Ubik83 : projet de roman

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Chronologie restreinte.

Message  ubik83 le Mar 08 Sep 2015, 8:34 pm

Bonjour tout le monde,

Non, je n'ai pas rendu les armes. Je continue. Mais avec difficultés en tous genres.

Bon, je me demandais ce que Wolfgang, mon narrateur, pouvait bien dire ce que ce qui se passe autour, dans le reste du monde, quand il lui en parvient des échos. Je suppose que ces échos sont déformés par le bain de propagande dans lequel il est immergé, mais n'empêche, comme son ami Franz est très débrouillard et informé...

J'ai donc établi une chronologie restreinte de ce qui, à mon avis, ne peut être passé sous silence. A moi de voir comment mon personnage peut évoquer ça, en deux mots, au détour d'une phrase, ou au contraire, en le développant.

Je vous soumets donc cette liste d'événements restreinte, qui ne démarre qu'en 41 :



1 ) 22 juin 1941, opération Barbarossa, invasion de l'Union Soviétique. Les Russes, surpris, sont largement dominés.
2 ) Mi-septembre : la Raspoutitsa, saison des boues, oblige la Wehrmacht à stopper son offensive en direction de Moscou.
3 ) Le 26 septembre, l’OKW annonce la capture de 665000 prisonniers lors des combats pour Kiev.
4 ) 2 octobre : la Wehrmacht lance l’opération « tempête d’hiver », grande offensive contre Moscou
5 ) En décembre, l’'offensive reprend, grâce aux premières gelées, mais elle ralentit, puis stoppe le 5 décembre 1941, à cause de l'hiver et l'impréparation de la Wehrmacht. La température est descendue à – 37 degrés Celsius.
6 ) 6 décembre, contre-offensive Russe, les Allemands sont repoussés jusqu’à 200 kms en arrière. Jusqu’à Janvier 42 les Allemands ne cessent de reculer
7 ) 7 décembre : les Japonais attaquent Pearl Harbor.
11 décembre : l’Allemagne à son tour déclare la guerre aux USA.

7 ) Le 22 janvier 42, Joukov a gagné la bataille de Moscou
8 ) 8 février 42 : mort de Fritz Todt, dans un accident d’avion.
9 ) 27 mai : attentat à Prague contre Reinhard Heydrich.
10 ) 28 juin : Opération fall blau, offensive d’été de la Wehrmacht, en direction du sud.
11 ) 8 novembre : débarquement allié en Afrique du nord, faisant suite à la défaite de Rommel à El Alamein.
12 ) Von Paulus étant encerclé à Stalingrad, la 4° armée de panzers, dirigée par von Manstein, tente une manœuvre, qui n’aboutit pas, pour le délivrer.
13 ) 13 janvier : Hitler proclame la guerre totale.
14 ) 2 février : la 6° armée de von Paulus se rend à Stalingrad.
15 ) 18 février : Goebbels fait un grand discours en faveur de la guerre totale.
16 ) 19 avril : début de la révolte du ghetto de Varsovie.
17 ) 5 juillet : début de l’opération Citadelle, l’armée Allemande s’attaque au saillant de Koursk.
18 ) 12 juillet : bataille de chars de Koursk. Les Allemands perdent.
19 ) 3 septembre : débarquement allié en Italie. 8 septembre : capitulation sans conditions.
20 ) 12 septembre : Mussolini, retenu prisonnier, est délivré par un raid d’Otto Skorzeny.
21 ) 11 janvier 44 : débarquement allié à Anzio, en Italie.
22 ) 6 juin : Overlord, débarquement allié en Normandie.
23 ) 22 juin : opération Russe d’envergure, visant à liquider toute présence Allemande en Biélorussie.
24 ) 17 juillet : Rommel est gravement blessé au cours d’une attaque par un avion.
25 ) 20 Juillet : opération Walkyrie : attentat raté contre Hitler.
26 ) 1° Août : début de l’insurrection de Varsovie.
27 ) 15 août : débarquement allié en Provence.
28 ) 25 août : Paris est libéré.
29 ) 10 septembre : les troupes alliées entrent en Allemagne.
30 ) 14 octobre : décès d’Erwin Rommel. Officiellement, « des suites de ses blessures ».
31 ) 12 janvier 45 : offensive Vistule – Oder lancée par l’Armée Rouge.
32 ) 23 janvier : les troupes soviétiques arrivent en Poméranie et en haute Silésie.
33 ) Fin janvier : les troupes soviétiques franchissent l’Oder.
34 ) 7 mars : les Américains entrent en Allemagne et prennent Cologne.
35 ) 29 mars : les troupes Soviétiques entrent en Autriche.
36 ) 19 avril : l’Armée Rouge arrive à Berlin. Le lendemain, la ville est encerclée.
37 ) 25 avril : jonction des troupes Américaines et Soviétiques.
38 ) 28 avril : Mussolini est tué par des partisans Communistes. Son corps est pendu par les pieds dans une station service.
39 ) 30 avril : suicide de Hitler dans son bunker de la chancellerie.
40 ) 8 mai : capitulation de l’Allemagne.
 
... Ensuite, il me faudra "tricoter" ceci avec sa vie personnelle, je fais ça dans un programme qui permet de gérer des événements dans le temps. Et une fois que j'aurai la trame au point, je reprendrai mon récit, cette fois-ci en état sûr de ne rien oublier...

Je ne suis pas rendu : si le Mc Lean est très clair concernant la révolte du ghetto, sur les points ultérieurs, je nage en plein cirage. Mais j'ai l'idée d'une ruse ou deux qui permettraient de m'en sortir... A tester...

On suit l'affaire ? On ne la lâche pas.

A vous lire,
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Carte.

Message  ubik83 le Mer 09 Sep 2015, 3:35 pm

Bonjour,

Voici un extrait de la chronologie sur laquelle je travaille en ce moment. C'est là que sont stockées toutes les données pertinentes, aussi bien pour mon personnage que pour le reste du monde...



...Vous voyez que c'est vaste. Encore heureux que je dispose de ce programme pour m'aider...

A suivre...
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Un extrait...

Message  ubik83 le Dim 28 Fév 2016, 11:11 pm

Allez, hop, un extrait, pour se motiver...


