je cherche des renseignements sur le stalag V ( a et c )

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je cherche des renseignements sur le stalag V ( a et c )

Message  Invité le Ven 14 Nov 2008, 11:30 pm

Bonjour,

Mon Papa a était prisonnier de guerre au stalag V ( A et C ).

Je me suis inscrit sur ce forum pour tenter de retracer , la vie de mon père.

Papa a était prisonnier de guerre au stalag V c et au stalag V a . je pense de 1940 à 1945 (libéré le 6 juin 1945 ).

Il me semble qu'il appartenait au Groupe TM24 , 848è compagnie, 1ère
section, situé à sp 306 (Raddon ?). C'était quoi ce régiment ?

1.Je voudrais en savoir plus, en fait je ne sais rien, sur ce qu'étaient ces stalags.
2. Où ils se trouvaient,
3.Quelle vie les prisonniers avaient dans ces stalags,
4.Quels étaient leurs rapports avec leur gardiens,
5.leurs rapports avec l'habitant
6. Que veut dire: Kriegsgefangenenlager, M-Stammlager V A ?

Merci de tenter de m'aider à retracer, son parcours.

Il aurait séjourné à Ebnat ( ?? )

Merci


Dernière édition par têtu59 le Lun 17 Nov 2008, 8:56 am, édité 1 fois (Raison : simple modification)

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reponse déjà obtenues:

Message  Invité le Ven 14 Nov 2008, 11:32 pm

Bonjour,

Pour commencer je t'engage à te
présenter dans la rubrique dédiée tout en bas de la page principale du
forum, c'est ce que chaque nouveau membre effectue la première fois
qu'il poste.

Ensuite pour répondre à ta question :

Le
VA était situé à Ludwisburg, je n'ai pas d'infos sur le VC, mais j'ai
un VB lequel était localisé à Villingen. Connaître sa vie durant cette
époque ne va pas être de la tarte. Il faudrait pour commencer que tu
t'adresses à la Croix rouge à Genève (donc en Suisse) de mémoire, mais
les délais de réponse sont très longs et il est préférable de s'y
rendre pour s'y renseigner. Ils te diront quand est-ce qu'il a été fait
prisonnier, ce qui lui est arrivé pendant ce temps (maladies etc.) et
tu auras connaissance des différents transferts d'un camp à l'autre.

Tu
peux également essayer de trouver la fiche signalétique et des services
ou essayer d'en faire la demande auprès des militaires (à moins que tu
ne sois en possession du livret militaire de ton père).
Dans la logique, ton père a du être rapatrié de son Stalag par avion,
train ou camion, et il se peut fort qu'il ait usé de moyens de
transport différents. De retour en France, il a d'abord du passer par
une commission de démobilisation, ce qui veut dire que les militaires
doivent
avoir une trace de son parcours, laquelle doit être en logique dans les
papiers du SHA (Service historique des armées). Je sais que les
différents SHA des trois corps d'armée ont été regroupés et réorganisés
mais tu devrais pouvoir trouver leur adresse. Je crois qu'ils sont
aujourd'hui au fort de Vincennes, mais c'est à vérifier. Chez eux en y
faisant la demande et en prouvant ton lien de parenté tu devrais
pouvoir obtenir les infos que tu souhaites ou du moins une partie des
infos.

En ce qui concerne le reste, c'est-à-dire la vie
courante dans les camps de prisonniers, à moins d'un témoignage direct
ce n'est pas évident à savoir. Il y a quelques témoignages écrits qui
ont été effectués à propos de différents camps, lesquels ont été
publiés -on en trouve parfois sur un site d'enchères très connu ou chez
les bouquinistes, brocanteurs et cie-.

Ming


Dernière édition par têtu59 le Ven 14 Nov 2008, 11:35 pm, édité 1 fois

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Message  Invité le Ven 14 Nov 2008, 11:34 pm

Regarde ici tu as une carte un peu plus détaillée (que tu peux
agrandir) qui situe Villingen par rapport à la France (réduis l'échelle
si nécessaire) et deux trois photos de ce à quoi la ville ressemble.

http://maps.google.fr/maps?q=villingen&sourceid=navclient-ff&ie=UTF-8&rlz=1B2DVFC_frFR217FR218&um=1&sa=X&oi=geocode_result&resnum=1&ct=image

Bien que le Stalag soit localisé à Villingen même, il n'était pas dans
la ville puisque dans la très grande majorité des cas (en fait de
mémoire à l'exception de Colditz) stalags et oflags étaient situés
assez loin des agglomérations voir dans des champs ou forêts. Tu dois
pouvoir trouver également Ludwisburg sur la carte, qui à priori n'est
pas un patelin de très grande taille -ce qui était également voulu, non
seulement parce le camp est isolé mais également parce qu'en cas
d'évasion, le moindre villageois peut servir à identifier un PG-.
C'est à priori une région boisée, ce qui veut dire qu'il y a de fortes
chances pour que ton père ait effectué entre autre des travaux
forestiers.
Habituellement on confiait aux prisonniers des tâches telles que
l'abattage d'arbres, l'entretien de voies ferrées (remplacement de
rails ou ajout de balast), et lorsque le camp était situé dans des
zones campagnardes, on envoyait les prisonniers de guerre aider la
fermière à l'élevage et aux travaux des champs. Auquel cas, les PG
passaient la journée à la ferme et rentraient le soir au camp. Avec le
temps, quelques uns d'entre-eux ont fini par avoir une relation
sentimentale avec la propriétaire, au mieux ils n'auraient quitté leur
place pour rien au monde puisqu'ils étaient également nourris et bien
mieux que dans le camp.

La ration de base des PG s'est amaigrie au fil de la guerre. En fait
elle était à peine suffisante pour survivre, ce qui fait qu'en cas
d'évasion, les PG étaient obligés d'économiser sur leurs rations pour
se constituer des stocks. Dans ce cas de figure, les colis de la croix
rouge ont énormément aidé, à la fois à pouvoir se nourrir et à la fois
à constituer des rations d'évasion. Chez les anglais par exemple, à
Sagan (le camp de la grande évasion) un nutriotionniste avait réalisé
une recette d'une espèce de 4 quarts très nourissant spécialement pour
les évadés.

Les évasions était un sport que, tu t'en doutes, les allemands ont
essayé de juguler par tous les moyens possibles. Si une évasion se
produisait, les prisonniers concernés étaient assurés d'au moins deux
semaines d'isolement avec pain et eau pour seules rations, quand le
camp lui-même n'était pas soumis pendant quelques temps au régime. Les
punitions infligées pouvaient alors être de tout type : suppression des
colis de la croix-rouge, suppression du courrier (le lien vital avec la
famille et/ou l'épouse), etc.

D'une manière générale les allemands encourageaient par tous les moyens
possibles les activités au sein du camp, que ce soit théâtre, travail
manuel (confection de maquettes, souvenirs, etc) ou encore études (car
dans de nombreux camps, des cours ont été donnés par des professeurs
titulaires, avec examens et tout le tremblement, examens qui furent
ensuite reconnus par les états concernés, qu'ils soient français ou
anglais). De la sorte, selon les allemands, ce genre de choses faisait
penser au PG à tout sauf à l'évasion et les allemands regardaient ces
activités d'un oeil très paternaliste.

Le quotidien d'un PG en lui-même n'avait rien de mirobolant
spécifiquement pour les officiers qui n'avaient rien à faire, excepté
se morfondre du fait du manque de travail et/ou d'activité. Nombreux
sont ceux qui ont essayé ou tenté de s'évader, mais la donne a changé
quand les SS ont pris le contrôle des camps ou du moins de certains
camps. A partir de ce moment là, les tentatives d'évasion ont stoppé
car en cas de recapture c'était la balle dans la tête assurée.

Côté hommes de troupe et sous-officiers, du fait qu'en grande partie
occupés à des travaux d'intérêt généraux ou affectés en usine (parfois
aux côtés de STO ou volontaires pour le travail en Allemagne) les
évasions ont été moins nombreuses statistiquement parlant. Aussi parce
que, comme je te l'expliquais, certains avaient une place au chaud dans
une ferme leur permettant d'attendre sagement la fin de la guerre à
l'abri
de la majorité des privations. Ce qui ne les a pas empêchés d'aider un
évadé au passage, ou d'améliorer l'ordinaire du camp en rapportant un
poulet dissimulé sous la vareuse par exemple.

La vie
quotidienne au stalag est rythmée par les appels (de 3 à 5 en fonction
du camp) ou les prisonniers sont comptés par rangs de 5, les repas (qui
sont confectionnés par les prisonniers au sein de leurs bâtiments en
bois, plus rarement en dur) et les quelques rares nouvelles qui sont
entendues ou les rumeurs qui courent.
A une certaine époque, les
allemands radiodiffusèrent les nouvelles dans l'enceinte du camp via la
radio allemande, ce qui poussa dans différents camps la construction de
radios avec les moyens du bord pour capter la BBC et les nouvelles en
français.
C'est en fait dans ce genre de camps que les génies du
bricolage et de l'improvisation ont révélé tout leur savoir et
connaissances, pour des radios comme je te le disais, mais également
dans d'autres domaines. Des appareils photo ont également été
construits avec les moyens du bord, des boussoles (celles de Sagan
avaient même un marquage en relief mentionnant "Stalag III Sagan") voir
des objets de la vie quotidienne.

