/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: malte- 20 mars 1942

Message  Ming le Ven 16 Mai 2008, 9:12 pm

"Those damned screwballs"

C'était son expression préférée. Puisque la balle est lancée via cerberius, autant en dire un peu plus sur ce personnage assez haut en couleurs de la RAF -devrais-je dire de la RCAF, mais il est compliqué de séparer l'un de l'autre dans le cas présent considérant le parcours de Beurling-.

Je crois que celui qui l'a le mieux raconté c'est Clostermann, dans les feux du ciel. Je ne sais pas si vous avez lu le chapitre qui lui est consacré, mais je vous le recommande.
En substance ça donne à peu près ceci. Beurling est né comme l'a précisé cerberius à Verdun, en décembre 1921. Il a très tôt été attiré par l'aviation et est rapidement devenu ce qu'on appelle en France un morpion de carlingue, à savoir un jeune qui traîne sur les aérodromes, qu'on emmene en avion à l'occasion. Tellement passionné par l'aviation d'ailleurs qu'il arrête très rapidement ses études pour se consacrer uniquement à sa passion, en faisant tous les petits boulots possibles pour réunir la somme nécessaire pour le brevet de pilote. Son oncle lui offre une certaine somme d'argent pour son anniversaire qu'il s'empresse de dépenser en heures de vol et quelques temps plus tard il décroche le brevet en 1938 et apprend lui-même les figures élémentaires de voltige dont le looping sur un vieux Rambler de 100 ch. Il commence par travailler pour une compagnie de Fret, quitte définitivement l'école.
Alors que les japonais sont en Chine, il songe à franchir la frontière et aller aux Usa pour s'engager dans le corps des Flying Tigers de Claire Chennault, seulement il se retrouve emprisonné pour avoir franchi la frontière illégalement. Qu'à cela ne tienne, la guerre vient officiellement d'être déclarée, aussi postule-t-il pour entrer dans la RCAF. Seulement son bagage scolaire est si faible que sa candidature est rejetée, du coup il essaye de rejoindre l'armée de l'air finlandaise qui se bat avec courage et acharnement contre l'envahisseur soviétique. Encore raté, il faut l'autorisation des parents et le père de Beurling s'y oppose formellement.
En désespoir de cause, c'est vers la Grande-Bretagne qu'il se tourne. On est alors en pleine bataille d'Angleterre et les britanniques ont un besoin urgent de pilotes, aussi traverse-t-il l'Atlantique pour offrir ses services, sur le bâtiment d'un convoi dans un océan ou les sous-marins de la Kriegsmarine pullulent et coulent tout ce qui porte un pavillon anglais. Quand il arrive dans le premier bureau de recrutement de la RAF, on lui demande un certificat de naissance qu'il n'a pas... Qu'importe, il fait le chemin en sens inverse et avec l'aide de son père -qui cette fois-ci a compris qu'il ne viendrait pas à bout de l'obstination de son fils- il obtient le précieux imprimé.
Revenu en GB il parvient enfin à s'engager cette fois ci et refuse une comission au grade d'officier considérant son nombre d'heures de vol -ça l'aurait tenu à l'écart des combats aériens- et se voit nommé simple NCO, autrement dit sous officier.
Il est d'abord versé dans le 403 (RCAF) Squadron mais ne s'entend pas avec ses congénères. De ce fait il est envoyé au sein du 41 Squadron (RAF) ou il se distingue par ses talents de chasseur né. Seulement ça ne passe pas aussi bien avec ses supérieurs qui le considèrent comme franchement indiscipliné (il n'hésite pas à attaquer quoi qu'en soit les ordres) et se taille vite une réputation de loup solitaire. Son franc parler n'arrange pas les choses, et comme il a un caractère rebelle à toute forme d'autorité, il devient rapidement le mouton noir du Squadron.
Comment est-il arrivé à Malte personne ne le sait exactement. La légende dit qu'il aurait échangé la place d'un pilote dont la femme était enceinte de 8 mois, d'autres prétendent qu'il s'est porté volontaire, l'histoire n'est pas éclaircie d'autant plus que Malte était réservé uniquement aux pilotes britanniques à la base, ce qui explique qu'aucun français libre (entre autre) n'y vola.
Toujours est-il qu'il se retrouve sur l'HMS Eagle aux commandes d'un Spitfire Mk V C "Trop", et qu'il décolle en direction de Luqa, un des aérodromes de l'île qutidiennement pilonné par les forces de l'axe. A l'époque ou il y arrive, on considère l'île comme perdue même si personne -surtout pas les britanniques- n'osent le dire. L'essence aviation est plus précieuse que l'eau -laquelle se fait suffisamment rare sur l'île- sans même parler de la nourriture. Les rares légumes qui poussent sur Malte donnent une sorte de dysenterie, la Malta Dog, qui épuise les pilotes déjà à bout de force en raison du nombre d'heures de vol qu'ils effectuent quotidiennement. D'ailleurs de pilotes ils n'ont que l'air et de loin, car de près ils ressemblent plus à une assemblée de bohémiens pouilleux, barbus et vêtus de loques. Tout manque à Malte, et les rares convois qui réussissent à rejoindre le port de la Valette arrivent au prix d'efforts colossaux, traversant des grêles de bombes, torpilles et mitrailles.

