Under the wire par William Ash

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Under the wire par William Ash

Message  Ming le Mar 16 Sep 2008, 12:44 pm

Ou "Sous les barbelés" si vous préférez. C'est un petit pavé de 400 et quelques pages qui raconte la vie d'un pilote de la RAF inconnu entre 1941 et 1945, sauf de ceux qui ont connu ou participé à la grande évasion.
William Ash, l'auteur, est un texan qui a connu la grande dépression. En 1940, comme certains de ses camarades américains, il sacrifie sa nationalité américaine en franchissant la frontière canadienne pour s'engager dans la RCAF (Royal Canadian Air Force) pour ensuite s'engager dans la RAF et combattre adolf, aux commandes d'un Spitfire. Après s'être entraîné au Canada sur Fairey Battle, le voilà intégré au sein du Squadron 411 ou en autre il fait la connaissance de Don Blakeslee, futur as de l'US Air Force -avant que les américains de la RAF ne soient pour la plupart d'entre eux regroupés au sein de la 8AF-.
Il ne participe pas à la Bataille d'Angleterre mais connait l'année terrible de la RAF à savoir 1941, lorsque la Grande-Bretagne se retrouve seule face aux nazis, que les Usa ne sont pas encore entrés en guerre. Il participe au "Channel Dash" contre les cuirassés allemands, s'en sort à peu près proprement jusqu'à un certain jour de mars 1942 ou il a le malheur de se faire descendre par le futur chef d'escadrille de la JG 26 -en fait celui qui a remplacé Galland- Gerhard Schöpfel, qui sera lui-même descendu en août 1944.
Ash ne se fait pas capturer. Il a l'instinct d'évasion, et pendant près de trois jours se planque dans une espèce de fosse à purin qui lui épargne provisoirement un long séjour dans un stalag. Affamé, il finit par toquer à la porte d'un bar restaurant dans le nord, à proximité de Calais, ou il est hébergé pour une grosse semaine alors que les allemands le cherchent partout. Pris en main par la résistance puis par une filière d'évasion, on l'emmène par le train à Paris ou il séjourne 3 semaines en sortant de temps à autres de sa planque, ce qui fait de lui un des rares officiers alliés à avoir pu contempler Paris occupé.

Seulement voilà, ici intervient un britannique, un certain "capitaine" Harold Cole, en fait un ex sous officier qui a échappé à la capture dans la poche de Dunkerque, devenu agent de la gestapo. Cole -très connu pour avoir fait d'immenses dégats dans différentes filières d'évasion, dont celle qu'emprunta Ash, à savoir la filière Pat O'Leary- vend aux nazis le couple qui l'héberge. Ash pour sa part à la malchance de ne pas être immédiatement transféré à la Luftwaffe -qui s'occupe de l'internement des aviateurs alliés- et est de ce fait soumis à une série d'interrogatoires par la gestapo. Battu nuit et jour, on lui fait croire qu'il va être exécuté à moins qu'il ne vende le nom des personnes qui l'ont caché. Seulement voilà, Ash a eu un minimum de contacts avec eux -sécurité oblige- et d'autre part il n'a aucunement l'intention de dire quoi que ce soit. Pendant plusieurs semaines, rien ne lui sera épargné, ni les coups, ni la faim, ni la soif et encore moins l'absence de soins.

Il finit par être récupéré plus mort que vif par la Luftwaffe -il ne peut marcher suite aux bastonnades qu'il a reçues- et se voit envoyé à Sagan, au Stalag III, lieu même de la grande évasion. Il y retrouve Douglas Bader -avant qu'il ne soit expédié à Colditz- Bob Tuck et beaucoup d'autres pilotes de la RAF, connus et moins connus. Ash multiplie les tentatives d'évasion sous toutes leurs formes, en creusant des tunnels, en profitant de la moindre occasion qui lui est offerte pour essayer de s'échapper. De fil en aiguille, fréquemment repris, il finit par devenir un "cooler king" -un roi du frigo, autrement dit un champion du mitard-. C'en est à ce point qu'il est de façon certaine un des personnages qui a inspiré le rôle de Steve Mac Queen (Hilts) pour la superproduction holywoodienne.

Après avoir échangé son identité avec celle d'un flight sergeant en escaladant un réseau de barbelés, le voilà transféré. Il devient un des aviateurs à avoir participé au premier long tunnel d'évasion à Schubin à l'Oflag XXI B en Pologne -plus de 100 m, longueur qui sera battue à Sagan- avant d'être réexpédié à Sagan en 1943. S'il ne participe pas directement à la grande évasion -Sagan héberge alors plus de 10 000 aviateurs et s'est considérablement étendu par rapport à l'origine, ce qui fait qu'il n'est pas réintégré avec ses camarades d'origine- il connait nombre de participants à l'évasion dont Roger Bushell ou encore Tom Kirby-Green, ces deux pilotes étant des légendes à eux tout seuls.

Il rencontre également un autre très grand prisonnier de guerre, George Grimson. Pour Grimson, sa maîtrise de la langue allemande et son culot sont tels que lors d'un transfert ce dernier se fait passer pour un agent de la gestapo censé surveiller les prisonniers avant d'effectuer une tentative d'évasion. Grimson rate son coup mais remet ça. Grimson réussit à s'évader en Pologne, prend contact avec l'AK (résistance polonaise) et mène une guerre personnelle contre les nazis à lui tout seul avant de disparaître dans des circonstances non élucidées, probablement assassiné par la gestapo lors de l'effondrement du réseau dans lequel il poursuivait la lutte en Europe occupée, après avoir assuré le retour en Grande-Bretagne d'au moins un aviateur évadé.

Ash apprend l'assassinat des 50 évadés de Sagan, exécutés froidement un par un par la gestapo lors de leur (re)capture. Les règles du jeu changent et l'administration du camp passe sous le contrôle des SS, qui avertissent les prisonniers que toute tentative d'évasion se solderait par une exécution immédiate. Les tunnels se font évidemment plus rares, notre pilote assistera à la fin de la guerre d'abord sous la forme d'une longue marche forcée pour empêcher les prisonniers d'être libérés par l'avance russe. Au cours de cette marche, il attrappe la jaunisse et c'est avec peine qu'il réussit à rejoindre un corps blindé britannique -le voilà libre-.

Que conclure ? C'est un des meilleurs livres relatifs aux prisonniers de guerre que je n'ai jamais lu jusqu'alors. Il est certes en anglais mais écrit de manière simple -ce qui le met à la portée de n'importe qui parlant la langue de Shakespeare-, il a surtout le très grand avantage de fourmiller d'anecdotes marrantes et dramatiques qui vous font plonger dans ce que c'était d'une manière réelle, comme si vous le viviez.

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