On ne peut pas parler de
confort dans les stalags. D'abord parce que les bâtiments sont
généralement en bois, fréquemment ouverts à tous vents. Il y a en
général un poêle à bois qui est censé chauffer toute la cahute mais
pour l'alimenter, il faut trouver le bois, charbon ou tout autre
combustible dont l'approvisionnement peut-être coupé parce qu'untel a
fait une tentative d'évasion ou s'est adressé de manière incorrecte à
un garde. Le toit du bâtiment est en carton goudronné, ce qui fait
qu'en hiver on y crève de froid tandis qu'en été on y crève de chaud.
Les prisonniers dorment sur des chalis à étages avec un matelas à
l'ancienne, rembourré à la paille. Une ou deux couvertures accompagnent
le tout et l'oreiller ou l'édredon est fréquemment absent, remplacé par
la vareuse pliée en trois ou quatre. Généralement les chalis sont
regroupés en carré ou rectangle, ou sont disposés en longueur si la
baraque a été construite ainsi. Mais entre les rangées de chalis il y a
toujours une grande table ou plusieurs petites tables sur lesquelles on
dispute des parties de cartes, on dessine, on parle, on fume les
cigarettes et/ou le tabac envoyé par la croix rouge.

Chaque
prisonnier a, si ce n'est une male ou ce qui tient lieu d'armoire, au
moins une étagère sur laquelle sont disposées ses effets. Il est assez
fréquent d'y trouver un pot de marmelade ou de confiture de la croix
rouge, de la viande en boîte si les rations de la croix rouge ne sont
pas mises en commun et redistribuées à part égales. Cela dépend des
camps et des prisonniers, car d'un camp à l'autre les habitudes sont
différentes.
Ce qui pose le plus de problèmes ce sont les
vêtements. Le linge de corps, chaussettes etc, sont fréquemment envoyés
par la famille ou par la croix rouge mais pas les effets normaux, à
savoir l'uniforme et les souliers, qui ne cessent de s'élimer au fil du
temps. Dans certains camps ont été dressés des bourses d'échange de
vêtements, dissimulant parfois de véritables fabriques de vêtements
civils à partir de vêtements militaires pour les évadés. On teint à
l'aide de bloc d'encre employés à l'origine pour la correspondance, de
cirage, tout ce que l'on trouve en fait.

Le camp abrite
également une prison dans la prison, à savoir un mitard ou l'isolement
ou sont confinés pour une durée variable les prisonniers récalcitrants,
les évadés recapturés, les auteurs de délits divers (insultes à un
officier allemand ou un garde, vol, etc.). Les durées d'emprisonnement
au mitard vont de deux semaines à un mois, voir plus.

Il ne
vaut mieux pas tomber malade, car les moyens de se faire soigner sont
plus que réduits. Si au début de la guerre, c'est encore à peu près
digne d'une infirmerie, au fil du temps à la fois médicaments et soins
viennent à manquer. Si les prisonniers ont la chance d'avoir un médecin
parmi eux celui-ci se met en relation avec le commandant du camp pour
solutionner les différents problèmes qui peuvent apparaître. Mais en
cas de maladie grave le sort est presque réglé d'avance.

Comme
dans les camps de concentration la grande terreur des allemands c'est
le typhus, qui est propragé par les poux. Il n'est pas rare de trouver
une buanderie ou un four à vapeur à proximité voir dans l'enceinte du
camp ou sont régulièrement mis les effets des soldats pour tuer les
insectes.

Le moral du prisonnier est conditionné par la
nourriture, surtout les colis de la croix rouge et le courrier. Le
courrier c'est le lien avec l'extérieur et parfois il est annonciateur
de très graves nouvelles. Cela peut aller de la mort d'un parent
jusqu'à la demande de divorce dans certains cas, les plus malchanceux
étant ceux qui ne reçoivent rien, ni colis ni lettre de France. Dans
certains cas, cela conduit à la folie et comme aucune disposition n'a
été prise pour s'occuper des prisonniers mentalement déficients ce sont
les camarades de chambre qui surveillent les malades avec plus ou moins
d'attention. On ne peut pas empêcher les suicides, car le fait d'être
confiné derrière des barbelés est insupportable pour certains
prisonniers. Dans certains cas, cela pousse à multiplier les tentatives
d'évasion, dans d'autres cela peut conduire droit à la folie.
Ceux
qui travaillent à l'extérieur ou qui ont de quoi meubler leurs journées
par un biais ou un autre arrivent à échapper à la dépression ou au
glissement vers la folie plus ou moins douce, mais chacun d'entre eux
et quels qu'ils soient ont connu à un moment ou à un autre le blues du
pays, l'envie de revoir femme et/ou enfants.

