Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

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Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  eddy marz le Mer 21 Mai 2008, 7:37 pm

Bonsoir ;
Un petit résumé de l’historique des procès intentés au personnel SS de l’Aktion Reinhard, ainsi qu’à leurs auxiliaires Ukrainiens, Russes, et Lithuaniens. C’est un peu long (comme d’habitude), aussi je posterais en 3 fois. Le récit, je l’espère, aidera à prendre conscience de la complexité d’une action de justice, entreprise presque 20 ans après les faits, face à une opération perpétrée dans le secret, et à comprendre son échec relatif…

(* Les sources seront citées en dernière page de l’article)

Implémentée et administrée par le SSPF Odilo Globocnik, sous l’égide du KdF (Chancellerie du Führer) et le contrôle exécutif d’Himmler (et presque certainement de Christian Wirth), la très secrète Aktion Reinhard (liquidation des ghettos Polonais) fut l’opération individuelle la plus meurtrière de la « Solution Finale ». Au terme de ses 21 mois d’activité, entre 1,4 millions et 1,7 millions de Juifs y perdirent la vie, exterminés au monoxyde de carbone. L’Aktion fut officiellement et définitivement interrompue en novembre 1943 ; ses trois centres d’extermination, Belzec, Sobibor, et Treblinka, furent démantelés, les terrains retournés, et des équipes de reforestation SS envoyées sur place afin d’effacer, non seulement les traces des crimes, mais l’existence même des lieux.

Malgré ces précautions, le secret qui entourait toute l’opération se dissipa dès le démantèlement des installations. Alors que les Allemands contrôlaient encore la région, des scènes écoeurantes se déroulèrent sur les terrains des trois centres d’extermination. Des rumeurs s’étaient propagées dans la population locale, ainsi que dans toute la région, selon lesquelles les cadavres n’avaient pas tous été incinérés, et que beaucoup de victimes avaient été enterrées habillées sans avoir été préalablement fouillées. Ces « informations » suggéraient que les plis des vêtements recelaient des trésors en devises, or, et diamants ; sans parler des dents en or qui n’avaient pas été arrachées… S’ensuivit une véritable ruée de fermiers et d’agriculteurs reconvertis en chercheurs d’or qui, armés de bêches et de pelles, même de nuit, commencèrent à nouveau à creuser et retourner les sols.

Une délégation du Comité polonais pour l’Investigation des Crimes de Guerre Nazis sur le Territoire Polonais se rendit à Treblinka le 7 octobre 1945. Rachel Auerbach, membre de la délégation, décrivit la visite :

« Une foule de voleurs et de pillards de toutes sortes, pelles et pioches en main, creusaient, bêchaient, et tamisaient le sable. Ils dégageaient les membres en décomposition de la poussière, et les os, et les ordures qui y avaient été jetées. […] Ils traînèrent même des obus actifs, ces hyènes et chacals à l’apparence humaine. Ils en groupèrent plusieurs ensemble et les détonnèrent ; et des fosses géantes furent creusées dans cette terre profanée et saturée de sang et des cendres de Juifs brûlés. »
(cité par Arad, Yitzhak. Belzec, Sobibor, Treblinka ; The Operation Reinhard Death Camps – Indiana University Press, 1987).

Bien entendu, des scènes analogues eurent lieu à Belzec et à Sobibor ; les terrains furent retournés et retournés sans répit. Ces fouilles ne cessèrent que dans les années 60, lorsque le gouvernement communiste Polonais se décida à ériger un mémorial « aux victimes du fascisme »…


Belzec en 1945. Au fond, le hangar à locomotives. À l’avant-plan, à droite, la colline du camp (source : USHMM)

À partir de 1948, des enquêtes furent lancées afin de rassembler le plus d’informations et témoignages possible ; savoir ce qui s’était passé exactement, déterminer le nombre de victimes, établir les responsabilités. D’emblée, l’entreprise s’avérait difficile ; pourtant, petit à petit, des documents commencèrent à émerger : listes de déportés émanant du Judenrat, journaux personnels abandonnés par certains habitants des ghettos… Vinrent s’y ajouter de nombreux mémoires de survivants (seulement deux survivants pour Belzec ; dont un fut assassiné par des miliciens nationalistes le soir de sa déposition), et de témoignages des populations locales concernant les transports de déportés… Mais qu’en était-il des assassins ?