         Le 23-25 allée Szucha était un vaste complexe, récent, au milieu d’un quartier résidentiel. Il avait été édifié au bénéfice du Ministère Polonais de l'Education et des Cultes, et nos dirigeants l'avaient réquisitionné après la reddition. La Sipo et le SD occupaient le numéro 23, l'Ordnungpolizei le 25. Lothar Beutel, chef de l'Einsatzgruppe 4, avait été désigné comme commandant de tous les services. Plus tard, l'Einsatzgruppe allait être dissous, et nos effectifs versés au KdS Warschau. Après quelques mois, l'allée Szucha serait renommée "Polizeistrasse" par l'Administration Allemande.
         L’entrée du 25 était imposante. Flanquée de colonnes monumentales, elle donnait sur un hall ouvert d’où partaient plusieurs escaliers. Là se trouvait un impressionnant atrium dont le sol était constitué d’une remarquable rosace en marbre noir et blanc. J’aurais aimé avoir un bureau donnant sur cette merveille géométrique. Mais lors de notre présence en ces lieux, nous étions confinés dans une aile qui offrait une vue bien plus quelconque.
         De l'autre côté de cette place se trouvait un hall abritant un comptoir d'accueil. De là, on était orienté vers telle ou telle instance, suivant la nature de la demande. Je ne saurais dire quelle était la configuration de cet édifice, qui ressemblait à un labyrinthe ; il m'arrivait souvent de m'y perdre. Tout était bâti dans des proportions majestueuses. J'avais repéré quatre vastes cours intérieures, dont deux fermées, comportant des espaces verts, sans savoir si l'accès y était possible. Suivant où l’on passait, on pouvait avoir vue sur les jardins, ou sur les avenues et autres immeubles alentour. Des panneaux indiquaient la direction des différentes organisations, Gestapo, Kripo, Sicherheitsdienst, preuve que les informations dispensées à l'accueil ne suffisaient pas toujours. Malgré cela, la longueur des couloirs donnait toujours l'impression d'être constamment égaré. J'avais un itinéraire précis pour rejoindre les bureaux du S.D. et je ne m'en écartais pas ou rarement.
Franz et moi n’étions pas logés allée Szucha, mais dans un petit immeuble aménagé en caserne juste derrière ; il ne payait pas de mine mais était en bon état, aucune bombe ne l’avait touché. Il y avait six petits dortoirs, nous étions dans le troisième. Un réfectoire, deux salles de douches… Et puis d'autres locaux, pour le personnel administratif, les chauffeurs, les cuisiniers, ainsi de suite. Les officiers, eux, se trouvaient dans une pension Allée Litewska, à deux pas de là. Pour ce que j’en sais, ils disposaient de chambres où ils dormaient à quatre, regroupés en général en fonction de leurs grades. 
         Il y eut un jour de latence, que je mis à profit pour m’acclimater, prendre mes quartiers. Puis, rapidement, nous commençâmes à sillonner la capitale.
        
           
 
         Varsovie en ruines était vraiment lugubre. Je n’ai jamais vu la ville avant, mais ce qui en subsistait pouvait donner une idée de sa beauté passée. Beaucoup de magnifiques hôtels particuliers en pierre sculptée, et des allées immenses, bordées d’arbres. Des églises, une cathédrale, un théâtre, des ministères… La plupart des façades étaient maintenant écroulées, des monceaux de gravats gênaient la circulation… Des équipes de Polonais travaillaient au déblaiement, presque toujours sous le contrôle des Autorités Allemandes.
         Au départ, je n’avais pas de repères dans cette cité ; peu à peu, j’appris à m’orienter, grâce aux axes principaux, aux voies ferrées et nombreux ponts qui enjambaient la Vistule.
         Nous roulions dans ces mêmes camions bâchés, ceux qui nous avaient amenés depuis notre départ de Dramburg. Nous étions huit à l’arrière. Dans la cabine, un chauffeur et un chef de groupe, Kreisler ou tel autre SS-Stürmann.
C’étaient de petits convois, en général trois véhicules pour la troupe, trois autres pour le monde à ramener, une voiture pour les sous-officiers. J’ai souvent travaillé sous les ordres d’un SS‑Unterscharführer nommé Markus von Altman.
Grand, solidement bâti, glabre, les yeux légèrement proéminents, il portait une mèche brune sur le côté, à la Hitler. Il offrait une image lisse, impénétrable, et je suppose que c’était voulu. Il tenait à se démarquer de la piétaille ; il semblait nous mépriser, alors que lui-même n’était pas seulement officier. Mais je suppose qu’il fallait intégrer cette attitude pour le devenir. Sans doute un arriviste, un de ces nombreux jeunes loups, désireux de grimper dans la hiérarchie. Evidemment, il se montrait particulièrement exigeant, à chaque mission. Son mot d’ordre était : « je veux du résultat » !
         Sa méthode était rigoureuse : il se fiait au Sonderfahndungsbuch Polen, un minuscule livre qui comportait, sur ses pages en papier bible, des listes de suspects, établies en collaboration avec les Volksdeutschen vivant en Pologne, et sans doute aussi, des espions. Tous ceux visés par le nouvel ordre se trouvaient recensés là, avec nom, adresse, profession, convictions politiques, famille, amis… Von Altman  déterminait, avec ses supérieurs, l’inventaire précis des personnes à arrêter. De là, il recopiait noms et adresses sur des fiches. Ainsi, nous étions directement et individuellement responsables du succès de cette tâche : il nous incombait de trouver les intéressés. Gare à celui qui ne ramenait personne, il se faisait copieusement engueuler. Quand les camions stoppaient, on descendait, on s’alignait au garde à vous, et là, Von Altman  passait, remettant à chacun un petit bristol, recouvert de son écriture fine et racée, méticuleuse. Parfois il s’arrêtait brusquement devant l’un ou l’autre, le regardait de haut en bas, comme si l’homme s’était présenté mal rasé, sale, que sais-je. On aurait dit que von Altman  nous emmenait à une parade, une revue militaire, pas une action sur le terrain. Il restait là, à fixer je ne sais quel détail, puis enfin, il tendait sa main sèche, osseuse, et passait au suivant.
         Lorsque nous avions tous notre bout de papier, harangués, houspillés par le SS-Stürmann, nous montions pour traquer nos "clients", c'est ainsi que nous les nommions. En général, nous allions par deux. Par convention, j’avais établi avec Franz la procédure suivante : lui partait du rez-de-chaussée, moi je grimpais tout en haut ; on se retrouvait à mi-parcours, dans les étages.
Ce n’était pas tâche facile. Après avoir tambouriné aux portes, quitte à les enfoncer, on faisait irruption dans l’intimité d’une famille, à laquelle il fallait arracher notre proie. On débarquait dans l’odeur de nourriture, les enfants se mettaient à brailler, les femmes se signaient en pleurant… Les gens ne parlaient pas Allemand, faisaient mine de ne pas nous comprendre. On devait alors casser des objets, molester quelqu’un, tirer en l’air…
Enfin, on ressortait avec notre petit monde. Il est arrivé qu’une ou deux fois l’individu à interpeller se précipitât sur les toits, ou par les escaliers de service, dans l’espoir de s’échapper. Soit Franz mettait fin à l'exploit, d'une balle soigneusement ajustée. Soit il fallait cavaler derrière, comme des imbéciles. En général, une fois le fuyard repris, on lui faisait passer l’envie de jouer au héros, avec quelques coups de crosses dans les gencives ou les parties génitales. Si on trouvait chez lui des tracts ou autres éléments indiquant qu’il pouvait appartenir à la Résistance, alors on le remettait à la Gestapo.
         Celle-ci avait ses quartiers dans les sous-sols du 23. J’évitais d’y descendre, sauf ordre formel. Je me doutais de ce qu’on pouvait y trouver.
         Le tout-venant, c’était à nous de le « traiter ». En général, cela se terminait de façon abrupte :
         Nous emmenions ces gens sur des lieux choisis à l’avance. Carrières, mines abandonnées, enfin, loin d’éventuels témoins. Je me souviens surtout de la forêt de Palmyri, à cause de sa grande beauté. Le procédé ne variait guère : jusqu'au bout, ces gens ne savaient pas qu'on allait les exécuter. Ils emportaient leurs effets personnels, on les laissait fumer… Souvent, on leur rendait leurs papiers d'identité. Tout était fait pour les maintenir dans l'illusion d'un transport ordinaire.
Il y avait une clairière à l'ouest des bois. De larges fosses y avaient été creusées à l'avance. On faisait descendre les prisonniers, ils étaient amenés au bord de ces tranchées. Là, tués par balles, ils tombaient comme des paquets ; on amenait les suivants, et à nouveau nos fusils crachaient. Quand tout le monde était mort, on rebouchait avec la terre qui restait.
         C'était épuisant de les ensevelir. On ne le faisait pas à chaque fois, ça dépendait de l’organisation. Dans la plupart de nos actions, nous étions aidés de supplétifs Baltes, Lettons, Ukrainiens et autres, que nous avions surnommés « Askaris ». Toutefois, nous étions régulièrement obligés de jeter des pelletées de terre sur les morts ; je pense que ça faisait partie de la stratégie de nos supérieurs, pour nous impliquer le plus possible. Le pire c’étaient ceux qui, tombés sur le dos, avaient gardé les yeux ouverts. Ecarquillés, en un mélange de surprise, de stupeur, d’effroi, ils semblaient me fixer, depuis la mort, en un muet reproche. Ils me hantaient la nuit, quand je cherchais le sommeil.
         Un compte méticuleux était tenu, recensant les victimes, leurs noms, où on les avait cueillies. Ainsi, on savait qui nous avait échappé, et les fuyards étaient reportés sur une liste spéciale.
         Ses précieux papiers à la main, von Altman, satisfait, donnait le signal du départ. On grimpait dans les camions, en route vers Szucha. Moi j’allumais une cigarette ; fumer me calmait un peu. J’avais des collègues qui, à peine assis, sortaient des flasques de leurs poches et les vidaient consciencieusement. Il m'arrivait fréquemment de les imiter. Franz, habitué aux Eicksten, en grillait une tout en me regardant avec un étrange sourire, mélange de bienveillance, commisération, je ne sais quoi encore.
         Nous ne parlions pas.
 
