Le 3ème corps d'Armée et la "Drôle de guerre"

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Le 3ème corps d'Armée et la "Drôle de guerre"

Message  Hellfire62 le Sam 20 Sep 2008, 4:45 pm

Je viens de retrouver dans une malle, un vieux fascicule d'histoire tels que ceux qui nous étaient encore remis à l'EAABC de Saumur en 1988. Il traite dans les grandes lignes de la drôle de guerre et de la campagne de France de 1940. J'ai voulu vous faire part de ce passage consacré aux missions dévolues au Troisième Corps d'Armée dans le Nord. En relisant ces lignes, je rejoins une fois de plus l'avis de notre ami Le Ronin : C'est effrayant ce contraste entre les deux belligérants, l'un revanchard, formant sa jeunesse aux nouvelles technologies, formant des cadres polyvalents, misant sur des armes et des doctrines nouvelles et offensives et l'autre, vivant dans la hantise du cauchemard de 14-18, se reposant sur des lauriers certes durement et vaillamment gagnés mais viellissants, avec des chefs âgés, des programmes d'armement peu ambitieux, et une doctrine basée principalement sur la défense et sur le bon vieux "ils ne passeront pas"
Comment la France après les exemples, de l'Espagne, de la Bohême-Moravie, de la Tchéquie et de la pologne a-t-elle pu rester aussi inconsciente du danger qui pesait sur elle?
Enfin, tout ceci n'ôte rien à la vaillance de certaines unités qui, fidèles aux traditions des armes de la France, se sont sacrifiées pour arrêter les hordes ennemies ne serait-ce que quelques instants... On ne tire décidemment jamais de leçon de nos échecs...


L'activité du 3ème Corps d'Armée se concentre pendant la période de septembre 1939 à avril 1940 sur quatre points essentiels :
- Le maintien du moral
- L'instruction des unités
- Les travaux d'organisation défensive
- L'aide à l'agriculture

Le maintien du moral :
A tous les niveaux de la hiérachie, un soin des plus attentifs devait être porté à cette question; tout devait être mis en oeuvre pour lutter contre les mille petits soucis quotidiens vécus par la troupe et le défaitisme.
- organisation de foyers et de cafés maures
- séances cinématographiques
- Tournée de théâtre aux Armées
- Concours de bricolage pour tromper l'ennui des longues veillées d'hiver

L'instruction des unités :
- Création d'un centre d'instruction du tir (FM 24/29, mitrailleuses engins Mac 31, etc...)
- Aménagement d'un champ de tir de circonstance
- Etablissement d'un programme instituant par roulement la mise à l'instruction pour une période de quinze jours, d'un bataillon par régiment d'infanterie, d'un groupe de 75 par batterie.
- Montage de manoeuvres offensives à double action entre les unités, telles la 2° division d'infanterie nord-africaine et les unités de forteresse.

Les travaux d'organisation défensives :
Le plan de travaux est éloquent,
- Implantation de lignes de défense avec fossés antichar et blockhaus
- Systèmes d'inondation sur l'Escaut et la Scarpe
- Ouvrages et abattis en forêt
- Construction d'organes de commandement

L'aide à l'agriculture :
Sans apporter le moindre ralentissement aux travaux de mise en état de défense de son secteur, le Corps d'Armée apportera aux agriculteurs de la région une aide massive qui se chiffre, pour la période du er janvier au 10 mai 1940, à 67000 journées/hommes et 78000 journées /chevaux.
Les lacunes que la mobilisation avait fait apparaître dans l'organisation militaire, lacunes qui furent difficilement comblées, certaines jamais (armement collectif insuffisant, ouvrages non équipés, mutations trop fréquentes), ne doivent pas faire oublier l'important labeur fournis par les unités sur le terrain.
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Re: Le 3ème corps d'Armée et la "Drôle de guerre"

Message  Hellfire62 le Sam 20 Sep 2008, 8:25 pm

Pourtant, certains chefs apparaissent clairvoyants. Tel semble être le cas du général Prételat qui lance des cris d'alarme, affirmant que la France a pris un grand retard dans la préparation d'un conflit qui semble imminent. Ainsi, le 15 mai 1939, à moins de quatre mois du début du second conflit mondial, il s'exprime en ces termes dans la préface du livre d'andré Labarthe : La France devant la guerre, la balance des force:

"Le but poursuivi par l'auteur a été de rectifier certaines affirmations produites, dans quelques journaux, sur le potentiel économique de la France comparé à celui de l'Allemagne, affirmations inexactes et susceptibles d'influencer fâcheusement l'opinion publique d'un peuple qui, dans les circonstances présentes, se doit de conserver intacts et son moral et sa confiance en soi.
A ce point de vue, il fera donc oeuvre utile, mais ce n'est pas tout.
A ceux qui ont la lourde tâche de diriger la politique de ce pays, il montrera qu'à côté du facteur démographique qui conditionne généralement le nombre de divisions pouvant être mises en ligne par chaque belligérant, il faut tenir le plus grand compte du facteur économique qui est à la base de toute guerre "de longue durée".
Or, on ne saurait trop le répéter, la situation des deux groupes de forces en présence, tant au point de vue des effectifs qu'au point de vue des conditions économiques, doit pousser la France à s'organiser en vue d'une guerre de longue durée, tout comme elle commande à l'Allemagne et à l'Italie de rechercher une décision rapide.
Ce sont donc les six premiers mois de la guerre qui divent nous préoccuper au premier chef.
Dans le programme des fabrications, qui doit être poursuivi dès maintenant au maximum de nos possibilités, ce sont les engins et travaux susceptibles de renforcer notre capacité défensive qui doivent être réalisés avant tout. Aucune économie ne saurait être recherchée sur ce chapitre, car elle se traduirait par une dépense plus grande d'un sang que nous ne saurions trop ménager.
Une fois que nous aurons rattrapé l'avance prise par L'Allemagne du fait du démarrage de ses fabrications de guerre et lorsque notre alliée britannique aura mis sur pied le nombre de grandes unités que sa population et son potentiel économique lui permettent de mettre en ligne, alors jouera à plein la supériorité économique des puissances démocratiques dont il es fait état dans l'ouvrage de M Labarthe et qui, ajoutée à d'autres facteurs, nous permettra de venir à bout de nos adversaires.
Ainsi, c'est par une collaboration étroite et une compréhension mutuelle de leurs besoins et de leurs possibilités que l'Etat-Major de la Défense Nationale et l'Etat-Major économique pourront conduire victorieusement la "guerre totale", qui est à envisager dans un prochain conflit."


A l'entrée en guerre de la nation Gaston Prételat commanda le groupe d'armées du Nord-Est et eu donc la responsabilité de la "Ligne Maginot" avec les III è, IV è, V è et VIII è armées. Après la perte de la bataille du Nord, il aurait souhaité le retrait des forces mobiles des troupes de forteresse pour créer un nouveau front sur la Saône et Jura mais le haut-commandement ne donna pas suite à ses demandes et ce fut la catastrophe.

Pour ceux qui pourraient être intéressés, je peux mettre en ligne sa biographie..
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