Revenons en arrière… Dès la fermeture des camps (fin 1943), Odilo Globocnik, Christian Wirth, Franz Stangl (commandant de Treblinka), Josef Oberhauser (adjoint de Wirth), Lorenz Hackenholdt (mécanicien des moteurs à gaz), Franz Reichleitner (commandant de Sobibor), et l’ensemble du personnel de l’Aktion (y compris les auxiliaires Ukrainiens), furent mutés à Trieste, dans le cadre d’une opération semblable, l’Operationszone adriatisches Küstenland (OZAK). Nommé HSSPF (Höherer SS und Polizei Führer) d’Istrie, Globocnik, assisté par Wirth, y assuma la direction de l’Aktion R : la destruction des Juifs nord-italiens et des partisans Yougoslaves (voir : http://deuxiemeguerremondia.forumactif.com/crimes-de-guerre-et-contre-l-humanite-f18/ozak-derniere-mission-des-tueurs-daktion-reinhard-t9297.htm ).


Odilo Globocnik (source : Staatsarchiv Ludwigsburg)


Christian Wirth (source : Staatsarchiv Ludwigsburg)

À la fin de la guerre, profitant de l’immense confusion des semaines qui suivirent la reddition allemande, nombre de membres d’Aktion Reinhard disparurent à l’étranger (essentiellement en Amérique Latine) ; quelques-uns par l’entremise d’agences du Vatican, d’autres par des filières nazies, mais la plupart par leurs propres moyens. Beaucoup remontèrent tout simplement en Autriche ou en Allemagne sans êtres inquiétés ; souvent relâchés au bout de quelques mois d’emprisonnement dans des camps de prisonniers, et disparaissant ensuite.

Intercepté par une patrouille Anglaise, le 31 mai 1945, Odilo Globocnik se suicida dans le camp de prisonniers de Paternion (Carinthie), sept heures après son arrestation (voir : http://deuxiemeguerremondia.forumactif.com/crimes-de-guerre-et-contre-l-humanite-f18/fin-d-un-tueur-odilo-globocnik-t5716.htm ). L’indescriptible Kriminalkommissar Christian Wirth, probablement le pire des tueurs SS, fut abattu par des partisans Yougoslaves lors d’une embuscade (il restera sur les listes de recherches jusque dans les années 60 – sa tombe ne fut retrouvée qu’en 1988, en Italie), quant à Franz Stangl, à la fin de la guerre, il s'était enfuit en Autriche où il fut arrêté par les Américains en raison de son appartenance à la SS. Emprisonné à Linz en 1947 il fut identifié et inculpé pour les meurtres de patients psychiatriques à la clinique de Hartheim, lors de l’opération T4. En mai 1948, il réussit à s’échapper, et s’enfuit à Rome où, avec l’aide de Monseigneur Hudal, il parvint à rejoindre la Syrie. Une fois à Damas, il trouva un emploi d’ingénieur puis, en 1951, émigra au Brésil où sa famille le rejoignit. Il travailla par la suite à l’usine Volkswagen de Sao Paulo.


Monseigneur Alois Hudal

Le seul responsable de haut niveau à être capturé dés 1945 fut Hermann Höfle, adjoint de Globocnik et administrateur de l’Aktion. Arrêté en Autriche en compagnie de Globocnik, il fut présent lors du suicide de ce dernier, mais fut cependant relâché, faute d’informations suffisantes à son sujet. En 1948, apprenant que la Pologne avait engagé des procédures d’extradition à son encontre, Höfle fuit en Italie, où il resta jusqu’en 1951. De retour en Allemagne, il mena une vie discrète sous son propre nom, mais finit par être remarqué par les services de contre-espionnage U.S (CIC). Considéré par les Américains comme simple membre de la Waffen-SS, Höfle profita de la perche qui lui était tendue et collabora. Rapidement, les Américains réalisèrent que la Pologne recherchait Höfle pour ses activités criminelles. Mais, en pleine guerre froide, le CIC refusa d’accéder aux demandes de Varsovie. Ce ne fut qu’au début des années 60 que son véritable passé finit par le rattraper. Démasqué, Höfle se suicida le 21 août 1962 dans une prison de Vienne, avant l’ouverture de son procès…


Hermann Höfle (source: USHMM)
À suivre...

