Témoignage de Primo Levi

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Témoignage de Primo Levi

Message  chris84 le Jeu 08 Jan 2009, 10:06 am

Bonjour à tous et toute, n'ayant pas trouve de sujet sur Primo Levi, je vous fait part de son témoignage.

Primo Levi est né à Turin en 1919. En 1942 étudiant en chimie à Milan, il est arrêté comme résistant en février 1944, et déporté à Auschwitz jusqu'en janvier 1945, date de la libération du camp par les Soviétiques.
Son premier livre, " si c'est un homme", paru en 1947, le journal de sa déportation, est l'un des tout premiers témoignages sur Auschwitz, il est également l'auteur d'une douzaine d'ouvrages. Son dernier livre " Les naufragés et les rescapés" (1986) étant le plus sombre et le plus pessimiste.
Primo Levi (s)'est (donné) (la) mort en 1987.

Primo Levi

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Re: Témoignage de Primo Levi

Message  chris84 le Sam 10 Jan 2009, 6:54 pm

Quelques phrases de la préface du livre (que je vous laisse découvrir).

" J'ai eu la chance de n'être déporté à Auschwitz qu'en 1944, alors que le gouvernement allemand, en raison de la pénurie croissante de main-d'oeuvre, avait déjà décidé d'allonger la moyenne de vie des prisonniers à éliminer,améliorant sensiblement leurs conditions de vie et suspendant provisoirement les exécutions arbitraires individuelles.
Je ne l'ai pas écrit dans le but d'avancer de nouveaux chefs d'accusation, mais plutôt pour fournir des documents à une étude dépassionnée de certains aspects de l'âme humaine. Beaucoup d'entre nous, individus ou peuples, sont à la merci de cette idée, conscient ou inconsciente, que < l'étranger, c'est l'ennemi>. Le plus souvent, cette conviction sommeille dans les esprits, comme une infection latente; elle ne se manifeste que par des actes isolés, sans lien entre eux, elle ne fonde pas un système. Mais lorsque cela se produit, lorsque le dogme informulé est promu au rang de prémisse majeure d'un syllogisme, alors, au bout de la chaine logique, il y a le Lager; c'est -à-dire le produit d'une conception du monde poussée à ses plus extrêmes conséquences avec une cohérence rigoureuse; tant que la conception a cours, les conséquences nous menacent. Puisse l'histoire des camps d'exterminations retentir pour tous comme un sinistre signal d'alarme.....

Il me semble inutile d'ajouter qu'aucun des fait n'y est inventé.

PRIMO LEVI
Turin, janvier 1947

SI C'EST UN HOMME

Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maison,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas:
Gravez ces mots dans votre coeur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.

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Re: Témoignage de Primo Levi

Message  Vian le Dim 11 Jan 2009, 1:07 am

Un truc que je ne comprends pas chez Primo Lévi, c'est comment, lorsque l'on a eut la "chance" de sruvivre au pire, lorsque nombre de gens sont morts, comment, lorsque le hasard nous a fait cadeau de la vie, malgré tout, malgré les peines et les souffrances. Comment peut-on se donner la mort ? car n'est-ce pas dans ce cas, une nouvelle victoire, des Nazis ? la réussite du plan évoqué dans "si c'est un homme" consistant à détruire, avant de le tuer, tout ce qui distingue de l'homme, la personne internée...

Bref, je sais que je ne pourrais sans doute jamais réellement avoir de réponse car je n'ai pas les éléments qu'ont les gens qui ont connut ces atrocités. Mais cet acte soulève de telles questions, vous ne pensez pas ??
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Re: Témoignage de Primo Levi

Message  ghjattuvolpa* le Dim 11 Jan 2009, 1:41 am

Certainement par désillusion totale sur la nature humaine...

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Re: Témoignage de Primo Levi

Message  eddy marz le Dim 11 Jan 2009, 10:37 am

Le désespoir...
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Re: Témoignage de Primo Levi

Message  Ming le Dim 11 Jan 2009, 11:21 am

J'ai souvenir d'un boulanger israélien qui s'est donné la mort selon les mêmes circonstances que Primo Levi. Lui aussi avait survécu aux camps, alors que toute sa famille avait été massacrée et qu'il ne s'en était tiré que par miracle, puisqu'à l'époque il avait été gravement malade et avait été envoyé à "l'infirmerie" du camp.
Cette personne avait fait partie des kommandos intervenant une fois les gens gazés, son rôle était de retirer les dents en or des mâchoires à l'aide d'une pince. Il lui était impossible de fermer les yeux sans cauchemarder et revoir les bouches des morts desquelles il extrayait les dents en or. Je crois qu'il était devenu boulanger parce qu'il ne supportait plus la nuit, cela a marché un certain temps jusqu'au jour ou ses cauchemars sont revenus. Il a fini par se pendre.
La survie ne conditionne pas tout loin de là, parce qu'après il faut arriver à vivre avec ce que l'on a vécu, et dans le cas présent cela l'avait marqué au fer rouge. Ce n'est pas le seul cas existant en l'occurence, et psychiatriquement parlant on ne peut pas vivre sans se rappeler ou se souvenir de ce qui s'est produit sans que les expériences reviennent régulièrement en mémoire, entraînant des phases dépressives qui peuvent conduire jusqu'au suicide. C'est presque un cas élémentaire au sens ou ce genre de choses ne se produisent pas uniquement que chez les déportés, mais également chez les personnes ayant traversé des épreuves qui les ont profondémment marquées.

