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Rommel : politiques de la paix en Europe

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Rommel : politiques de la paix en Europe Empty Rommel : politiques de la paix en Europe

Message  Kalendeer le Sam 25 Juil 2009, 19:04

Pour ma défense : j'avais The Rommel Papers sous la main et envie de me concentrer sur un truc autre que science po. Pas mal de trucs sont sur interprétés ou pas forcément représentatifs, mais je trouvais ces extraits intéressants pour montrer que oui, Rommel pensait bel et bien à des problèmes politiques (même si effectivement, ça ne prend qu'une toute petite place et que comme on va le voir ci dessous, ses réflexions étaient parfois irréalistes).
Bon, fin du préambule, maintenant le machin...


Rommel n'a jamais été un politicien. Lorsque Hitler arrive au pouvoir en 1933, il est clairement un de ces officiers qui, sans être stupides, sont assez imbibés de l'idéal de l'armée au service de l'Etat pour ne pas se mêler de ses affaire. Que ce soit dans la biographie écrite pour Desmond Young ou dans celle d'Irving, les idées de Rommel semblaient se limiter à être contre le traité de Versailles (et donc pour tout ceux qui voulaient l'annuler), pour l'armée, pour l'ordre et pour qu'on relève l'Allemagne. Le point de vue est classique, c'est celui de beaucoup de militaires de son époque.

Lorsqu'éclate la guerre, Rommel est toujours loin d'avoir des idées en la matière. Il ne semble pas franchement insatisfait de la politique d'Hitler, qu'il apprécie et admire. Certains voudraient croire que, jusqu'à sa mort, Rommel en est resté là et que l'idée selon laquelle il n'aurait lu que des livres militaires (et ne penserait donc qu'aux tanks et aux uniformes) serait restée vraie jusqu'au bout. Cependant, les Papiers montrent bien que Rommel a eu des idées qui n'étaient pas seulement militaires, et des avis divers sur la paix en Europe. Celles-ci on évolué entre 1940/41 et 1944 au gré de la situation militaire et peut être du pessimisme d'un Rommel déprimé.


Rommel et la France : faire de la collaboration un vrai partenariat ?

La première mention aux idées de Rommel pour la paix fait référence au sort de la France. Le passage est le suivant, en version anglaise :

"We knew from my father that he repeatedly proposed to Hitler during the African campaign that Germany should make France a partner in the war against Britain, and should conclude a peace treaty with her and guarantee her overseas possessions. Hitler refused, although the French according to my father s information would not have looked unkindly on such a solution in 1941 or 1942. The Fuehrer gave as the reason for his view the difficulties which a German-French military alliance would cause with Spain and Italy, as both these countries were out to annex large areas of France s
North African possessions. He did not underestimate the value of such an alliance, but it simply could not be done."
(The Rommel Papers, chapitre : "Italy, 1943", page 444)

Dans ce passage, il semblerait que Rommel propose que la France ne soit pas traitée en vaincu humilié mais bien en "partenaire dans la guerre contre l'Angleterre". C'est encore une idée très militaire, il s'agit clairement d'utiliser les moyens de la France, en troupe comme en industrie. L'idée, c'est une sorte de paix avec la France pour gagner la guerre, donc une paix qui reste dirigée vers la guerre. Pour cela, il faudrait "garantir ses possessions d'outre-mer" qui, de toute façon, étaient sous contrôle Vichyste. Pour Rommel ce n'était sans doute pas un prix à payer, l'Allemagne nazie ne montrant pas un intérêt particulier pour ces territoires.

Les informations dont parle Manfred Rommel pourraient être les Accords de Paris, protocoles proposés par l'administration de Vichy pour la collaboration entre la France et l'Allemagne. Rommel n'est en effet pas le seul à penser qu'un partenariat serait intéressant : c'est le cas de tout le mouvement des collaborateurs français. En effet, malgré la défaite, Vichy a alors des atouts à revendre. Sa flotte est encore puissante, et si son armée de métropole est limitée à 100 000 (qui pourraient, qui sait, être multipliés si les Allemands le désiraient ?), elle possède plus de 400 000 soldats dans les colonies. Son Empire peut fournir des ressources, des ports, des soldats... c'est ce que propose la France dans les Accords de Paris, en particulier pour une collaboration au Levant (cad en Syrie et au Liban).