Eddy


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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  eddy marz le Jeu 22 Mai 2008, 8:22 am

Good morning. Suite...

Compte tenu du secret entourant l’Aktion Reinhard, et du fait qu’elle fut interrompue en 1943, soit presque deux ans avant la fin de la guerre, les assassinats de masses commis à Belzec, Sobibor, et Treblinka ne commencèrent à faire surface qu’en 1948, presque fortuitement, lors des procès intentés aux participants du « Programme d’Euthanasie » (T4). En 1948, Heinrich Unverhau, responsable du hangar à locomotives de Belzec puis assistant aux chambres à gaz, fut le premier à être arrêté, et inculpé pour les meurtres commis au centre d’euthanasie de Grafeneck. Au terme d’un long interrogatoire, Unverhau fut lavé de toute responsabilité et relâché. Les détails qu’il avait fournis concernant les centres d’extermination furent déclarées irrecevables et ignorés par la cour.


Heinrich Unverhau (source : USHMM)

La première enquête majeure du Gouvernement ouest-allemand sur l’Aktion Reinhard s’ouvrit en automne 1959, et dura jusqu’en 1965. Elle bénéficia de la coopération de l’Inspecteur Général de la Police Israélienne de Tel-Aviv qui, en sa capacité de Chef d’Interpol en Israël, coordonna les recherches pour retrouver des survivants et des témoins émigrés. Belzec fut le premier camp à être identifié comme centre d’assassinats de masses à l’Est. Suite à l’enquête, huit individus ayant servis à Belzec furent arrêtés :

- Josef Oberhauser (second de Christian Wirth)
- Werner Dubois (chauffeur/mécanicien)
- Erich Fuchs (chauffeur/mécanicien)
- Hans Girtzig (chef de la cantine)
- Heinrich Gley (chauffeur)
- Karl Schluch (infirmier)
- Robert Jührs (infirmier)
- Ernst Zierke (chauffeur)

Belzec

Le premier procès eut lieu en août 1963, aux assises de Munich ; les « huit de Belzec » furent inculpés d’assassinats collectifs de Juifs. Bien que les inculpés admirent nombre de faits, leur système de défense reposait sur un mélange de mensonges, et d’exonération des crimes eux-mêmes en raison de craintes pour leurs propres vies en cas de désobéissance à Wirth ou Hering (le 2e commandant de Belzec) ; ce qui était vrai dans une certaine mesure. Les accusés tentèrent également de minimiser leur rôle dans le génocide en suggérant que les gazages n’auraient pu avoir lieu sans l’aide des Juifs. Ils expliquèrent que les Juifs procédaient aux déchargements des transports, coupaient les cheveux des femmes, retiraient les corps des chambres à gaz, assuraient les extractions de dents en or, et enterraient les cadavres dans les fosses qu’ils avaient préalablement creusées.

Afin de condamner ces hommes, il fallait des preuves directes, les identifiant sans aucun doute comme coupables des destructions humaines. Bien que de vagues aveux avaient été proférés par les inculpés, il n’y avait pas de témoins. La cour en procura deux ; miraculeusement échappés au massacre : Sara Ritterbrand, et Roman Robiak (alias Rudolf Reder). Tous deux fournirent des témoignages écrits. Le jour du procès, Ritterbrand ne pu se présenter pour raison de santé, quant à Reder (venu expressément du Canada), il ne reconnut aucun des accusés. La cour ne pu donc maintenir que les charges de « culpabilité collective », mais non d’instigation au meurtre. La responsabilité revenait exclusivement à Christian Wirth (dont la mort, survenue en 1945, n’était pas encore établie). Pourtant, théoriquement, celui qui exécutait un ordre criminel en connaissance de cause devait en partager la responsabilité. Mais le jury était divisé…

Le 30 janvier 1964, le procès se disloqua, et tous les accusés, à l’exception d’Oberhauser, furent acquittés. À leur sortie du tribunal, Fuchs, Zierke, Jührs, Dubois, et Unverhau furent arrêtés et inculpés de charges similaires relatives au centre d’extermination de Sobibor. Le procès contre Oberhauser fut ajourné, et une nouvelle instruction engagée.