 
         Les premiers temps, nous nous rendîmes souvent chez des gens aisés. On faisait irruption, à quatre ou cinq, dans d'immenses appartements, remplis d'objets luxueux, beaux meubles, tableaux de maîtres. Les propriétaires nous prenaient de haut, pleins d'un mépris qu'ils ravalaient prestement : un coup de crosse sur le crâne remet vite les idées en place. En moins de cinq minutes, ils étaient embarqués, sans la moindre explication. Des instructions avaient été données pour stopper la population riche, l'empêcher de fuir le pays, ou d'emmener son argent en lieu sûr. L'Einsatzkommando, bon à toutes les tâches, prenait en charge tout ce beau monde et le déposait en prison. Je remarquai immédiatement que Franz adorait rabattre leur caquet à ces "bourgeois", c'est ainsi qu'il les nommait. Il se montrait particulièrement brutal avec eux, bien plus qu'avec des personnes ordinaires.
 
 
         Lors de ces expéditions, il arrivait que nous fussions aidés, outre les Askaris, par des Volksdeutschen ayant constitué une milice d'auto défense, la Selbstschutz, particulièrement haineuse et active. Ils préparaient le terrain, bouclaient le secteur. Notre travail s'en trouvait facilité, ce qui permettait d'envoyer moins d'effectifs sur telle ou telle "Aktion", et donc de multiplier celles-ci. En général, avant de repartir avec nos clients, on grillait une cigarette avec les gens de la Selbstschutz, on partageait une gorgée de Schnaps, enfin, des petits rituels dans ce genre. 
         Dès le début, les Juifs ne furent point épargnés. Déjà en Allemagne, ils étaient au ban de la société. Alors ici… Les Volksdeutschen ne semblaient pas les porter dans leur cœur ; les Polonais guère plus. 
Nous partions fréquemment en rafles, dans les vieux quartiers, du côté de Muranow, Praga, Nowolipki. Un peu comme des chasseurs, nous nous divisions en deux groupes : les rabatteurs, et les autres, chargés de cueillir le gibier. Un pâté d'immeubles était bouclé, et on avançait systématiquement, en faisant le plus de bruit possible. On frappait aux volets, on hurlait, on tirait en l'air… Il suffisait de faire irruption dans les maisons, nos "clients" se défilaient par soupiraux, portes dérobées, fenêtres… pour tomber dans les griffes de nos collègues. En général, on se "faisait" bien une cinquantaine de types. Malgré tout, pas mal nous échappaient, mais comme disait Franz, "ce sera pour la prochaine fois".
Le reste se déroulait sans la Selbstschutz : pas de témoins directs.
Souvent, nos clients étaient sommairement alignés le long d'un mur, et abattus. Parfois, on prenait la peine de les emmener à l'écart de la ville, suivant deux techniques : soit pour les éliminer par balles et les enfouir dans le sol, ou jeter les corps dans les fosses de quelque carrière ; soit en les parquant dans un vieil entrepôt et là, à coups de grenades. 
         J'ai vu plus d'une fois les gens de l'Ordnungpolizei s'en prendre aux Juifs, pour les embarquer, ou simplement dans le but de les humilier. Par exemple, leur faire frotter des inscriptions laissées par les Polonais de la Résistance, du style "Hitler Kaputt", ou des croix gammées pendues à des potences. Ils étaient mis par dix avec des chiffons, voire de simples brosses à dents, et ils s'escrimaient pendant des heures, en plein soleil, sans grand résultat. A force, les graffitis s'estompaient vaguement. Pendant ce temps, les Schupos les surveillaient en fumant, tranquilles. Un jour, nous étions à l'arrêt, assis  dans nos camions bâchés. Nous attendions une autre partie du convoi, je ne sais plus pour quelle raison. Et là, j'ai vu deux voitures Schupo garées le long d'un mur. Des Juifs étaient rassemblés. Un gradé les avait fait s'aligner, à quatre pattes. Il avait sorti son arme de service. Il tira en l'air et tous se mirent à sauter, comme des grenouilles. Lui et ses collègues faisaient des paris. De temps en temps, l'homme tirait en direction du groupe, pour voir les gens s'éparpiller, terrorisés. Chaque salve était ponctuée d'éclats de rires. J'ai assisté plusieurs fois à ce jeu, "la course des grenouilles". D'autres fois, on obligeait les Juifs à sauter sur un pied, ou à danser deux par deux.
         J'ai vu tant de choses que je ne saurais tout raconter.
 