Les anglais ont surnommé Malte "le paradis des chasseurs", c'en est presque ironique. N'importe quel pilote de chasse un peu doué s'y taille un score en peu de temps -s'il a la chance de survivre ce qui est autre chose-. En l'espace d'un mois il reçoit deux fois la DFM (Distinguished Flying Medal, la DFC des sous officiers, une médaille chichement attribuée) se voit promu au grade de Pilot officer. Il est devenu un officier avec 17 victoires à son actif -un record dans le camp des alliés-. En août et septembre 1942 il est tellement épuisé par la dysenterie qu'il reste à l'hôpital la plupart du temps et ne reprend le manche de son Spitfire qu'en septembre. Il se paye le luxe d'abattre 8 autres chasseurs et bombardiers allemands, se fait descendre deux fois, obtient une DFC puis une DSO (Distinguished Service Order une des plus hautes décorations britanniques)... Il est renvoyé en Grande-Bretagne mais le B-24 dans lequel il prend place est victime d'un amérissage forcé dont il ne sort vivant que par miracle, lui et deux autres passagers.

Il est alors envoyé au Canada pour la campagne "bons pour la victoire" qu'il considère comme une corvée. Il rencontre néanmoins sa femme -le mariage sera de courte durée, à peine deux ans- et du fait de son mauvais état de santé général il est contraint de subir une hospitalisation de plusieurs semaines. A peine sorti on le renvoie en GB ou il devient instructeur de tir au 61 OTU -Operationnal Training Unit, le dernier stade avant l'escadrille pour les élèves pilotes- ou il y rencontre Clostermann et un certain Richard Bong -l'as américain du Pacifique-. Il est ensuite reposté au 403 mais s'ennuie, la guerre en Europe n'ayant rien à voir avec ses combats de Malte. Toujours fâché avec la discipline, on le nomme néanmoins Flight Leutnant et il commet un coup d'éclat qui le fait passer à deux doigts de la court martiale : une exhibition de voltige à trèèèès basse altitude sur un DH Tiger Moth qui lui vaut d'être expédié dans un autre Squadron, le (RCAF) 412 après avoir fait un tour dans les bureaux en guise de punition. Au 412 il entre en conflit avec le chef d'unité et se voit condamné au sol. Renvoyé au Canada en avril 1944, il est radié des services en octobre de la même année. 31 victoires au total, DSO,DFC, DFM and Bar...

Si la guerre a été l'occasion pour lui de mettre tous ses talents de pilote en évidence, la paix s'avère rapidement calamiteuse. Il ne sait rien faire d'autre que piloter, et malheureusement pour lui comme pour beaucoup d'autres, ce ne sont pas les pilotes qui manquent... Et lui n'a jamais pris les commandes d'un quadrimoteur, ce qui lui ferme d'entrée de jeu les portes des compagnies aériennes... ou l'on a eu vent de son caractère et de ses démélés avec l'autorité militaire.
Il lui faut attendre 1948 pour retrouver l'aventure, Israël venant juste de naître, la guerre menaçant dans cette région, ses talents de pilote de chasse le destinent à prendre les commandes d'un Mustang. Il n'est pas le seul à rejoindre la jeune force aérienne israélienne (Slick Goodlin, le pilote qui aurait pu passer le mur du son avant Yeager s'engage aussi chez les israeliens) mais n'aura jamais l'occasion de leur montrer son "art" du pilotage. En route aux commandes d'un Norseman, son appareil en redécollant de Rome, bourré d'armes et de munitions, s'écrase. Il meurt carbonisé à 26 ans, le 20 mai 1948.

_________________


Patrie, Courage, Foi. Regarde Saint Michel et saute rassuré.

Wenn de net wellcht metkommen, los es stehn !

Membre du club des survivants du péril thaïlandais, du canon de 88 sulfateur de l'infâme colonel Olrik (rebus: oui russe, non russe, liquide, vomi)

Clairement, je suis ami avec les touffes

http://pbycatalina.wordpress.com

http://thehighflight.wordpress.com/
avatar
Ming
Général (Administrateur)
Général (Administrateur)

Nombre de messages : 5777
Age : 45
Localisation : MingLouffie occidentale
Date d'inscription : 04/10/2007

Revenir en haut Aller en bas

Re: malte- 20 mars 1942

Message  Cyclick le Mer 06 Oct 2010, 10:46 pm

Merci pour ce texte Ming.

Voici une photo de Georges Beurling:


Et le lien sur Wikipedia francais:

http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Beurling





avatar
Cyclick
Lieutenant
Lieutenant

Nombre de messages : 207
Localisation : Canada
Date d'inscription : 22/09/2006

Revenir en haut Aller en bas

Re: malte- 20 mars 1942

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum