La liberation de Paris

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La liberation de Paris

Message  bigbasketeur le Ven 04 Mai 2007, 9:44 am

charlemagne47 Police militaire (moderateur) a écrit : mais bougre de dieu, qu'attend tu pour nous faire un post sur la libération de Paris .


- A la demande de Charlemagne 47 , voici en post sur la liberation de notre capitale : Paris . Mais commencent a peine a m'intérresser au sujet et lue a peine que quelques livres , je vous laisse le soin de commencez , merci et A+ .pouce


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Re: La liberation de Paris

Message  mcouioui le Ven 04 Mai 2007, 9:49 am

T'es sympa toi mort de rir gri
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Re: La liberation de Paris

Message  Invité le Ven 04 Mai 2007, 9:53 am

Bonjour,

Je commencerais par la fin, a savoir le discours de Charles de Gaulle s8ur le perron de l'hotel de ville de Paris, devant le Conseil National de la Resistance le 25 aout 1944 :

"Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains.

Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.

Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.

Eh bien ! puisque l'ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l'immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits.

Je dis d'abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s'agit de devoirs de guerre. L'ennemi chancelle mais il n'est pas encore battu. Il reste sur notre sol. Il ne suffira même pas que nous l'ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s'est passé.

Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueurs. C'est pour cela que l'avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon. C'est pour cela que la grande armée française d'Italie a débarqué dans le Midi ! et remonte rapidement la vallée du Rhône. C'est pour cela que nos braves et chères forces de l'intérieur vont s'armer d'armes modernes.

C'est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous battre jusqu'au dernier jour, jusqu'au jour de la victoire totale et complète. Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu'il exige l'unité nationale.

Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n'avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu'à la fin, dignes de la France.

Vive la France !"

Un extrait de ce discours, enregistrement d'epoque, au format MP3 :
http://www.charles-de-gaulle.org/liberation_de_paris/discours_25aout1944.htm

Le plus epatant dans tout cela c'est que ce discours etait totalement improvise...


(Charles de Gaulle sur le perron de l'Hôtel de ville, le 25 août 1944 - Coll. Fondation Charles de Gaulle)


Dernière édition par le Ven 04 Mai 2007, 10:00 am, édité 4 fois

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Message  bigbasketeur le Ven 04 Mai 2007, 9:55 am



PARIS EN COLERE.LES BARRICADESSE SONT DRESSEES. DERRIERE LES PAVES, LES INSURGES ATTENDENT L'ENNEMI AVEC UN ARMEMENT REDUIT.
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Re: La liberation de Paris

Message  mcouioui le Ven 04 Mai 2007, 9:57 am

ça par exemple, photo rare...
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Message  bigbasketeur le Ven 04 Mai 2007, 9:58 am

APPEL AUX BARRICADES
(22 AOUT 1944)




ORDRE POUR LA DEFENSE DE LA POPULATION PARISIENNE






LES FFI ET LA POPULATION ONT ENGAGE LA BATAILLE POUR PARIS. CHAQUE FOIS QUE NOS SOLDATS ONT RESPECTE LA TACTIQUE MOBILE, ILS ONT ECRASE L'ADVERSAIRE. CEPENDANT
UN DANGER SUBSISTE : LES MOUVEMENT RAPIDES DES CHARS ENNEMIS.



CE DANGER EST FACILE A CONJURER

IL SUFFIT D'EMPECHER LES BOCHES DE ROULER



POUR CELA, IL FAUT QUE TOUTE LA POPULATION PARISIENNE, HOMMES, FEMMES, ENFANTS, CONSTRUIRE
DES BARRICADES, QUE TOUS ABBATENT DES ARBRES SUR LES AVENUES, BOULEVARDS ET GRANDES RUES. QUE TOUTES LES PETITES RUES SOIT PARTICULIEREMENT OBSTRUEES PAR DES BARRICADES EN CHICANE. ORGANISEZ VOUS PAR MAISON ET PAR RUE POUR
GARANTIR VOTRE DEFENSE CONTRE TOUTE ATTAQUE ENNEMIE.





DANS CES CONDITIONS, LE BOCHE SERA ISOLE ET CERNE DANS QUELQUES CENTRES. IL NE POURRA PLUS EXERCER DE REPRESAILLES.






TOUS AUX BARRICADES !
LE COLONEL COMMANDANT DU GRAND PARIS
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Message  bigbasketeur le Ven 04 Mai 2007, 10:12 am



Progression de la DivisionLeclerc vers paris lors de la journée du 24 aout 1944.







