Le IIIe Reich et les Femmes...

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Le IIIe Reich et les Femmes...

Message  eddy marz le Ven 16 Jan 2009, 3:53 pm

Bonjour à tous ;
J’ai l’impression que mis à part un article ou deux sur les BDM ou les Aufseherinnen, la question de la situation des femmes sous le IIIe Reich n’a pas été réellement abordée. Comme toujours, je ne prétends pas faire le tour de la question – très loin de là, car le sujet est dense, complexe, et touffu – mais plutôt proposer une sorte d’état des lieux ; nous pourrons, si vous le souhaitez, aborder tous les aspects spécifiques par la suite. Comme d’habitude, la liste des sources se trouve en fin d’article…

Communauté militante exclusivement masculine, composée d’individus habités d’une pensée unique, le NSDAP ne réserve aucune place pour les femmes dans ses rangs. Dès sa création, le Parti affiche explicitement cette position par un choix délibéré : lors du tout premier rassemblement général des membres du NSDAP, début 1921, une résolution est votée prévoyant « qu’aucune femme ne peut être admise à la direction du Parti ni dans le comité administrateur » (cité par Franz Willing, Die Hitlerbewegung ; voir également Alfred Rosenberg, Der Mythus des 20 Jahrhunderts).

Ce concept d’une élite mâle, méticuleusement sélectionnée et hiérarchisée (très en vogue dans la SA et la SS), d’une admiration extasiée pour « l’indomptable leader », « l’ami héroïque » ou le « camarade qui se sacrifie », d’une fraternité virile, peut sans doute renvoyer à d’obscures pulsions homosexuelles. En tout cas, malgré les dénégations et déclarations rassurantes des hautes instances du Parti, cette misogynie demeurera un puissant facteur de base, différenciant le NSDAP de tout autre parti politique. Pour l’homme National Socialiste, « l’expérience au front » (1914-18), les années passées au sein des Freikorps ou des groupes militants des grandes agglomérations, gardent le parfum d’une société profondément masculine ; et les amitiés – Kameradschaft – contractées durant les « années de lutte » ne feront que renforcer cette exclusivité.

Cependant, pour décrypter cette idéologie, il convient de dépasser les simples considérations de « pouvoir », et d’examiner l’attitude ambiguë du Führer envers le sexe opposé. Hitler admit qu’en raison de l’importance décisive des femmes lors des élections, il ne pouvait se permettre le luxe de se marier. Un des éléments déterminant de cette attitude particulière réside indubitablement dans son apparente froideur émotionnelle, ainsi que dans son incapacité chronique à établir de vraies relations humaines. D’après plusieurs témoins de son entourage proche, sa peur viscérale de toute attitude humaine spontanée impliquait également une crainte constante d’avoir à entrer en conversation avec une femme. Mais, en réalité, tout ceci n’est que spéculation…

C’est certainement dans Mein Kampf que se trouvent – involontairement – les éléments les plus révélateurs de l’attitude pathologique d’Hitler envers les femmes. L’insupportable chapitre consacré à la syphilis, dans lequel il décrit un répugnant cauchemar récurrent et obsessionnel (par la suite largement exploité par Julius Streicher dans ses publications) est suffisamment éloquent : Dans le rêve, une femme Allemande enchaînée est molestée par un boucher Juif à cheveux noirs tandis que lui, Adolf, inhibé et lâche, s’enfuit, abandonnant la « jouvencelle » à son sort. Peut-être la Weltanschauung de Hitler fut elle une sorte de rationalisation de sa haine, et du besoin de vengeance éveillé par ce fantasme humiliant. En effet, le cadre idéologique dans lequel il tente ensuite d’emprisonner les femmes contient des éléments de cette vision ; jamais corrigés ou adoucis par l’expérience d’une relation sexuelle normale…

