Jacques Doriot

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Jacques Doriot

Message  Invité le Sam 06 Jan 2007, 11:31 am

Jacques Doriot



Ne le 26 septembre 1898 a Bresles (Oise) d’une famille ouvrière ayant des origines paysanne et italienne.
Il commence à travailler à l’âge de 17 ans comme ajusteur dans une usine a Saint Denis. Il s’inscrit à la section locale des Jeunesses Socialistes.

Il est mobilise en avril 1917, combat au chemin des Dames ou il obtient une citation. Il fait ensuite partie de l’Armée d’Orient et sera démobilisé en mai 1920 avec une Croix de Guerre.

Il adhère à la IIIeme Internationale (PC) des le congres de Tours en 1921. Sa fougue militante lui vaut d’être nomme en 1921 secrétaire par intérim de l’internationale des jeunes et il devient permanent du Parti.
Il part à l’école des cadres du Komintern a Moscou de 1921 a 1923. De retour en France, il dirige les Jeunesses Communistes et sera emprisonne suite aux luttes contre la guerre du Rif.

Député de Saint Denis en 1924, membre du bureau politique du PC, Maire de Saint-Denis.

En 1926, au cours des intrigues internes pour le remplacement au pouvoir de Lenine, il se met du cote de Staline qui, un soir a Moscou, lui dira « J’aime bien les gens comme vous, Doriot, je n’aime pas les subalternes ».

Début 1927, le Parti l’envoie en mission en Chine ou il assiste à l’écrasement des communistes par les nationalistes de Tchang-Kai-Check.

Doriot a une forte personnalité et tiens à son indépendance. Ses origines ouvrières, son éloquence, sa forte stature (1 m 86) lui valent de grands succès, tant chez les militants que chez les dames. Mais des 1931, il réalise que la tactique «classe contre classe » du PC n’est pas la bonne et participe activement aux manifestations unitaires de la gauche en février 1934.

Ses initiatives lui valent d’être exclus du PC, sur ordre de Staline, le 27 juillet 34. Il ne lui pardonnera jamais et sera un implacable adversaire des communistes pour le restant de sa vie.

Suite a la victoire du Front Populaire, il fonde en 1936 le Parti Populaire Francais (PPF), sur une base anticommuniste, antiparlementaire et antisémite destine à rassembler les éléments de droite les plus durs et les déçus de la gauche.


Le Parti démarre avec un certain succès, des intellectuels prestigieux lui apportant son soutien (Pierre Drieu la Rochelle, Bertrand de Jouvenel, Jean Fontenois, etc..). Gabriel Le Roy Ladurie, directeur de la Banque Worms et le jeune industriel Pierre Pucheu assurent le soutien des bailleurs de fonds.

Mais l’attitude pacifiste de Jacques Doriot a l’époque de Munich génère une crise dans le PPF qui est bien affaibli quand éclate la guerre.

Jacques Doriot est mobilise en 1939, combat en juin 40 et en ramène une seconde Croix de Guerre. Des l’armistice conclue, il est à Vichy pour tenter de jouer un rôle mais échoue.

Il décide cependant, afin de relancer le PFF, de se présenter toujours comme «un homme du Maréchal » ce qui lui permets d’obtenir quelque soutien, entre autre financier, de Pétain.

Entre juin 1940 et juin 1941, sa ligne politique est prudente, démarquée des Allemands dont d’ailleurs l’Ambassadeur Otto Abetz lui est hostile, Hitler ayant clairement indique qu’il n’y avait strictement aucun intérêt pour le Reich a voir se former un grand parti fasciste en France ce qui est justement l’objectif de Doriot.

Des l’annonce de l’invasion de l’URSS, Doriot lance l’idée d’une Légion de volontaires pour aller combattre les «Bolcheviques », clamant qu’il est «Comme le navigateur qui, après une nuit de tempête, salue l'aube ».
Pour une histoire plus détaillée de la LVF, voir
http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/LaFrance19391945/lvf/Dossiers.htm

L’idée est finalement acceptée par les Allemands, mais a la condition que le mouvement regroupe tous les partis collaborationnistes et ne soit pas une «exclusivité » PPF. Doriot, lui, espère en faire la «SS du PPF » mais les Allemands ne le laisseront pas faire.


Entre 1941 et 1944, Jacques Doriot servira pendant un an et demi sur le Front de l’Est, d’abord comme sous-officier puis comme Lieutenant et y obtiendra une Croix de Fer. Ces périodes sont entrecoupées de retour en France pour veiller aux affaires du PPF. En son absence, une direction collégiale prends les commandes avec notamment Victor Barthelemy (Ce dernier, a sa sortie de prison après la guerre, reprendra du service auprès de Tixier-Vignancourt puis de J.M. Le Pen).

Le PPF connaît son plus grand développement vers la fin 1942 au point qu’Otto Abetz s’en inquiète et préviens Berlin le 15 novembre que Doriot «pourrait bien finir par s'imposer » comme le seul véritable chef fasciste français, au dépends du RNP de Deat et de la myriade de groupuscules dérisoires que l’Ambassade finance uniquement pour mettre des bâtons dans les roues de Doriot.

