Propagande et collaboration en Belgique

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Propagande et collaboration en Belgique

Message  Invité le Mer 02 Mai 2007, 6:09 pm

"Comme en France, il existe en Belgique une Propaganda-Abteilung, installée à Bruxelles et divisée en 8 sections: propagande, administration, presse, culture, littérature, cinéma, radiodiffusion et Volkstum (folklore et traditions populaires (!!)). (N'hésitez pas à me donner des informations sur ce Volkstum). La Propaganda-Abteilung est concurrencée par les services spécialisés de l'ambassade d'Allemagne, ainsi que par la Germanische Leitstelle (Direction germanique) qui est rattachée à la SS et qui s'emploie à promouvoir la politique raciste et le recrutement pour les Waffen SS.
La Propaganda-Abteilung exerce une censure draconienne sur l'information. Elle possède en outre une agence de presse qui détient un monopole de fait. Et par l'intermédiaire de l'Office central du papier, elle régit comme en France l'approvisionnement et la distribution de matière imprimante. Tous les kiosques de Belgique sont dans l'obligation d'afficher en devanture Signal, tiré en 1943 à 250.000 exemplaires, en français et en néerlandais. Les Allemands contrôlent aussi Radio-Bruxelles et Zender-Brussel, deux postes qui deviennent très conformistes. Enfin, ils imposent dans toutes les salles de cinéma la diffusion du Wochenschau, obligatoirement inséré entre le documentaire et le "grand film", afin que le spectateur ne puisse s'y soustraire. Mais ils interdisent catégoriquement la projection en Flandre de film en français (tiens, tiens, ça me rappelle qqch...), mesure qui souligne l'intérêt tout particulier que le Reich accorde à la Flandre...
La section Volksturm[/i] de la Propaganda-Abteilung est d'ailleurs spécialement créée pour appliquer la Flamenpolitik (politique flamande) de l'Allemagne. Cette section a pour mission de mettre en valeur la communauté d'intérêts (culturels, linguistiques, raciaux) unissant les Flamands aux Allemands et de préparer ainsi l'incorporation de la Flandre dans le Grand Reich. Dans cette perspective, elle cherche et obtient le concours des formations fascistes flamandes. Indubitablement, c'est en Flandre que la tendance pronazie est la plus forte en Europe occupée. Dans cette région, très catholique, ultranationaliste et violemment anticommuniste s'implantent dans les années 30 deux mouvements fascistes qui serviront de caisses de résonance aux mots d'ordre nazis.
En 1931, Joris Van Severen fonde le Verbond Van Dietsche Nationaal-Solidaristen (Union des nationaux-solidaristes thiois) ou en abrégé Verdinaso dont les membres se nomment les Dinasos. Ceux-ci ont pour devise: Dietschland en Ordre (pays thiois et ordre). Mais en 1934, Van Severen abandonne ce programme restrictif et défend l'idée d'une grande Belgique pacifiste et neutraliste, comprenant tous les territoires situés entre la France et l'Allemagne. A la veille de la guerre, le Verdinaso compte 15.000 membres et 5000 "chemises vertes", saluant à la romaine leur Leider et portant l'emblème de la charrue, de la roue dentée et de l'épée.
Contrairement au Verdaniso, le Vlaams Nationaal Verbond (Union nationaliste flamand) se veut résolument antibelge, ou plus exactement antiwallon. Fondé en 1933 par Staf De Clercq, le VNV ambitionne de créer une Dietschland excluant la Wallonie. Ce parti, subventionné par l'Allemagne, organise des milices paradant le bras tendu et dont l'emblème est de Delta, qui symbolise des estuaires de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin. En 1939, le VNV représente près de 8% du corps électoral et totalise environ 30.000 adhérents. Durant les premiers mois de la guerre, il développe une active propagande neutraliste, voire défaitiste. Dans ce but, Staf De Clercq met sur pied dès septembre 1939 une organisation qui infiltre l'armée belge, dénonce l'égoïsme franco-anglais, et prétend vouloir défendre l'intérêt flamand menacé par les étrangers bellicistes et ploutocrates. Cette opération de démoralisation obtient quelque succès dans la mesure où elle entraine des désertions collectives.
Avec l'occupation de la Belgique, les nationalistes flamands conduits par Van Severen et De Clercq croient enfin tenir leur revanche sur les francophones dont ils s'estiment victimes depuis longtemps. Ils se considèrent comme l'avant-garde d'un groupe ethnique et linguistique brimé. Leur ralliement à l'Allemagne s'explique donc par le désir d'obtenir la satisfaction de leurs revendications et d'imposer leur domination. Mais il correspond aussi à une sympathie idéologique de plus en plus clairement affichée au fils des années. Ainsi, en juin 1941, l'organe du Verdinaso, Hier Dinaso! (Ici Dinaso!) prend le titre de Nationaal-Socialist: le national-solidarisme a fait place au national-socialisme! C'est à la même époque que le verdinaso fusionne avec le VNV et que celui-ci passe avec Rex un accord de partage des zones d'influence: le VNV règne sur la Flandre et Rex en Wallonie.
Rex constitue le plus important mouvement fasciste wallon. Il est fondé en 1935 par Léon Degrelle, un militant catholique brouillon et versatile, mais éloquent. Il réussit à mobiliser 11% des électeurs belges en 1936, mais à la veille de la guerre, Rex ne représente plus que 4,4% des voix, malgré de substantiels subsides versés par l'Italie. Il compte alors 20.000 membres et 4000 "chemises noires" regroupées dans des "Formations de combat". Mais sa principale force est médiatique. Degrelle est en effet à la tête d'un important groupe de presse: il possède 3 hebdomadaires (Rex, Vlan, Soirées) et 2 quotidiens (Le Pays réel et De Nieuwe Statt). Et à partir de 1942, Radio-Bruxelles est dirigé par un rexiste tout dévoué au Reich. Tous ces organes d'information propagent le rêve rexiste d'un Grande Bourgogne, celle du temps de Charles le Téméraire, comme l'indique le drapeau rexiste marqué de la croix bourguignonne.
l'Allemagne attend des organisations fascistes belges qu'elles assurent le calme dans le pays, afin de lui permettre de procéder en toute tranquillité à des réquisitions massives de biens et d'hommes devant servir à sa machine de guerre. Au fils des mois, la cohérence idéologique de ces mouvements se dilue en raison de leur soumission croissante à l'occupant et de leur volonté désespérée de se maintenir au pouvoir, et leurs propagandistes doivent réaliser des acrobaties dialectiques pour concilier leur nationalisme de principe avec l'acceptation d'une domination étrangère. [...]