En Region Parisienne, passaged'un half-track M3 de la 2ème DB






Sherman M4A3 dans Paris , le 25 août 1944. On distinguera au premier plan, une chicane destinéeà ralentir les véhicules.
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Re: La liberation de Paris

Message  Charlemagne le Sam 05 Mai 2007, 9:30 am

libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.

cette phrase est magnifiquement propagandesque... p24
PS: non Ivy... aïe Daniel arrete... ouille... au secour!!! help... au meurte... demande d'assistance a personne en danger... mort de rir gri
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Re: La liberation de Paris

Message  Invité le Sam 05 Mai 2007, 9:38 am

charlemagne47 a écrit:
libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.

cette phrase est magnifiquement propagandesque... p24
PS: non Ivy... aïe Daniel arrete... ouille... au secour!!! help... au meurte... demande d'assistance a personne en danger... mort de rir gri

Ben non, tu as parfaitement raison.
C'est le demarrage de la legende Gaullienne de la France aux 40 millions de resistants.
Mais il avait des raisons, et des tres bonnes, de le faire.
Cela a parfaitement fonctionne, a servi de cicatrisant rapide a l'epoque mais il est tout a fait bien de le remarquer aujourd'hui, cela ne terni pas du tout la statue du Connetable.

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Message  bigbasketeur le Sam 05 Mai 2007, 10:28 am

Contexte


Les forces alliées progressent vers l'Est, les généraux américains Dwight David Eisenhower et Omar Bradley, engagés dans les combats de la poche de Chambois, prévoient de contourner Paris pour ne pas être ralenti dans leur progression.
Dans le même temps l'insurrection de Varsovie n'a pas permis de libérer la ville.
Marie Pierre Kœnig, chef d'état-major des Forces Françaises de l'Intérieur, prépare une insurrection afin de contrecarrer l'installation de l'AMGOT combattu par le gouvernement provisoire de la République française.



"...Mais Paris libéré"


Les ordres de Hitler prévoyaient la destruction des ponts et monuments de Paris et la répression impitoyable de toute résistance de la part de la population ... Mais le général Dietrich von Choltitz ne montre aucun empressement à les appliquer, malgré sa garnison allemande forte de 20.000 hommes dont 80 chars et autant de pièces d'artillerie.

Insurrection Populaire


La résistance parisienne, commandée par Henri Rol-Tanguy et Jacques Chaban-Delmas, pauvrement équipée (elle n'a même pas de liaison radio avec l'extérieur) mais enthousiaste, encercle les îlots de défense allemands. L'occupant se trouve en position défensive, une division SS est mise en mouvement vers Paris pour renforcer l'armée régulière allemande. Il est à prévoir qu'elle obéira sans état d'âme aux ordres de destruction d'Hitler.

Avec l'annonce de l'avance rapide des alliés sur Paris, le métro parisien, la gendarmerie le 13 août, puis la police
qui lui emboîte le pas le 15 août, suivis des postiers le jour suivant.
Ils sont rejoints par d'autres ouvriers de la ville quand la grève générale éclate le 18 août. Des barricades sont dressées, entravant les mouvements des véhicules allemands, et des escarmouches contre les forces allemandes d'occupation, commencent à devenir sérieuses les jours suivants, atteignant leur maximum le 22.
Les insurgés, faute de munitions, n'auraient pas pu tenir longtemps.
Mais, devant cette situation désespérée, ayant obtenu l'accord de De Gaulle, le général Leclerc force la main aux Américains en donnant l'ordre de marche sur Paris aux éléments de reconnaissance de sa 2e division blindée française. Le général américain Gerow, supérieur hiérarchique de Leclerc, est furieux considérant cela comme une insubordination. Eisenhower doutant de pouvoir retenir les français finit par accepter et envoie la 4ème division d'infanterie américaine en renfort pour ne pas laisser aux seuls français la charge - et la gloire - de la libération de la plus belle ville du Monde.

La percée de la 2ème D.B.


A partir des ses positions d'Argentan l'audacieuse attaque française se fait, sans soutien aérien allié, sur 200km en contournant par le sud les fortes positions allemandes placées à l'ouest de Paris, au milieu d'un enthousiasme populaire indescriptible qui gêne les combattants. C'est que, depuis deux mois, Paris attend les Américains, malgré la propagande de Radio-Paris qui annonce la victoire allemande en Normandie ("Radio-Paris ment, Radio-Paris est Allemand" disent les résistants), et soudain derrière l'ennemi qui reflue en désordre dans la banlieue, on voit les trois couleurs sur les tourelles des Shermans. A la surprise initiale succède une indicible fierté, la foule envahit les rues, on monte sur les chars, partout les drapeaux fleurissent, la rumeur se propage jusqu'à Paris: "Les français, ce sont des français de Leclerc!".