Le PPF compte a ce moment environ 60 000 membres cotisants et quelques centaines de milliers de sympathisants.


Jacques Doriot a, comme Benoist-Mechin, la conviction que la France doit déclarer la guerre a l’Angleterre et l’attaquer sur mer avec la Flotte et en Afrique avec les troupes de l’Empire. Il estime que c’est la seule solution pour forcer le Reich a voir en la France non pas un ennemi vaincu et occupe mais un partenaire, s’opposant par la a Laval dont la politique de finasseries pacifistes et de «négociations » convient parfaitement aux Allemands.

Ce qui montre que Doriot n’avait strictement rien compris à la véritable politique d’Hitler au sujet de la France, pourtant décrite en détail dans Mein Kampf…

Mais tous ces espoirs son déçus, malgré le «congres du pouvoir a Paris en novembre 1942 qui pousse Otto Abetz a demander l'interdiction du PPF que Ribbentrop refuse, se limitant à des consignes de surveillance et de manipulations.

Les mauvaises nouvelles (Stalingrad, Torch) sont également de nouvelles déceptions, des coups durs pour le PPF.
Désirant prendre du recul, Jacques Doriot repart sur le front de l’Est en mars 1943.


Fin 1943 et début 1944, le PPF est aux premières lignes de ce que certains appelleront, avec raison, la «guerre civile » opposant forces de la collaboration a la Résistance. Les membres du «service de protection » du PPF ont été armes par l’Abwher et font le coup de feu aux cotes de la Gestapo, de la Milice et des SS.

En Normandie en juin 1944, Doriot rendra visite, en uniforme LVF, aux volontaires PPF qui servent de traducteurs et d’auxiliaires de renseignement a la Wehrmacht, ce qui donnera naissance a la légende d’unités LVF ayant combattu en Normandie.

Le 17 aout 1944, environ 2000 militants du PPF, rassembles a Paris, partent pour Nancy puis pour l’Allemagne. Doriot les suit le 19.
Le 29 août, il est reçu au QG de Rastenburg par Ribbentrop puis par Hitler avec Brinon, Deat et Darnand. Mais il refuse de participer à la «Commission gouvernementale » de Sigmaringen.

Il croit aux «armes secrètes », il croit au renversement d’alliance, les Allies occidentaux se décidant enfin a aller combattre l’URSS. Doriot se prend pour le nouveau de Gaulle, crée un «Comité de Libération » le 6 janvier 1945, crée «Radio Patrie » qui lance vers la France des appels a la «Résistance », participe à la création d’une «cinquième colonne » de volontaires style SOE destines à être parachutes en France. L’audace et le dérisoire intimement mêlés…

Le 22 février 1945, Doriot quitte en voiture son QG établi sur l’île de Mainau sur le lac de Constance. Il doit se rendre à un rendez-vous avec Darnand et Deat destine à les convaincre de participer à son «Comité ». Près de Mengen, deux avions de la RAF mitraillent sa voiture et il est tue sur le coup. Il sera inhume au cimetière de Mengen.

Jacques Doriot fut le seul chef fasciste français un peu convaincant. Même ses ennemis lui reconnurent des qualités «viriles » d’animal politique. S’il aimait les femmes et la bonne vie, il ne fut cependant pas un corrompu au niveau financier. Ses hommes l’appelaient «Le Chef » et lui vouaient une dévotion qui n’est pas sans rappeler celle dont le Führer bénéficiait chez ses SS.

On en serait presque a avoir de la reconnaissance envers Hitler et son Ambassadeur Abetz de l’avoir empêché d’aller la ou il aurait pu aller ! A cote de Doriot, Pétain et Laval sont presque des enfants de choeur...


Sources :
- Dieter Wolf, “Doriot, du communisme à la collaboration”, Fayard, 1969
- Dominique Venner, Histoire de la collaboration, Pygmalion, 2000
- Divers Web, dont les photos.

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Re: Jacques Doriot

Message  pegase001 le Lun 08 Jan 2007, 11:35 am

salut Daniel

très beau post. je me encore ramène avec quelques questions :

- je n'ai jamais lu mijn kampf et donc, que voulait faire AH de la France ?

- pourquoi l'allemagne ne voulait pas d'un grand parti fasciste en France ?

- est-ce vrai que l'allemagne a délibérement limité les engagements dans la LVF pour ce pas que cette légion soit trop importante ?

- pourquoi une méfiance envers Doriot ?

merci d'avance,

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Re: Jacques Doriot

Message  Dan*. le Lun 08 Jan 2007, 1:12 pm

Oui encore un exemple qui monte à quel point extrème gauche et extrème droite sont proches.

Bon je réagirai plus longuement plus tard, je n'en ai point le temps maintenant.

