La France pendant la guerre (résumé Berstein et Milza)

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La France pendant la guerre (résumé Berstein et Milza)

Message  Kalendeer le Mar 11 Aoû 2009, 11:37 am

La France pendant la guerre



L'effondrement de la France

La France entre dans la guerre sans l'avoir désirée. Un certain pacifisme prime chez les dirigeants, si bien qu'une paix parfois honteuse semble préférable à une politique de fermeté pouvant entraîner la guerre. Toutefois, avec l'attaque de la Pologne en 1939, la France ne peut que déclarer la guerre puisqu'elle avait signé un traité garantissant ses frontières.

La France s'enterre rapidement dans une stratégie défensive visant à épargner ses soldats. Elle s'attend à une guerre longue et n'agit donc pas : c'est la "drôle de guerre", qui a eu des effets extrêmement négatifs. En effet, l'ennui démoralise les soldats alors que l'absence de combat encourage les pacifistes à demander une résolution du conflit. Ces pacifistes se recrutent surtout à gauche (bien qu'on compte, à droite, les admirateurs des fascismes et des associations d'anciens combattants), à la SFIO et au parti communiste. Ce dernier traverse une crise lorsque l'URSS envahi la Pologne, le 17 Septembre 1939, car Daladier, chef du gouvernement, l'a dissout. Les militants doivent dès lors entrer dans la clandestinité...

Un autre problème est l'absence d'Union Sacrée. En 1914, tous les politiques s'étaient accordés pour marcher ensemble ; en 1939, ce n'est pas le cas. Les luttes continuent et on change même de gouvernement, une première fois pour passer de Daladier à à Reynaud, puis de Reynaud à Reynaud lorsqu'il démissionne, puis reprend sa démission car, entre temps, les Allemands ont attaqué.

La campagne est un désastre. L'Armée Française se porte trop au nord, sûre d'être défendue par la Ligne Maginot est les Ardennes. On les croyait infranchissables pour les chars. Grave erreur ! C'est là que perce l'armée allemande. Les Alliés sont encerclés, désorientés, car rien dans les stratégies classiques ne préparait à la Blitzkrieg. Les civils fuient le nord par millions, encombrant les routes, où les soldats, désorganisés, sont incapables de résister. A la mi-Juin, s'en est fait de la France.

L'effondrement militaire est suivi d'un effondrement politique. Deux visions s'affrontent : d'un côté, Reynaud, appuyé par Mandel (ministre de l'intérieur), Campinchi (ministre de la marine) et de Gaulle (secrétaire d'Etat à la guerre) souhaitent une capitulation militaire en métropole et un déplacement des instances politiques dans les colonies afin de continuer le combat depuis ces bases ; de l'autre, le généralissime Weygand, nouveau dirigeant de l'armée (il remplace Gamelin), refuse de porter le chapeau et de déshonorer l'armée. La question est tranchée le 16 Juin lorsque Reynaud démissionne. Le vice-président du conseil, le Maréchal Pétain, devient alors chef du gouvernement. Or, il fait partie des nombreux hommes politiques qui sont en faveur de l'armistice politique, même si cela oblige à rompre le traité avec les Anglais. Ce dernier interdisait tout projet de paix séparée...

Voici les circonstances de la paix :
-Réduction de l'armée de métropole à 100 000 hommes, les effectifs de l'Armée de l'Aire sont réduits de 60%
-Les soldats qui ont déposés les armes sont des prisonniers de guerre
-La France ne peut fabriquer d'armes de guerre
-Son matériel de guerre doit être livré à l'Allemagne
-La Marine doit être désarmée sous contrôle allemand
-La France paye les frais d'occupation
-Les Allemands occupent une partie du territoire français

Dans le même temps sonne la fin de la IIIème République. C'est Laval, ancien président du conseil évincé en 1936, qui en est le principal acteur : il retarde le départ des instances politiques vers l'Afrique du Nord et fait arrêter au Maroc ceux qui, à bord du paquebot Massilia, avaient réussi à s'échapper pour continuer le combat. Le 10 Juillet 1940, l'Assemblée Nationale vote, à 569 voix sur 666 (80 votes contre, 17 absentions) les pleins pouvoir à Pétain.


Les noms à connaître :
-Edouard Daladier, Président du Conseil jusqu'en Mars 1940
-Paul Reynaud, Président du Conseil jusqu'au 16 Juin 1940
-Philippe Pétain, vice-Président du Conseil, puis Président du Conseil après le 16 Juin 1940
-Pierre Laval, ancien Président du Conseil, c'est lui qui fait voter les pleins pouvoirs
-Albert Lebrun, Président de la République


Cet article est un résumé du chapitre "La France pendant la guerre", Histoire du XXème siècle, tome 1, par Berstein et Milza, rédigé par Kalendeer pour le forum Die Adler. Mais comme il est généraliste et que Berstein ça roxxe, je le poste aussi ici.