Comme bien sûr
aucune femme n'est présente dans l'enceinte du camp, inévitablement on
finit par en éprouver le manque, le pire étant une envie carabinée de
"faire des galipettes". Alors on fait trois ou quatre fois le tour du
parcours de promenade -un chemin tracé en rond au fil du temps par les
milliers de pas des prisonniers qui l'ont parcouru- on se force à
penser à autre chose, on fait de la culture physique ou un semblant de
gymnastique. Penser aux siens derrière les barbelés, c'est très
mauvais. Raison pour laquelle on évite parfois ce sujet autant que
possible, et pour laquelle se sont forgées des amitiés trempées parce
que le voisin de chambrée vous a aidé à tel moment ou visiblement ça
n'allait pas du tout.

Il arrive cependant que les prisonniers
soient amenés à travailler aux côtés de femmes, lesquelles sont
fréquemment russes ou ukrainiennes, polonaises, voir des républiques
d'Urss. Notamment à l'usine. Tout cela est très surveillé par les
gardes, qui ferment parfois l'oeil puisque le conflit aidant, vers le
milieu de la guerre ce sont déjà des vieillards qui ont remplacé les
jeunes gardes affectés au début lesquels ont été envoyés au front.
Ces
femmes sont traitées comme on n'ose pas l'imaginer, mais dans beaucoup
de cas ou circonstances elles redonnent le moral aux français qui se
demandent vraiment comment font-elles pour survivre avec si peu de
nourriture et autant de mauvais traitements. Si les prisonniers
français sont protégés par la convention de Genève, les russes, qu'ils
soient militaires ou civils, n'ont strictement rien de comparable.

Au
fil du temps les colis arrivent de moins en moins et les rations
baissent de plus en plus. Cela conduit certains camps de prisonniers à
ressembler à ceux de concentration, puisqu'alors le régime alimentaire
est constitué d'une soupe trop claire dans laquelle baignent à peine
deux patates moisies. Le pain est évidemment rationné et on est loin de
1940-1941 ou l'on avait une ration de grau qui tient beaucoup du
porridge anglais. La viande est un privilège et l'on a pas souvent
l'occasion d'en voir un bout dans son assiette. Quand à l'alcool, deux
solutions, soit on devient bouilleur de cru avec plus ou moins de
bonnheur -cela donne parfois des résultats imbuvables- soit on parvient
à soudoyer un garde pour lui échanger une bouteille de schnaps. On
échange cela avec des cigarettes ou du chocolat de la croix rouge, du
lait condensé ou de la confiture, denrées que les allemands peinent à
avoir. Le maître mot c'est la démmerde, le système D comme
débrouille-toi.

Ming

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Message  Invité le Ven 14 Nov 2008, 11:36 pm

En ce qui concerne les rapports avec les
gardiens, on peut différencier trois catégories, du début de la guerre
jusqu'à plus ou moins Stalingrad, de plus ou moins Stalingrad jusqu'à
la fin de la guerre et la catégorie annexe des fouines ou furets. C'est
à peu près la même chose pour tous les stalags, à l'exception de Sagan,
Colditz et quelques autres camps ou prisons.

Au début de la
guerre les gardiens affectés à la surveillance des prisonniers avaient
approximativement le même âge que leurs prisonniers, et comme partout
ailleurs suivant les époques, les rapports ont été aussi différents que
le nombre de gardiens.
Certains était de véritables peaux de
vaches, d'autres étaient normaux sans tomber dans la sympathisation,
d'autres encore considéraient les prisonniers comme des lâches ou des
bons à rien (par essence les français ont eu à cette époque une assez
mauvaise réputation au travail, partisans du moindre effort, etc.).
Au
niveau des officiers il y a eu ce qu'on pourrait qualifier d'entente
cordiale, du moins militaire, c'est-à-dire une sorte de considération
que l'homme de troupe moyen n'avait que peu ou pas. Ca n'a pas empêché
de vives frictions à certains moments -par exemple lorsque les
allemands envahirent la zone libre suite au débarquement allié en AFN-.