Les combats en banlieue sont sévères mais les français libres qui combattent sans dormir pendant deux jours et nuits ne peuvent être ralentis par les points d'appui allemands. La vive résistance Allemande est culbutée, sans souci des pertes importantes chez les français, et les éléments de la 2ème DB entrent dans Paris par la porte d'Orléans le 25 août 1944. Une petite unité française, la "colonne Dronne" forte de 3 chars seulement et des véhicules légers (15 half-tracks et 2 camions), a audacieusement précédé le gros de la 2ème Division Blindée et a pénétré dans Paris par la porte d'Italie pour se poster en renfort des FFI devant l'Hotel de Ville, le 24 Aout vers 19h30, malgré la garnison allemande encore puissante de 16 000 à 20 000 hommes. La 4ème division d'infanterie américaine
entrera par la porte d'Italie le 25 août 1944. Guidés par les résistants, les alliés atteignent la Rue de Rivoli malgré de sérieux combats en pleine ville. Les chars français détruisent des panzers allemands et des colonnes blindées à plusieurs reprises au cours de duels au canon. L'Etat-Major allemand est fait prisonnier par les français. Choltitz, capitule officiellement le 25 août, les combats sporadiques continuent en particulier du fait des unités SS qui refusent la capitulation du général Von Choltitz en menaçant de fusiller les officiers 'traîtres' de la Wehrmacht qui leur commandent la reddition.
Le même jour, Charles de Gaulle, chef des Forces françaises libres, arrive au ministère de la guerre rue Saint-Dominique, puis fait à Hôtel de ville un discours à la population dont une des phrases est restée célèbre (« Paris outragé,... »).
Le 26 août, un défilé de la victoire sur les Champs-Élysées est organisé. La foule joyeuse salue les forces américaines et de la France libre. De Gaulle veille à s'assurer la première place, en mettant au second plan les chefs de la résistance intérieure. La cérémonie d'action de grâces à Notre-Dame est perturbée par une fusillade, des résistants ayant cru apercevoir des tireurs embusqués.


On estime à environ 1 500 le nombre de résistants français et civils tués pendant les combats pour la libération de Paris; les pertes allemandes sont de 3 200 tués dans les combats et 12 800 prisonniers.

D'importantes conséquences politiques


La Libération de Paris à l'initiative de la France Libre en sus d'éviter à Paris le sort de Varsovie, épargne à la France l'humiliation d'un Gouvernorat Militaire Américain à l'issue de l'Occupation Allemande et peut-être plus tard une Constitution 'importée'.
Grâce aux soulèvements populaires spontanés de Paris, des maquis communistes du Limousin et de la Bretagne (régions qui se libèrent seules de l'occupant malgré une répression féroce) et du Vercors héroïque (écrasé sans pitié par la Werhmacht), le gouvernement français libre possède ainsi la force et le prestige suffisants pour affirmer la République Française et ses institutions (Gouvernement Provisoire de la République Française).

- Source : Wikipédia .
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Message  bigbasketeur le Sam 05 Mai 2007, 10:32 am



Défilé sur les Champs-Élysées le 26 août 1944

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Re: La liberation de Paris

Message  Ivy mike le Sam 05 Mai 2007, 2:10 pm

J'ai beaucoup d'informations sur la Libération de Paris, ça a toujours été mon truc cette fameuse incursion de la 2e DB
D'abord parce que Paris est, à mon gout, la plus belle ville du monde, parce qu'elle a été liberé par des Français, parce que la Résistance m'a toujours passionnée, parce que l'image de Paris et de sa tradition des barricades m'a toujours fait tressaillir de patriotisme, parce que l'Histoire du commandant du Gross Paris von Choltitz m'a toujours fait grand plaisir, parce que les actions du consul de Suède m'ont toujours impressionnés et parce que ma famille y était alors...

J'ai un livre qui explique dans les moindres details (du fusil volé à la grenade envoyée sur tel char en passant par les deplacement de Rol Tanguy dans les catacombes) et chaque chapitre correspond à un departement... on reconnait les coin de Paris, des nom de rues etc
J'ai bien sur le livre "Paris brûle-t-il ?" ainsi que le film
Des documents et des pieces de collection sur le sujet etc...

Je vais peut être avoir la chance de rencontrer M. Pierre de la Fouchardière qui a liberé le Palais du Senat

Je vous en ferais part !

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Message  bigbasketeur le Sam 05 Mai 2007, 5:51 pm

Les raisons qui ont amené le général en chef allemand à ne pas faire détruire Paris restent mal éclaircies...

Visite à Hitler





Legénéral Dietrich von Choltitz (né en 1894, mort en 1966) est le dernier commandant militaire allemand du "Grand Paris". A ce titre, il a signé la reddition de ses troupes le 25 août 1944. "L’attitude et les motivations profondes" de cet officier supérieur "restent l’un des mystères de la libération de la capitale", écrit l’historien Pierre Bourget dans "Le Monde" (25 août 1994). "La lecture de ses Mémoires nous laisse une impression ambiguë et ses confidences d’août 1944 à des acteurs de premier rang doivent être retenues avec prudence, si intéressantes soient-elles", estime-t-il.