En janvier 1965, Oberhauser fut jugé une fois de plus à Munich, mais cette fois devant des magistrats plus préparés. Oberhauser objecta immédiatement d’avoir déjà été condamné en 1948 par un tribunal militaire soviétique pour les crimes de Belzec lors du procès de l’Euthanasie, tenu à Magdebourg (alors en Allemagne de l’Est). Sur enquête, la cour de Munich découvrit qu’Oberhauser avait effectivement été condamné – mais uniquement pour sa participation à l’opération T4 (car les crimes d’Aktion Reinhard n’étaient pas connus à l’époque). Le procès pouvait donc continuer…


Josef Oberhauser lors du procès de Munich (source : Ghetto Fighter's House)

Ses ex co-accusés du procès précédent témoignèrent contre lui. Parmi les témoins de l’accusation se trouvait l’ancien Standartenführer-SS Wilhelm Pfannenstiel. Âgé de 73 ans au procès, Pfannenstiel – professeur en Hygiène et « spécialiste en Hygiène Raciale », diplômé de l’université de Marbourg – avait « visité » Belzec à la mi-août 1942, en compagnie de Kurt Gerstein. Rudolf Reder, maintenant âgé de 84 ans, était également présent aux audiences. Mais ni lui, ni Pfannenstiel ne purent reconnaître Oberhauser. Tout en essayant de brouiller les pistes et minimiser l’ampleur de sa participation, Pfannenstiel confirma néanmoins avoir assisté à une opération de gazage. Il affirma également que les Juifs opéraient les moteurs à gaz ; un « détail » qui n’échappa pas à l’accusation, lors des discours de clôture : « Les faits établis dans cette affaire démontrent l’aspect industriel de ces tueries. C’est un scandale que des personnes juives furent contraintes à participer aux meurtres de leurs frères de confession, tandis que des individus comme l’accusé s’en tirent en jouant les ‘gentlemen’ ».

Oberhauser refusa de commenter, se bornant, une fois de plus à rejeter le blâme sur Christian Wirth, et à invoquer le danger de mort qu’il aurait encouru en refusant d’obtempérer ; danger, répétons-le, parfaitement réel, comme le confirmèrent sans l’ombre d’un doute tous les témoignages sur Wirth. Par conséquent, Oberhauser fut condamné à une peine ferme de quatre ans et demi. Libéré au bout de 27 mois, il s’installa à Munich, et travailla dans une taverne (où il fut filmé par J. Lanzmann dans « Shoah »). Il mourut en 1979.

L’Oberscharführer SS Josef Oberhauser fut donc le seul condamné pour les crimes du camp de Belzec, où périrent entre 450.000 et 500.000 déportés Juifs.

Sobibor

Ainsi que pour Belzec, plusieurs membres du personnel de Sobibor, comme l’Oberscharführer SS Hubert Gomerski, furent jugés pour leur participation au Programme d’Euthanasie lors des procès T4 de 1947-8 mais relâchés. Par la suite, lorsque ses crimes à Sobibor furent prouvés, Gomersky fut condamné à perpétuité en août 1950. À l’opposé, l’Untersturmführer SS Johann Klier fut relâché lorsque des survivants de Sobibor témoignèrent de sa compassion envers les Juifs, et de ses tentatives secrètes de leur venir en aide.

Lors des procès de Sobibor qui se tinrent à Hagen (alors Allemagne de l’Ouest) de 1965-1966, les accusés plaidèrent qu’une fois dans un centre d’extermination, il n’y avait aucune issue, citant la remarque de Christian Wirth au personnel de Sobibor : « Si vous ne vous plaisez pas ici, vous pouvez partir ; mais sous terre, pas dessus ». Pourtant, Klier, le SS relâché, avait soumis une demande de transfert qui lui fut accordé. Néanmoins, il convient de prendre en compte les témoignages sous serment de l’ensemble des personnels SS de Belzec, Sobibor, et Treblinka (les trois sous la direction de Wirth), pour se rendre compte que ces hommes ne pouvaient refuser de participer aux opérations qu’au péril de leurs vies – il n’y a aucun doute là-dessus ; les preuves abondent.