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Re: Témoignage de Primo Levi

Message  Vian le Dim 11 Jan 2009, 7:47 pm

oui, tu as probablement raison. Mais quel dommage...
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Message  chris84 le Dim 11 Jan 2009, 8:29 pm

Bonsoir, Primo Levi est décédé suite à une chute dans la cage d'escalier de son immeuble....On a aucune certitude sur les causes exactes, une période de grand trouble psychique a précédé sa mort, n'oublions pas qu'il était sous antidépresseurs...


" 20 ans après, on se demande encore si Primo Levi s’est
volontairement donné la mort en se jetant dans la cage d’escalier de
son immeuble à Turin, ou si sa chute accidentelle est due à un malaise
consécutif aux antidépresseurs qui lui étaient prescrits. Sa famille a
toujours défendu la seconde thèse contre la première confirmée par la
police, comme si celle-ci signait la défaite du survivant d’Auschwitz.
De nombre de poètes, d’artistes et de créateurs, on a pu dire que leur
mort éclairait rétroactivement leur vie comme si elle l’avait précédée.
Mais de Primo Levi, chimiste italien que la guerre, le camp et
l’après-guerre révélèrent comme le puissant écrivain de Si c’est un homme, de La Trêve, du Système périodique ?
Plutôt que de revenir sur la question, l’un de ses biographes a préféré
creuser une énigme à l’occasion de l’anniversaire de sa mort ces
jours-ci. Le terrain paraît fertile, Levi étant quelqu’un qui poussait
la discrétion jusqu’au secret, parsemant ses textes d’ellipses et d’initiales. C’est ainsi que Ian Thomson a choisi d’analyser plus particulièrement, dans les colonnes du Guardian, un personnage du dernier témoignage de Levi Les Naufragés et les rescapés
(1986). Une certaine « Mme Hety S. » Cette femme était une admiratrice,
l’une de ses lectrices allemandes qui entretenait une correspondance
fournie et régulière non seulement avec lui mais avec d’autres acteurs
et témoins de la seconde guerre mondiale- et même Albert Speer,
l’architecte préféré du Führer et son ministre de l’Armement. Levi ne
nous en dit pas davantage. Aussi son biographe anglais eut-il l’idée de
passer un avis de recherche dans des journaux européens. Une cinéaste
hollandaise se manifesta : la fille de Hety S. lui avait remis une
copie de toute sa correspondance. Plusieurs biographes de Primo Levi
l’évoquent, et Myriam Anissimov lui consacre plusieurs pages, mais Ian
Thomson fut le seul à pouvoir la consulter. Hety Schmitt-Maas (1918-1983) était issue d’une famille catholique fermement anti-nazie, comme elle le fut elle-même. Autant dire qu’elle avait « ses papiers en règle »
ainsi que le précise Levi, et qu’elle n’avait pas à ressentir de
culpabilité. Elle lui écrivit 57 lettres (longues d’une dizaine de
pages parfois) et il lui en adressa 49 en retour entre 1966 et 1982. « Elle fut son âme-sœur et tint même le journal de sa dépression » dit Thomson qui a pu en lire
également le manuscrit. Elle le mit en relation avec un certain nombre
de personnes en Allemagne, notamment des écrivains, et lui envoya
quantité de livres et d’articles allemands sur « le » sujet. Son but
avoué ? Comprendre le nazisme.

Sa fille, que le
biographe a interrogée, l’évoque comme une personnalité complexe,
obsessionnelle et difficile, qui amenait des livres sur Treblinka dans
son sac lorsqu’elle se rendait à des goûters d’enfants, de crainte de
s’ennuyer. Pour Thomson, il ne fait aucun doute que cette relation très
amicale a modifié l’appréhension de l’Allemagne post-hitlérienne de
Primo Levi. Les deux correspondants ne se rencontrèrent que deux fois
au cours de cette longue relation épistolaire : la première à
Wiesbaden, le seconde à Turin. Elle avait également rendu visite à
Albert Speer chez lui à Heidelberg pour lui apporter Si c’est un homme et le convaincre le lire, en vain. « La mort de Hetty a précipité Levi à nouveau dans la dépression car il perdait une précieux soutien moral et affectif »
estime son biographe. Après avoir exploré cette correspondance inédite,
il est convaincu que Mme Hety S. était pour le survivant de ces
Allemands qui rendaient impossible l’avènement d’un IVème Reich tant
elle incarnait à ses yeux « la bonne Allemande ».


Source. LE MONDE

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