D’origine aristocratique comme nombre d’officiers (en allemand, "von" signifie "de"), von Choltitz est né en Silésie, berceau des junkers allemands. Il a d’abord été… page à la cour de la reine de Saxe, selon l’historien Pierre Miquel ("Le Point"). Puis il embrasse la carrière militaire, comme le font traditionnellement les hobereaux allemands. En 1940, au début des hostilités de la deuxième guerre mondiale, il a 46 ans. Il assiste "sans état d’âme au bombardement terroriste de Rotterdam en 1940", raconte Miquel. Deux ans plus tard, il participe en URSS à l’écrasement de Sébastopol sous les obus lourds chargés par des prisonniers soviétiques.

Survient le débarquement allié sur les côtes de France en 1944. Le 7 juillet, il donne l’ordre à son 84e corps d’armée de se replier face à l’avance des Anglo-Saxons. Le 25, ses troupes sont écrasées. Pour l’historien Henri Amouroux ("Le Figaro Magazine"), ces évènements vont lui faire prendre conscience que la victoire allemande est désormais impossible. C’était "une période pénible et sans espoir", note-t-il dans ses souvenirs ("Un soldat parmi les soldats", Aubanel, 1964, cité par "Le Monde").

Selon Pierre Bourget, le Führer lui aurait reproché le retrait du 84e corps et l’aurait même relevé de son commandement le 1er août. Mais apparemment, il n’en a pas tenu rigueur à celui que Pierre Miquel n’hésite pas à qualifier de "chouchou de Hitler", par ailleurs réputé pour son esprit d’obéissance. A tel point qu’il le nomme le 5 août gouverneur militaire de Paris.

Von Choltitz remplace le général Karl Heinrich von Stülpnagel qui sera pendu le 30 août 1944 pour avoir participé à la tentative de putsch des officiers contre le tyran nazi, animé par le colonel comte Claus Schenk von Stauffenberg, chef d’état-major des armées de l’intérieur. On n’imagine mal qu’il ait été nommé à ce poste sans avoir la confiance absolue du chancelier, ébranlé par l’attentat du 20 juillet. Honneur suprême, le nouveau commandant militaire est reçu le 7 août par le dictateur qui lui ordonne oralement de détruire Paris en cas de retrait de la Wehrmacht.

Jamais von Choltitz ne s’était trouvé en présence du Führer qui donne ses ordres "sous le choc physique et moral de l’attentat du 20 juillet, sous le choc également des défaites successives, halluciné", raconte Amouroux. Un état sans doute aggravé par les médicaments qu’ingurgite le maître de l’Allemagne. Apparemment, le général ne s’attendait pas à un tel accueil. "Ce fut une chance pour moi que je me sois rendu chez Hitler… Je me suis rendu compte que j’avais devant moi un fou. Ce qui a naturellement allégé ma conscience de soldat", écrira-t-il à un de ses amis en 1947.
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Message  bigbasketeur le Sam 05 Mai 2007, 5:54 pm

Quels moyens ?





Von Choltitz prend alors son poste dans la capitale française. Le 15 août, un communiqué des autorités d’occupation annonce sa nomination en menaçant de réprimer "avec la plus grande sévérité toute tentative de sabotage ou d’émeute ainsi que toute propagande subversive". On est alors à cinq jours du déclenchement de l’insurrection…

Le 17 août, le consul général de Suède, Raoul Nordling (voir encadré), qui a, semble-t-il, joué un rôle central d’intermédiaire entre Français et Allemands lors de ces journées d’insurrection, obtient la libération de plus de 4000 prisonniers politiques détenus en Ile-de-France. Selon Henri Amouroux, un accord a été conclu en ce sens avec les autorités allemandes. Outre le consul suédois ont œuvré à la conclusion de cet accord le président de la Croix-Rouge française, le conte de Rohan-Chabot, et, côté allemand, le baron Posch-Pastor, un Autrichien hostile au nazisme, ainsi qu’un officier de réserve, le commandant Bender (les deux derniers semblent émarger à différents râteliers...).
Les historiens ignorent apparemment le rôle joué par von Choltitz dans cette affaire. Précisons que le même jour, le dernier convoi de déportés quitte le camp de Drancy pour l’Allemagne...

Alors que l’armée allemande est en recul sur tous les fronts, à l’Est face aux Soviétiques, comme à l’Ouest face aux alliés anglo-saxons, quel est l’état des forces dont dispose l’officier allemand pour faire face à la Résistance ? Il peut apparemment compter sur 20.000 hommes appuyés sur une vingtaine de chars, mais coupés les uns des autres et rapidement livrés à eux-mêmes. Les photos de l’époque montrent par ailleurs des militaires souvent d’âge mûr, ce que corroborent les récits des historiens.