L’Oberscharführer SS Erich Bauer, « meister » des chambres à gaz de Sobibor, fut reconnu dans la rue par un survivant. Condamné à la peine capitale en mai 1950, sa condamnation fut commuée en perpétuité en raison de l’abolition de la peine de mort. Il mourut en prison à Berlin en 1980. Durant les débats, Werner Dubois admit sa responsabilité dans les crimes, et déclara : « […] Tout ce que j’ai pu faire n’était que participation aux meurtres. Si j’étais déclaré coupable ce serait justifié ; un meurtre est un meurtre. […] Nous sommes tous coupables. Le camp fonctionnait selon une chaîne de commandement, et si un seul maillon de cette chaîne refusait de coopérer, le système s’effondrait. Nous n’avions pas le courage de désobéir aux ordres ». Werner Dubois fut condamné à 3 ans d’emprisonnement. Sur les onze autres inculpés, un se suicida, un fut condamné à perpétuité, trois furent condamnés à des peines d’emprisonnement de 4 à 8 ans, et six furent relâchés.

Quelques-uns des Auxiliaires Ukrainiens ayant servis à Sobibor furent jugés en URSS et exécutés. En avril 1963, dix gardes Ukrainiens furent jugés coupables ; neuf furent exécutés, le dixième condamné à 15 ans d’emprisonnement. Un troisième procès se tint à Kiev en juin 1965, où trois gardes de Belzec et de Sobibor furent exécutés par peloton d’exécution.

À la fin de la guerre, Gustav Wagner, un des pires tueurs de Sobibor, détenu dans un camp d’internement Allié mais jamais interrogé, fut relâché en mai 1945, et s’installa au Brésil sous son propre nom en 1952. Il se suicida en 1980, dans des circonstances non encore établies.


Gustav Wagner, chez lui au Brésil ; 1975 env. (source NARA)

À suivre
Eddy


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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  eddy marz le Jeu 22 Mai 2008, 1:03 pm

Suite et fin...

Treblinka

Le premier à être jugé pour crimes commis à Treblinka fut Josef Hirtreiter, en 1951.

Lors d’interrogatoires précédents, concernant sa participation au programme d’euthanasie dans la clinique d’Hadamar, Hirtreiter révéla les identités d’autres membres des personnels d’Aktion Reinhard ayant également participés aux meurtres de malades mentaux à Hadamar. Hirtreiter fut relâché pour manque de preuves. Il fut toutefois re-arrêté, et re-jugé en mars 1951, à Francfort-sur-le-Main. Reconnu par un survivant, Hirtreiter, coupable de tortures et d’infanticides répétés, fut finalement condamné à perpétuité le 3 mars.

Le 2e procès de Treblinka se tint à Düsseldorf du 12 octobre 1964 au 24 août 1965, et fut connu sous l’appellation de 1er procès de Treblinka, compte tenu du fait que les accusés étaient nombreux : onze membres du personnel du camp, dont le commandant-adjoint, Kurt Franz. Lorsque Franz fut arrêté, la police trouva, dans son appartement, un album photo intitulé « Schöne Zeiten » (« Les Temps Superbes »). L’album contenait, entre autres, des photos prises dans le camp de Treblinka (et ce malgré l’interdiction stricte).


Kurt Franz (source USHMM)

À l’issue du procès, Franz fut condamné à la perpétuité. Trois autres accusés furent également condamnés à vie ; cinq autres (dont Franz Suchomel – interviewé par J. Lanzmann dans « Shoah ») se virent infliger des peines allant de 4 à 12 ans (cette dernière peine concernant uniquement Gustav Munzberger, l’opérateur des chambres à gaz – plus tard interviewé par Gitta Sereny) ; un seul fut acquitté : Otto Horn, chargé de la destruction des cadavres.


Franz Suchomel (source USHMM)

Tisserand de métier, puis policier, puis administrateur des opérations d’euthanasie au château d’Hartheim, brièvement commandant de Sobibor, puis commandant de Treblinka, Franz Stangl fut finalement repéré en 1961, à Sao Paulo, par les services de Simon Wiesenthal (grâce à un informateur rémunéré). Arrêté en 1967, Stangl fut rapatrié en Allemagne de l’Ouest, et inculpé pour l’assassinat de 900.000 déportés Juifs.