Si Hitler, l’agitateur de brasseries, accède à une tribune politique grâce à une aide sociale et financière considérable, en revanche c’est au culte qui se développe autour de sa personne qu’il doit sa fulgurante ascension. La vénération immodérée de la communauté masculine y est bien sûr pour quelque chose, mais le ton surexcité, quasiment hystérique, qui se propage rapidement est issu, d’abord, de l’émotivité excessive de femmes d’un certain âge, donnant libre cours, lors des impressionnantes liturgies nocturnes du Parti, à leurs pulsions réprimées. Longtemps avant qu’un article du Munchener Post, daté d’avril 1923, ne déclare que « les femmes sont éprises d’Hitler » (Franz-Willing, Georg. Die Hitlerbewegung Hamburg & Berlin, 1962)), la Comtesse Reventlow l’affuble du titre de « Messie » (Görlitz, W. & Quint, H.A. Adolf Hitler ; Eine Biographie Stuttgart, 1952). De la même façon qu’une adroite mise en scène transforme les rallyes politiques en manifestations hysterico-instinctives, Hitler se transforme, d’un orateur, en une idole devant laquelle la petite bourgeoisie fusionne pour s’abandonner à une débauche collective, guettant l’instant de libération, lorsque les hurlements de la foule déchaînée affirmeront la
« jouissance » de ces liturgies… Le rôle de l’érotisme dans la propagande de masse n’a probablement jamais été aussi bien documenté. Le Führer est d’ailleurs le premier à reconnaître avoir « systématiquement adapté » ses discours « au goût des femmes qui, depuis le début, comptent parmi ses plus fervents admirateurs » (Albert Zoller. Hitler privat – Düsseldorf, 1949).

Que l’on tienne la politique, ou l’attitude personnelle d’Hitler, responsables de cet érotisme de masse, dans les deux cas, la femme est traitée comme un objet, et ses qualités spécifiquement féminines sont visées et évaluées uniquement dans le but de la rendre plus susceptible à une manipulation psychologique. L’affirmation selon laquelle le National Socialisme résoudrait la question de l’émancipation des femmes fut basée sur la notion que la position incertaine des femmes dans une société moderne est le fruit d’une
« conception libérale » de l’égalité des sexes. Dès que les différences naturelles entre hommes et femmes seraient rétablies, tous les problèmes « artificiellement créés par un intellectualisme dépravé du plus bas niveau » se videraient de leur sens.

« En réalité, l’octroi de soit disants droits égaux aux femmes, exigés par le Marxisme, ne confère pas de droits égaux du tout, mais constitue une privation de ces droits, puisqu’il attire la femme dans une zone où elle ne peut être qu’inférieure. Il place la femme dans des situations qui ne peuvent renforcer sa position – vis-à-vis des hommes et de la société – mais uniquement l’affaiblir ».
- Adolf Hitler – Discours au « Congrès des Femmes Nationale Socialistes » ; publié dans le Völkischer Beobachter, 15 septembre 1935 (Wiener Library)

« Ne devenez jamais des Dames, demeurez des filles et des femmes Allemandes ! »
- Julius Streicher, publiciste et éditeur – exécuté à Nuremberg


La femme Allemande idéale; génitrice du "Nouveau Peuple" (Bundesarchiv)

En 1933, une journaliste anglaise du Daily Mail se rend à Heilingendamm pour y interviewer Magda Goebbels, la « Femme Allemande Idéale ». Frau Goebbels raconte à la journaliste que les descriptions anglaises de la situation de la femme en Allemagne sont grandement exagérées : « Les femmes Allemandes ont été exclues de trois professions : l’armée, comme partout dans le monde ; le gouvernement ; et la magistrature. Si la fille Allemande doit choisir entre mariage ou carrière, elle sera toujours encouragée à se marier, car c’est ce qu’il y a de mieux pour une femme » (cf. Vossische Zeitung, 6 juillet 1933 – Wiener Library Clipping Collection). Le Ministère de la Propagande s’ingénie à faire accorder aux femmes la même place d’honneur que le « combattant » puisque, elles aussi, risquent leurs vies et leurs corps au service de la Mère Patrie. Lors de la célébration de la « Journée de la Mère Allemande » de 1939, trois millions de mères sont décorées de badges d’honneur par les hautes instances du NSDAP.