Concernant l’armement, d’autres chiffres sont avancés, notamment par Pierre Miquel qui parle de 200 chars tigres et Panthère, "des mitrailleuses en quantité, des points d’appui et des abris blindés" et 150 avions. Mais selon un responsable résistant comme Henri Rol-Tanguy, les Allemands ne disposaient plus d’aviation. "On a souvent dit qu’il y avait quatre-vingts avions au Bourget. C’est faux. Depuis le mois de mai, les Alliés avaient systématiquement bombardé toutes les installations sur un rayon de deux cents kilomètres à l’est de la zone de débarquement. Il ne pouvait donc pas y avoir d’avion au Bourget", expliquait-il il y a 10 ans dans "Le Figaro". Pourtant, un bombardement allemand a frappé la capitale au soir du 26 août, après la grande marche triomphale de de Gaulle sur les Champs-Elysées, faisant de nombreuses victimes.

Von Choltitz avait "les moyens de défendre et, s’il le faut, de détruire la capitale", pense Miquel. Mais plusieurs résistants estiment que les Allemands n’avaient pas ou plus les moyens de frapper. "Ils étaient concentrés sur les combats à une centaine de kilomètres à l’ouest de Paris (…) [et ne pouvaient pas] mener une grande bataille. De plus, ils ne s’attendaient pas à ce que Paris bouge. Et cela a provoqué chez eux un certain désarroi", raconte ainsi le futur ministre gaulliste Edgar Pisani. Von Choltitz "déclarera plus tard que l’insurrection lui a ôté les moyens d’agir", affirme de son côté (dans "L’Humanité") le résistant communiste André Carrel, autre leader de l’insurrection parisienne.

Aux dires de Pisani, les troupes allemandes "pouvaient casser, détruire" tout au plus. Selon Pierre Bourget, Hitler aurait ainsi fait acheminer dans la capitale française des militaires spécialement chargés de détruire les ponts parisiens.



Mais les moyens matériels étaient-ils suffisants pour accomplir cette mission ? Selon Pierre Miquel ("Le Point"), von Choltitz avait "assez de torpilles enfouies sous le tunnel de Saint-Cloud pour miner tous les ponts". Quoiqu’il en soit, "seul le pont Alexandre III avait été miné: les explosifs avaient été posés, mais sans dispositif de mise à feu. D’ailleurs, mon chef d’état-major, Gallois, lorsqu’il est entré dans Paris avec les Américains, a fait procéder à ce déminage, ainsi qu’à celui du Sénat… c’étaient les deux seuls points minés de Paris", déclarait en 1994 au "Parisien" Henri Rol-Tanguy.



L'historien Pierre Bourget affirme (dans "Le Monde"), citant le témoignage d’un chef-pompier de l’époque que "les ponts de Paris n’ont pas été minés" et qu’"il n’y avait dans les souterrains du Sénat que de petites charges non reliées entre elles et pas amorcées". La question fut directement posée à von Choltitz au moment de la reddition, selon le témoignage de Gallois (cité par Pierre Bourget) : il "jura qu’il n’y avait dans Paris ni mines ni bombes".






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Message  bigbasketeur le Sam 05 Mai 2007, 5:55 pm

Refus d'obéissance




Au-delàde cette affaire, von Choltitz a apparemment refusé d’obéir à Berlin àplusieurs reprises. Un ordre de détruire les ponts lui aurait été donné le 15 août. Et le 23 août, Hitler lui envoie un télégramme : "Paris ne doit pas tomber entre les mains de l’ennemi sauf sous l’aspect d’un champ de ruines". Un "champ de ruines" comme à Varsovie… Le 25 août, jour de la reddition, l’officier supérieur "ignore superbement les ordres de destruction de Hitler qui vient de faire une scène effroyable à Jodl [un des chefs de la Wehrmacht, NDLR] en apprenant que Paris n’est toujours pas détruit", selon Pierre Miquel.

Le général commandant ne s’est pas contenté de désobéir. Le 19 août, il a accepté de discuter le principe d’une trêve avec la Résistance par l’intermédiaire du consul suédois. En signant une trêve, en désobéissant à ses chefs, le commandant militaire cherche-t-il à gagner du temps alors que l’armée allemande plie bagage et que le désordre commence à régner dans ses rangs ?

"Quand j’arrive à Paris, le 13 août, mon armée est en pleine déconfiture. Elle semble démobilisée et, en même temps, totalement insouciante", racontait en 1994 à "L’Express" un ancien officier de blindés, Friedrich Wilhelm Christians (futur président du conseil de surveillance de la puissante Deutsche Bank), alors âgé de 22 ans et qui revenait de Normandie. "Dans les bureaux de l’OB West, le quartier général des forces de l’Ouest, tous les généraux ont disparu. (…) Je ne trouve qu’une poignée d’officiers pliant bagage. A l’hôtel Ambassadeur où je m’installe, l’ambiance est carrément à la fête : les soldats s’enivrent au champagne et profitent joyeusement du personnel féminin", poursuit le futur banquier.