 
 
         Par moments, je ne me reconnaissais plus. Tout au fond, j'étais encore le jeune Wolfgang, fantasque, rêveur, si tendre, voire naïf. Et sur ce terreau fertile avait poussé une excroissance monstrueuse, dure et laide, un personnage qui m'habitait, ne me ressemblait guère, mais pourtant s'était insinué en moi. Une sorte d'étranger familier. C'était Wolfgang le fataliste, résigné, qui appuyait sur la détente parce que c'était comme ça, que les chefs l'avaient décidé. Une morne soumission m'accompagnait, telle mon ombre. Je n'étais qu'un outil. J'en arrivais presque, suivant mon humeur, à considérer ma responsabilité comme nulle. Cette autre entité était capable, sans broncher, d'obéir aux ordres les plus abjects. Dressée à réagir sans poser de questions.
Elles ne venaient qu'après, quand je luttais dans le noir pour trouver le sommeil. Là, des milliers de paires d'yeux, accusatrices, dilatées de peur, me fixaient intensément. Des bouches criaient, parfois bavant du sang. Ces visages tournaient, comme un carrousel maléfique, ils me donnaient la nausée. J'avais l'impression de me tenir au bord d'un puit, virevoltant sur lui-même, empli de morts, en voie de digestion. Un affreux boyau qui engloutissait à la fois corps et âmes. Le sommeil me prenait en traître, il coupait toute possibilité de recours, s'immisçait dans ces visions hallucinées, et peu à peu, je quittais la rêverie pour le rêve, et ça continuait, sous une forme moins structurée, plus biscornue, mais toujours aussi effrayante, selon mille déclinaisons baroques. L'une d'elles revenait, obsessionnelle : le broyeur à viande de mon enfance. Je ne voyais pas la lame maudite, en forme de svastika, mais je la devinais dans le noir et j'entendais les hurlements de ceux qu'elle fauchait. Une  force terrible, que rien ne pouvait ralentir, finissait par imprimer aux victimes un puissant mouvement giratoire. Les malheureux s'entrechoquaient, déjà mutilés avant d'atteindre l'issue fatale. Des mains se tendaient, j'ignorais si c'était en un geste d'adieu, spasme inutile, ou pour tenter de m'entraîner moi aussi, vers le fond. Je penchais le buste et laissais pendre mes bras, offerts au sacrifice, tout en redoutant d'être happé. Inerte, engourdi, j'attendais le moment où je basculerais à mon tour, vaincu par la pesanteur et l'hypnotique tourbillon.
 
Le matin me trouvait blême, plein de cernes, et le café versé dans les bols chauds me labourait l'œsophage. Il fallait alors "repartir au charbon", c'est ainsi que nous disions. Accomplir notre sale besogne. Que ce fût sur un mode triomphaliste, sadique ou accablé.
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Re: Ubik83 : projet de roman

Message  Piermanu le Lun 29 Fév 2016, 4:07 am

C'est passionnant et bien écrit. Bravo, ça vaut tout le travail que tu y as investi.

Une coquille :nos "clients" se défilaient par soupiraux --> les soupiraux.

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Merci du soutien !

Message  ubik83 le Sam 23 Avr 2016, 5:10 am

Hello, un moment que je n'étais plus venu. Un plaisir de voir qu'on me lit. Merci beaucoup. Je corrigerai ça. Passionnant ? Ainsi donc, tout ce travail investi servirait à quelque chose ?

Je dois avouer que j'ai du mal à finir ce roman.

La disparition de Steven a été un coup très dur pour moi. Pas tant pour les infos qu'il m'apportait, bien qu'elles fussent précieuses. Mais aussi, parce qu'il me soutenait avec foi, conviction, je le savais de mon côté. Il me poussait, me houspillait quand je doutais, mais j'avais quelqu'un qui était relié à mon travail, qui attendait un résultat. A présent, je m'y sens beaucoup plus seul.

Et puis, quand j'ai commencé, en 2008, j'étais différent. Je croyais en certaines choses, notamment mon destin individuel, ce que j'allais accomplir dans ma vie, et beaucoup de ces croyances étaient des illusions. Mais elles me protégeaient, conféraient un but, un sens, à mon existence. Me permettaient d'encaisser plein de choses, sans broncher. A présent que tout cela s'est effondré, les saloperies - car j'y ai eu droit, et des gratinées, en plus - me reviennent, me hantent, me minent. 

Et notamment, je ne prends plus ce roman avec la distance d'écrivain qui s'impose. Il m'est arrivé de fondre en larmes en me relisant. Je ne suis plus protégé. Steven m’engueulait souvent, quand je lui disais que j'étais bipolaire, hypersensible. Lui, c'était un dur, un "hard boiled". Sacré personnage, drôle de parcours ! Avec le temps, j'ai fini par comprendre un peu mieux comment je fonctionne, quels sont mes spécificités, sur le plan psychologique. J'ai les défauts de mes qualités : sans cette hypersensibilité, je ne me serais probablement jamais retrouvé à écrire. Mais là, je me suis attaqué à trop forte partie et nerveusement, j'ai du mal à tenir, face à ce roman-pavé dévorateur, qui me fait plonger dans des abysses d'horreur - et encore, pour des raisons techniques, je ne parle pas des camps ! Du reste, si ç'avait été possible dans mon roman, je pense que là, j'aurais craqué et rendu copie blanche. J'aurais fini par tout effacer de mes disques durs et renoncer. Les camps ? Impossible de me frotter à ça. Vraiment trop atroce.

En plus, les hasards de la vie ont fait que je me retrouve à vivre seul, dans un coin perdu, parfaitement isolé aussi bien géographiquement, que socialement. Cela rend les choses encore plus difficiles, surtout si on y ajoute une santé précaire.

Mais au jour d'aujourd'hui, même s'il y a eu des périodes sans, dans ma tête, je n'ai pas renoncé. Je m'accroche. Je vais ajouter un extrait, juste après. Merci encore.








P.S. : je suis retourné voir cet extrait de mon chapitre 18 : non non, c'est parfaitement voulu. C'est un procédé littéraire classique : on évite, quand il y a une énumération, de répéter les articles. Cela donne : ils fuyaient par soupiraux, portes dérobées, fenêtres... Cela a été écrit ainsi de façon délibérée, pas de problème.
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Un autre extrait, pour lequel je sollicite votre avis...

Message  ubik83 le Sam 23 Avr 2016, 5:32 am

Bonjour tout le monde.

J'ai relu récemment l'article publié par notre regretté ami Steven, dont je redonne l'adresse ici :

http://deuxiemeguerremondia.forumactif.com/t12266-hermann-hofle-nettoyeur-de-ghettos

Christian Ingrao, qui m'aide dans mes recherches quand il le peut, m'avait conseillé de m'intéresser à ce personnage, Hermann Höfle.

En recoupant cet article de Steven avec d'autres textes, sur des sites Juifs, et notamment un article de Annette Wiewiorka, j'en suis venu à me faire une idée, plus ou moins juste, de ce qui a pu se passer à cette époque, à Varsovie. Je ne sais pas ce que ça vaut, j'ai eu du mal à l'écrire, et je le soumets à votre avis, si ça vous parait vraisemblable, si je ne passe pas un peu trop vite sur certains aspects, etc.

Voilà cet extrait de mon chapitre 21. Ce passage, je viens de l'ajouter récemment, il est tout frais, et donc plus susceptible que d'autres d'être remanié, étoffé, etc. Enfin, si j'en trouve le courage - voir mon message précédent.