Il convient naturellement que les femmes adoptent un comportement exemplaire. En 1933, le NSBO (National Sozialistischer Betriebs Obman – organe du Front du Travail ouvert aux femmes) annonce que les femmes « peinturlurées et poudrées seront interdites à toute réunion du NSBO. Les femmes qui fument en public – dans les hôtels, dans les cafés, dans la rue et ainsi de suite – seront exclues du NSBO » (cf. Frankfurter Zeitung, 11 août 1933 – Wiener Library Clipping Collection). À travers des organisations comme Glaube und Schönheit (« Foi & Beauté »), des plans sont établis pour créer des communautés de travail centrées sur la gymnastique, le travail manuel, le folklore, les Affaires Étrangères, les jeux, la musique etc. Les groupes se réunissent une fois par semaine et sont souvent dévoués aux discussions culturelles et « psychologiques » (structure et développement du
« Soi » etc.). Les « Five o’ clock teas », « prétexte à des conversations consternantes avec son doigt en l’air et son petit biscuit » sont évidemment à proscrire ; tout comme les thés dansant où, au rythme de musiques nègres (le Jazz), les vertueuses femmes allemandes sont contrainte d’adopter des poses érotiques inconvenantes…

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Re: Le IIIe Reich et les Femmes...

Message  eddy marz le Ven 16 Jan 2009, 4:05 pm

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D’après Alfred Rosenberg, « idéologue » du Parti, les femmes pensent « lyriquement », et non « systématiquement » ; ce sont de grands enfants… Du point de vue strictement nazi, la femme est la gardienne de la tribu et de l’héritage biologique ; la garante de la pureté de la fontaine de la race, des vertus domestiques et de la moralité. Quel rôle peut donc lui être attribué ? Mis à part leur rôle suprême de génitrices de la « Race des seigneurs », les femmes représentent également une valeur électorale et une force de travail non négligeables. Elles doivent donc participer activement à la réalisation des objectifs raciaux, sociaux, et militaires du Reich Millénaire ; une participation nécessitant une formation encadrée. Aussi, faut-il un leader…

Âgée d’à peine 18 ans, Gertrud Scholtz-Klink (1902-1999 – née Treusch) est une nazie fervente. Membre du NSDAP, elle épouse un ouvrier, et accouchera de six enfants avant le décès de ce dernier. Aux yeux des cadres NSDAP, le martyre du mari et le physique « germanique » de l’épouse font de Gertrud la candidate idéale pour le poste de Reichsfrauenführerin (Leader des Femmes du Reich) de la section berlinoise du Parti. Elle accède au poste en 1929 et, en 1932, épouse Günther Scholtz, un médecin campagne. Lorsque Hitler prend le pouvoir, en 1933, elle est confirmée dans son rôle de Reichsfrauenführerin et Cheftaine de la Ligue des Femmes Nazies.


Gertrud Scholtz-Klink (Bundesarchiv)

Plutôt bonne oratrice, Gertrud se voit chargée de promouvoir la « Supériorité Masculine » et l’importance de procréer. Elle affirme que la mission de la femme est de gérer le foyer, et de servir les besoins de l’homme du début à la fin de son existence… En juillet 1936, elle devient chef du Bureau des Femmes pour le Front Allemand du Travail, dont l’objectif est de persuader les femmes allemandes d’œuvrer pour le bien du Reich millénaire. Étant elle-même une femme, Gertrud Scholtz-Klink n’est pas conviée aux réunions les plus importantes ; elle est plutôt considérée comme une figure de proue. Elle a tout de même une grande influence sur les femmes membres du NSDAP, au moins tout autant qu’Hitler a sur les autres.


Gertrud Scholtz-Klink (source: DHM - Berlin)

En 1938, elle déclare que la femme allemande doit travailler et travailler, physiquement et mentalement, et doit renoncer au luxe et au plaisir, bien qu’elle-même jouisse d’une existence matérielle plutôt confortable. La même année, elle divorce, et se remarie deux ans plus tard avec l’Obergruppenführer SS August Heissmeyer. Remplaçant Theodor Eicke au poste d’Inspecteur Général de la SS Totenkopf de 1940 à 1942, Heissmeyer, à titre provisoire, s’occupe également de superviser les camps de concentration, sous l’égide du SS-Führungshauptamt (il sera à son tour remplacé par Richard Glücks). À partir de ce moment, Gertrud Scholtz-Klink rend fréquemment visite aux prisonnières politiques et « asociales » des camps de concentration.