De plus, il y a certainement eu débat au sein du commandement militaire à Paris sur la stratégie à adopter. "Certains voulaient détruire Paris. D’autres estimaient que les ponts restaient indispensables pour assurer le repli des troupes du sud de la Seine", explique Edgar Pisani (à "La Vie"). Parmi les jusqu’aux-boutistes figurait la redoutable SS. Cette garde prétorienne du régime chargée de ses basses oeuvres, véritable Etat dans l’Etat, était très souvent composé d’éléments fanatiques. Le 22 août, à cause de la trêve, les "SS commencent à considérer von Choltitz comme un traître", observe Pierre Miquel. Eux-mêmes n’hésitent pas à tirer sur la foule parisienne, notamment place Clichy, le même jour. Et ils seront apparemment les derniers à résister, notamment dans leur caserne du Prince Eugène, place de la République. Ils ne se rendront que le 25 au soir.

Un témoignage (au "Figaro", le 23août 1994) est éclairant. C’est celui du général Jean Crépin, alors lieutenant-colonel de la 2e DB chargé d’obtenir la reddition des Allemands retranchés dans le Sénat. Pour accomplir cette mission, il est accompagné du chef d’état-major de von Choltitz, le colonel von Unger. "Alors que nous entrions dans la cour du Sénat, un SS me planta le canon de sa mitraillette dans le dos. ‘Faites cesser cette plaisanterie’, ai-je dit au colonel von Unger, mais il me répondit : ‘Je ne peux rien faire. C’est un SS : il n’obéit qu’à ses officiers’". La délégation est conduite devant un officier de la Wehrmacht (l’armée régulière), le colonel Keyser. "Usant de toute son autorité auprès des SS qui contestaient ses ordres et qui, disaient-ils, allaient ‘me faire la peau’, le colonel Keyser réussit finalement, non sans mal, à imposer la reddition".



On retrouve là les traces de divergence profondes opposant, depuis les débuts du régime nazi, la Wehrmacht et l’élite nationale-socialiste.
L’armée était composé notamment d'officiers d’origine noble : à l’image du vieux maréchal Hindenburg, ceux-ci s’étaient ralliés au "petit caporal" Hitler par peur du communisme mais ils regardaient les "parvenus" nazis avec le mépris des aristocrates. C’est d’ailleurs dans ces milieux que se recrutèrent les officiers responsables de l'attentat du 20 juillet et partisans d’une "paix blanche" à l’Ouest pour mieux continuer la guerre contre l’URSS. Le parti nazi voyait, lui, dans ces officiers les tenants de la vieille Allemagne qui devaient faire place aux partisans du "Reich millénaire".
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Message  bigbasketeur le Sam 05 Mai 2007, 5:57 pm

Discussions avec les Américains ?




Dietrich von Choltitz devait donc évoluer dans une atmosphère fin de règne, très lourde et très conflictuelle. D’autant plus que plusieurs responsables militaires en poste à Paris avaient choisi le camp du colonel von Stauffenberg lors de l’attentat du 20 juillet. Dans ce contexte, ses ordres ont peut-être du mal à passer : certains de ses officiers n’obéissent plus. "Ainsi le lieutenant Ernst von Bressendorf, chef des transmissions, fera-t-il tout pour entraver l’acheminement des messages radios intimant au commandant du ’Gross Paris’ l’ordre" de détruire la capitale, affirme "Le Figaro Magazine" (25 au 31 août 1944).

Les historiens s’interrogent par ailleurs pour savoir si le général commandant n’aurait pas directement pris lui-même langue avec… les Alliés. Dans son ouvrage "Un soldat parmi les soldats" (Aubanel 1964), cité par "Le Monde", von Choltitz fait ainsi curieusement allusion à des pourparlers. Un haut gradé allemand "m’avait déjà prévenu par téléphone que des rumeurs circulaient selon lesquelles j’aurais entamé des pourparlers". Le haut gradé le met en garde de ne pas outrepasser ses pouvoirs. Dans son livre, le général lui-même se garde bien d’infirmer ou de confirmer…

La rumeur court aussi côté français qu’autour du 15 août, il aurait directement négocié avec des émissaires d’Eisenhower pour préparer à la fois la retraite allemande et l’entrée des troupes américaines dans Paris. But : éviter un putsch du PC. La presse de la Libération s’en fait l’écho.

On en retrouve aussi des traces dans des témoignages de l’époque. "Hier [vendredi 18 août], les rumeurs les plus diverses ont (…) circulé au sujet d’un prétendu accord entre Allemands et Américains pour déclarer Paris ‘ville ouverte’", raconte ainsi François Beau, un haut fonctionnaire travaillant aux voies navigables. Son frère a appris "que l’accord avait été signé par Abetz [ambassadeur du Reich à Paris], Laval et un représentant américain. Mais Hitler auquel l’accord avait été soumis ne l’a pas ratifié", poursuit ce témoin de l’époque. On peut évidemment plus que douter de la véracité de cette dernière phrase…

De Gaulle lui-même fait allusion à cette affaire dans ses mémoires. "Pour le moment, les archives américaines n’ont pas livré d’éléments éclairant ce problème", observe l'historien Pierre Bourget dans "Le Monde". Aujourd’hui, on ne peut donc toujours rien conclure…
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Message  bigbasketeur le Sam 05 Mai 2007, 5:59 pm

Problèmes de conscience ?

