Les maladies des camps et ghettos

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Les maladies des camps et ghettos

Message  Colleville le Lun 23 Jan 2012, 3:39 pm

Typhus, dysenterie, tuberculose, grippe sont les principales maladies augmentant la mortalité dans les camps ou les ghettos. Comme tout le monde ne connait pas forcément ce que sont vraiment ces maladies (qui existent toujours malheureusement), je me permets de poster aujourd'hui la "carte d'identité" du typhus.

LE THYPHUS EXANTHEMATIQUE (= THYPHUS EPIDEMIQUE A POUX ou MALADIE DES POUX ROUGES...)

Agent infectieux en cause : Rickettsia prowazekii (bactérie coccobacille Gram - à développement intracellulaire) à réservoir presque essentiellement humain

Vecteur/Transmission : le pou de corps (Pediculus humanus corporis) (les poux de tête ou du pubis ne jouent à priori aucun rôle dans la transmission).

En prenant son repas de sang sur un malade en phase fébrile aiguë, le pou de corps s'infecte en ingérant Rickettsia prowazekki. En se nourrissant sur un deuxième hôte (donc une autre personne), les poux infectés excrètent des bactéries dans leurs déjections. La personne s'infecte en introduisant par frottement les déjections des poux ou des fragments d'insectes écrasés au point de piqûre ou encore par l'intermédiaire de lésions de grattage. La maladie peut également se transmettre par l'inhalation d'aérosols infectieux (poussières contaminées par des déjections de poux)

Les humains demeurent infectieux durant toute leur vie et peuvent transmettre la maladie aux poux. Les poux ne restent habituellement pas sur les sujets malades et se déplacent plutôt vers les hôtes sains. Les poux deviennent infectieux de 5 à 7 jours suivant l'exposition et ils le restent durant toute leur vie. Toutefois, ils meurent habituellement une semaine après avoir contracté la bactérie. Leurs déjections demeurent infectieuses pendant 100 jours sous forme d'aérosols.

Prévalence : Le pou du corps vit dans les vêtements et se multiplie très rapidement lorsque les conditions d'hygiène sont mauvaises, en cas de surpeuplement et de promiscuité. On a une augmentation du risque durant la saison des pluies ou quand il fait froid lorsque l'on a tendance à se couvrir davantage (les poux se développent grâce à la chaleur des vêtements superposés). De plus, l'accumulation des cadavres non enterrés favorisent la contagion.

Incubation : 7 à 14 jours

Symptômes :

- D'abord des malaises avant l'apparition brutale de maux de tête intenses et d'une forte fièvre (40 ºC), douleurs musculaires, arthralgie, douleurs abdominales, anorexie, frissons, tachypnée, diarrhée, myocardite et tachycardie. - Puis, dans 20 à 40 % des cas, une éruption cutanée érythémateuse apparaît au niveau des aisselles (au bout de 5 à 6 jours). Celle-ci peut se propager au reste du corps (à l'exception du visage, de la paume des mains et de la plante des pieds).
- 80 % des cas peuvent présenter des complications au niveau du système nerveux central (délire, convulsions, coma, irritation méningée, confusion, somnolence et perte auditive).
- Une toux a été observée dans 38 à 70 % des cas, ainsi qu'une gangrène et une nécrose des doigts et des orteils.

La maladie dure environ 2 semaines, mais le rétablissement complet peut prendre plusieurs mois.

La mortalité est d'autant plus forte que les malades sont mal nourris ; en revanche, le convalescent ne risque plus rien.

Latence et récurrence : L'homme est le seul réservoir des rickettsies et c'est lui qui entretient l'infection entre les épidémies. Des flambées se produisent dans les régions froides lorsque les gens sont entassés dans des lieux infestés de poux où l'hygiène est insuffisante. Le typhus exanthématique peut donner lieu à des symptômes atténués plusieurs années après le premier accès (maladie de Brill-Zinsser).

Période de transmission : La maladie n'est pas directement transmise d'une personne à l'autre. Les malades sont infectieux pour les poux au cours de la période fébrile et peut-être aussi 2 à 3 jours après la fin de la fièvre. Chez un pou infecté, les rickettsies passent dans les déjections 2 à 6 jours après le repas de sang. Si le pou est écrasé, il sera infectieux plus rapidement. Le pou meurt invariablement dans les 2 semaines qui suivent sa contamination, mais les rickettsies peuvent rester viables dans son cadavre pendant des semaines.