L’appartenance à une organisation féminine, BDM (Bund deutscher Mädchen) pour les jeunes filles, ou Frauenschaft pour les femmes, est « requise », mais pas particulièrement forcée. De fait nombre de filles et de femmes ne s’y inscrivent pas. Il convient également de mentionner le Reichsarbeitsdienst der weiblichen Jugend (Service National du Travail de la Jeunesse Féminine), un service obligatoire de 6 mois. Six mois supplémentaires y sont ajoutés à partir de 1941 au sein du Kriegshilfsdienst, sous la forme de n’importe quel emploi pouvant servir l’effort de guerre. Les filles les plus jeunes du BDM participent une fois l’an à l’Ernteeinsatz (Aide aux Moissons), ainsi qu’à une multitude d’autres rôles auxiliaires : aides hospitalières, œuvres sociales, postières auxiliaires etc… Il faut aussi mentionner le Pflichtjahr (année obligatoire), institué en 1938, prévoyant que toute jeune femme entre 18 et 25 ans souhaitant trouver un emploi quel qu’il soit doit, préalablement, accomplir un an de travail agricole ou domestique.


Fille BDM


Fille BDM

Education Physique
Le sport ne joue pas un rôle aussi important au sein du BDM que chez la Jeunesse Hitlérienne masculine, mais il est tout de même considéré important. Chaque groupe BDM se soumet, un après-midi par semaine, à un entraînement physique, encadré par des filles BDM plus âgées ou, parfois, par des Führers des Jeunesses Hitlériennes. Ces activités comprennent course, jeux de terrain, et gymnastique. Certaines régions proposent même l’escrime, le patin à glace, et des clubs d’aviron.

Voyages organisés
À une époque où peu de gens partent en vacances, les voyages organisés et les camps d’été sont une aubaine pour les filles BDM. Les voyages sont organisés en fonction d’évènements ou de lieux touristiques. Parfois, des groupes de jeunesse étrangers rendent visite aux BDM sur le sol allemand, dans le cadre de visites organisées.

Travail Caritatif
Similaires aux filles Scouts d’aujourd’hui, les filles BDM s’adonnent au travail caritatif tel la collecte pour l’aide hivernale (Winterhilfswerk), procurant charbon et vêtements aux familles pauvres, ou la collecte de vieux vêtements et de journaux pour recyclage.

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Re: Le IIIe Reich et les Femmes...

Message  eddy marz le Ven 16 Jan 2009, 4:23 pm

Suite & Fin...

Avec le début de la 2e Guerre Mondiale, le BDM se trouve en situation délicate… D’une part, le NSDAP souhaite que les filles soient éduquées pour assumer leur rôle principal – celui de mères et de femmes au foyer et, d’autre part, la guerre force de plus en plus les femmes à occuper des postes d’hommes, tant dans le civil qu’au sein des forces armées. Elles deviennent, de fait, enseignes militaires, sténographes, contrôleuses, tout en assumant les rôles traditionnellement prévus pour les femmes en tant de guerre, infirmières, soutien aux troupes, ou gardiennes d’enfants. Dés le début des hostilités, le journal des BDM, Das Deutsche Mädel (La Fille Allemande) passe des annonces d’offres d’emploi pour des postes de sténographes et d’infirmières, et publie des articles au sujet de filles « héroïques » travaillant, par exemple, comme contrôleuses ferroviaires, dans l’espoir de créer une sorte « d’excitation », et donc d’incitation à s’engager. Contrairement aux Jeunesses Hitlériennes, les filles BDM ne participèrent ni de façon systématique ni générale aux combats, même si elles furent employées à l’édification fortifications ou au creusement de tranchées pour ralentir les troupes Alliées. Bien que Martin Bormann ait envoyé une circulaire aux Gauleiters, suggérant que les filles et les femmes soient entraînées au maniement des armes, les filles qui prirent les armes contre les Alliés le firent prioritairement contre les Russes qui, comme on le leur avait fait comprendre, violaient et tuaient toutes les Allemandes qu’ils rencontraient…

En plus des trois organisations principales (BDM, Frauenschaft, Reichsarbeitsdienst der weiblichen Jugend), nombre de femmes accèdent à la fonction publique et adhèrent à des organisations en uniforme, assumant de plus en plus des fonctions initialement, et presque exclusivement, occupées par des hommes pendant l’avant-guerre. Elles entrent à la Reichsbahn (Nationale des Chemins de Fer), au Feuerwehr (pompiers) etc…

Il y a, bien entendu, des auxiliaires en uniforme dans toutes les branches des forces armées (Wehrmacht, Luftwaffe, Kriegsmarine, et Waffen-SS) et de la police. Les femmes dans la SS tombent dans deux catégories : Les SS-Helferinnen, formées à la Reichsschule fïir SS Helferinnen Oberenheim, et les SS-Kriegshelferinnen, formées sur le tas. Elles assument les tâches de téléphonistes ou d’opérateurs radio, et régissent les bureaux responsables des volontaires BDM. Mis à part les volontaires pour ces postes, beaucoup sont « appelées » par le biais du Notdienstverpflichtung (Service d’Urgence)… Certaines iront jusqu’à servir dans les camps de concentration (Aufseherinen) ; un petit nombre tiendront même le poste de secrétaires au sein des Einsatzgruppen, lors du lancement des nettoyages ethniques dans les pays conquis de l’Est.