Franz Stangl lors de son extradition

Le 2e procès de Treblinka (en réalité le 3e) se déroula également à Düsseldorf. Pour des raisons techniques, sa période de commandement de Sobibor ne fut pas examinée. Le procès débuta le 13 mai 1970, et s’acheva le 22 décembre 1970 avec la condamnation à perpétuité de Stangl.

Franz Stangl fut interviewé en prison par la journaliste hongroise Gitta Sereny (voir sources), et mourut d’une crise cardiaque très peu de temps après, le 28 juin 1971.

En bonne place sur la liste des tueurs recherchés se trouvait le Scharführer SS Lorenz Hackenholdt. Avant de participer à l’Aktion Reinhard, Hackenholdt avait « servi » dans les six centres d’euthanasie (voir : http://deuxiemeguerremondia.forumactif.com/crimes-de-guerre-et-contre-l-humanite-f18/euthanasie-route-vers-le-genocide-t5874.htm), en qualité de chauffeur de bus, puis en tant que responsable de l’incinération des cadavres. Âgé de 28 ans en 1942, il avait joué un rôle plus que déterminant dans la construction des chambres à gaz des 3 camps d’Aktion Reinhard. Extrait du Rapport Gerstein : « Avant nous une maison comme institut de bains, à droite et à gauche, trois et trois chambres comme des garages […] Avant le bâtiment, inscription « Fondation Hackenholdt » puis, plus loin : « À ce moment je comprend pourquoi « Fondation Hackenholdt » - Hackenholdt c’est le chauffeur du diesel dont les échappements sont destinés à tuer les pauvres ! »… Comme les autres membres de l’Aktion, il fut muté à Trieste en 1943 et, à partir de cet instant… se volatilise.

Un certificat de décès fut sollicitée par son épouse, Ilse, domiciliée à Heilbonn, précisant la date de la mort de son mari au 31 décembre 1945. Pour appuyer sa demande, Ilse Hackenholdt déclara qu’elle n’avait aucune nouvelle de ce dernier depuis novembre 1944.


Lorenz Hackenholdt; probablement à Belzec (source USHMM)

En 1961, deux officiers de la Sonderkommission III/a (SK III/a), la section de recherche des criminels de guerre de la Police Criminelle de Munich, se rendirent à la prison de Berlin-Tegel afin d’y interroger Erich Bauer (purgeant une peine de perpétuité pour les crimes de Sobibor). Il déclara sous serment, que Hackenholdt avait survécu à la guerre, et qu’il l’avait même rencontré en Bavière en 1946. Bauer se souvint que Hackenholdt se dissimulait sous un nom d’emprunt : Jansen, ou Johannsen… une identité soit-disant subtilisée à un soldat mort.

Nombre de dossiers sur Hackenholdt existent. Issus de plusieurs sources, ils dépendent de l’Office Central de Ludwigsburg. Lorsque le chercheur Anglais, Michael Tregenza (probablement l’expert mondial sur Christian Wirth), entrepris des recherches sur place, il fut informé que le dossier était « manquant ». Les autorités compétentes de Hambourg lui communiquèrent que le dossier n’était pas ouvert au public et que, de toute façon, un tel dossier spécial n’existait pas. Poursuivant son enquête, Tregenza fut abordé et mis en garde par un procureur, familier de l’affaire, de ne pas tenter de retrouver Lorenz Hackenholdt…

Voilà… Merci for your attention
Eddy


Sources :

- E. Klee, W. Dressen, V. Riess. The Good Old Days The Free Press, NY, 1988.
- Sereny, Gitta. Into that Darkness : from Mercy Killing to Mass Murder – Random House, London, 1974
- O’Neil, Robin. Belzec : Prototype for the Final Solution ; Hitler's answer to the Jewish Question – E-book.
- O’Neil, Robin. Belzec - The Forgotten Camp Article non publié
- Gerstein, Kurt. Rapport dactylographié rédigé en français. Rottweil 26 avril 1945
- Tregenza, Michael. The ‘Disappearance’ of SS-Hauptscharfuhrer Lorenz Hackenholt ; A Report on the 1959-63 West German Police Search for Lorenz Hackenholt, the Gas Chamber Expert of the Aktion Reinhard Extermination Camps – E-article.