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Re: Jacques Doriot

Message  Invité le Lun 08 Jan 2007, 2:39 pm

pegase001 a écrit:salut Daniel

très beau post. je me encore ramène avec quelques questions :

- je n'ai jamais lu mein kampf et donc, que voulait faire AH de la France ?
Pays "croupion", essentiellement agricole, militairement impuissant et incapable de recommencer comme en 14

- pourquoi l'allemagne ne voulait pas d'un grand parti fasciste en France ?
Parceque Hitler ne voulait pas de la France comme alliee potentielle. Pas confiance, trop mefiant, trop de mepris et de rancoeurs. Il fallait l'abbattre, ce qu'il a fait, et surtout l'empecher de se relever, ce qu'il a fait aussi (Merci Petain)

- est-ce vrai que l'allemagne a délibérement limité les engagements dans la LVF pour ce pas que cette légion soit trop importante ?
Exact, 15 000 maximum, chiffre jamais atteint d'ailleurs. Ne pas avoir de dette de reconnaissance envers la France.... Bon, ca change un peu fin 44, et on embauche tout ce que l'on peut pour la Charlemagne, mais il y avait le feu au lac !

- pourquoi une méfiance envers Doriot ?
Parceque de tout les chefs fascistes francais il etait celui qui avait assez d'envergure pour pouvoir reussir. Le Degrelle Francais, en quelque sorte.

merci d'avance,
pegase001
Mais le plaisir est pour moi
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Re: Jacques Doriot

Message  pegase001 le Lun 08 Jan 2007, 3:56 pm

Salut Daniel,

en faisant un parallèle entre la France et la Wallonie, on peut constater qu'une partie du pouvoir allemand était aussi méfiant vis à vis de Degrelle mais on le laissait faire pour voir jusqu'où il irait et lui laissait une certaine latitude aussi. c'est vrai, aussi, que Degrelle avait certaines personnalités allemandes de son côté. Degrelle a également obtenu bcp choses dans ses diverses demandes.
pourquoi cette position envers Degrelle et non pour la France ?

quelles étaient les relations / postions entre Doriot et Darnand, Doriot et Pétain ?

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Re: Jacques Doriot

Message  Dan*. le Lun 08 Jan 2007, 6:49 pm


Parceque Hitler ne voulait pas de la France comme alliee potentielle. Pas confiance, trop mefiant, trop de mepris et de rancoeurs. Il fallait l'abbattre, ce qu'il a fait, et surtout l'empecher de se relever, ce qu'il a fait aussi (Merci Petain)

Exactement.
De même qu'il aurait pu engager une armée d'un million d'Ukrainiens et il ne l'a pas fait parce qu'il considérait ce peuple slave comme infèrieur, même si les français sont plus haut que les slaves dans son estime, il ne fallait pas devenir dépendant de la France battue.

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Re: Jacques Doriot

Message  Invité le Mer 10 Jan 2007, 4:15 am

Dan a écrit:Exactement.
De même qu'il aurait pu engager une armée d'un million d'Ukrainiens et il ne l'a pas fait parce qu'il considérait ce peuple slave comme infèrieur, même si les français sont plus haut que les slaves dans son estime, il ne fallait pas devenir dépendant de la France battue.
Et voila, Hitler encore qui decide, et de tout, dans ce Reich.
Et qui commet encore ce que certains appellent une "erreur strategique" alors qu'il ne fait que mettre en place sa politique nazie.

En effet, oui, Hitler aurait pu pousser en avant Doriot et transformer la France en Allie objectif, voire en membre de l'Axe comme l'Italie.

En effet, oui, Hitler aurait pu recruter un (Ou des ?) million(s) d'Ukrainiens, de Baltes, de Polonais, de Bielorusses et meme de Russes pour aller attaquer Staline aux cotes de la Wehrmacht.

Mais pour cela il aurait fallu qu'Hitler ne soit pas Nazi...

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Re: Jacques Doriot

Message  Invité le Mer 10 Jan 2007, 4:23 am

pegase001 a écrit:
pourquoi cette position envers Degrelle et non pour la France ?
Pour Hitler, Pays-Bas et Flandres etaient des pays "Aryens" qui pourraient etre integre au Reich apres la guerre. Donc des allies potentiels.

Quant a la Wallonie, c'est moins clair.
Le reve "Bourguignon" de Degrelle etait sans doute sympathique au Fuhrer dans la mesure ou sa mise en place ne ferait qu'affaiblir un peu plus la France en lui enlevant des territoires au Nord-Est. Mais, comme pour les Flamands, apres la guerre.

quelles étaient les relations / postions entre Doriot et Darnand, Doriot et Pétain ?
Darnand et Petain etaient au pouvoir (Enfin, sur le papier), Doriot etait un agitateur politique quasiment dans l'opposition malgre ses clameurs d'etre un "homme du Marechal".

La sympathie que Petain lui temoigne au debut va en diminuant tout au long de la guerre, les prises de position de Doriot s'eloignant de plus en plus de celles de Petain.

Ses relations etaient meilleures avec Darnand, le PPF ayant fourni des recrues a la Milice et ayant participe, aux cotes de la Milice, a la chasse aux Resistants et aux Juifs.