Ilse Koch après son arrestation par les Américains (Source : LIFE)


Une femme SS arrêtée par les Américains (Source: LIFE)

Concernant les femmes-officiers au sein de la Wehrmacht ou de la Waffen-ss, il est important de noter qu’elles ne font pas partie de la chaîne de commandement de la section masculine de ces deux corps d’armée. Les auxiliaires féminines sont organisées différemment… Elles ont des structures de rangs différentes, même si certains rangs correspondent vaguement aux rangs d’officiers masculins, et même si elles sont considérées comme « officiers » dans le sens strict du terme. Toutefois, les commandements associés à ces rangs ne sont effectifs qu’au sein des structures féminines et n’ont aucune valeur dans les sections masculines.


Femmes SS en captivité (US). L'une d'elle dance le "Hootchie-Kootchie" (Source : LIFE)

Après la chute du Reich, Gertrud Scholtz-Klink est brièvement détenue dans un camp de prisonnier soviétique, mais s’échappe et se cache au château de Bebenhausen, près de Tübingen. Elle et son mari, l’Obergruppenführer SS August Heissmeyer, vivent cachés pendant trois ans sous les pseudonymes de Heinrich et Maria Stuckebrock.


August Heissmeyer (Source : Bundesarchiv)

Le 28 février 1948, le couple est arrêté. Une Cour Militaire française condamne Gertrud à 18 mois de prison. En mai 1950 son cas est revu ; elle écope de 30 mois supplémentaire (au titre de « coupable principale »), assortis d’une interdiction de pratiquer dans l’éducation, la magistrature, et le journalisme, pendant 10 ans. Relâchée en 1953, elle s’installe à Bebenhausen.

Après sa libération, Heissmeyer devient directeur de l’usine d’embouteillement Coca-Cola pour l’Allemagne de l’Ouest ; il meurt en 1979, âgé de 82 ans. En 1978, dans son livre, Die Frau im Dritten Reich, Gertrud Scholtz-Klink continue de défendre l’idéologie nazie, et fera de même lors d’une interview avec l’historienne Claudia Koonz, au début 1980. Elle meurt le 24 mars 1999 à Bebenhausen.

Sources:

- Littlejohn, David. The Hitler Youth. Johnson Reference Books, 1989.
- Mosse, George L. Nazi Culture ; Intellectual, Cultural and Social life in the Third Reich – W.H. Allen, London, 1966
- Padfield, Peter. Himmler ; Reichsführer SS – Papermac, 1995
- Kogon, Eugen. L’Etat SS ; le système des camps de concentration allemands – Seuil, Paris, 1970.
- Höhne, Heinz. L’Ordre Noir ; Histoire de la SS – Casterman, 1968
- Guyot, Adelin. & Restellini, Patrick L'Art Nazi - Editions Complexe - 1983
- Fest, Joachim. The Face of the IIIrd Reich - Penguin Books - 1972
- Toland, John. Adolf Hitler Book Club Associates - 1977
- Bullock, Alan Hitler, a study in Tyranny Odhams Press Ltd - 1954

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Re: Le IIIe Reich et les Femmes...

Message  Baugnez44 le Ven 16 Jan 2009, 5:48 pm

Excellent article mon cher Eddy.

Il m'a été dit voici bien longtemps que la politique nazie en ce qui concerne les femmes se résumait aux 3 K (Kindern, Küche, Kirche). Ce que semble confirmer quelque peu le document que tu nous propose.

Encore que le troisième K (église) en soit absent. Mais ce n'est sans doute pas si étonnant si on se refère au fait que le fondamentalement le nazisme ne s'intéressait guère au sentiment religieux, voire y était opposé.

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Re: Le IIIe Reich et les Femmes...