- Gilbert, Martin. The Holocaust Collins, London 1986.
- Kogon, E., Langbein, H., & Rückerl, A. Les chambres à gaz secret d’Etat – Editions de Minuit, Paris, 1984.
- Blatt, Thomas. Sobibor - The Forgotten Revolt H.E.P 1998
- Arad, Yitzhak. Belzec, Sobibor, Treblinka ; The Operation Reinhard Death Camps – Indiana University Press, 1987.
- Arendt, Hannah. Eichmann in Jerusalem ; a report on the banality of evil – Viking Compass, New York, 1965.


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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  Invité le Jeu 22 Mai 2008, 1:21 pm

Voila ! Article sauvegardé en Word sur mon PC ! Merci du boulot ! pouce

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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  dede le Lun 23 Aoû 2010, 1:26 pm

Je crois que G Wagner, ne s'est pas du tout suicidé .
On peux trouver un interview de SZMAJZNER, Stanislaw (Slomo) nous faisant comprendre à demi mot, qu'il serait "responsable" de son "suicide" J'ai d'ailleur une k7 de lui, montrant à un journaliste la photo du "suicidé, et la donnant à ce meme journaliste avec un sourire qui en dit long.

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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  Psychopompos le Lun 23 Aoû 2010, 1:37 pm

Très intéressant. Smile

eddy marz a écrit:Lorsque Franz fut arrêté, la police trouva, dans son appartement, un album photo intitulé « Schöne Zeiten » (« Les Temps Superbes »). L’album contenait, entre autres, des photos prises dans le camp de Treblinka (et ce malgré l’interdiction stricte).

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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  spartanian le Lun 23 Aoû 2010, 2:18 pm

exactement c'est tres interresant
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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  dede le Lun 23 Aoû 2010, 2:26 pm

Une partie de l'album avec les photos que nous connaissont tous .



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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  sukhoi le Lun 23 Aoû 2010, 3:30 pm

Tiens un article que je n'avait pas vu.
Très intéressant eddy, juste dommage que si peu de personnes furent condamnées.

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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  vilak le Mar 12 Juil 2011, 9:52 am

On peut y ajouter les deux procès de Ivan Demanjuk, en Israel (condamnation puis acquittement) puis en Allemagne (quelques années de prison).
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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  vilak le Ven 06 Jan 2012, 3:57 pm

Eddy, dans un autre topic, en parlant des différences de jugement entre la RFA et l'Autriche, vous dites à propos de cette dernière :

"Des quelques procédures engagées, beaucoup se terminèrent par des acquittements incompréhensibles."

Pouvez-vous nous en dire plus s'il vous plait?
Merci.
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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  eddy marz le Ven 06 Jan 2012, 4:44 pm

vilak a écrit:Eddy, dans un autre topic, en parlant des différences de jugement entre la RFA et l'Autriche, vous dites à propos de cette dernière : "Des quelques procédures engagées, beaucoup se terminèrent par des acquittements incompréhensibles." Pouvez-vous nous en dire plus s'il vous plait? Merci.