De la même façon, on se perd dans un flot d’hypothèses sur l’attitude de von Choltitz pendant ces journées historiques. Une chose semble acquise : il a réellement désobéi aux ordres. Mais pourquoi ? "Messieurs, j’ai reçu l’ordre de me maintenir ici et d’attendre l’ennemi, mais je suis un général qui n’a, croyez-le, qu’un désir, celui de revenir dans Paris intact, comme touriste, après guerre", aurait-il déclaré le 19 août au consul suédois Raoul Nordling (voir encadré) et à son collège suisse, René Naville, selon ce dernier (propos cités par "Le Monde").

Le 25 août au soir, il confiera à un Français, Raymond Massiet, cité par "Le Monde": "Je ne pouvais pas détruire Paris bien qu’il y eut les ordres de Hitler… Non, je ne le pouvais pas". Et sa voix de se briser, toujours selon "Le Monde" (25 août 1994): "Les représailles, vos représailles, cela aurait été trop horrible".

Sincérité de la part d’un homme, jusque-là fidèle à son pays et à son régime de terreur, qui ne semble pas avoir été auparavant taraudé par les problèmes de conscience ? Volonté de dissimuler une situation qui lui avait complètement échappé ? Crainte du lendemain ? Souci de ne pas révéler un accord signé avec les Américains, signifiant que pour son camp, il a "trahi"? Même de Gaulle, s’il observe dans ses "Mémoires de guerre" que le "général allemand, tout en faisant tenir solidement ses points d’appui, ne s’engageait nullement dans la répression", reconnaît ne pas pouvoir "démêler" l’affaire…

Le mot de la fin revient peut-être à l’historien André Kaspi (dans "Le Monde", 25 août 1994). Von Choltitz "a compris que les armées allemandes qui battent en retraite ont besoin des ponts sur la Seine, que l’Allemagne a perdu la guerre et qu’il vaut mieux ne pas créer l’irréparable. Avec prudence et réalisme, il entend désobéir au Führer". Soixante ans après, on n’en est cependant pas entièrement sûr.
Une seule chose est sûre: Paris n’a pas été détruit…
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Message  bigbasketeur le Sam 05 Mai 2007, 6:01 pm


Le rôle du consul de Suède




Un homme a joué dans l’ombre un rôle considérable et plutôt méconnu, à l’instar de son collègue de Budapest, Raoul Wallenberg (qui sauva des milliers de juifs hongrois): Raoul Nordling, consul de Suède à Paris depuis 1918. Marié à une Française, il est né dans la capitale et a fait ses études au lycée Jeanson-de-Sailly. Représentant d’un pays neutre, il dirige aussi une filiale de l’entreprise suédoise SKF, principal fournisseur de roulements à billes de l’Allemagne.

Ses différentes activités lui permettent de disposer d’entrées tant chez les Français que chez les Allemands. Il peut ainsi rencontrer en tête en tête le tout puissant ambassadeur du Reich en France, Otto Abetz. Ou le commandant militaire du "Grand Paris", le général Dietrich von Choltitz qui lui aurait fait part des ordres d’Hitler concernant la destruction de Paris.

Nordling ne manque pas de courage. Au moment de l’insurrection, il n'hésite pas à se faire médiateur. Le 19 août, il aurait négocié avec von Choltitz la sauvegarde de Paris et de ses habitants. Dans la soirée du même jour, il a aussi négocié (aujourd’hui encore, on ne sait pas vraiment qui lui a demandé d’intervenir…) une trêve (très contestée) entre la Résistance et les Allemands.

Par un interlocuteur de la Gestapo, il apprend que plusieurs milliers de prisonniers doivent être exécutés. Il va donc tout faire pour obtenir leur libération. Il finit par obtenir la "surintendance" de tous les lieux de détention franciliens. C’est lui qui va ouvrir les portes du sinistre camp de Drancy (où séjournèrent des milliers de juifs avant leur départ pour l’univers concentrationnaire), celles des prisons de Fresnes, de Romainville. Il aurait ainsi sauvé la vie de 4000 personnes.

Les arguments qu’il tient devant Abetz et von Choltitz font intelligemment allusion au changement des rapports de force et à l’avenir incertain de chacun: « Faites-le dans votre intérêt personnel, car bientôt ce sera à votre tour de réclamer à grands cris un traitement humain ». Un chantage humaniste en somme…

(Source : "Le Nouvel Observateur/Paris-Ile-de-France")



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Re: La liberation de Paris

Message  Narduccio le Ven 11 Avr 2008, 5:04 pm

Une cloche sonne, sonne ....

Une cloche sonne, sonne...