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Re: Jacques Doriot

Message  tietie007 le Mer 28 Fév 2007, 10:27 pm

Je suis juste en train de repotasser le Doriot de Jean Paul Brunet, Balland 1986, et il est vrai que le parcours du "grand Jacques" est assez hors du commun ! Il a manqué le secrétariat du PCF, au détriment de Thorez, pour un cheveu. Doriot avait en fait bien trop de personnalité pour plaire totalement au Komintern et à Staline, qui ont préféré le servile Thorez, qui obéissait au doigt et à l'oeil ! Mais comme tu le précises, Daniel, Doriot, membre du Komintern, avait été envoyé en mission en Chine, en 1927, et il eut le tort, de voir l'erreur monumentale d'un Staline qui préconisait l'alliance à tout prix entre le PCC et le Guomindang. Or c'est durant cette mission que Tchang va rompre l'alliance et massacrer les communistes ! Or, le Petit père des peuples n'aimait guère les militants qui avaient vu, de visu, ses erreurs ...Mais il est clair que l'opposition larvée, puis ouverte de Doriot, à la ligne classe contre classe ont scellé son sort !

Par contre, le PPF a sa création n'est pas antisémite. Il le deviendra par la suite, mais assez tardivement, notamment sous l'impulsion du PPF "Algérie", et surtout du départ de Bertrand de Jouvenel, d'origine juive, et de la mort d'un proche de Doriot, membre du Bureau Politique, d'origine juive, Alexandre Abremski, en 1939. De plus, nombre de bailleurs de fonds du PPF sont juifs, donc ...On peut dater l'antisémitisme du Parti, à partir de 1939, mais pas vraiment avant.
Il n'est ni antiparlementariste. Doriot va hésiter très longtemps sur le contenu à donner aux institutions. Il veut faire une réforme de l'Etat en renforçant l'exécutif, mais ne parle pas, au début, de dissoudre les chambres. Il se dira même jusqu'en 39, républicain, même si on peut douter de ses dires !
Par contre chose curieuse, le Bureau Politique qui est élu après le 1er Congrès du PPF, en novembre 1936, comprendra de nombreux communistes dont Henri Barbé, ancien secrétaire du PCF, en 1929, avec Thorez et Celor et qui sera victime d'une purge au début des années 30 avec son compère Celor. Le fameux principe des vases communicants ?


Il est vrai que 1938 et les accords de Munich furent funeste pour le Parti. Les contradictions de Doriot apparurent au grand jour. Comment se dire nationaliste et accepter cette reculade diplomatique qui renforçait l'allemagne ! Bertrand de Jouvenel, Pierre Pucheu, mirent l'accent sur ce paradoxe. De plus, le parti recevait des subsides de l'Italie fasciste, ce qui ne plaisait guère à un Pucheu. Comment peut-on se proclamer indépendant quand on est financé par l'étranger ...critique que Doriot faisait au PCF, le parti de Moscou, mais qu'il ne s'appliquait pas à lui-même !
Enfin, Paul Marion stigmatisa le mode de vie et la vie privée tourmentée du grand Jacques, qui passait sa vie dans les restos à s'empiffrer et à courir la gueuse, comportement incompatible avec un chef charismatique ! (critique un peu naïve, de grands chefs d'Etat ont eu des vies assez dissolues, selon la morale très chrétienne ...). Mais il est vrai qu'on était loin du Doriot communiste, habité par l'action politique, vivant comme un ascète, que Barbé qualifiait de "moine bolchevique" !
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Re: Jacques Doriot

Message  Invité le Ven 02 Mar 2007, 11:14 am

tietie007 a écrit:Par contre, le PPF a sa création n'est pas antisémite. Il le deviendra par la suite, mais assez tardivement
Mais se rattrapant tres bien de ce retard....
Affiche debut 44


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Re: Jacques Doriot

Message  tietie007 le Ven 02 Mar 2007, 11:20 am

Tout à fait ! C'était surtout pour souligner qu'à l'origine, le PPF avait un contenu assez général, mais qu'il n'était pas spécialement antisémite (en tout cas au niveau doctrinal, car il y avait beaucoup d'antisémite, notamment dans le PPF Algérie.) ni d'ailleurs anti-républicain (Doriot se proclame d'ailleurs républicain et ne parle pas de dissolution des chambres.).
C'est avec la défaite et la collaboration, que les options du PPF vont se radicaliser. La perspective de prendre le pouvoir (espoir rapidement déçu, avec l'échec du parti unique, dès fin août 40, mais aussi à cause de l'attitude des allemands qui soutiennent le gouvernement vichyste en place.) va calquer les options doriotistes sur un maréchalisme, au début, puis face à l'échec de cette stratégie, le grand Jacques va larguer les amarres et se lancer, à corps perdu, vers l'ultra-collaboration, étant, à la limite plus royaliste que le roi, c'est à dire se roulant dans la fange nazie.
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Re: Jacques Doriot

Message  Charles Delifox le Ven 23 Mar 2007, 6:56 pm

Je prends ce fil en cours de route.

Est on réellement certain que ce sont deux avions alliés qui ont mitraillé la voiture de Doriot en février 1945?

Il me semble que l'on a jamais pu retrouvé les carnets de vol de deux avions alliés dans le secteur...

Une polémique a circulé sur des avions allemands, mais alors si tel était le cas, pourquoi? Y a t'il eu confusion avec une voiture "alliée" ce qui semble peu probable ou était ce volontaire?

En outre, Daniel, les dernières actions de Doriot au mois de janvier et février 1945 semblent en effet empreintes d'audace et nous apparaissent dérisoires aujourd'hui parce que l'on connaît l'issue de la guerre, mais on peut avoir exactement la même approche pour De Gaulle en juin 1940 : Audacieux mais dérisoire...