Dans la réalité des faits, les procédures de "dénazification" furent rapidement considérées contreproductives et inefficaces par les Alliés anglo-saxons eux-mêmes (trop de ressentiments, trop de complicités, trop de lenteurs administratives délibérées, trop d'enquêtes superficielles ou bâclées, trop de pièces manquantes, coût excessif d'instructions interminables etc.). Les Alliés n'émirent aucune objection au projet de Konrad Adenauer qui, affirmant que les coupables principaux ayant été appréhendés et condamnés, souhaitait transformer cette politique judiciaire en démarche sociale de réparations et de compensations aux victimes du nazisme. Plusieurs milliers de criminels de second (voire de troisième) ordre réussirent donc à passer entre les mailles du filet. En ce qui concerne, l'Autriche, le problème était encore plus brûlant en raison des réseaux, "mafieux" et extrêmement bien connectés politiquement, de soutien juridique et financier de la part de nazis locaux, ou simplement de sympathisants "nationalistes" (même sans doute au sein de la magistrature) décidés à mettre des bâtons dans les roues coûte que coûte aux Alliés, envers leurs propres compatriotes. N'oublions pas que certains des pires acteurs d'Aktion Reinhard, d'OZAK, et des massacres en URSS, étaient des Autrichiens : Globocnik, Franz Stangl, Ernst Lerch, Hermann Höfle, Irmfried Eberl, Friedrich Rainer, Otto Wächter, ainsi qu'une flopée d'individus moins connus et subalternes. Il serait par ailleurs présomptueux de penser que la totalité des Allemand accueillirent la chute du Reich avec soulagement, au contraire. Il était donc "naturel" pour eux de les protéger autant que possible; les vieilles amitiés sont plus tenaces que la justice des Alliés, ou de la justice tout court. Plusieurs lois furent votées, les "officiels" et membres de l'administration furent autorisés à reprendre leurs fonctions initiales sauf les plus "voyants" (Groupe I : Criminels Majeurs et, dans une plus petite mesure, le Groupe II : Criminels). Plusieurs amnisties furent également votées pour environ 790.000 individus dont 3.000 fonctionnaires SS, NSDAP, et SA coupables de séquestrations arbitraires, 20.000 coupables de meurtres, 30.000 de coups et blessures, et 5.200 coupables de crimes ou délits mineurs. Ainsi, plusieurs personnalités (obscures ou non) nazies réussirent à réintégrer l'univers politique, industriel, et banquier, tant en RFA qu'en Autriche...




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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  Jules le Ven 06 Jan 2012, 7:41 pm

eddy marz a écrit:Ainsi, plusieurs personnalités (obscures ou non) nazies réussirent à réintégrer l'univers politique, industriel, et banquier, tant en RFA qu'en Autriche...

C'est ce que j'ai trouvé de plus choquant dans l'après-guerre ; des types assez "sales" à qui on a dressé le tapis rouge, dans tous les corps d'armées et les grosses industries allemandes. Franchement, plus d'un aurait mérité de se faire "petit"...
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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  eddy marz le Ven 06 Jan 2012, 8:07 pm

Jules a écrit:
C'est ce que j'ai trouvé de plus choquant dans l'après-guerre ; des types assez "sales" à qui on a dressé le tapis rouge, dans tous les corps d'armées et les grosses industries allemandes. Franchement, plus d'un aurait mérité de se faire "petit"...

Salut Jules;
Une histoire très complexe à plus d'un titre; brillamment étayée par Tom BOWER dans "Blind Eye to Murder", un des seuls bouquins à traiter de la dénazification en profondeur et en détail. Passionnant, mais malheureusement pas traduit en français ( maleureu gri )...



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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  Jules le Ven 06 Jan 2012, 8:55 pm

Merci pour cette référence que j'achèterai très prochainement. pouce
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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  vilak le Jeu 25 Oct 2012, 3:17 pm

Ce livre est disponible sur amazon d'occasion. Avec les frais de port, la depense n'excede pas la demi-douzaine d'euros.
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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  ours blanc le Mer 28 Nov 2012, 10:40 am

vilak a écrit:

On peut y ajouter les deux procès de Ivan Demanjuk, en Israel (condamnation puis acquittement)

puis en Allemagne (quelques années de prison).



Quelqu'un a-t-il des détails sur ces procès ?
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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  eddy marz le Mer 28 Nov 2012, 10:49 am

ours blanc a écrit:Quelqu'un a-t-il des détails sur ces procès ?

http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/CAB87009361/proces-demjanjuk.fr.html
http://www.rfi.fr/contenu/20091221-lukraine-condamne-le-proces-demjanjuk
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/histoire/le-proces-demjanjuk_884917.html
http://www.time.com/time/world/article/0,8599,1943561,00.html
http://www.dailymail.co.uk/news/article-1385940/John-Demjanjuk-trial-30-pensioners-worked-Nazi-death-camp-guards.html
http://www.spiegel.de/international/spiegel/demjanjuk-trial-winds-down-families-of-sobibor-victims-value-memory-over-malice-a-760469.html
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Re: Les Procès Aktion Reinhard : une justice approximative…

Message  ours blanc le Mer 28 Nov 2012, 11:09 am

Merci
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