« Une cloche sonne, sonne,
Sa voix d'écho en écho,
Dit au monde qui s'étonne :
C'est pour Jean-François Nicot.
»

Chanson créée en 1945, interprétée par Édith Piaf et les Compagnons de la chanson (paroles et musique de Jean Villard-Gilles).





Bonjour à toutes, et bonjour à tous, Smile

Je suis un retraité des PTT (j'ai travaillé surtout à La Poste, mais également à France-Télécom), et de ce fait j'adore l'historique des moyens de transmission des nouvelles en France : d'abord les messagers à cheval, puis les malles-poste et diligences, puis la poste par chemin de fer et par aéronef, puis le télégraphe optique Chappe, puis le télégraphe électrique, puis le téléphone…

A l'heure d'Internet on oublie toujours que jusqu'à il y a peu de temps le moyen traditionnel de transmission des nouvelles était la sonnerie des cloches des églises…

Je voudrais vous exposer la joie extraordinaire qu'a pu causer la sonnerie de deux cloches parisiennes un soir de la Saint-Barthélemy (24 août) 1944…

C'est à Antony (Seine), ma ville natale, que le général Leclerc a donné l'ordre à 19 heures (heure allemande d'occupation, soit Temps Universel plus deux heures) le jeudi 24 août 1944 au capitaine Raymond Dronne de partir avec une colonne pour entrer en avant-garde dans Paris. C'est très exactement à 21h22 (heure indiquée par la grande horloge de l'Hôtel de ville de Paris) que Raymond Dronne descend de sa jeep et va saluer Georges Bidault, Président du Conseil National de la résistance. C'est bien entendu un moment d'émotion indescriptible qui étreint à ce moment à la fois les combattants de la France Libre et les Résistants parisiens qui s'étaient soulevés dès le 19 août…

La Radiodiffusion française libre (qui a succédé à "Radio Paris, sous contrôle allemand), dirigée par le Résistant Pierre Crénesse, diffuse ces moments en direct. Et un journaliste de cette station de radio a une idée géniale : il demande à tous les curés de Paris de faire sonner les cloches des églises parisiennes à toute volée pour annoncer la Libération de la capitale (à cette heure là, à peine 15% du territoire parisien était libéré…). Et les curés de la rive gauche de la Seine, ont courageusement… attendu qu'un confrère ose en premier faire sonner les cloches dans la nuit noire qui commençait… (la Lune, qui en serait à son Premier Quartier dans deux jours, se couchait ce soir-là à 21h22 Temps Universel, soit 23h22 heure allemande d'occupation). Cela dura quelques minutes, puis soudain depuis la tour sud de la cathédrale Notre-Dame de Paris le puissant bourdon "Emmanuel" (treize tonnes, son battant seul pèse 500 kg ; sa sonnerie était audible à près de cinq kilomètres à la ronde !…) a lancé dans la nuit parisienne sa joyeuse sonnerie en "fa dièse" qui annonçait au peuple parisien de la rive gauche et de la banlieue Sud que Paris était enfin libéré. Courageusement les autres clochers de la rive gauche ont alors relayé la sonnerie du bourdon Emmanuel. Dietrich Von Choltitz, le commandant du "Gross Paris" était alors en communication avec Alfred Jold à Berlin qui a entendu dans son combiné la sonnerie des cloches. Dietrich Von Choltitz a alors approché le téléphone de la porte-fenêtre de l'Hôtel Meurice et lui a fait entendre la mélodie des cloches de la capitale en disant à Alfred Jold : ce que vous entendez annonce que Paris va être libéré et que l'Allemagne a sans doute perdu la guerre !…

Le bourdon "Emmanuel" de la cathédrale Notre-Dame de Paris :



Tout cela était bel et bien, mais 85% de Paris était encore aux mains des Allemands...

On ne dira jamais assez l'effet psychologique dévastateur sur les soldats allemands qu'a causé l'initiative très courageuse de l'archiprêtre de la basilique du Sacré-Cœur à Montmartre (donc à l'extrême Nord de Paris, très loin des troupes du capitaine Dronne, en plein territoire encore occupé par l'armée allemande) qui, après avoir demandé à ses prêtres de renforcer les portes de la basilique, des fois que les soldats allemands auraient voulu la prendre d'assaut, a donné l'ordre à son sacristain de mettre en branle "la Savoyarde", la plus grosse cloche de France puisqu'elle pèse 18 835 kg et son marteau seul pèse 1 200 kg. Sa sonnerie est audible à près de huit kilomètres à la ronde !…

Et d'entendre le son majestueux de "la Savoyarde" narguer les troupes allemandes d'occupation en plein Nord de Paris et en banlieue Nord, a incité beaucoup des Parisiens "tièdes" à rejoindre les Résistants insurgés depuis six jours, c'est ce qu'on a appelé "les Résistants de la onzième heure"…

"la Savoyarde" de la basilique du Sacré Cœur de Montmartre à Paris :


Roger le Cantalien.

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