Je soumets ceci à votre appréciation :


 
... Et puis, cette saleté d'été arriva. Graduellement, la température montait. J'appréhendais le moment où j'allais encore me retrouver poisseux, pendant des journées entières. Et trimballer ces gens qui pueraient, la sueur et la peur.
Je me souviens d’un soir, nous rentrions du travail. Les camions suivaient. Franz et moi étions assis à l’arrière de la décapotable. Il se tourna vers moi et, à voix basse :
- Wolfgang, j’ai appris par mes sources que nous allons recevoir un personnage important, bientôt. Il s’appelle Hermann Höfle, il vient de Lublin. Et c’est Himmler lui-même qui l’envoie. On le surnomme « le liquidateur de ghettos ». C’est le spécialiste de la déportation à l’Est.
- Et donc… ?
- On va avoir beaucoup de boulot. On sera surveillés. Je te conseille de faire très attention. Pendant un moment, nous n’irons plus au 19. On se tiendra à carreau, et il vaudrait mieux que tu freines sur la bouteille. Ce type a une très mauvaise réputation.
 

         Franz avait raison. Vers la mi juillet, Höfle arriva et se manifesta, allée Szucha. SS-Sturmbannführer, taille moyenne, visage rond, cheveux coupés très courts ; rempli de morgue et arrogance. Il y eut deux ou trois réunions, avec les huiles du KdS. Et un matin, je pense que ce devait être le 22 si je ne me trompe pas, il rendit visite à Czerniakow, le Juif qui dirigeait le Judenrat. Je m’en souviens car nous étions, Franz et moi, dans les véhicules qui l’accompagnaient. Dès le matin six heures, le ghetto avait été entouré par les « bleus », la police Polonaise. Il y avait de supplétifs Ukrainiens, Baltes, Lettons, partout dans les rues alentour. Des techniciens nous accompagnaient, qui coupèrent téléphone et électricité. Au siège du Judenrat, il y avait des enfants dans la cour, que les agents chassèrent.
         Nous sommes montés à l’étage, jusqu’au bureau du Juif. Là, pendant que Höfle et ses aides entraient, nous sommes restés dans l’antichambre, avec les gardes. Au début, nous n’entendions qu’un bourdonnement de conversation. Mais le ton est monté. Czerniakow a crié quelque chose, et la voix de Höfle a répondu, claquante :
- C’est ainsi. Je vous charge de faire afficher cette décision dans tout le ghetto. Il me faut 6000 Juifs par jour. Débrouillez-vous comme vous voudrez !
         La porte s’est ouverte, Höfle et ses assistants sont passés. Se retournant sur le seuil, il ajouta :
- Je veux mon premier contingent pour seize heures, vous entendez ? Je vous tiens pour responsable de l’exécution de cet ordre. Si vous n’obéissez pas, votre épouse sera la première que nous passerons par les armes.
         Nous avons ramené Höfle à Szucha. Partout dans les rues, les « bleus », ainsi que les troupes Ukrainiennes, nous saluaient. Dans la voiture, Franz m’a chuchoté :
- … Et voilà, mon ami. Et qui va se salir les mains, maintenant ?
 



         Le lendemain matin, Höfle voulut visiter le ghetto. Je me retrouvai, ainsi que Franz, à l’accompagner. Il y avait toujours ces nombreux supplétifs, disséminés alentour. Nous étions dans deux lourdes berlines. Franz conduisait, j’étais à côté de lui ; Höfle à l’arrière, avec deux adjoints. L’autre voiture contenait des feldgendarmes.
         Nous traversâmes les rues. Dans certaines, je m’en souviens très bien, il y avait des cadavres émaciés, à même le sol. Décimés par la faim, ou le typhus. Les vivants, eux, fuyaient. Ils se précipitaient dans les entrées d’immeubles, et j’ai vu aussi des devantures se fermer.
         Höfle, parfaitement indifférent à toute cette misère, discutait avec ses aides de camp :
- A votre avis, combien peut-on en déporter, par jour ? Quel rendement peut-on atteindre ?
C’était le seul sujet qui l’intéressait. Et à l’arrière, on échangeait des chiffres. Finalement, Franz reprit le chemin qui menait au KdS.
         De retour à Szucha, nous apprîmes la nouvelle : Czerniakow s’était suicidé.
 

 

         Et, effectivement, se mit en place une vaste opération de nettoyage. Nous fûmes chargés de rapatrier tous les prisonniers Juifs dans le ghetto. Nous allions à Pawiak, à Rakowiecka, et là, on vidait littéralement les cellules. Il n'est pas exagéré de dire que je passais mes journées en camion. Tous les autres groupes, Willerts, Kreisler, von Altman, la totalité de nos effectifs, ne faisaient que tourner ainsi, du matin au soir. Nous avions nos listes, à mesure on cochait les noms. C'était, encore une fois, du travail à la chaîne.
         Cette cargaison humaine, souvent dans un état pitoyable, se retrouvait déchargée à Gesia, la prison sise à l'angle des rues Gesia et Opokowa. C'était un établissement qui, au départ, avait été conçu pour accueillir, je dirais, en gros, trois cents personnes. Mais on tassait nos clients de telle façon qu'à mon avis, il y en avait plus du triple. Certaines cellules étaient si bondées que les gens ne pouvaient ni s'allonger, ni même s'asseoir. Quand on entrait dans les couloirs, on était pris à la gorge par l'odeur et le manque d'oxygène. Je me souviens de ces lieux où une minuscule lucarne, haut perchée, dispensait un insignifiant filet d'air. Les types, le visage cyanosé, suffoquaient, mouraient lentement, intoxiqués au dioxyde de carbone. C'était, finalement, une forme de supplice assez cruelle et les gardiens m'avaient dit que les cas de pendaisons, les rixes, étaient assez courants : de brutales et brèves explosions de violence, que la fatigue stoppait aussi brusquement qu'elles avaient commencé. Certains détenus s'en prenaient parfois à un autre, l'étranglaient, et le mort restait là, debout, maintenu par la pression des corps amassés alentour. Parfois il y avait plusieurs décès, et les matons évacuaient une dizaine de cadavres ensanglantés à la fois, qu'il fallait aller récupérer au sein de cette masse humaine, compacte et puante. Alors on faisait sortir les détenus dans l'étroite coursive, tous plaqués contre le mur, pendant que ceux de corvée tiraient les tués par les pieds. Franz m'avait dit, en repartant une fois, que c'était comme L'enfer, de Dante. J'avoue n'avoir pas lu cet auteur. Mais un jour, en discutant après une journée assez éprouvante, je lui demandai ce qu'il pensait de tout ça, dans quel but ? Nous étions dehors, à moitié trempés de sueur, et je m'en souviens encore, il s'était appuyé contre l'aile de la voiture. Il avait gratté une allumette sur le capot et, tirant une première bouffée, avait fini par me dire :
- A mon avis, Himmler a donné des instructions à Höfle. Je parierais que tout ça n'est qu'une étape.
- Ah bon ? Vers quoi ?
- La destruction totale des Juifs de Varsovie. Et même, si ça se trouve, de Pologne.
         Sur le coup, ça m'avait paru excessif. Mais après tout, les rafles continuaient, tant et plus. On faisait irruption dans le ghetto, on attrapait tous ceux qu'on pouvait et on les emmenait à l'Umschlagplatz, où ils étaient jetés dans des trains, pour l'Est. D'après Franz, très probablement envoyés en KZ. Et puis, des rumeurs disaient qu'en Biélorussie, des Juifs s'étaient révoltés. Qui aurait cru ça d'eux ? La situation d'ensemble était-elle donc si grave ? En fin de compte, il pouvait tout à fait exister un plan global visant à les exterminer. J'aurais été mal placé pour le contester.
         Et, de fait, les chasses au Juif s'intensifièrent. Constamment, des convois quittaient Varsovie pour une destination inconnue. Les gens étaient bourrés dans des wagons à bestiaux ; hommes, femmes, enfants, vieillards... Nous étions récompensés : chaque jour, le groupe qui avait fait le plus de captures touchait une prime.
         Combien de monde avons-nous expédié à la mort ? Je serais incapable de l'estimer.
         Elle était partout. Depuis le décès de Mutti, je la sentais, omniprésente, elle rôdait. Je ne percevais plus la vie que comme son antichambre. Un court prélude à l'éternité. Une dérisoire agitation, d'autant plus obscène et stupide qu'elle était suivie d'une totale immobilité. Chacun de nous tentait, durant la brève période qui lui était allouée, de faire quelque chose de cohérent. Il agissait, à son petit niveau, sur le Monde. Mais dès sa disparition, d'autres venaient, qui effaçaient toute trace de son action, pour à leur tour tenter leur chance, en pure perte. C'était comme les vagues, sur le sable d'une plage, où il était impossible d'écrire quoi que ce soit de pérenne.
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... A suivre...