Il n'est pas surprenant que Rommel ai fait ces propositions lors de la campagne d'Afrique, alors qu'il manque de ravitaillement (qui pourrait transiter par l'Algérie ?) et de renforts. Ce qui n'est pas surprenant non plus, c'est qu'il n'ai, semble-t-il, absolument pas compris que cette alliance était impossible pour des raisons politique puisque l'Italie et l'Espagne, respectivement un allié et un allié potentiel auquel Hitler faisait du pied, espéraient récupérer des colonies françaises. Si ce projet montre donc que Rommel n'était pas focalisé uniquement sur ses opérations militaires, il montre aussi qu'il manquait soit d'informations sur la réalité politique, soit d'expérience pour la comprendre. Il n'apparaît en aucun cas comme un pacifiste et ne pense évidemment pas à faire la guerre. Dans la conception Clausewitzienne, il y a dans la guerre trois type de vision : celle du soldat dans l'assaut particulier, qui était celle de Rommel lorsqu'il était simple Lieutenant ; celle du général qui voit la guerre comme un jeu d'échec, et enfin celle du politicien qui la voit comme un moyen. Rommel a alors clairement le point de vue du général et un traité de paix avec la France n'intervient que comme un mouvement stratégique contre l'Angleterre.


La paix impériale : pourquoi l'Allemagne a perdu la guerre


"He said that in his opinion -I quote his words approximately- Europe s tragedy was that Napoleon s policies had been incapable of maintaining the unification of European peoples which his campaigns had enforced. Had this not been the case, every European country would have been spared great suffering one has only to think of the wars of 1866, 1871, 1914-18. The tragedy of Germany was that she had not known how to bring about the unification of Europe during this war. The world would then have had to deal with 300 million Europeans instead of 80 million Germans, and Germany s war aims would not have clashed with the vital interests of other peoples. My father said that he had put these ideas to Hitler as late as 1943, but had received a negative reply."
(The Rommel Papers, chapitre : "Italy, 1943", page 444)

La comparaison entre l'Allemagne et Napoléon ne peut être innocente lorsqu'on sait que Rommel était un grand admirateur de ce dernier (il avait un portrait de lui dans son salon). Que pouvait-il lui trouver ?
Il y a deux qualités historiques qu'on peut reconnaître à Napoléon :
-Il est le précurseur de la Blitzkrieg, car ses techniques (partir en avant de son ravitaillement, une forte mobilité) ont préparé la guerre moderne. Il rompt avec les règles, il est novateur et a remporté d'immenses victoires. Il a un courage personnel et mène depuis l'avant, il vit avec ses troupes... des qualités qu'on retrouve avec Rommel.
-C'est un conquérant qui cherche à "civiliser", dans le sens de la guerre impériale. Il a apporté le Code Civil en Allemagne et c'est grâce ou à cause de lui qu'est né le sentiment national allemand. Si on en croit Rommel, c'est même une "unification des peuples" que Napoléon était en passe de réaliser... unification qui aurait pu éviter toutes les guerres. La Paix serait une affaire d'unité ?

Jusqu'en 1943, la question traite d'un partenariat avec la France pour vaincre un ennemi militaire. En 1944, lorsque Rommel repense à cela et en parle à son fils, il s'agit d'une union des peuples d'Europe pour que l'adversaire ai "à faire avec 300 millions d'Européens et non 80 millions d'Allemands". L'idée d'une Europe unie n'est pas nouvelle : Kant imaginait que la Paix serait possible grâce à une Fédération des Peuples ; plus tard, Goethe proposait une "littérature monde" pour permettre de vaincre le côté "provincial" et chauviniste des littératures nationales. Toutefois, comme Goethe qui imaginait cette littérature en langue allemande, il est peu probable que Rommel ne l'ai imaginée menée par autre chose que l'Allemagne.

Si je note cette vision en extrapolant un peu, c'est qu'une union des peuples ne ressemble pas vraiment à l'idéal "Aryens au dessus et que les autres soient nos esclaves". Evidemment, cela met aussi de côté les massacres d'otages et autres joyeusetés qui ne peuvent que monter la population contre le conquérant, ce que Rommel fit d'ailleurs remarquer à Hitler. Finalement, si l'Allemagne a perdu la guerre, ce n'est pas parce qu'elle était mal armée, avec des militaires bêtes et ineptes, mais qu'elle n'a pas su faire la paix avec les populations qu'elle avait vaincu. Qu'elle a été l'occupant et non l'allié, qu'elle a laissé passer des opportunités (la collaboration ?) de se faire des amis quand elle le pouvait. La question des populations civiles est aujourd'hui au premier plan des débats concernant la guerre, car elle fait la différence dans toute guerre asymétrique.