Comme celà a marché pour le Général, celà aurait pu marcher pour Doriot qui croyait au possible renversement des alliances et aux armes nouvelles et qui restait surtout un homme d'action; il n'était pas dans son caractère d'attendre la fin de la geurre les bras croisés.

Comme quoi, il est toujours facile de "juger" l'histoire quand elle est écrite et que l'on en connaît l'issue. clin doeil gri

Cordialement.

Charles

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Re: Jacques Doriot

Message  Invité le Sam 24 Mar 2007, 9:15 am

Bonjour,

J'ai entendu parler de cette polemique sur le "qui".

L'erreur d'un pilote allemand n'est pas possible : La voiture de Doriot roulait trop loin du front pour pouvoir etre confondue avec un vehicule allie.

Mais si c'etait un assassinat, il fallait un mobile.
Je ne vois vraiment pas qui parmi les dirigeants allemands pouvait avoir interet a tuer Doriot, surtout a cette epoque ou les choses allaient tres mal et ou chaque allie du Reich, meme tout petit, etait precieux.

Quant aux adversaires politiques de Doriot au sein des Francais de Siegmaringen, ils n'avaient pas acces a la Luftwaffe pour monter le traquenard.

Je pense donc qu'il s'agit d'une legende d'autant plus qu'elle permettrait, si averee, de "dedouaner" un peu Doriot vis-a-vis de son engagement aux cotes des nazis : Si ce sont des avions allemands qui l'ont tue, c'est qu'il n'etait pas si pro-nazi que ca...

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Re: Jacques Doriot

Message  Charles Delifox le Sam 24 Mar 2007, 12:21 pm

Bonjour Daniel,

La question me semble plus complexe qu'il n'y paraît à première vue.

Tout d'abord, l'assassinat de Doriot par les allemands n'aurait pas suffit à dédouaner ce dernier de son engagement pendant la guerre, l'assassinat de Deloncle en 1944 en est un exemple.

Ensuite, il convient de retracer les derniers événement précédant le 22 février 1945.

Le 6 janvier 1945, Doriot crée le "Comité de Libération" ouvert à tous français antigaulliste et anticommuniste.

Par ce comité Doriot veut se placer en Chef reconnu des Fraçais pro-allemands un peu comme Degrelle en Belgique.

Ses rivaux, Déat, Bucard, Darnand et Fernand de Brinon sont plus ou moins prêts à s'y rallier; Laval estime d'ailleurs que Doriot est le seul français capable de prendre le pouvoir en France en cas de retournement de la situation (Dieter Wolf, Doriot) .

C'est donc le 22 février 1945, après avoir été tendre la main à Déat et Darnand que la voiture de Doriot est mitraillée près de Mengen par deux avions volant en rase mottes, sa voiture est une mercedes à gazogène portant un grand drapeau tricolore peint à l'arrière.

Doriot est presque tué sur le coups, son chauffeur est grièvement blessé, sa secrétaire, Madame Normand, femme d'un ancien de la LVF est indemne.

Sources: -Partis et Mouvements de la Collaboration par Lambert et Le Marec
- Histoire de la collaboration par Venner


Je suis d'accord avec Daniel sur un point, je ne vois pas le mobile des allemands mais celà ne veut pas pour autant dire que ce n'est pas eux; je préfère m'en tenir aux faits avérés plutôt que " de penser qu'il s'agit d'une légende." clin doeil gri

Car des questions restent non élucidées:

Pourquoi n'a t'il pas été possible d'identifier clairement ces deux avions, surtout si il s'agit d'avions alliés dont les carnets de vol justifiant leur présence dans le secteur au mois de février 1945 sont accessibles?
Aucun pilote allié n'a renvendiqué ce mitraillage.
Pourquoi le témoignage de sa secrétaire n'est il pas connu? Pourquoi les photos de l'épave de la Mercedes avec les impacts de balles n'ont pas été examinées?... Ces photos auraient pu indiquer le type d'avions.

On ne peut donc conclure fermement qu'il s'agit d'une légende, même si il paraît probable que ce soit bien deux chasseurs alliés "en goguette" à l'origine du mitraillage, un peu comme la mitraillage de la voiture de Rommel près de Livarot à l'été 44.

Je ne suis pas sûr d'avoir fait avancer le "schmilblik" mais peut être que quelqu'un aura d'autres éléments à nous communiquer.

Cordialement.

Charles

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Re: Jacques Doriot

Message  Invité le Sam 24 Mar 2007, 1:12 pm

Charles Delifox a écrit:
C'est donc le 22 février 1945, après avoir été tendre la main à Déat et Darnand que la voiture de Doriot est mitraillée près de Mengen par deux avions volant en rase mottes, sa voiture est une mercedes à gazogène portant un grand drapeau tricolore peint à l'arrière.
Euh, apres ou avant ?
Dans son "Histoire de la Collaboration", Dominique Venner, que l'on ne soupconnera pas de sympathie communistes ou gaullistes, nous dit, a la page 498, que "Le 22 fevrier 1945, rendez-vous est prit avec Darnand et Deat pour convenir de leur participation au Comite de Liberation. Pres de Mengen, deux avions vraisemblablement britanniques..."