Message  eddy marz le Ven 16 Jan 2009, 6:07 pm

Thank you my dear Baugnez;

Oui, une société misogyne à l'excès... Comme je l'ai dit au début de l'article, il y a des centaines d'aspects de la situation des femmes en Allemagne que je n'ai pas développé, et j'espère que ce thread permettra de le faire, car c'est important et relativement peu connu hors des grandes lignes. À vos claviers mort de rir gri

Cheers
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Re: Le IIIe Reich et les Femmes...

Message  elgor le Ven 16 Jan 2009, 6:24 pm

Ce que l'allemagne devait payer cher ! En effet alors que dès le début des hostilités, Churchill, Staline et roosevelt avaient mis au travail les femmes anglaises, russes et américaines dans l'industrie de guerre, Hitler et les nazis attendront 1942 et même 1943 pour faire pareil avec les femmes allemandes.

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Re: Le IIIe Reich et les Femmes...

Message  eddy marz le Ven 16 Jan 2009, 6:40 pm

elgor a écrit:Ce que l'allemagne devait payer cher ! En effet alors que dès le début des hostilités, Churchill, Staline et roosevelt avaient mis au travail les femmes anglaises, russes et américaines dans l'industrie de guerre,

Certes, mon cher Elgor; mais pas tout à fait dans les mêmes conditions...

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Re: Le IIIe Reich et les Femmes...

Message  elgor le Ven 16 Jan 2009, 7:29 pm

eddy marz a écrit:
elgor a écrit:Ce que l'allemagne devait payer cher ! En effet alors que dès le début des hostilités, Churchill, Staline et roosevelt avaient mis au travail les femmes anglaises, russes et américaines dans l'industrie de guerre,

Certes, mon cher Elgor; mais pas tout à fait dans les mêmes conditions...

Certes en grande-bretagne et aux états-unis les femmes n'étaient pas déportées oui gri mais les dirigeants avaient compris qu'il fallait mobiliser toutes les énergies (staline n'en parlons pas ! maleureu gri )et ce dès le début. Chez les nazis le poids de l'idéologie était tel que lorsqu'ils ont été obligés de le faire, l'allemagne avait pris un retard irrattrapable

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Re: Le IIIe Reich et les Femmes...

Message  Invité le Sam 17 Jan 2009, 1:08 am

Retard retard... C'est seulement a cette période que le besoin d'homme s'est fait sentir, tout s'est fait au fur et à mesure de manière progressive en ce qui concerne le déplacement de la population masculine sur le front et des femmes du foyer vers l'arrière du front.

Oui, une société misogyne à l'excès...

Le respect de la femme est tout de même de mise, en tant que mère du peuple allemand. Si après on appelle misogynie le "chacun a sa place" oui ça en est.

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Re: Le IIIe Reich et les Femmes...

Message  eddy marz le Sam 17 Jan 2009, 2:22 pm

Calypso a écrit:Si après on appelle misogynie le "chacun a sa place" oui ça en est.

Et ça veut dire quoi, ça ? Et surtout, selon quels critères ? Durant la période nazie, la connexion entre la politique "sexuelle" et la politique de "reproduction" était fondamentale: la sexualité des femmes n'était considérée qu'en termes de reproduction et de création d'une "Race Aryenne", le Volksgemeinschaft allemand. On mettait en opposition la "Femme Aryenne" et "l'autre femme" dont "l'aspect charnel" et la "dépravation" la marquait comme "socialement incapable". Ces femmes étaient envoyées en camps de concentration et classées "asociales". Et que dire des millions de toutes jeunes filles endoctrinées, embrigadées, et formatées dans le fanatisme idéologique qui ne leur autorise, pour accéder à une reconnaissance sociale, que de "servir l'homme", de trimer dans le "dévouement sacré" sans jamais pouvoir donner son avis, et d'être perpétuellement disponible comme machine sexuelle et reproductrice ? Même le RSHA et le Schwartze Korps, l'organe de presse des SS, s'était rendu compte du problème que cela créait dans l'opinion (preuve que la population était loin d'être 100% d'accord) et allèrent jusqu'à publier des lettres de plaintes de jeunes femmes (souvent fausses), dans l'espoir de donner l'illusion que ces questions étaient prises en compte - elles ne l'étaient jamais, bien entendu. "Chacun à sa place" ?


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