De toute façon, la France était considérée comme vaincue, les
prisonniers n'avaient qu'une idée assez relative de ce qui se passait
alors au pays et, qui plus est étant sous tutelle militaire, pensaient
militaire sans vraiment de liberté d'opinion. Le meilleur exemple est
celui de Mitterrand, qui lorsqu'il est revenu en France fut pétainiste,
parce que Pétain incarnait les valeurs qu'il avait connu durant les 2
dernières années passées derrière les barbelés. Il n'était pas question
de collaboration pour les prisonniers revenus en France (grâce ou
plutôt via le biais du travail volontaire en Allemagne) mais plutôt
d'une sorte de patriotisme : Pétain était le vainqueur de Verdun,
l'homme qui avait empêché bien des soldats de passer au poteau
d'exécution en 1916 suite aux révoltes, etc. et pour des officiers voir
même des hommes de troupe, quelque part c'était significatif.
Du
reste, le peu d'informations qui circulaient à l'intérieur des camps a
probablement conditionné les prisonniers à adopter la ligne pétainiste,
du moins tant qu'ils étaient encore au camp ou juste après être
revenus. Ca n'est pas une généralité bien sûr, puisque dans les camps
on trouvait également des communistes, des gaullistes ou ce qui allait
le devenir, des pacifistes, et des... collaborateurs.

Comme
dans toutes sociétés certains ont cherché à tirer profit de la
situation, les camps ne furent pas en conséquence une exception. La
collaboration dans les camps a revetu plusieurs formes : cela allait du
mouchardage ou d'un "je me permets de vous informer que..." à de
vrais cas avérés de collaboration -chez les britanniques notamment ou
un officier supérieur fit plusieurs allocutions en anglais à la radio
allemande, à destination des anglais-. Dans l'ensemble, on peut dire
que si les français ne se sont peut-être pas trop distingués en matière
d'évasion -quoi que cela reste sujet à discussion, et les statistiques
à ce sujet sont rares et peu fournies- il s'y est développé en revanche
un forme de résistance non pas armée évidemment mais dans les attitudes
ou la manière de se comporter.
Il y a eu certains "escape artists"
(rois de la belle) chez les français, j'avais notamment cité
Mairesse-Lebrun mais il n'est pas le seul dans son cas. La principale
différence entre français et anglais repose sur l'organisation des
évasions : si chez les britanniques elles ont souvent été décidées en
groupe, commun ou sous forme de cercles d'évasion, chez les français
elles ont fréquemment été du fait d'un seul homme ou de deux.
On reviendra là dessus plus tard car c'est un sujet très important en lui-même.

La
deuxième période est celle du plus ou moins Stalingrad, ou les gardiens
des débuts de la guerre ont commencé à être remplacé par des retraités,
résrvistes ou plus souvent territoriaux déjà âgés. Les rapports s'en
sont trouvés modifiés du tout au tout car dans la majorité des cas, ces
gardiens n'étaient pas des foudres de guerre convaincus de la victoire
du national socialisme. On est donc passé de rapports condéscendants à
des rapports presque humains à ce moment là, au sens ou les
territoriaux étaient généralement plus intéressés par une petite vie
tranquille et quelques cigarettes en échange de quoi ils fermaient les
yeux pour telle ou telle rapine. Accessoirement, c'est à cette époque
que certains trafics ont commencé à se développer, cigarettes contre
viande, poulet ou denrées périssables, etc. Dans un cas comme dans
l'autre, aussi bien prisonnier que gardien n'avaient pas intérêt à se
faire choper, sinon les sanctions encourues étaient assez dissuasives,
surtout pour le gardien qui en général se voyait au mieux expédié sur
le front de l'est.

Cette situation a légèrement évolué vers la
fin de la guerre ou certains camps (notamment les camps d'aviateurs
alliés) ont été mis sous l'autorité des SS, qui eux n'ont pas fait dans
le détail. Comme je l'ai précédemment dit, les tentatives d'évasion
étaient punies de mort.

La dernière catégorie de gardiens
était celle des furets ou fouines, qui ne sont pas vraiment des
gardiens mais des spécialistes du pistage de tunnels et autres moyens
d'évasion. A la différence des gardiens normaux, ils sont en droit de
pénétrer dans les bâtiments des prisonniers et sonder murs, planchers
et plafonds à la recherche d'un tunnel ou de matériel interdit (radio,
armes etc.) camouflés, planqués ou déguisés sous une forme ou une
autre. Les furets étaient habillés en combinaison genre bleu de travail
et fréquemment "armés" d'une espèce de pic, un outil multiusages
permettant de sonder ou de vérifier le son des murs ou des paroies.