Message  ubik83 le Sam 23 Avr 2016, 5:33 am

... Il y aura sous peu un autre extrait, qui lui aussi me pose problème. Je n'en dis pas plus, vous lirez et me direz vos impressions.

Au plaisir. On s'accroche. Merci de votre soutien. J'en ai bien besoin.
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A propos du 17 avril 42...

Message  ubik83 le Mar 10 Mai 2016, 11:30 pm

Bonjour,

Je posais des questions récemment, en vue d'un extrait concernant la nuit du 17 avril 1942. Voici donc cet extrait. A vous de me dire si ça semble correct, du point de vue historique.

Au plaisir de vous lire,



         Avril. Le printemps débutait. Sur les avenues, les arbres qui n’avaient pas trop souffert des bombardements se mettaient à bourgeonner. La vie se maintenait, malgré tout.
         Les journées de travail étaient épuisantes. Je tenais grâce à mon mélange, alcool et pervitine.
Un soir, alors que j’étais fin saoul, un remue-ménage me tira de mes rêveries embrumées. J’entendais piétiner dans les couloirs. Des ordres, des cris. Je me levai pour aller voir. Je croisai Franz, qui me lança :
- Opération de nuit, mon joli ! Tu es prêt ?
- Comme toujours.
         J’avais répondu mécaniquement, mû par un réflexe d’obéissance, profondément ancré. Mais en réalité, je n’avais qu’une envie : m’effondrer à nouveau, sombrer, dormir. Les cachets blancs ne pouvaient faire des miracles. Le produit dopait l’organisme mais à un moment donné, il fallait bien rattraper le déficit. Souvent, en pleine journée, j’avais des absences, ou même, brusquement, je perdais connaissance. Depuis que je m’en étais rendu compte, j’évitais de conduire. Quand on partait pour une Aktion, je m’installais à l’arrière et confiais cette tâche aux hommes de troupe.
         C’est ainsi que, ballotté, somnolent, je me laissai emporter vers le ghetto.
 
         Nous étions une bonne douzaine, plus huit ou dix feldgendarmes, et quelques membres de la Gestapo. On roulait lentement, les réverbères décalquaient nos ombres noires et menaçantes, démultipliées, sur les murs de briques.
         Sitôt les portes franchies, mes collègues sortirent leurs armes. Malgré le couvre-feu, des Juifs se trouvaient encore dans les rues. Avec précision, mes hommes les abattaient. Les rares passants fuyaient. Par deux fois, on roula sur des corps. Mes collègues s’amusaient à des concours de tirs. Comme dans un rêve, je les entendais dire : « Regarde, le petit vieux, au fond : je te parie que je le descends avant toi » !
         Pour ma part, je me bornai à observer leurs jeux, oscillant entre dégoût et indifférence, au gré de je ne sais quelles fluctuations d’humeur.
 
         Puis, le convoi ralentit. Les portières claquèrent. Je me levai, titubant, courbaturé. Nous étions face à un immeuble de six étages. Les feldgendarmes se déployaient, encerclant la bâtisse. J’allumai une cigarette et demandai à mon ami :
- Qu’est-ce qu’on fiche là ?
- On vient casser du Juif.
- Oui mais pour quelle raison ?
         Il haussa les épaules :
- Est-ce que je sais ! Peut-être qu’un gradé est au courant, mais moi… Et puis je m’en fous ! Tu crois vraiment qu'on a besoin d'une raison ?
         Je jetai mon mégot et le suivis. On ouvrit à grand fracas. Un escalier en bois gémit sous nos bottes. La troupe se lançait à l’assaut des marches, frappait les portes en hurlant, sortait les gens par la peau du cou.
         Au troisième étage se trouvaient plusieurs personnes, réunies autour d'une grande table. Elles avaient éteint la lumière. Franz l'alluma et dit à tout le monde de se lever. A l'extrémité, près de la grande cheminée, un homme âgé était dans un fauteuil roulant. Il nous regardait, livide. Franz fit signe à deux hommes de le suivre. Ils empoignèrent la chaise roulante, la jetèrent par la fenêtre. L'impotent tomba en hurlant. Une femme dans l'assistance se mit à crier. Franz lui coupa le souffle avec un direct au ventre ; elle s'effondra. Quelqu'un la ramassa et elle fut traînée à l'extérieur. Les autres ne demandèrent pas leur reste et nous suivirent. L’affaire fut rondement menée. En quelques minutes, tout le monde était dehors, aligné contre la façade, à côté de la chaise d'infirme disloquée. Il y avait là une soixantaine de personnes, à peu près. Je remarquai en passant une vieillarde en robe de chambre et pantoufles. Elle avait des jambes maigres et pâles, osseuses. J’enregistrai ces détails confusément, mais déjà l’unité se reculait, les mettant en joue. Je fis de même. Les déflagrations trouèrent la nuit épaisse. Elles lançaient des lueurs fugaces qui dessinaient sur le ciment la silhouette des Juifs en train de s’effondrer. L’odeur de poudre m’entourait, encore et toujours, omniprésente.
         C’était fini.  Au pied du mur, ceux qui, un instant auparavant, inspiraient leur dernière goulée d’air, étaient maintenant en tas, les uns sur les autres, baignés de sang. Pourquoi eux, ce soir-là ? A cet instant, je pris conscience que je n’avais tenu aucun compte de mes victimes. A combien en étais-je ? J’eus beau fouiller ma mémoire vacillante, je ne parvins qu’à une estimation bien vague. J’avais certainement tué plus de mille personnes. A mon avis, mon score se situait entre cinq mille et dix mille. Environ.
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La destruction du ghetto.