Un peu de réalisme politique

"Rommel, in fact, had never known of the attempt to be made on Hitler s life and would not have approved it if he had. Shortly before his death he said to his son Manfred:
"The attempt on Hitler was stupid. What we had to fear with this man was not his deeds, but the aura which surrounded him in the eyes of the German people. The revolt should not have been started in Berlin, but in the West. What could we have hoped to achieve by it? Only, in the end, that the expected forcible American and British occupation of Germany would have become an unopposed "march-in" , that the air attacks would have ceased, and that the Americans and British would have kept the Russians out of Germany. As for Hitler the best thing would have been to have presented him with an accomplished fact."
It was probably this argument that brought Rommel and Speidel to the decision to open independent peace negotiations with the Western Allies, after they had been finally forced to the realisation that the German front in France would collapse within a few weeks. Everything had been prepared and von Kluge and many others won over, when, on the 17 th July, fate intervened and Rommel was severely wounded and rendered hors de combat by Allied low-flying aircraft near Livarot."
(The Rommel Papers, chapitre : "Invasion, 1944", page 486)

Une union des peuples, c'est bien, c'est mignon, mais c'est définitivement cruche et plus du tout d'actualité au moment où Rommel en parle à son fils (ce qui explique qu'il parle de son échec et non d'un projet). Ce qui l'est d'avantage, c'est ce qu'il décrit dans le paragraphe ci dessus :
-La révolte de Stauffenberg ne pouvait pas marcher car elle partait du mauvais endroit. Pour Rommel, c'est à l'Ouest (cad : en France) qu'il fallait la faire. Comment ?
-Faire une paix séparée, que Rommel était clairement censé signer. Si Speidel était peut être l'âme politique, il n'avait pas l'aura de Rommel qui était apprécié des Alliés.
-Laisser les Alliés entrer en Allemagne "sans résistance", ce qui suppose que la paix séparée ouvre la voie vers Berlin. Dans les Papiers, rien ne dit ce qu'on aurait fait ensuite du régime, si ce n'est que Hitler aurait dû être jugé pour ses crimes et non assassiné... on peut donc supposer que Rommel n'attendait pas des Alliés qu'ils conservent le gouvernement en place.

Une des raisons pour lesquelles Rommel avait ce projet, c'est qu'il craignait une guerre civile en Allemagne si Hitler venait à être démis contre son gré ou assassiné. Si son idée n'était pas sans défauts (la SS allait-elle déposer les armes une fois Berlin capturée ? Il n'avait probablement pas pensé non plus à la découverte des camps de concentration...), au moins la présence de troupes alliées et surtout leur aide face à l'Est pouvait-elle donner l'espoir de sauver l'Allemagne.

Cette idée de paix est motivée par la certitude que l'Allemagne ne peut gagner la guerre à l'Est, mais aussi que l'Occident ne pourra s'entendre avec les communistes. Rommel pense donc que les Alliés défendront l'Allemagne contre les communistes...



La seule paix impossible

"Once war has begun, you go on fighting simply to get the best you can out of it. But what when there is no more to be got? Then it s better to stop it at once. And that, you see, is our position to-day, except that we are fighting an enemy in the East before whom there can be no surrender. There it s a matter of fighting for our lives, and that
complicates the issue. What we should do now is to see to it that our Western enemies occupy the whole of Central Europe and keep the Russians outside our borders."
(Rommel, cité par Manfred Rommel)

"At that time, my father was firmly convinced that war was bound to come within a few years between Russia and the Western Powers and, contrary to most officers of the same mind who came to see us, was equally convinced of a victory of the Western world."
(Manfred Rommel)

La guerre, en 1944, Rommel a décidé que ce n'était pas drôle. Dans le premier passage, son point de vue est le troisième de Clausewitz : la guerre, ce n'est plus le jeu d'échec, c'est un moyen. Le but c'est de se battre pour en tirer ce que l'on peut. On l'a vu, Rommel est prêt à faire la paix avec les Alliés, quitte à trahir Hitler, quitte à passer pour un lâche, quitte à les laisser occuper l'Allemagne...

Depuis le début de la guerre, il a pensé faire la paix avec la France, une conquête qui unifiait, une paix avec les Anglo-saxon... mais avec les Russes, Rommel ne parle jamais de paix ou de trêve. Pour lui, ce sont des "fanatiques", violents, barbares, sans finesse (même militaire). Les Russes sont des brutes qui ne peuvent que détruire l'Allemagne. Ce n'est pas une question de fierté mais de survie.