Il prends meme le soin, en note en bas de page, de nous preciser :
"Dans sa biographie {De Doriot, note de Daniel} Jean-Paul Brunet a fait justice des romans edifies ulterierement au sujet d'un "mystere" de la mort de Doriot".

C'etait la guerre, Charles, en phase terminale. Ce qu'il restait des infrastructures administratives du Reich avait bien d'autres choses plus urgentes a faire que d'aller autopsier un vehicule mitraille, soyons raisonnables.

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Re: Jacques Doriot

Message  Charles Delifox le Sam 24 Mar 2007, 5:20 pm

Oui et non Daniel, on connaît la minutie de l'organisation allemande même dans les derniers jours de la guerre... celà ne veut donc rien dire, surtout si les avions étaient allemands oui gri

Par ailleurs Lambert et Le Marec, dans le livre précité ont un avis mitigé sur la question en l'absence de preuve formelle, Venner également, ce dernier estime qu'il s'agit en effet vraisemblablement d'avions britanniques., pourquoi ne pas utiliser le termes allié alors, ce pourrait tout aussi bien être des avions américains. yeu gri .

Enfin et pour polémiquer, (je sais que Daniel adore çà) mort de rir gri , supposons que les allemands aient d'autres chats à fouetter fin février 1945 que de savoir qui a tué Doriot, pourquoi alors le témoignage de la secrétaire de ce dernier n'a jamais pu être connu? Qu'est devenu son chauffeur?

Pour ma part, j'aime bien qu'un problème soit résolu avec des preuves certaines et non sur de simples suppositions plus ou moins bien fondées; dans ce cas, on ne classe pas le sujet et on conclut comme Venner le fait en indiquant vraisemblablement... p24

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Re: Jacques Doriot

Message  Invité le Dim 25 Mar 2007, 6:48 am

Charles Delifox a écrit:Enfin et pour polémiquer, (je sais que Daniel adore çà) mort de rir gri
Ca depends avec qui. Je n'aime pas les foires d'empoigne...
beret
Il y a sur Wiki un article pas mal au sujet de Doriot qui conclu :
Ce 22 février, Doriot, son chauffeur et une secrétaire du Comité prirent place dans la voiture du conseiller d'ambassade Struve, le véhicule personnel de Doriot étant en panne. À quelques centaines de mètres de Mengen, la voiture fut attaquée en piqué par deux avions inconnus. Doriot, déjà atteint par une première rafale, tenta de quitter le véhicule, mais pas assez rapidement pour qu'une seconde rafale ne le frappât mortellement cette fois. Prévenus par la secrétaire miraculeusement indemne, Déat et le fidèle lieutenant de Doriot, Marcel Marshall, arrivèrent sur les lieux et ne purent que constater le décès.

Malgré de nombreuses spéculations, l'appartenance des avions (forces alliées ou éléments de la Gestapo ayant résolu de se débarrasser d'un activiste jugé dangereux) est aujourd'hui encore inconnue.
Bon.
Inconnue.
Les nombreux contributeurs de Wiki qui ont participe a la redaction renvoient donc dos a dos les "avionneurs anglois" et les "avionneurs teutons"...

Par contre, cet article precise que le vehicule n'etait pas celui de Doriot, en panne, mais la voiture d'un diplomate allemand, donc une voiture allemande, ce qui elimine l'hypothese du "dommage collateral" d'un pilote allemand enduit dans de l'erreur a l'insu de son plein gre.

Donc, si ne sont pas des avions allies, c'est un assassinat delibere. Pourquoi ? C'est la ou cette hypothese peche a mon avis.

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Re: Jacques Doriot

Message  tietie007 le Dim 25 Mar 2007, 9:00 am

Au vu de la pagaille ambiante en Allemagne, je vois mal les allemands assassiner Doriot, un de leur rare allié ...Et puis la méthode d'assassinat, par des avions, serait assez curieuse car complexe et peu fiable. Je ne pense pas que ça aurait gêné les allemands, si ils avaient eu envie de buter Doriot, d'utiliser une méthode plus simple et plus expéditive !
Mais la thèse de l'assassinat par les teutons pêche, en effet, par l'absence totale d'un mobile rationnel !
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Re: Jacques Doriot

Message  Invité le Dim 25 Mar 2007, 11:09 am

tietie007 a écrit:Je ne pense pas que ça aurait gêné les allemands, si ils avaient eu envie de buter Doriot, d'utiliser une méthode plus simple et plus expéditive !
Arf, l'argument qui tue et je n'y avais pas pense !

Bien sur, un petit commando gestapo, on descend les 3 passagers, pas de temoins, on fait passer la voiture sur une mine, et hop le tour est joue.
Et ca, pour le cas ou ce ne soit pas les Allemands mais des adversaires francais de Doriot qui voulaient s'en debaraser, etait accessible aux gens de Siegmaringen, alors que la Luftwaffe ne l'etait pas.

Rends toi, Charles, tu es fais aux pattes !
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Re: Jacques Doriot

Message  Charles Delifox le Dim 25 Mar 2007, 12:20 pm

Eh là, il n'est pas question de se rendre si vite, ce n'est pas moi personnellement qui ait posé la question de l'énigme de la mort de Doriot mais un certain nombre d'auteurs et d'historiens, dont ceux précités...