Message  ubik83 le Jeu 30 Juin 2016, 5:26 pm

Bonjour,
J'espère que ça va ? Ici, on tient le coup.
J'ai réussi à traiter le sujet du ghetto de Varsovie, de son édification à sa complète destruction. Je poste ici quelques morceaux de mon chapitre 22. Si vous avez des remarques, observations, si quoi que ce soit vous chiffonne, faites m'en part.
Au plaisir de vous lire,



Vers la mi avril, nous vîmes arriver un général de la waffen SS, Jürgen Stroop, accompagné de forces considérables : une division de panzergrenadiers SS, des hommes de la cavalerie SS, un groupe de pionniers de l’armée et des membres de la Sicherheitspolizei, des unités de police lituanienne et lettone. Il entreprit immédiatement Ferdinand von Sammern-Frankenneg, notre SSPF.
En temps ordinaire, celui-ci gérait la coordination entre la police et la SS, en tant que SS-Oberfüher. Il faisait la pluie et le beau temps à Szucha, c’était le pacha, le grand patron. Pourtant, cet homme que je voyais rarement (nous avions presque toujours affaire à des officiers moins gradés) m’apparaissait comme falot, insignifiant, quoique imbu de sa personne, comme beaucoup d’aristocrates. Il ne m’avait jamais impressionné, contrairement à Lothar Beutel, pour ne prendre que cet exemple, ou même Horst Kreisler. Von Sammern avait son quartier général opérationnel rue Ujazdowskie, dans un immeuble qui avant guerre avait été l’ambassade de Belgique. 
Il y eut deux ou trois réunions avec Stroop, et divers membres importants de la hiérarchie, comme Friedrich Willhelm Krüger, le HSSPF qui s’était déplacé spécialement, et d’autres : Herbert Becker, Ernst Kah, Eberhardt Schöngarth - notre chef direct -, Ernst Hahn, Max Jesuiter, etc. Que des grosses légumes. Les informations filtraient peu à peu, mais nous n’étions que sous-officiers, nous n’y avions pas vraiment accès. Les chefs ne nous communiquaient guère leurs intentions, ils se contentaient d’aboyer des ordres.
Franz me confia, à la suite d’une de ces conférences :
- Tiens-toi prêt, ça va chauffer. Stroop a combattu sur le front de l’Est, on dit qu’il est impitoyable avec les civils. S’il est dans le secteur, ça n’est pas pour rien. Ils tirent des plans, là-haut, pour régler son compte à toute la racaille juive qui reste.
 
 
 
Et puis, le 19 avril, l’opération fut déclenchée, dirigée par von Sammern. A cinq heures, la lumière s’alluma, tout le monde devait se lever. Un café brûlant accompagné de deux comprimés, un morceau de pain, un peu de confiture, et nous étions dehors.
Dès quatre heures du matin, les forces de police avaient été déployées autour du mur d'enceinte. Tout d'abord les "bleu marine", secondés ensuite par la Feldgendarmerie. Le but avoué était de réduire drastiquement la population, peut-être même d’éliminer toute présence. En tous cas, il fallait, conformément aux directives du Reichsfüher, vider, purger le ghetto. Chasser ces gens en direction de l’Est. Franz m’avait appris que là-bas existait un camp nommé Treblinka, mais il n’avait aucune information sur ce qui s’y passait. Toutefois il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que très probablement s’y déroulaient toutes sortes de choses horribles.
Moi, j’étais là, les yeux ouverts, dopé à la Pervitine, en mode « Jawohl ». Prêt à tout.
Cinq bataillons avaient investi le ghetto par des portes différentes et devaient suivre un plan précis. Des pièces d’artillerie avaient été postées aux abords de ces points d’entrée. Avec nous il y avait la Jupo, des Askaris Lettons, et Ukrainiens. Nous nous tenions en rangs, derrière deux véhicules blindés, guidés par des unités motocyclistes. Au signal, nous avançâmes. Les immeubles semblaient abandonnés. On n’entendait que le bruit des moteurs, le grincement des chenilles. Nous ne vîmes personne. 
Nous traversâmes la rue Gesia sans encombre. Puis, nous prîmes l’avenue Zamenhofa en direction de la rue Mila. Franz était à côté de moi. Chacun de nous avait sous sa responsabilité une escouade de quatre hommes. J’étais tendu. Je pensais à Ackermann.
Et arrivés au croisement, tout à coup, jaillis des étages, des toits, une grêle de projectiles s’abattit. Des coups de feu, partout. Des grenades furent jetées. En un instant, ce carrefour tranquille s’était transformé en champ de bataille. Les Juifs employaient également des cocktails Molotov. L’un d’eux explosa à côté de moi et je ressentis une vive douleur : je brûlais ! Je poussai un cri strident. Franz se précipita, se coucha sur moi pour éteindre le feu, tant bien que mal. Puis il me prit sur ses épaules, me ramena vers la sortie au pas de course. C’était la débandade. Ballotté, tordu de souffrance, je voyais nos hommes s’éparpiller, rebrousser chemin, dans le plus grand désordre.
 
 
 
Stroop avait pris les commandes. Avec ses waffen SS, il déployait à présent une stratégie pour réduire inexorablement la résistance. Il avait engagé des blindés, véhicules chenillés, canons antichars et un obusier de 100mm. On avait découvert que les insurgés se cachaient dans des bunkers aménagés à l’intérieur des immeubles. Stroop avait mobilisé des lance-flammes et détruisait les îlots de résistance un par un. Les pièces d’artillerie tiraient sans relâche. Deux panzers avançaient dans le ghetto, faisant s’écrouler les édifices rue par rue ; les Juifs se battaient avec acharnement.
Franz me raconta aussi que le lendemain de l’assaut, une petite fête avait été organisée, en l’honneur du Führer, dont c’était le cinquante-troisième anniversaire. Ce soir-là, il était prévu de boire du champagne entre gradés, à sa santé. Le grand hall avait été décoré de fanions, de drapeaux du parti, des tables avaient été dressées, avec jambon, saucisses, kéfir, salade, petits pains briochés, canapés au saumon... Pourtant, dans l’après-midi, les Juifs firent exploser une mine antichar qui tua plusieurs de nos camarades. Comment se l’étaient-ils procurée ? Mystère. Effectivement, à l’infirmerie, j’avais vu arriver une bonne trentaine de blessés, certains atrocement déchiquetés. Franz m’apprit qu’il y avait eu seize morts. Du coup, l’apéritif avait été annulé, ce qui avait exaspéré les hommes du KdS.
 
 
 