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Re: La France pendant la guerre (résumé Berstein et Milza)

Message  Kalendeer le Mar 11 Aoû 2009, 11:38 am

Le régime de Vichy et la Révolution nationale

Le régime né du 10 Juillet 1940 se nomme Etat Français. Il est reconnu sur la scène internationale par 32 pays, dont les Etats-Unis et l'URSS, et repose sur la popularité de Pétain. Son siège se trouve à l'Hôtel du Parc, à Vichy. A partir de Juillet, Pétain porte le titre de Chef de l'Etat Français. Il possède tout le pouvoir exécutif, législatif, une partie de la Justice (droit à la répression politique) et peut nommer qui il souhaite dans l'administration et l'armée. Il n'y a aucune chambre consultative et les gouvernements sont composés de technocrates plutôt que de politiciens.

Ce régime se base sur l'idéologie de la Révolution nationale, mélange de divers idées de réforme mais sans idéologie monolithique. Elle est née de la défaite dans le but de laver le pays de la décadence des années trente. Du fait de la multitude d'influences et de l'absence d'ensemble vraiment cohérent, le mouvement est suivit tant par des réactionnaires de droite (monarchistes) que par certains socialistes qui espèrent une rénovation du capitalisme.
Voici quelques tendances de la Révolution nationale :
-Elle n'est ni capitaliste, ni socialiste, mais corporatiste. Cela signifie que chaque métier s'arranger avec ses propres règles. L'artisanat et le travail de la terre sont les occupations "nobles" et mises en avant.
-Les valeurs sont conservatrices : importance de la famille, de l'enfant, très forte centralisation.
-"La France aux Français" : la France n'est plus une terre d'asile, on retire des nationalités à des immigrés naturalisés après 1927. Le régime est aussi antisémite, avec un premier statut des juifs publié en 1940. Le second intervient au début du chapitre 1...
-Une épuration politique : des préfets et fonctionnaires pro républicains sont limogés, les conseils municipaux sont dissous, de nombreux hommes politiques sont mis en résidence surveillée (Daladier, Blum...)

L'esprit de la Révolution nationale est contenue dans "l'Ordre Nouveau", soit disant d'inspiration catholique. En réalité, cette inspiration est plus présente dans les mots que dans les faits.

L'école est réformée pour répondre à cet Ordre Nouveau. Le corps des enseignants est purgé des juifs, franc maçons, républicains. Les Ecoles normales d'instituteurs sont supprimés et le bac devient nécessaire. La priorité est donnée au lycée, jugé plus élitiste, où latin et grec redeviennent obligatoires... ainsi que les frais de scolarité. Ces réformes montrent bien l'intérêt que Vichy porte à la jeunesse. On peut aussi le voir dans les organisations pour la jeunesse, même s'il n'existe pas une institution unique à la façon des Jeunesses Hitlériennes. Les Compagnons de France accueillent les garçons de 15 à 20 ans. Les Chantiers de Jeunesse s'adressent, pour un service de 8 mois, aux Français plus âgés pour donner un semblant d'éducation militaire malgré l'interdiction de l'armistice.

Vichy cherche également à relancer la famille. Durant toute l'entre deux guerre, la France avait souffert d'une baisse de la natalité traumatisante ; le régime s'efforce de la relancer : idéal de la femme au foyer, de la mère... l'Etat prévoit une dote pour les épouses qui s'engagent à ne pas avoir de travail payé après leur mariage, les familles nombreuses ont des cartes de priorité (pour passer devant les queues dans les magasins). Le divorce est fortement limité. On s'efforce de luter conte l'alcoolisme.

Le monde du travail s'organise en corporations, c'est à dire que chaque profession est auto gérée. Par exemple, la Corporation Agricole rassemble toutes les organisations agricoles précédentes, syndicats compris. Dans l'industrie, il y a des Comités d'organisation pour chaque branche, chargés de fixer prix, horaires et salaires... le tout est étroitement contrôlé par l'Etat.

Le régime fait fusionner tous les groupes d'anciens combattants pour créer la Légion des Combattants. Celle ci a pour rôle de servir d'intermédiaire entre l'Etat et les Français. Cependant, la Légion entre vite en conflit des administrateurs locaux. Dans le même temps, le nombre de fonctionnaires augmente de 60%.

A partir de 1941, les illusions des Français commencent à se tarir. La popularité de Pétain ne suffit plus, la Résistance fait ses premiers attentats, on fusille les premiers otages...