Comme
évidemment chaque camp s'est livré à une guerre acharnée relative aux
évasions, la donne a été haussée au fur et à mesure des années de la
guerre. Ainsi à Colditz, on en est venu à faire débuter un tunnel
d'évasion au dernier étage du chateau, pour le faire parcourir des
mètres et des mètres dans le toit, redescendre vers les égouts, etc.
A
Sagan, il y avait à l'origine trois tunnels d'évasion (respectivement
Dick, Tom et Harry) dont le plus long dépassait les 100 mètres, le tout
étayé, renforcé et éclairé avec électricité fournie par un groupe
indépendant de l'électricité du camp. D'autres prisonniers encore ont
réussi des évasions encore plus spectaculaires notamment de camps de
concentration (qu'ils soient déportés ou prisonniers de guerre enfermés
dans un camp de concentration suite à récidive de tentative d'évasion)
voir même à tenter de s'évader par le biais de la voie des airs -à
Colditz, les prisonniers avaient construit un planeur qui n'attendait
plus que quelques jours avant d'être utilisé pour l'évasion de deux
détenus, ce qui ne fut pas mis en pratique du fait de la proximité des
troupes alliées-.
Il y a eu aussi les déguisements, et dans cette
catégorie, tout a été essayé. Certains se sont déguisés en garde pour
franchir le poste avec uniforme allemand complet confectionné à partir
d'effets non allemands, avec des papiers en règle (le papier coupé dans
une page de garde d'une bible, les cachets administratifs tamponnés
après avoir été sculptés dans une patate ou un semelle en caoutchouc)
et une reproduction conforme en tous points d'un K98, en bois.
D'autres
ont essayé de se faire passer pour un des ouvriers du personnel
d'entretien du camp, comme un électricien par exemple ou même en
s'habillant, en se déguisant en femme, en prêtre, en officier allemand.


Je disais que les français n'ont pas eu un nombre d'évasions
tentées et/ou réussies comparables à celles des anglais. Les français
n'ont pas eu le gros avantage qu'eurent les britanniques, qui eux
avaient un service secret spécialement dédié aux évasions et à l'aide
aux évasions, à savoir le MI-9. Ce service, créé en partie par un
officier du nom d'Airey Neave, lui même ex prisonnier ayant réussi son
évasion avec brio, expédia régulièrement aux prisonniers anglais via la
croix rouge ou des organismes créés de toute pièce exclusivement pour
ce genre d'opérations des cartes dissimulées dans des cartes à jouer,
des boussoles miniatures, toute sorte d'aides à l'évasion dissimulées
dans des objets n'ayant rien à voir. Ainsi trouver une boussole
miniature dans une fausse noix était parfaitement normal (je me demande
si cette idée n'a pas été repiquée par Kinder, lol !).
Evidemment
ces stratagèmes ont fini par être découverts par les allemands qui à la
suite de cela, passèrent dans bien des camps tous les colis aux rayons
X. Ce qui n'empêcha nullement d'autres évasions bien sûr !

Les
fouines ou furets étaient réputés pour être incorruptibles. Ils étaient
séparés des gardiens normaux et étaient généralement sous le
commandement d'un sous-officier ou d'un officier particulièrement
motivé à trouver tunnels etc. Les mesures et dispositifs employés par
les furets furent à la mesure de l'acharnement que déployèrent les
prisonniers à s'évader. Par exemple, à Sagan des poids lourds furent
mis à contribution dans l'espoir de faire s'effondrer le ou les tunnels
en cours de construction.
Le camp était déjà équipé par ailleurs
de micros dissimulés dans le sable (Sagan avait la particularité
d'avoir été bati sur une enceinte en sable qui recouvrait la terre
brune pour identifier tout dépot de terre suite à un creusage de
tunnel) afin d'écouter les coups de pioche ou de pelle aisément
identifiables. Mais les prisonniers étaient devenus maîtres dans l'art
de creuser sans faire de bruit entretemps, et même les camions ne
ralentirent pas la progression des tunnels.

Quand aux tunnels
eux-mêmes, les prisonniers mirent un point d'honneur à les faire
débuter dans les endroits les plus inhabituels ou plutôt là ou ils
avaient le moins de chance d'être découverts par les allemands. Ainsi
il y eu un tunnel qui fut percé à partir d'une fosse septique, un autre
dans un collecteur d'eau usées dans un bâtiment de douches, etc.

Mais
comme je le disais, ce genre de sport prit fin avec la proximité de la
victoire alliée. Plus le temps passait et moins les allemands
considéraient l'évasion comme pardonnable, et lorsqu'à la fois Gestapo
et SS s'en mélèrent, le jeu n'en valut alors carrément plus la
chandelle.

A part Mairesse-Lebrun, il y a eu quelques autres
cas notables d'évadés. Chez les anglais notamment l'un d'entre-eux,
aviateur si ma mémoire est bonne, avait le grand avantage de parler un
allemand limpide avec l'accent (ce qui était un énorme atout pour
traverser l'Allemagne et gagner la Suisse ou l'Espagne via la France).
Il mettait à profit toutes les occasions possibles pour tenter de
s'échapper et réussit à se faire passer pour un agent de la Gestapo
durant son transfert en train, au culot et à l'éloquence. Evadé, il
mena une sorte de guerre personnelle contre les nazis avec la
résistance polonaise pendant de longs mois, avant de se faire capturer
et assassiner.