Le jour où je sortis, Franz vint m’accueillir. Nous sommes allés boire un café sur l’avenue Marszalkowska. Puis, je lui fis part de ma curiosité : je voulais voir comment était le ghetto. Il hocha la tête et nous nous y rendîmes, à pieds.
Le spectacle était effrayant : ça brûlait de partout, des immeubles entiers. D’énormes colonnes de fumée montaient vers le ciel, se rejoignant pour l’obscurcir. Les murs crépitaient, leur ciment se craquelait, tandis que les foyers ronflaient, dévorant meubles, boiseries, charpentes, qui s’effondraient. De temps à autre, une personne sortait des bâtiments pour échapper aux flammes ; elle était immédiatement abattue. Les rues étaient jonchées de cadavres. J’aperçus un corps de femme qui grillait, à cause de l’intense chaleur, tandis que le bitume autour se liquéfiait, formant des bulles qui éclataient, épaisses, visqueuses. Les vitres se disloquaient, éclataient en sifflant. Des milliers d’escarbilles volaient, l’atmosphère empestait la suie, la brique pilée. Mais le plus horrible, c’était quand le vent rabattait l’odeur des corps ; surtout celle des cheveux. Je vis un petit garçon, il devait avoir sept ans au maximum, qui pleurait, appelait au secours, derrière une fenêtre, alors que de part et d’autre des rideaux flambaient. Une balle l’atteignit en pleine tête ; il s’écroula comme une poupée de chiffons. On entendait des tirs, au loin, à l’intérieur du labyrinthe des façades. Le grondement des pièces d’artillerie était assourdissant. Les édifices étaient comme les parois de quelque falaise noircie, renvoyant les échos de la bataille. Des rafales de mitrailleuse lourde provenaient de la partie Est. D’où nous étions, nous pouvions voir, de çà de là, des Juifs qui, du haut des toits encore intacts, jetaient des cocktails Molotov sur les troupes en contrebas. Les tireurs d’élite les dégommaient à mesure, inexorablement. C’était un gigantesque affrontement urbain, d’une rare sauvagerie, une zone de guerre. Vision d’autant plus étrange qu’autour de nous, dans la partie Polonaise, les passants continuaient à aller et venir. Certes, ils restaient à l’écart, pour éviter les balles perdues, et beaucoup regardaient, comme nous. Mais cela ne les empêchait pas de vaquer à leurs affaires.
Nous sommes restés un bon moment à contempler ce chaos, muets. Franz avait allumé une cigarette. Il attendait pour repartir. Moi, j’étais comme hypnotisé. 
 


                                                                 
Il y eut des pertes dans nos rangs : morts et blessés étaient rapatriés à l’arrière. Peu à peu, les unités de Stroop se jetaient à l’assaut des places fortes. D’après ce qu’en disaient les hommes avec lesquels j’ai pu parler, les Juifs se servaient de passages entre les blocs pour évacuer un bunker quand il était directement menacé, se repliant sur un autre, un peu plus loin. Il était très difficile de les localiser. Néanmoins, nos équipes avaient déjà liquidé pas mal de partisans. Chaque jour, on tuait environ deux mille Juifs. Peu à peu, les poches de résistance diminuaient en nombre.
Les waffen SS capturaient beaucoup de gens qui tentaient de se soustraire aux incendies. Ils les torturaient dans les caves de Szucha, pour leur faire dire où se cachaient les responsables. Deux noms étaient sortis : Mordechaï Anielewicz, Itzhak Zuckerman. Mais on ignorait où ils se cachaient.
Je ne sais pas ce que Sammern-Frankenneg devenait. Himmler avait du lui passer un savon, j’imagine. On ne le voyait plus guère. Peut-être se terrait-il dans son QG à Ujazdowskie ?
 
 
 
Les combats faisaient rage. A présent, les patrouilles SS étaient attaquées la nuit, par des groupes de Juifs armés de pistolets. Je me suis rendu un soir, aux abords, pour voir ce que ça donnait. Franz était allé au 19 Nowogrodzka, pour faire la fête. Je lui avais demandé de me déposer près du ghetto. Il m’avait alors répondu :
- Je ne comprends pas pourquoi tu t’intéresses à ce nid de punaises.
Ce n’était plus qu’un brasier. Un souffle ardent desséchait la peau, et je sentis mon épaule, cuisante, réagir à cette chaleur. Je dus me reculer, m’abriter derrière un mur. Mais je continuais de regarder. On n’entendait qu’un crépitement de charpentes en feu, ponctué de sifflements, de craquements quand les toitures s’effondraient. Pas de tirs : les waffen SS n’entraient plus maintenant que de jour. L’obscurité, propice aux escarmouches,  présentait trop de dangers. De temps en temps, je voyais une silhouette courir, sautant d’une ruine à l’autre, le visage protégé d’un foulard, à cause des fumées. Parfois, ces Juifs s’égaraient dans les gravats et, cernés par les incendies, s’effondraient, se tordaient de douleur, succombant de façon atroce.
Dans la journée, les unités de Stroop avançaient à coups d’explosifs, attaquaient les bunkers avec des grenades au phosphore, des gaz toxiques. Un blindé avait été perdu, brûlé par un cocktail Molotov. Les artilleurs déplaçaient constamment les canons antichars, pour pilonner méthodiquement chaque construction. Les mortiers claquaient sans relâche, arrosant le ghetto d’une pluie d’éclats meurtriers. De temps à autre, un groupe de Juifs sortait, les mains en l’air. Ils étaient alignés contre un mur et fusillés. Hommes, femmes, enfants. 
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... Bientôt fini !

Message  ubik83 le Sam 27 Aoû 2016, 9:55 pm

Bonjour tout le monde,

Bon, pour vous annoncer que j'arrive vers la fin de ce roman. Mon dernier chapitre traite de la bataille de Berlin. Mes personnages vont hanter la ville, et procéder à des exécutions arbitraires. Ils feront partie de ces bandes plus ou moins organisées, qui liquident les gens qui, ayant compris que c'était fichu, se terraient en attendant la fin.

Je cherche à établir leur progression pour les quelques jours que dure cette virée. Ils partent de la caserne SS de Lichterfelde, passent par l'Alexanderplatz, puis se dirigent globalement vers le quartier des ministères. Je pense que ce chapitre se terminera aux abords du bunker sous la chancellerie, dans la Wilhelm Strasse. Au passage, ils rencontreront des éléments de la division SS Charlemagne, dans les sous-sols du RSHA, dans le Prinz Albrecht Strasse.

Toutes infos sont les bienvenues. Les encouragements idem.

Paix à tous,
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Re: Ubik83 : projet de roman

Message  Phil642 le Dim 28 Aoû 2016, 9:55 am

Bravo Ubik, la persévérance fini toujours par payer !

J'ai hâte de voir l'oeuvre finie.

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Une pensée pour Steven...

Message  ubik83 le Dim 28 Aoû 2016, 11:05 pm

Merci beaucoup, très touché.

Eh bien grâce aux infos qu'on m'a fait passer à propos de Charlemagne, j'ai pu avancer pas mal dans ce dernier chapitre. Je me suis calqué sur ce qui était relaté, rapport aux mouvements des Français dans Berlin assiégé. Mes personnages les rencontrent au milieu du chapitre et leur emboîtent le pas. Ils cessent de dégommer les "planqués" et se mettent en tête d'aller porter secours au quartier des ministères. Tout va se terminer dans la Prinz Albrecht Strasse, très probablement.

Une pensée pour Steven, qui n'aura pas eu l'occasion de lire ce roman une fois achevé.

Paix à tous,

A suivre...
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Terminé !

Message  ubik83 le Dim 04 Sep 2016, 11:43 am

Roman terminé. 478 pages, format A4, interligne 1.

J'envoie ça à mon éditeur demain. On verra bien comment il sera accueilli.

Merci à tous ceux qui m'ont aidé, soutenu. Une pensée pour Steven, à qui je dédicacerai ce roman, s'il sort.

A suivre....
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Dans les tuyaux...

Message  ubik83 le Sam 29 Oct 2016, 8:30 am

Bonjour, j'espère que tout le monde va bien ?

Comme je m'y attendais, mon éditeur ne donnant pas dans la littérature générale, il ne veut pas de ce roman. Donc j'ai toute latitude pour le proposer ailleurs, maintenant.

J'ai une petite piste chez un autre. A voir...

Je vous tiens au courant.

Bon courage dans vos recherches. Au plaisir.
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Re: Ubik83 : projet de roman

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