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Re: La France pendant la guerre (résumé Berstein et Milza)

Message  Kalendeer le Mar 11 Aoû 2009, 11:39 am

Occupation et collaboration
Voici la situation du territoire français en 1941 :
L'Alsace et la Moselle ont été annexés au Reich. Les Allemands tentent d'y supprimer les influences françaises. Ceci ne s'applique pas à Montreuil, qui se trouve en France occupée. Des zones interdites, au nord et le long de la côte, où les réfugiés ne peuvent retourner et où on installe des colons allemands. Enfin, la France occupée est dirigée par un gouverneur militaire.
En théorie, la France occupée est soumise aux lois de Vichy. Dans les faits, cela dépend du bon vouloir des Allemands, en particulier pour les affaires de Justice et de police.

En plus de cela, l'occupation est une catastrophe économique. L'Allemagne exige une énorme indemnité de guerre (400 millions par jour), en plus d'une dévalorisation forcée du franc, de réquisitions d'or, d'achats non soldés, de prises de participation obligatoire dans des entreprises. L'inflation devient vite galopante. Pour ne rien arranger, entre 12 et 17% de la production agricole est envoyée en Allemagne, réduisant de 40% la disponibilité en bien alimentaires dans les villes. L'énergie, les matériaux de constructions et les véhicules (75%), le textile (55%), la peinture sont réquisitionnés, ce qui force le régime à rationner la population. Enfin, l'Allemagne retient de la main d'oeuvre en conservant des prisonniers de guerre pour son effort industriel. Au total, les Allemands prélèvent 34% de la production française, laquelle a baissé de 32% entre 1939 et 1941.

Le pire aspect de l'occupation reste toutefois la répression politique et raciale. Encore supportable au début, elle devient de plus en plus violente à partir de mai 1941 (premières rafles de juifs à Paris).


Malgré cela, la collaboration revêt des formes diverses :
-La collaboration économique consiste à accepter de travailler pour les Allemands. Ce choix peut être motivé par les profits possibles ; d'autres sont forcés de travailler pour l'occupant.
-La collaboration idéologique, fait des collaborationnistes (terme plus péjoratif que collaborateur) admirateurs du fascisme ou du nazisme. Ils reprochent souvent à Vichy d'être trop timides dans les réformes et rêvent d'un Etat totalitaire. Ils vivent souvent sous la protection des Allemands, à Paris, et regroupent des écrivains (Brasillach, Drieu La Rochelle...), des journalistes (Henriout, Luchaire...) et des profiteurs en tout genre.
Il y a une différence entre la collaboration d'Etat, qui s'appuie sur une victoire inévitable de l'Allemagne et la nécessité de collaborer pour limiter les dégâts, et les collaborationnistes. Pétain pense avoir des atouts pour négocier : la flotte française à Toulon, l'Empire... mais certains se rendent vite compte qu'Hitler ne compte absolue pas faire de concessions.

La politique de collaboration étatique est engagée à partir de l'entrevue de Montoire, lors de laquelle Pétain déclare "J'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration" et serre la main d'Hitler. L'élan donné sous l'influence de Laval, alors chef du gouvernement, s'interrompt lorsque Pétain le limoge en Décembre 1940.


Noms à connaître :

-Darlan, chef du gouvernement
-Otto Abetz, ambassadeur allemand à Paris





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Message  Kalendeer le Mar 11 Aoû 2009, 11:41 am

La Résistance

La première impulsion est donnée par l'appel du 18 Juin lancé par De Gaulle. Il s'adresse aux dirigeants des colonies et aux chefs militaires et les enjoints à refuser l'armistice. Mais l'appel n'a qu'un succès dérisoire : aucune personnalité d'importance ne rejoint de Gaulle, qui devient dès lors le représentant des français libres.

Toutefois, de Gaulle n'est pas sans ressources : il est appuyé par les Anglais, qui lui donnent accès à la BBC, puis par Félix Eboué, gouverneur du Tchad, qui se rallie à lui en 1940. Il sera suivit par plusieurs gouverneurs d'Afrique Equatoriale. C'est aussi dans les colonies que de Gaulle trouve ses premières troupes, telles que celles du Colonel Leclerc.

Sur le territoire français, il y a des différences notables entre la zone sud, où les mouvements sont immédiatement politisés (Combat, Libération, Franc-tireur) et ceux de la zone nord, où l'action est beaucoup plus dangereuse et dirigée contre les Allemands. Du fait des risques, les groupes sont beaucoup plus fragmentés (Organisation civile et militaire, Libération-nord, Ceux de la Résistance, Ceux de la Libération...). Leur action principale, en 1940 et début 1941, est la distribution de tracts, de journaux, de soutenir des évadés et de collecter des renseignements. La Résistance n'est en aucun cas un mouvement de masse, d'autant que les communistes ont reçu des consignes de neutralité à l'égard des Allemands.


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