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Re: Propagande et collaboration en Belgique

Message  Invité le Mer 02 Mai 2007, 6:10 pm

(...) En définitive, la principale activité de ces formations extrémistes consiste en une propagande inspirée par l’Allemagne et destinée à minimiser ses revers, à grossir ses succès, à favoriser ses projets et à combattre la propagande alliée et résistante.
En Belgique, la principale opération de la propagande collaborationniste vise à inciter les jeunes à servir dans les unités de lutte antisoviétique et antirésistante. Dès juin 1941, Rex participe à la « croisade antibolchevique ». Degrelle rejoint la Légion Wallonie. Cette Légion, dont les membres se nomment les Bourguignons, se distinguera bientôt sur le front de l’Est. Le VNV ne veut pas être en reste et constitue en août une « Legioen Vlaanderen ». Le journal du parti, « Volk en Staat » qui tire à 40.000 exemplaires, appelle au renforcement de la collaboration militaire au nom de la solidarité germanique. Celle-ci est poussée à l’extrême par maintes « chemises noires » des formations de combat rexistes qui s’engagent dans les Waffen SS ou la Wehrmacht.
En Flandre, les Allemands patronnent l’organisation militaire « Algemeene SS Vlaanderen » dont l’organe s’intitule « De SS-Man ». Cette formation est surtout utilisée dans la répression antirésistante. La Garde Wallonne remplit le même rôle. Créée en décembre 1941 par Degrelle, cette milice de 6000 hommes revêtus d’un uniforme bleu marine est directement rattachée à l’armée allemande. A cette époque, les collaborateurs belges ont perdu toute autonomie et leur propagande platement pronazie a très peu d’influence sur l’opinion publique. Ils sont de plus en plus mal vus par leurs concitoyens, surtout à partir du moment où ils deviennent les auxiliaires sanguinaires de l’occupant, ce qui a pour double effet d’accentuer les ressentiments de la population et de fortifier les forces de résistance. »

SOURCE : La propagande dans la Seconde Guerre mondiale.

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