Je parlais également de Sagan et de la grande
évasion, l'adjoint de Roger Bushell, l'officier derrière toute
l'organisation de l'évasion, était un aviateur français libre, du nom
de Bernard Scheidhauer, qui est passé dans les oubliettes de
l'histoire. Les deux hommes furent exécutés trois jours après leur
évasion, ayant été repris.

Ming

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Merci !!!!

Message  Invité le Ven 14 Nov 2008, 11:40 pm

1. Merci à Ming pour ses passionnantes réponses.

2. Merci à toutes les personnes qui m'ont répondues et me répondront encore.

3. Merci aux administrateurs de supprimer toutes mes discussions faites sous mon ancien pseudo ( besoin de plus d'anonymat )

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Re: je cherche des renseignements sur le stalag V ( a et c )

Message  Ming le Sam 15 Nov 2008, 12:20 am

5.leurs rapports avec l'habitant, (pourquoi pas dialoguer en ligne avec quelqu'un qui l'a connu, avant et après la libération).
6.Est-il resté en allemagne après sa détention (??).
(Papa n'est réapparu en région niçoise qu'en 1948.)

7.Un allemand du nom de Ederegger (envoyé et tué sur le front russe l'aurait beaucoup aidé).

En ce qui concerne la 5/
Avec
l'habitant c'était fonction de la location du Stalag. Certains
prisonniers ont travaillé dans les fermes ou ça se passait assez bien
et ou ils étaient traités plus en qualité d'ouvriers agricoles qu'autre
chose, à la différence de ce que d'autres pouvaient connaitre en usine
ou en groupe au sein de kommandos spéciaux de travail.
Avec les
citadins de plus ou moins grandes villes (prenons Stuggart, celle qui
est la plus proche du stalag de ton père) au départ les prisonniers ont
constitué une attraction car les allemands ne s'attendaient pas -les
civils j'entends- à ce que la France tombe aussi rapidement et dépose
les armes en un temps presque record.
Rapidement l'attraction est
passée au cap de l'indifférence, ou du mépris. Les choses ont un peu
changé lorsque les bombardements de la RAF et de l'USAAC ont débuté et
se sont amplifiés. Les prisonniers ont alors parfois servi à déblayer
les rues encombrés des maisons et autres habitations fracassées par les
bombes, quand ils n'ont pas souffert eux-mêmes des bombardements -parce
que certains stalags en périphérie de villes se sont fait arroser de
bombes eut égard à la précision très relative des bombardiers- ou
encore parce qu'un projectile avait une minuterie qui ne le faisait
exploser que plusieurs heures après qu'il ait touché le sol.
D'autre part les prisonniers français n'étaient pas les "aviateurs terroristes"
de la RAF ou de l'USAAC qui s'ils avaient le malheur de sauter en
parachute de leur appareil mortellement blessé, risquaient de se faire
écharper par la populace (certains aviateurs ont été lapidés par une
foule hargneuse) voir pendus par une escouade de SS ou par la Gestapo
passant par là.
Ce qui fait que dans pas mal de cas, les
prisonniers français, qui figuraient parmi les plus anciens en
Allemagne, étaient parfois ou presque considérés comme subissant le
même sort que la populace allemande. En allant aux extrèmes, certains
ont même attiré la pitié, notamment de la part des vieilles personnes,
parce qu'ils étaient souvent habillés de restes d'uniformes troués et
rapiécés, parce qu'ils aidaient contraints et forcés la population et
comme je le disais en payaient parfois le prix du sang. Ce qui fait que
quelques soldats français se voyaient parfois attribuer une ration de
pain ou une soupe de choux (ce qu'on appelait les menus sans ticket ou
pour une modeste somme d'argent on pouvait manger à sa faim) en
récompense.