De plus, la fin de la guerre pour l'Allemagne ne serait pas la fin de la guerre tout court, car l'Ouest est incompatible avec l'Est. Un point sur lequel il se serait parfaitement bien entendu avec un certain Patton...
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Message  Kirill_GV001 le Sam 25 Juil 2009, 19:58

Voilà un post très intéressant sur la vision qu'avait Rommel de la guerre, merci Kalendeer!
En effet, ça nous apprend sur le personnage autre chose que l'épopée de la 7e Panzer-Division en mai-juin 40 ou de l'Afrikakorps.
Tu nous apprends bien des choses qui permettent de cerner le personnage ; je me coucherai moins bête ce soir.
Merci encore!

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Message  Baugnez44 le Dim 26 Juil 2009, 12:56

Ces ouvrages donnent certe une idée de Rommel, mis je pense que pour des raisons qui leurs sont propres, les auteurs anglo-saxons ont souvent donné à Rommel une aura qui n'était pas entièrement méritée. Mais il s'agit là d'une vieille ficelle des historiens militaires: le général qui vous a flanqué raclée sur raclée pendant des mois ne peut évidemment qu'être un stratège exceptionnel et - dans le contexte de la SGM - ce doit être un homme d'honneur à mille lieues des idées nazies.

Le livre de Bemoît Lemay (Benoit Lemay, Erwin Rommel, Paris, Perrin, 2009) remet les choses en perspective.

Si Rommel n'est pas foncièrement nazi,il est loin de s'opposer aux idées nazies. Par ailleurs, il s'y prendra très bien pour entrer dans les bonnes grâce de Hitler et profitera de son appui pour "booster" sa carrière. Rommel parviendra à exploiter à merveille les média et le ministère de la propagande pour forger son image de grand soldat, au grand dam de ses collègues.

Il ne fait aucun doute, à lire Lemay, que l'arriviste Rommel a surfé sur la vague nazie pour atteindre les plus haty honneurs auxquel pouvait prétendre un soldat.

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Message  Kalendeer le Dim 26 Juil 2009, 14:19

En même temps y'a une question que je me poserai toujours : si je venais à faire un article sur la couleur des chaussettes de Rommel, y aurait-il forcément quelqu'un pour venir me dire qu'il n'était pas anti nazi ?

C'est pas pour être méchante, mais ces passages ne font pas références aux capacités militaires de Rommel, ou seulement de très loin. Ils ne sont pas incompatibles avec le fait de ne pas être nazi, sauf pour l'idée finale de la paix séparée qui était clairement née de la défaite et non d'une opposition idéologique.

Je pensais que leur intérêt était de montrer quelles idées il aurait pu avoir en dehors du cadre strictement militaire, parce que ça permet de saisir une autre partie du caractère du personnage et de son évolution. Après, si vous avez envie de repartir sur la question de savoir s'il était gentil, méchant, nazi, patchoune ou végétarien, ce qu'on a déjà fait une bonne dizaine de fois sur le forum, autant fermer le topic tout de suite.

Hier, sur msn, j'ai discuté de l'article avec Pasionaria, qui a soulevé un point intéressant : la France avait-elle réellement quelque chose à donner, et donc l'idée du partenariat était-elle complètement idiote ?
Les arguments de Pasionaria étaient :
-500 000 hommes (métropole + colonie) est un chiffre plutôt dérisoir, l'armée française est technologiquement périmée et on ne peut pas lui faire confiance
-L'Allemagne ayant besoin des prisonniers de guerre français, ceux ci ne pouvaient être rendus (ce qui aurait été obligatoire avec un traité de paix)
-Les politiciens auraient-ils acceptés le partenariat avec l'Allemagne après la signature du traité de paix ?

Ce que j'avais répondu :
-Les 500 000 hommes étaient ceux d'une armée plutôt démobilisée, avec un retour des prisonniers (ce qui menait au deuxième argument de Pasionaria) et une remobilisation, elle aurait pu être portée à un chiffre bien supérieur. Son armement est beaucoup plus moderne que celui de l'Italie, de même que la qualité du corps des officiers. Le problème français était une stratégie périmée, ce qui n'aurait plus tant d'importance avec un commandement allemand. En plus la marine était plutôt anglophobe...
-Pour le problème des prisonniers de guerre, là je sèche, je ne vois pas comment les Allemands auraient pu le compenser. Il aurait fallut qu'ils y renoncent complètement, ce qui est effectivement un problème pour l'idée de partenariat.
-Les politiciens auraient probablement été trop contents que le traité de paix ne soit pas humiliant, surtout après ce qu'ils avaient fait en 1919.