Maintenant on peut en effet conclure au vu des présomptions et indices du dossier que les allemands n'avaient pas ou peu de mobiles, que c'était insensé d'envoyer deux avions teutons pour mitrailler une voiture dans la campagne, etc, etc... mais en tout état de cause la seule certitude que nous avons aujourd'hui c'est seulement que Doriot est mort mitraillé par des avions... rien de plus, le reste n'étant pas certifié, je n'aime pas les conclusions hâtives avec des "si" ou des "compte tenu de".

Enfin pour étayer la thèse de l'imbroglio, les dires de wiki sont contredits par Lambert et Lemarec en ce qui concerne la voiture, ou inversement...

S'agit il de la voiture de Doriot avec un drapeau français peint à l'arrière(Lambert et le marec) ou celle du conseiller d'ambassade allemand donc en théorie sans drapeau... pourquoi les avis sur un point semblant simple à priori divergent ils?... Celà me conforte dans le fait qu'il convient d'éviter les conclusions rapides.

Je n'essaye en aucun cas d'affirmer une version mais seulement je souhaitais savoir si cette énigme soulevée il y a lontemps avait évoluée avec la connaissance de nouvelles sources certifiées.

Celà ne semble pas être le cas, j'ai donc l'impression que ce fil n'avancera pas plus sur ce sujet...

Cordialement.

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Re: Jacques Doriot

Message  Invité le Dim 25 Mar 2007, 1:23 pm

Charles Delifox a écrit:Celà ne semble pas être le cas, j'ai donc l'impression que ce fil n'avancera pas plus sur ce sujet...
A mon grand regret...
Mais, effectivement, des mysteres demeurent, qui a priori ne seront jamais eclairci, d'ou le fait qu'il ne nous reste ques des analyses a partir de ce dont nous disposons, a savoir pas grand chose.

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Re: Jacques Doriot

Message  tietie007 le Dim 25 Mar 2007, 2:08 pm

Quelques précisions à partir du livre de Jean-Paul Brunet, Doriot, Editions Balland, 1986 p.483-488.



Le 4 novembre 1944, au cours du troisième entretien qu'il a avec Ribbentrop, celui-ci conseille à Doriot de lancer un "Comité français de Libération".
Vers la fin de décembre 44, aidé par les la complicité des allemands, le PPF réussit à noyauter les services de propagande de Sigmaringen et à placer des partisans sûrs aux postes clés. De Brinon et Darnand étaient prêts à suivre Doriot, mais Déat, freinait des 4 fers pour éviter que le grand Jacques annexe la représentation française auprès des allemands.
Le 6 janvier 1945, à Radio Patrie, Doriot annonça la création du Comité de la Libération française. (*Il faut dire qu'à cette époque, Doriot est totalement déconnecté des réalités, ayant largué toutes les amarres avec le réel, privilégiant la fuite en avant.)
Parmi les textes de propagande les plus étonnants qui illustrent son état d'esprit, figure l'appel que lança Doriot aux chefs de la 1re armée française, sur les ondes de "Radio Patrie" et que Le Petit Parisien reproduisit le 26 janvier :

"Ma conviction profonde est que vous vous trompez. La France n'est pas menacée ni territorialement in impérialement par l'Allemagne nationale-socialiste (...)Vous ne le croyez pas encore, c'est pourquoi nous ne sommes pas du même côté de la barricade (...) A part le général de Gaulle, séduit par le bolchomoscovisme [!], vous n'êtes pas des communistes. Vous ne le serez jamais."
Doriot appelait après, les généraux Leclerc, de Lattre de Tassigny, Koenig et leurs compagnons, à se rebeller contre les communistes et contre de Gaulle. (*après son exclusion du PCF, en 34, la haine anti-bolchevique de Doriot, son désir de vengeance, sera l'aiguillon de son action et de son ultra-collaboration !).

Le 22 février 45, Le Petit Parisien annonça en gros titres :
"L'unité révolutionnaire se réalise, un entretien avec Jacques Doriot, président du Comité de la Libération Française, qui fait un premier bilan des adhésions à ce Comité.
Le journal donne une liste du premier bilan des adhésions :
- De Brinon, le général Puaud (commandant de la Brigade SS Charlemagne, Olier Mordel (chef des nationalistes bretons), Mgr Mayol de Luppé et bien d'autres membres du PPF. Seuls Déat et Darnand résistaient à l'appel doriotiste.
C'est avec l'objectif de rallier les deux hommes à son Comité, que ce 22 février 45, Doriot devait se rendre à Sigmaringen pour les rencontrer.
Dortiot ne put utiliser sa Citroën personnelle, par manque d'essence, et dut emprunter la Mercedes gazogène du conseiller d'ambassade Struve. Il l'installa à l'avant, aux côtés du chauffeur allemand ; à l'arrière avait pris place une femme, que certains récits présentent comme une secrétaire de Doriot, d'autres comme une secrétaire du Comité de Libération.
Vers 9h 30, les sirènes de Constance avaient sonné une alerte aérienne, comme tous les jours. "Depuis une semaine, écrit Jean Hérold-Paquis, l'aviation alliée rôdait, mitraillant, bombardant."
Doriot partit vers 11h 15. Des paysans firent signe que des avions tournoyaient au-dessus du pays. Comme un aérodrome de la Luftwaffe se trouvait à proximité, le chauffeur crut qu'il s'agissait d'avions allemands et poursuivit sa route. C'est à quelques centaines de mètres de Mengen que la voiture fut brusquement attaquée.