J'avais parlé de Colditz et de Mairesse-Lebrun
mais je dois citer le cas d'un autre évadé français, un officier qui
lui a vécu une histoire typée "au dela du réel". De mémoire je
crois qu'il s'était évadé de Colditz mais il faudrait que je le
confirme, toujours est-il qu'il a parcouru plus de la 1/2 de
l'Allemagne (Colditz est je crois du côté de Dresde, c'est-à-dire dans
ce qui est l'ancienne RDA) habillé en civil représentant commercial de
je ne sais quelle compagnie bidon. Arrivé à Berlin, il tombe en plein
raid de l'USAAC (raid de jour) les bombes pleuvent littérallement et il
se voit contraint de se réfugier sous le porche d'un immeuble avant
d'en fermer les portes... et de tomber nez à nez avec une jeune femme
allemande. Et là c'est le flash, instantanné, ils montent dans
l'appartement de cette allemande ou il va rester trois ou quatre jours,
à faire l'amour et se faire entretenir comme si la guerre n'avait
jamais existé. Elle sait parfaitement qu'il est français, elle sait ce
qu'elle risque -au mieux la prison au pire le camp de concentration,
les lois s'étant durcies depuis différentes évasions-. La seule crainte
qu'il a c'est que la Gestapo ne franchisse la porte mais elle lui
répond "ne t'inquiètes pas pour ça,je n'ai aucune raison de te vendre ou te trahir",
alors que nombre d'évadés se sont fait trahir par les gamins des
jeunesses hitlériennes ou des paysans très au fait de la populace
locale.
Le français finit par quitter la jeune femme et se fera
reprendre tandis qu'il achetait un billet de train pour une raison
futile -de mémoire une modification de temps de guerre d'un trajet,
lequel avait été repiqué sur un indicateur d'horaires pré guerre obtenu
auprès d'un garde corrompu-.

Un autre cas de figure est celui
du grand-père d'un de mes amis d'enfance qui est marié à une
autrichienne qu'il a connu lorsqu'il était prisonnier en Autriche. Dans
ce cas de figure, son épouse n'est ni plus ni moins que la fille des
fermiers chez qui il avait travaillé durant le temps de sa captivité.
Le vrai problème ne s'est pas posé pendant la guerre, mais après,
lorsqu'il l'a ramené avec lui en France ou tout ne s'est pas passé de
la meilleure manière possible.

Il y a eu des cas comparables à ces deux-là. François Cavanna par exemple, dans son livre "les Russkoffs"
narre comment il est tombé amoureux d'une jeune ukrainienne alors qu'il
était STO (service du travail obligatoire, en fait déporté pour le
travail de force en Allemagne) comment il a passé la guerre à ses côtés
-il en était fou amoureux- et dans quelles circonstances il l'a perdue
et comment est-elle probablement morte, car les soldats de l'Armée
Rouge n'ont eu aucune pitié pour ceux et celles de leur nation qu'ils
considéraient à tort comme des traîtres.

Il faut préciser
qu'à la fin de la guerre, quantité de prisonniers, civils et soldats de
tous genres et toutes nations se sont retrouvés sur les routes, fuyant
à la fois l'avance (russe) essayant de rejoindre les troupes
(américano-britanniques) ou simplement marchant vers leurs foyers. Les
relations qui avaient été nouées avec la population, qu'elles soient de
cordiales à carrément amoureuses, ont été alors fréquemment brisées
parce que ces exodes étaient un véritable capharnaüm ou même une chatte
n'y aurait pas retrouvé ses petits. De la sorte Cavanna s'est trouvé
sur telle route, son amie sur une autre et lorsque les camarades de
Cavanna l'ont trouvée, ils ont simplement pensé qu'il ne s'encombrerait
pas d'une petite ukrainienne en France... En conséquence de quoi, ils
l'ont chassée et Cavanna ne l'a appris que bien plus tard, trop tard en
fait, puisque selon l'expression "il n'avait plus que ses yeux pour pleurer".

Je
parlais d'exode, je vais également te faire la démonstration d'un cas
similaire sans histoire romantique. L'un de mes anciens employeurs qui
est assez âgé a un père qui était prisonnier en Allemagne pendant la
2GM. Il y a passé de 1940 à 1945, et lorsque le moment est venu de
rentrer en France, il n'a pas eu la patience après 5 longues années
d'attendre un train, un camion ou même les deux pour revenir au pays.
Si
ma mémoire est bonne, ils étaient quatre dans ce cas, et décidèrent de
faire la route de retour ensemble, et pour ce faire commencèrent par
chipper une spendide BMW dans laquelle ils entassèrent les maigres
affaires qu'ils avaient possédées.
Le but était de faire la route
de retour en prenant le sens inverse de celle des américains, pour la
seule et bonne raison que c'était de cette manière qu'ils étaient à la
fois surs et certains de rester en vie mais aussi d'avoir le plus
facilement possible du carburant : ils n'avaient qu'à s'arrêter, se
baisser et rammasser les jerrycans laissés par les troupes américaines
qui contenaient très fréquemment un fond d'essence.
Si je ne me
trompe pas, ils ont fait plus du 3/4 de leur parcours avec cette
voiture et l'ont terminé à pied uniquement à cause du fait que la
voiture avait connu des problèmes mécaniques insolvables ou du moins
irréparables.

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