Du point de vue purement militaire, je pense que le partenariat n'aurait pas posé de problèmes, pour peu que les officiers français l'acceptent. Je crois aussi qu'il y aurait eu des avantages pour l'Allemagne sur ce plan là. C'est au niveau politique et économique qu'il pose problème, sans doute les deux aspects auxquel Rommel ne pensait pas du tout.
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Message  Baugnez44 le Dim 26 Juil 2009, 14:33

Mais c'est qu'elle sort ses griffes! clin doeil gri

Ce que je voulais simplement mettre en avant, c'est que les ouvrages de Lidell Hart, Young et Irving ne sont pas de première jeunesse et qu'un ouvrage comme celui que je citais est sans doute plus pertinent pour cadrer le personnage et mettre en perspective les citations que tu nous donnes.

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Message  Kalendeer le Dim 26 Juil 2009, 14:48

Ben disons qu'il y a des choses reviennent toujours, comme quand on parle d'Hitler avec la question "n'avait-il qu'une couille ?", ou la vieille blague pourrie comme quoi l'aryen est grand comme Goebbels, mince comme Göring et blond comme Himmler... au bout d'un moment c'est un peu lourd mort de rir gri

Après, l'avantage des livres que tu cites (Irving, Young et Liddel Hart), c'est que je peux les avoir gratuitement. Alors que les autres sources sont chères, ou qu'il faut que j'aille écumer des magasins d'occasion, chose impossible quand on est en prépa ^^"

Si tu as lu des bouquins plus à jour, tu pourrais sans doute compléter avec ce qu'ils en disent ?
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Message  Narduccio le Dim 26 Juil 2009, 15:14

Kalendeer a écrit:-L'Allemagne ayant besoin des prisonniers de guerre français, ceux ci ne pouvaient être rendus (ce qui aurait été obligatoire avec un traité de paix)

Les prisonniers de guerre français sont des otages qui permettent de se garantir la docilité du gouvernement français. Mais d'un autre coté, ils mobilisent pas mal de ressources qui seraient mieux sur le front de l'Est. Ils produisent, mais assez peu et seraient peut-être plus rentables remis au travail en France. D'ailleurs, petit à petit, on en laisse pas mal revenir : des paysans, des mineurs pour les mines du Nord et de Lorraine et même des ouvriers qualifiés pour faire fonctionner les usines françaises. Donc, si les Allemands aurait eu la certitude d'une bonne alliance avec la France, pas forcement une alliance combattante, d'ailleurs, je pense qu'ils auraient sauté sur l'occasion. Or, j'ai l'impression qu'ils n'avaient pas confiance dans les Français, je dis bien les Français et pas la clique de français collabos. Et sans confiance, pas d'alliance.

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Message  Jules le Dim 26 Juil 2009, 21:42

Un grand merci, Kalendeer, pour cet "exposé".
Tes connaissances sur le « le Renard du désert » sont remarquables. On sent que tu prends un plaisir certain à vouloir le "dénazifier". Ou du moins, dirai-je, à rendre Mister Rommel plus "light".

Ce qui est intéressant, c'est de voir à quel point ses visions de paix en Europe sont décalées par rapport à la doctrine du 3ème Reich. Qu'il ai pu en parler à Hitler, comme ça, à maintes reprises ?! Je suis sur le cul.
Rommel ne fut sûrement pas le premier à "proposer" des alternatives plus qu'intéressantes pour renforcer l'Allemagne durant le conflit ; mais encore fallait-il qu'elles correspondent à l'idéologie. Hitler avait une notion très claire de SA guerre : conquérir, annexer et "nettoyer". Et Rommel lui proposait carrément d' "unifier" les soldats Français et Allemands pour se battre contre les Anglais ?! Ça parait difficile à croire. Ou alors, complètement utopique.

Autre chose : au départ, tu écris que Rommel voulait faire de France "un partenaire dans la guerre contre l'Angleterre". Et à la fin de ton exposé, tu dis (je cite) : "Depuis le début de la guerre, il (Rommel) a pensé faire la paix avec la France, une conquête qui unifiait, une paix avec les Anglo-saxon".
Quelle était sa véritable intention vis-à-vis de l'Angleterre ?

Encore merci pour ce post, Kalendeer. Très instructif. pouce
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