Brunet ne précise pas explicitement la nationalité des avions, l'information est implicite. Mais les derniers mois de Doriot prouve bien que les allemands avaient décidé de parier sur lui, ce qui exclue, de fait, la culpabilité des teutons dans la mort de Doriot. Le seul qui s'opposait à Doriot, c'est l'intellectuel Déat, qui n'avait pas la carrure, ni la passion, d'organiser une mise à mort si complexe pour éliminer son rival !
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Re: Jacques Doriot

Message  Charles Delifox le Dim 25 Mar 2007, 8:24 pm

Merci Tietie pour ces éclaircissements.

Charles.

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Re: Jacques Doriot

Message  Phil642 le Dim 08 Mar 2015, 11:02 am

Comment devient-on fasciste ?

Ouvrier métallurgiste et ancien dirigeant communiste, Jacques Doriot fonde en juin 1936 le Parti populaire français. Affirmant combattre tant le communisme que le capitalisme, tant Joseph Staline qu’Adolf Hitler, il finit parmi les ultras de la collaboration. Cette dérive d’un fasciste à la française passe néanmoins par quelques chemins inattendus.

par Laurent Kestel, décembre 2014

Grande apparaît la tentation de reconstruire le parcours de Jacques Doriot (1898-1945) à l’aune de son issue, en cherchant une constance dans une somme d’inconstances et une logique derrière un cheminement idéologique. Outre l’explication psychologisante de l’appétit du pouvoir, de l’ambition déçue et du ressentiment à l’égard du Parti communiste français (PCF) — qui ne permet en rien de comprendre, par exemple, la place de Doriot dans le champ politique —, un autre écueil consisterait à vouloir faire graviter sa conversion dans la sphère éthérée des idées pures.

A l’aube des années 1930, Doriot est l’une des figures communistes les plus en vue. La presse s’est vite intéressée à ce « moscoutaire », élu député à 26 ans, qui excelle aussi bien dans les joutes oratoires que dans les combats de rue. Il s’est particulièrement illustré dans les luttes anticolonialistes, notamment à l’occasion de la guerre du Rif (1), et en est sorti auréolé, siégeant dans les hautes instances du parti et même de la IIIe Internationale (2).

Les luttes de pouvoir finissent toutefois par institutionnaliser le révolutionnaire et par le familiariser avec le calcul politique. Lorsque Moscou lui préfère Maurice Thorez à la direction du parti, en 1930, celui que la presse dépeint en bolchevik au couteau entre les dents est en passe de faire son entrée au sein de l’élite politique de la IIIe République : c’est un député-maire bien ancré dans son territoire. Il est réélu à Saint-Denis (3) dès le premier tour des élections législatives de 1932, alors que le PCF essuie dans le pays une défaite cuisante. Cette assise lui permet d’affirmer ses réticences puis son opposition aux orientations portées par Thorez, en particulier la ligne « classe contre classe » qui fait des socialistes des agents du « social-fascisme ». Doriot milite en faveur d’alliances au sommet avec les socialistes contre la menace fasciste, ce qui lui vaut d’être condamné à plusieurs reprises pour opportunisme.

Au soir des émeutes du 6 février 1934 (4), cependant, une telle proposition rencontre un écho inespéré. Dans le flot des mobilisations politiques et syndicales, Doriot crée à Saint-Denis un comité de vigilance antifasciste réunissant des socialistes, des communistes ainsi que des membres de la Confédération générale du travail (CGT) et de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU, communiste). Il tente un coup de force en démissionnant de son mandat de maire afin de faire trancher par le peuple le différend qui l’oppose à la direction du PCF. Il frôle le plébiscite, avec plus de 75 % des voix. Mais qu’importe le jugement des urnes : il est exclu le 27 juin. Un mois plus tard, Thorez, qui n’avait cessé de dénoncer la « trahison » de Doriot et le « vomissement social-démocrate », signe avec les socialistes le pacte d’unité d’action qui met fin à la guerre fratricide entre socialistes et communistes, jetant les bases du Front populaire…

Lire la suite sur la Monde Diplomatique: http://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/KESTEL/51049
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Re: Jacques Doriot

Message  tietie007 le Dim 08 Mar 2015, 11:21 am

Doriot ne fut pas une exception par ce passage du PCF au fascisme. 80 % du bureau politique du PPF, en 1936 étaient d'anciens communistes comme Henri Barbé, Paul Marion, ou Victor Barthélémy (futur fondateur du FN en 1972 avec Le Pen). Entre les deux extrêmes, il y a beaucoup de points communs, comme la haine du parlementarisme ou du capitalisme libéral et les distinctions se font sur les principes universalistes contre les particularismes nationaux.
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