Traitement : aucun (les antibiotiques n'étant pas encore disponibles à l'époque puisque les travaux de recherche sur la pénicilline reprennent seulement en 1940). De toute façon, les pénicillines n'auraient pas été efficaces sur cette bactérie.

Prévention :

Retirer les vêtements, les laver à 70°C pendant 1 heure au moins ou ne pas les porter pendant 7 jours
Insecticides sur le corps (et vêtements si possible)

Evidemment impossible dans les conditions d'hygiène que nous connaissons des camps.



Sources :

Page d'information de l'OMS : https://apps.who.int/inf-fs/fr/am162.html -
Faculté de Grenoble - Professeur Maurin : http://www.microbe-edu.org/etudiant/rickettsie.html
Agence de la santé du Canada : http://www.phac-aspc.gc.ca/lab-bio/res/psds-ftss/rickettsia-prowazekii-fra.php





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Dysenterie

Message  Colleville le Jeu 03 Mai 2012, 12:07 am

Voici pour suivre, la "carte d'identité" simplifiée de la dysenterie :

LA DYSENTERIE BACILLAIRE (ou SHIGELLOSE)

Agents infectieux en cause :
4 espèces de Shigelles (Shigella dysenteriae, Shigella flexneri, Shigella boydii, Shigella sonnei[/i]) (entérobactériespathogènes gram - )

Réservoir/Vecteur/Transmission :

Le réservoir est essentiellement humain.

Les bactéries se propagent par voie féco-orale, et la transmission se fait habituellement par l’un des trois modes suivants :

- ingestion d’aliments contaminés (lavés avec de l’eau contaminée par des excréments ou manipulés dans de mauvaises conditions d’hygiène)
- ingestion d’eau contaminée
- de personne à personne par contact sexuel anal.

Des cas de propagation par des mouches ont également été enregistrés.

Dose infectieuse : L’infection peut être contractée dès l’ingestion d'une dizaine de bactéries (ce qui est très peu)

Incubation : 1 à 7 jours

Symptômes :

L’infection peut être bénigne et asymptomatique, mais elle est le plus souvent caractérisée par une infection intestinale aiguë avec une légère diarrhée aqueuse dans les cas les moins graves ou une grave shigellose (dysenterie bacillaire ou inflammatoire).
Les bactéries envahissent les cellules épithéliales intestinales, puis le tissu de la muqueuse rectocolique. Ceci aboutit à une intense inflammation, avec une destruction tissulaire sévère.

Symptômes de la dysenterie bacillaire :

- violentes crampes abdominales, nausées et vomissements
- fièvre
- ténesme (tension anale avec envie constante de déféquer), anorexie et selles contenant du sang et du mucus
- Autres complications possibles : syndrome de Reiter, grave déshydratation, perforation intestinale, mégacôlon toxique, bactériémie, toxémie, septicémie, crises épileptiques, encéphalopathie toxique avec maux de tête et altération de l’état de conscience, choc septique, syndrome urémique hémolytique

Les infections sont en général spontanément résolutives, mais elles peuvent représenter un danger de mort chez les patients immunodéprimés ou dans les cas où elles ne sont pas traitées adéquatement.

La gravité de l’infection dépend de l’hôte, de la dose et du type de Shigelle. Shigella dysenteriae, l’espèce la plus pathogène, est associée à un taux de mortalité atteignant les 20 %. C'est la seule espèce responsable de dysenterie épidémique.


Période de transmission : Les agents apparaissent dans les excréments 4 semaines après l’infection, et celle-ci est transmissible aussi longtemps que les agents sont présents dans les excréments.

Traitement : Antibiotiques (sulfamides à l'époque) + Réhydratation + Traitement des symptômes associés

Prévention :
L'hygiène

- lavage des mains
- hygiène rigoureuse pendant la préparation des aliments
- utilisation d’une eau potable salubre
- aménagement de latrines "propres" et élimination adéquate des matières fécales

NB : Les infections sont plus fréquentes durant l’été et au début de l’automne dans les régions tempérées et durant la saison des pluies dans les régions tropicales.

Sources :

Agence de la santé du Canada : http://www.phac-aspc.gc.ca/lab-bio/res/psds-ftss/shigella-fra.php
OMS : https://apps.who.int/inf-fs/fr/am108.html
INSERM : http://www.inserm.fr/thematiques/microbiologie-et-maladies-infectieuses/dossiers-d-information/shigellose
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